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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 19:31

Généralement, quand les amateurs d’histoire se penchent sur notre passé local ils se réfèrent à ce livre qui est devenu comme la Bible, la référence de base dans l’Eure : Le Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, dont les auteurs sont MM. Charpillon et Caresme[1].

C’est un vaste ouvrage qui, malgré les années, est resté la référence… faute de mieux. Or, le type d’articles qu’il contient est à prendre avec des pincettes critiques. Nous prendrons l’exemple du fameux "fief de la Barre des Damps" qui concerne Léry.

MM. Charpillon et Caresme placèrent ce terrain aux Damps, comme la logique semble le laisser entendre. Mais, bien que les frontières entre les communes n’existaient pas encore, il faut prendre en compte le fait que cette Barre des Damps se situe aujourd’hui dans l’espace dévolu à la commune de Léry. Mais alors, comment se fait-il qu’elle portait ce nom et où pouvait-elle se situer ?

C’est grâce à un autre vaste ouvrage, dirigé par Henri Dubois, que nous pourrons répondre : Un Censier normand du XIIIe siècle. Le livre des jurés de l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen. Cet ouvrage[2] reproduit notamment l’ensemble des documents que nous avons et qui renseignent sur les redevances perçues sur les nombreuses propriétés de l’abbaye, en 1372, et notamment sur celles qui étaient situées à Léry. L’abbaye était un très grand propriétaire régional car les ducs de Normandie, puis les rois de France, appuyèrent leur pouvoir notamment grâce au contrôle exercé par les organisations religieuses. Puis, quand la Normandie devint française, ces droits furent conservés. Alors, ces religieux coopératifs, qui se situaient dans la ville de Rouen, c’est-à-dire au contact direct des souverains, s’étaient vus doter de vastes propriétés et ce depuis le début du XIe siècle, pour les terres de Léry (1018). Il faut d’ailleurs très certainement voir ici un lien entre le saint patron du village et l’abbaye rouennaise.

C’est donc à la page 316 de ce livre que l’on trouve la mention : "Sesyres Dan Nichole et Pierres Dan Nichole tienent 5 verg. de terre a la Barre des Dans"… (ces messieurs Dan Nicole et Pierre Dan Nicole détiennent 5 vergées de terre à la Barre des Damps). Il est amusant de voir que le nom des Damps est devenu leur sobriquet, leur nom, sous la forme de "Dan".

Dès lors, il faut croiser trois variables : Il existe à Léry un champ qui porte le nom de Pré aux Moines (à droite de la route qui relie Pont-de-l’Arche à Val-de-Reuil en descendant le pont) ; ce nom fait très certainement référence aux moines de Saint-Ouen ; et le champ en question se situe en direction des Damps…

Partant, il semble assez logique que les habitants de Léry, pour désigner ce champ, aient fait référence au village en direction duquel il se trouvait ainsi qu’au coteau boisé qui le jouxte et dont la pente contraste nettement avec la plaine alluviale (La Barre)… On a donc bien à faire à une pièce de terre de Léry quand on désigne le fief  de La Barre des Damps…


[1] Charpillon L.-E., Caresme A., Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Editions Delcroix, Les Andelys, 1868, 960 pages.

[2]  Dubois Henri (sous la dir. de), Un Censier normand du XIIIe siècle. Le livre des jurés de l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen, Paris, CNRS. Editions, 2001, 478 pages.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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Published by Armand Launay - dans Léry Les Damps Charpillon
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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:42

-E.Charpillon, Louis-Étienne, Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 662-674.       

 

PONT-DE-L'ARCHE

 

Paroisse : ch.-lieu de Baill., Vic. et Elec. – Dioc. d’Évreux. – Parl. et gén. de Rouen.

       Pont-de-ma-Citadelle, Pons arcis meae, d’où Pont-de-l’Arche, telle paraît être la véritable étymologie de cette localité[1].

         « Vers 860, Charles le Chauve convoqua les grands de l’Empire, à son palais de Pîtres, et obtint d’eux des subsides pour faire construite une fortification et un barrage assez fort pour arrêter les barques normandes qui remontaient la Seine. Pour établir ce pont, on choisit l’endroit où la marée cesse de se faire sentir ; deux châteaux-forts furent élevés aux deux extrémités, sous la direction de l’archevêque Hincmar.

 

         Vers 1020, le duc Richard II, duc de Normandie, donna aux moines de Jumièges l’église et le tonlieu de Pont-de-l’Arche, avec trois moulins qui existaient sous le pont, deux acres de près et un moulin vers les Damps, avec trois fermiers.

         Guillaume de Pont-de-l’Arche fut un des cinq enquêteurs chargés, par Henri 1er, en 1127, de la rédaction du rôle de Winchester.

         Vers 1180, l’impératrice Mathilde et son fils Henri II donnèrent à N.-Dame-du-Pré, 4 l. de rente à prendre sur les pêcheries de Pont-de-l’Arche.

         Richard Cœur-de-Lion échangea, en 1198, avec les seigneurs de Jumièges, le domaine de Pont-de-l’Arche contre celui de Conteville ; après la mort de son frère, Jean sans Terre ne pouvant défendre Pont-de-l’Arche, voulut démanteler le château ; Philippe Auguste ne lui en laissa pas le temps et s’en empara en 1203.

         Dans le traité fait avec les habitants de Rouen, le 1er juin 1204, il est dit que Philippe-Auguste leur accorde les mêmes libertés et coutumes que celles dont jouissaient les bourgeois de Pont-de-l’Arche ; il leur accorda, de plus, la franchise de péage à Pont-de-l’Arche.

        Pont-de-l’Arche a servi dans tous les sièges de Rouen de dépôt d’approvisionnements militaires ; cette ville, qui pouvait empêcher le trafic entre Paris et Rouen, a été pendant bien longtemps considérée comme la clef de la Haute-Normandie  ; aussi, Philippe-Auguste et ses successeurs y vinrent-ils souvent. Si la situation de cette ville était importante, au point de vue stratégique, elle ne l’était pas moins du point de vue fiscal ; le point extrême de la marée montante servait de ligne de démarcation pour les droits à percevoir par la vicomté de l’Eau.

      En 1211, Alexandre, abbé, et les religieux de Jumièges, abandonnèrent à Philippe-Auguste ce qu’ils avaient à Pont-de-l’Arche et reçurent Conteville en échange.

      On dressa, en 1213, un état des nefs appartenant au châtelain de Pont-de-l’Arche, Simon de Montfort étant à Pont-de-l’Arche ; fit hommage au roi des États de Raymond VII, comte de Toulouse, qui avait été déclaré hérétique (sic).

         Des actes nombreux de Philippe-Auguste sont datés de Pont-de-l’Arche.

         En 1222, le roi étant dans cette ville, donne aux bourgeois de Poitiers la liberté du commerce, excepté à Pacy et à Pont-de-l’Arche.

        Louis VIII se trouvant à Pont-de-l’Arche, le 4 janvier 1224, s’engage à faire venir à Rouen les débiteurs des bourgeois de cette ville[2] ; il autorisa les religieux de Bonport à faire venir chaque année 100 tonneaux de vin, francs de péage et de droits de coutume.

         Dans une charte de Guillaume de Tourville, pour Jumièges, en 1228, il est fait mention de la voie publique qui conduit du port d’Oissel à Pont-de-l’Arche[3], Me André était alors curé de cette ville.

         A la date de 1237, Pierre de Meulan était châtelain de Pont-de-l’Arche ; Me Robert était curé.

         Les assises tenues à Pont-de-l’Arche, en 1240, furent présidées par Jean des Vignes et Renault d’Alisay, vicomte de Pont-de-l’Arche.

         Jean Ansgaut qui avait pris part à la croisade, reçut du roi, en 1251, une rente de 3 d. sur la prévôté de Pont-de-l’Arche ; Robert Le Maçon, Abraham, Robert et Eudes du Pont-de-l’Arche, sont cités dans différentes chartes de cette époque.

         Pont-de-l’Arche faisait alors partie du domaine royal, et dans le compte des vins du roi, cette ville figure, en 1247, pour 88 muids 11 setiers ½ [4]. On y percevait un droit de péage de 10 d. par muid sur les vins qui passaient sous le pont, de même que les chevaux, bestiaux, voitures, traversant le pont, acquittaient un droit.

         Barthélemy Fergant était, en 1256, vicomte de Pont-de-l’Arche ; Guillaume des Gades-Renicourt l’avait remplacé trois ans après.

         Eudes Rigaut le vigilant, archevêque de Rouen, visita Pont-de-l’Arche cinquante-quatre fois ; il donna deux fois l’ordination dans la chapelle du château, et deux fois il assista à des ordinations faites par l’archevêque d’Évreux.

         En 1271, Robert du Pont-de-l’Arche vendit au Bec, pour 7** l. de rente des maisons qui lui rapportaient 12 d. de rente.

       Un arrêt du Parlement de la Toussaint 1288, décida que l’abbaye du Bec n’avait pas le privilège de libre circulation à Pont-de-l’Arche.

         Me Guillaume était, en 1288, recteur des économies de Pont-de-l’Arche ; Mgr Gohier, vicomte, fut choisi comme arbitre en 1289 ; il était remplacé deux ans plus tard par Robert d’Auvilliers.

         Une inondation emporta tous les ponts de la Seine , en 1296, à l’exception toutefois de celui de Pont-de-l’Arche.

         Pendant le XIIIe siècle on faisait, à Pont-de-l’Arche, un grand commerce d’huile de noix et d’huile de pavot, que l’on extrayait dans le pays.

         Le bailli de Rouen voulant soustraire au sieur Nicolas Le Tonnelier un privilège de la Fierte , l’envoya, en 1302, aux prisons de Pont-de-l’Arche.

         En 1306, Jean de Préaux vendit aux religieux de Saint-Ouen une arche du pont de Pont-de-l’Arche avec la pêche de cette arche, qui étaient de son propre héritage[5].

         Un sieur Jean Larchevêque tenait en fief-ferme, à la date de 1308, les moulins du roi de Pont-de-l’Arche ; l’année suivante, le roi confirma une vente, consentie par Laurent Thiart, vicomte de Pont-de-l’Arche, au cardinal Jean Le Moine[6].

         C’est à Pont-de-l’Arche que fut tenu, en 1310, le concile dans lequel les Templiers furent condamnés à mort.

         Aux assises tenues dans cette ville en 1313, on confirma les arrangements entre le Bec et le seigneur du Neubourg pour les Novales ; d’autres assises furent tenues, en 1313, où fut jugé un différend entre l’abbaye du Bec et Guillaume de Maulévrier, seigneur de Combon.

         Des lettres de Louis le Hutin, du mois de juillet 1315, fixèrent le tarif des droits à payer sur les marchandises voiturées par eau, de Paris à Pont-de-l’Arche, et de cette dernière ville jusqu’à la mer, tant en montant qu’en descendant ; il en résulte que le roi percevait 10 d. par tonneau de cidre remontant la Seine jusqu’à Pont-de-l’Arche[7].

         Une ordonnance de Philippe le Long, du 12 mars 1316, chargea le bailli de Rouen « d’établir ès ville de Pont-de-l’Arche un capitaine… qui fasse serment de maintenir et garder loyaument icelle ville, païs et peuple ».

         En 1317, Pierre Lhôpital, prêtre, était garde du scel aux obligations de Pont-de-l’Arche[8]. Jean de Neufchâtel était vicomte.

         Jean Gougeul obtint du roi Charles le Bel, en 1321, que le moulins Aux Dames, à Pont-de-l’Arche, serait tenu du roi à seule foi. En 1335, Robert Garin, vicomte de Pont-de-l’Arche, résista aux injonctions du roi, relatives à l’exécution d’une sentence rendue par la Chambre des Comptes de Paris, au sujet de biens situés à Léry.

         Jean du Bosc, vicomte de Pont-de-l’Arche, assistait à l’échiquier de 1344 ; il épousa Catherine de la Luzerne , dont il eut quatre enfants.

         Par quittance passé devant Pierre Martel, garde du scel aux obligations de la vicomté de Pont-de-l’Arche ; le 6 novembre 1350, Jehan le Fer déclara avoir reçu du roi par les mains de N.H. Bachelet, vicomte, 20 s. pour le terme de Saint-Michel passé.

         Au commencement du mois d’août 1346, les Anglais, appelés par Charles le Mauvais, débarquèrent en France sous la conduite de leur roi Edouard, et vinrent à Pont-de-l’Arche qu’ils brûlèrent ainsi que tout le pays voisin[9].

         L’année suivante, Richard du Mesnil, chevalier, était capitaine du château de Pont-de-l’Arche.

         Des lettres royales, du 13 avril 1350, constatent que le comte d’Harcourt devait au roi Jean le Bon, 220 l., 8 s. payables au vicomte de Pont-de-l’Arche. A cette date, le vicomte était Jean de Baigneux, qui eut pour successeur Richard de Bitot.

         En 1356 « se partit le roi Jean de Rouen, et alla au Pont-de-l’Arche, et la vient à lui le prévôt des marchands de Paris, à 500 hommes d’armes »[10].

         Au mois d’août de l’année suivante, Charles, duc de Normandie, était à Pont-de-l’Arche. Après la paix de Brétigny, en 1360, le roi Édouard fit passer la Seine à ses troupes, à Pont-de-l’Arche, d’où il les envoya en Angleterre[11].

         De grandes réparations furent faites au XIVe siècle, au château de Pont-de-l’Arche, à la chambre du roi, au colombier et à la petite chapelle.

         La veille de la bataille de Cocherel, le 15 mai 1364, du Guesclin était à Pont-de-l’Arche, où ses troupes se reposèrent et où il les passa en revue ; le même jour, le captal de Buch mal averti des mouvements de son adversaire, se dirigea vers Pont-de-l’Arche pour s’opposer au passage de la Seine[12].

         Le soir de la bataille, l’armée française, victorieuse, arriva à Pont-de-l’Arche, ramenant Jean Joël et Pierre Sacquainville, prisonniers ; ils mouraient de faim et même les plus vantés.

         En 1369, Robert Hallé était vicomte de Pont-de-l’Arche ; Jean de Jeucourt était capitaine ; on assigna, à ce dernier, un revenu de 400 l. ; il était remplacé l’année suivante par Henri de Ferrières, seigneur de Gisors.

         Un impôt sur les vins fut mis à Pont-de-l’Arche, en 1375 ; vers cette époque, Hue de Neaufles était garde du scel de la vicomté, Jean de la Heruppe , huissier d’armes, était capitaine du Pont-de-l’Arche.

         Le 11 juillet 1382, Jehan Auber, vicomte de Pont-de-l’Arche, avait pour lieutenant Guillaume Ango ; l’année suivante, il avait un conflit avec la juridiction de l’archevêque de Rouen, à Louviers ; Colard d’Estouteville était capitaine.

         En janvier 1387 eut lieu, à Pont-de-l’Arche, la vente du manoir de messire Bonneau de Jeucourt, chevalier.

         Le 25 mars 1381, Charles VI étant à Pont-de-l’Arche, après son sacre, fit grâce à Jehan Pesquez, qui fit mis en liberté le carême et en partit le samedi saint, pour aller à Rouen.

         Les assises tenues à Pont-de-l’Arche, en 1388, furent présidées par Richard de Houdetot, bailli de Rouen.

         Moradas de Rouville était, en 1390, capitaine du château de Pont-de-l’Arche : Jehan de la Mare , vicomte ; ce dernier était remplacé, en 1398, par Jean de Saint-Ouen ; Isembart Ravenel, garde des sceaux des obligations de la vicomté, figure dans les contrats, en 1397.

         À la fin du XIVe siècle, Guillaume Blanc-Baston, lieutenant général de la Thuille , bailli de Rouen et de Gisors, présida les assises de Pont-de-l’Arche.

         En 1406, Guillaume Le Diacre, vicomte de Pont-de-l’Arche, acheta de Jean Grouchy, seigneur de Monterolier, le fief Duredent.

         Jean Monnet était vicomte, en 1408, lorsque le bailli de Rouen, aux assises de Pont-de-l’Arche, condamna un porc à être pendu pour avoir tué un enfant ; la même année, Jean de Villeneuve était lieutenant général auprès du bailli de Rouen.

         Après le meurtre de Raoul de Gaucourt, bailli de Rouen, en 1417, « le dauphin partant de Paris, atout 2,000 combatants, ala au Pont-de-l’Arche, duquel lieu il envoya l’arcevesque, Louis de haucourt, pour exhorter les bourgeois de Rouen à obeir au dit daulphin »[13].

         Au mois de juin 1418, le roi Henri d’Angleterre quitta Lisors pour venir assiéger Pont-de-l’Arche.

         « En ce temps estoit le roy d’Engleterre tenant le siége de Pont-de-l’Arche, que tenoient les Armignacs, et en estoit le seigneur de Graville, cappitaine, lequel ne tint pas longuement, mais le rendy par traictié aus Engloix, et s’en party saulvement »[14].

         Le siège avait duré trois semaines.

         Peu de jours après la prise de la ville, le roi de France envoya des ambassadeurs qui vinrent au Pont-de-l’Arche pour traiter des conditions de la paix. « Et s’en partirent sans rien faire ».

En 1419, alors que les Anglais étaient maîtres de la ville, Ouin Huchère était vicomte, Maurice Brun, capitaine ; Robinet Grouys, marinier au Pont-de-l’Arche, avait l’office d’amener et de ramener toutes les nefs dessous le pont, que tenait Amaury-le-Coq.

Le roi d’Angleterre se trouvant à Pont-de-l’Arche, 1419, accorda au prieur de Bonport des lettres de sauf-conduit ; l’année suivante, il ordonna la restitution du temporel au couvent.

Le 26 février 1421, Thomas Maisterson était capitaine de Pont-de-l’Arche ; mais l’année suivante, il avait pour successeur Jean Beauchamp, qui fut passé en revue avec sa troupe, par les commissaires du roi d’Angleterre. Cette même année, le 8 octobre, une ordonnance contre les soldats qui avaient déserté leur corps, fut adressé au chevalier Jean Kigley, bailli de Rouen, et à Guillaume Crafford, esc., lieutenant du même bailli et capitaine de Pont-de-l’Arche ; au mois d’avril précédent, Maurice Brun avait été nommé capitaine du château et de la ville de Pont-de-l’Arche.

Après la prise de Verneuil, en 1424, le régent revint en Normandie, et ramena ses prisonniers à Pont-de-l’Arche : Philippe Le Baube était alors receveur des quatrièmes.

En 1424, Jean Falstaff, grand-maître d’hôtel du roi d’Angleterre, fut nommé gouverneur de Pont-de-l’Arche, Caen etc.

Guillaume du Fay, esc., époux de Jeanne de Recuchon était, en 1426, vicomte de Pont-de-l’Arche ; Jean Aubert l’avait remplacé dans cette fonction en 1428 ; la même année, la garde du scel des obligations de la vicomté appartenaient à Constant Pinchon[15] ; Jean Delestre, clerc, était tabellion juré.

Au mois de juillet 1429, après une inspection au château de Pont-de-l’Arche, on renforça la garnison ; en 1430, le sire de Willughby était capitaine de ce château ; il eut pour successeur, en 1435, Bérard ou Bertrand de Montferrand.

Les États de Normandie furent tenus à Pont-de-l’Arche en 1432, 1437, 1438 et 1439.

En 1435, le pont était en fort mauvais état, et les Anglais furent obligés de le réparer.

           Richard de Tharnes était, en 1437, lieutenant de la ville de Pont-de-l’Arche ; aux Etats tenus à Rouen, cette même année, Brunet de Longchamp, chevalier, représentait la noblesse de la vicomté de Pont-de-l’Arche.

Le 30 novembre 1440, Henri IV réunit à Pont-de-l’Arche une assemblée des notables habitants de la ville et des environs, pour viser au moyen d’arrêter les entreprises des ennemis (les Français), qui s’étaient déjà emparés de Louviers. Adam Hilton était alors lieutenant au Pont-de-l’Arche, de l’archevêque de Rouen ; il était capitaine en 1412.

Au mois de septembre 1441, le roi Charles VII fit expédier des titres de noblesse à Jean Bocquet, né à Rouen, et habitué à Pont-de-l’Arche, pour avoir fait des actions d’éclat au siège de Pontoise, et être monté le premier à l’assaut ; il lui donna pour armoiries : d’or à trois tours d’azur.

Deux bourgeois, Pierre Mordret et Jean Roisse, représentaient Pont-de-l’Arche aux Etats de Rouen, du 20 avril 1447 ; Jean Hamon donna quittance le 12 décembre 1448 à Jean Lancelin, vicomte de Pont-de-l’Arche.

Cependant, Pierre de Brézé, capitaine de Louviers, Robert de Flocques et d’autres capitaines français, résolurent de s’emparer de Pont-de-l’Arche ; un marchand de Louviers, que son commerce appelait à Rouen et que tout le monde connaissait, leur en ouvrit les portes, pendant la nuit du 13 mai 1449. Les Anglais, surpris dans leur sommeil, furent presque tous faits prisonniers.

Le butin des vainqueurs fut considérable. C’était un premier échec à la puissance des Anglais, qui allaient bientôt disparaître du royaume de France.

Guillaume de Bailleul, seigneur de Beauvais, vint aussitôt trouver Charles VII à Pont-de-l’Arche pour lui prêter serment de fidélité. Il y eut la même année des conférences pour traiter de la paix ; le roi de France offrit de rendre Pont-de-l’Arche, Conches et Gerberoy aux Anglais, si l’on rendait Fougères au duc de Bretagne. Les ambassadeurs ne purent s’entendre[16].

Jean Langlois était, en 1450, lieutenant en la vicomté de Pont-de-l’Arche. Le 1er mai 1461, quittance fut donnée à Pierre Bachelet, vicomte.

En 1462, le roi Louis XI étant en Normandie, imposa un droit sur les vins qui passaient sous le pont de Pont-de-l’Arche et descendaient à Rouen.

Charles, frère de Louis XI, ayant reçu, en 1465, la Normandie en apanage, voulut aller en prendre possession ; mais arrivé à Pont-de-l’Arche, il y fut retenu par les intrigues et les artifices des Bretons, qui voulurent s’emparer de sa personne, lors de son entrée à Rouen ; mais leurs projets furent déjoués par le comte Jean d’Harcourt[17].

Louviers, qui était entré dans la Ligue du Bien Public, vint mettre le siège devant Pont-de-l’Arche qui lui fermait le passage pour aller à Rouen ; après un siège de quelques jours, le château capitula, le 11 janvier 1466. Le 3 février suivant, Gauvain Mauviel, lieutenant général du bailli de Rouen, ayant été fait prisonnier, fut amené à Pont-de-l’Arche ; on dressa un échafaud sur le pont, le sieur Mauvel fut décapité, sa tête fut mise au bout d’une pique et son corps jeté à l’eau[18].

Sur les ordres du roi, un camp pour 20,000 hommes, entouré de fosses et de palissades, fut formé dans la vallée entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre ; pour en payer les frais il imposa une taille très lourde ; Guillaume Picard, bailli de Rouen, commandait ce camp.

Un matelot ayant été tué à Pont-de-l’Arche, en 1467, par Guillaume Beslatre, celui-ci eut la vie sauve en levant la fierté.

Par contrat passé devant les tabellions au siège de Léry, en 1471, Pierre Martel, garde des scel des obligations de la vicomté de Pont-de-l’Arche, donna à fief 3 vergées de terre pour 3 s. de rente.

Le 28 octobre 1472, Louis XI rétablit, au profit des manants et habitants de la vicomté de Pont-de-l’Arche, le grenier à sel établi à Pont-de-l’Arche par Charles VII, qui l’avait ensuite abolit.

Le 15 mars 1475, Richard Bachelet était lieutenant général de N.H. du Gué, vicomte de Pont-de-l’Arche du bailli de Rouen ; Guillaume Gautier et Pierre Ducloz étaient, en 1483, tabellions royaux.

Des lettres de Charles VIII, données à Pont-de-l’Arche le 14 avril 1483, octroyent congé général à tous les français ayant cause et procès à l’Échiquier, d’appointer sans amende.

Le 7 octobre 1500, Jehan Chalenge, vicomte de Pont-de-l’Arche, avait pour lieutenant général Guillaume Becquet ; il fut remplacé, en 1518, par son fils Jacques, devant lequel eut lieu, le 12 juin 1524, le traité de mariage de Hector Vipart avec Marguerite d’Amfreville.

A ce moment, Me Roger Le Mercier était procureur substitut du roi en la vicomté.

Deux ans après, en 1526, Me Martin d’Escambosc, advocat du roi à Louviers, était vicomte de Pont-de-l’Arche.

La succession de Simon de Baigneux, vicomte de Pont-de-l’Arche, en 1531, passa à la famille royale de Dreux.

En 1534, Pierre de la Faye , grainetier du Pont-de-l’Arche, demanda délai pour vérifier sa noblesse.

Une sentence du 26 juin 1537, rendue par Jean Sergent, vicomte de Pont-de-l’Arche, adjuge une pièce de terre, sise au Bec-Thomas, à Robert Le Comte de la Harangère ; Robert de Pommereuil était alors capitaine de cette ville ; le scel de la vicomté était tenu par Binot d’Arthois.

En 1540, François 1er étant à Pont-de-l’Arche, donne les injonctions au Parlement de Rouen.

Un aveu rendu au roi, pour la baronnie d’Elbeuf, le 6 août 1542, contient cette mention : « Nous appartient la rivière de Saine, depuis l’ombre du pont de Pont-de-l’Arche à l’heure du soleil de midy, jusqu’au gravier au-dessous d’Orival »[19].

Adam de la Basoge , haut justicier de Heuqueville, avait droit de pêche depuis le Blanc-Saulx jusqu’au talus de Pont-de-l’Arche, par moitié avec l’abbaye de Bonport et autres ayant-droit.

Quelques années après, en 1546, les États de Normandie se réunirent à Pont-de-l’Arche, à cause de la peste qui sévissait à Rouen.

Thomas Cyroie était, en 1555, avocat du roi aux juridictions de Pont-de-l’Arche ; en 1561, Loys de la Faye , esc., licencié ès-lois, était lieutenant du bailli de Rouen.

Les protestants venus de Rouen au nombre de 1,500 avec 6 pièces d’artillerie, se présentèrent devant Pont-de-l’Arche, en 1562, espérant y faire un grand butin ; mais ils ne purent y pénétrer ; les capitaines Guyon et Maze les repoussèrent vivement, en leur faisant subir des pertes cruelles ; 40 soldats furent rués ou blessés[20].

Par lettres patentes datées de Plessis-les-Tours, le 10 octobre 1569, le roi Charles IX donna à Catherine de Médicis, sa mère, la vicomté de Pont-de-l’Arche. A cette époque, Jean de Carvoisin, seigneur d’Achey, gouverneur de Pont-de-l’Arche, épousa Marguerite de l’Isle.

Guillaume Jobin vendit, en 1580, à Charles Routier, grenetier du grenier à sel de la vicomté, par contrat passé devant Louis Trencheur, notaire royal, une vergée de vigne au Val-au-Queu, à Amfreville.

Vers cette date, Nicolas Hesbert, advocat, avait la garde du scel aux obligations de la vicomté.

Dans un aveu de 1581, le seigneur du Portpinché déclarait posséder quatre arches du pont, avec un droit de pêche de tous le poisson. Le droit de bac de Pont-de-l’Arche à Lormaye appartenait à l’abbaye de Bonport.

Aux États de Normandie tenus à Rouen, en 1582, Me Nicolas Le Blanc, advocat de Pont-de-l’Arche, représentait la justice de la vicomté ; Jean Hays était son lieutenant ; Jean Fournière, Guillaume Hays et Pierre Morlet, advocats, y comparurent également.

La coutume locale de Pont-de-l’Arche concernant l’apport en mariage de la femme, fut abrogée le 5 janvier 1583, par le président du Parlement assisté d’un conseiller et d’un avocat du roi, en présence et du consentement des gens des trois États, à ce convoqués[21].

Deux ans après, en 1589, Le Blanc du Rollet, gouverneur de Pont-de-l’Arche, en ouvrit les portes à Henri IV et l’on assure qu’à dater de cette époque, les armes de cette ville s’enrichirent de trois fleurs de lys d’or.

Pont-de-l’Arche portait : de sable au pont d’argent maçonné de sable, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

En 1592, Henri IV établit son quartier général à Louviers et cantonna une partie de ses troupes à Pont-de-l’Arche ; c’est là qu’il envoya les canons qu’il avait employés au siège de Rouen, lorsqu’il fut forcé de le lever[1]. Rouen était défendu par l’amiral de Brancas, lieutenant général pour le roi aux bailliage de Rouen, de Caen et de Pont-de-l’Arche.

Chicot, le fou de Henri IV, que la plume de notre ami, le grand romancier Alex. Dumas, a rendu célèbre, ayant été blessé dans une escarmouche, mourut à Pont-de-l’Arche où il fut inhumé.

En 1594, M.Claude des Hays était curé de Pont-de-l’Arche, Claude Boullenger et Jean Lemercier, avocats du roi en la vicomté. La même année, Jacques Bachelier, receveur des tailles, obtint la remise de 8,000 écus des deniers de sa recette, et don de 6,000 écus pour la perte de ses meilleurs meubles, le tout volé sur le chemin de Louviers où il les envoyait après la surprise de Pont-de-l’Arche.

Des travaux de charpente à l’arche du Diguet, au pont de Pont-de-l’Arche, furent entrepris en 1596, par Geofroy Gigault, maître charpentier de Rouen. La même année, le marquis de Rosny prescrivit d’informer les excès et outrages commis sur la personne de Jacques Le Brasseur, maître serrurier adjudicataire des travaux à faire à ce pont. Une assiette de 1,000 écus dut mise sur Pont-de-l’Arche, pour fournir l’indemnité due au propriétaire de deux maisons du faubourg, démolies par ordre du gouverneur du Rollet.

En 1597, décharge fut accordée à Pont-de-l’Arche où la peste régnait depuis 1595. Le roi ne voulut pas accueillir la supplique des Etats de Normandie, assemblés en 1598, qui demandaient la démolition du château de Pont-de-l’Arche.

En 1599, Villars était gouverneur du Hâvre et de Pont-de-l’Arche.

Au commencement du XVIIe siècle, les principaux fonctionnaires civils et militaires de la vicomté de Pont-de-l’Arche étaient : David Cabeuil, lieutenant particulier du bailli de Rouen ; Charles de la Vache, receveur du roi ; Tannaguy, baron de Chambray, gouverneur ; Jehan Le Sergent, vicomte ; Noel Pappeil et Thomas Liard, tabellions.

Vers 1615, Jacques Routier fut nommé assesseur criminel en la vicomté de Pont-de-l’Arche. L’année suivante, le maréchal d’Ancre se fit donner le gouvernement de cette ville dont il augmenta les fortifications ; après sa port, le duc de Luynes lui succéda à Pont-de-l’Arche.

Pierre Perrier, avocat au Parlement et lieutenant général en la vicomté, rendit aveu, en 1616, pour une île nommée la Haye Auberée.

La même année, Charles Duval, conseiller au Pont-de-l’Arche, fournit aveu pour 100 perches de terre en l’île Dehors ; David Cabeuil avait la charge de lieutenant général du bailli de Rouen.

Le roi accorda, en 1619, à la garnison de Pont-de-l’Arche, son chauffage à prendre dans la forêt de Bord.

La même année, Me Langlois était président à l’élection de Rouen.

En 1620, Jean-Baptiste d’Ornano, maréchal de France, avait pour lieutenant colonel et commandant en son absence à Pont-de-l’Arche, un capitaine du nom de Francesque.

A partir de son entrée au conseil en 1623, le pouvoir de Richelieu n’eut plus de bornes. Le cardinal se fit bientôt accorder le gouvernement de Pont-de-l’Arche ; son lieutenant, dans cette ville, était en 1624, François de Rotundy, sieur de Cahusac. La même année, Jean Bachelet fut nommé maître des ouvrages à voyer pour le roi, en la vicomté, et on répara les couvertures des logis du roi, ainsi que la chapelle du château.

De 1628 à 1630, Pierre-Claude Behote et Jean-Baptiste des Marets étaient élus en l’élection de Pont-de-l’Arche ; Routier en était président ; Charles Le Sergent, esc., sieur de la Coudraye, était garde hérédital du scel ; Adrien Guéroult, procureur du roi aux eaux et forêts de Pont-de-l’Arche.

Jean de Lonlay, sieur de St-Georges, commandait la ville et le château de Pont-de-l’Arche pour le cardinal de Richelieu, de 1636 à 1640. Dans ce laps de temps, messire Charles Pinel était élu assesseur ; Jean Langlois, lieutenant général criminel ; Pierre Maille, conseiller du roi, élu, puis commis à la recette des tailles en l’élection ; Charles Maille, contrôleur héréditaire ; Samson Gilles, contrôleur, et Groult, procureur du roi aux eaux et forêts de la vicomté ; Pierre du Bosc, contrôleur du grenier à sel.

Le 1er janvier 1640, le chancelier Seguier visita le château de Pont-de-l’Arche et se rendit compte des réparations à y faire ; la même années, les sieurs Fleury Perrot, maître maçon, et Adrien Petit, architecte du duc d’Orléans, se rendirent adjudicataires des travaux du pont, et ils employèrent à cet ouvrage les matériaux provenant de la démolition de l’ancien.

Richelieu ayant appris que de nombreuses exactions étaient commises sur les vins qui passaient à Pont-de-l’Arche, destitua le gouverneur Jean de Lonlay qui y avait pris part, et le remplaça par le sieur Le Normand, sire de Beaumont.

Le 21 mai 1643, Me Antoine Routier était lieutenant général criminel au siège de Pont-de-l’Arche.

Pendant les troubles de la Fronde, le duc d’Harcourt qui tenait le parti du roi, n’ayant pas pu s’emparer de Rouen, se retira au Pont-de-l’Arche où le sire de Beaumont le reçut à bras ouverts.

Harcourt qui vint au Pont-de-l’Arche,

Monté sur un cheval rouan

Sans avoir entré dans Rouen.

Lors des conférences de St-Germain, le prince de Condé exigea que Pont-de-l’Arche fût remis au duc de Longueville comme place de sûreté ; le duc la mit aussitôt en état de soutenir un siège et lui donna pour capitaine de baron de Chamboy, lieutenant de ses gendarmes.

A ce moment, Pierre Maille, Etienne du Boullé étaient élus en l’Election. Jehan Langlois était président, il fut remplacé, en 1651, par son fils Pierre Robert.

Louis Cousin avait été reçu, en 1650, lieutenant particulier au bailliage. De nombreuses démarches furent faites, à cette époque, pour obtenir la démolition du château de Pont-de-l’Arche ; mais ce fut sans aucun résultat.

Le 17 mai 1656, un arrêt du conseil d’état, exempte l’abbaye de Jumièges de tous droits pour le passage des vins et autres provisions passant par la Seine et villes de Pont-de-l’Arche, Rouen, etc. en conséquence de l’échange fait avec le roi Philippe-Auguste.

En 1659, Nicolas de la Croix était lieutenant criminel en la vicomté ; François Bréant était procureur du roi. Quelques années après, en 1688, S.A. Emmanuel Théodore de la Tour d’Auvergne, duc d’Albret, abbé de St-Ouen, donna aux Jésuites de Rouen, un moulin à blé, sous une des arches du Pont-de-l’Arche ; Jean-Baptiste Vallée, sieur du Parc, était alors lieutenant particulier, ancien civil et criminel du bailli de Rouen au Pont-de-l’Arche, il était lieutenant général du bailliage, en 1675.

En 1671, André Druel avait remplacé Charles de Tesson, esc., comme gouverneur de Pont-de-l’Arche, Jean-Baptiste du Parc était lieutenant général en la vicomté.

En 1674, Vallée, conseiller du roi, avait la charge de lieutenant général particulier ancien civil au siège royal du Pont-de-l’Arche ; Nicolas Langlois fut nommé, en 1676, lieutenant général, ancien au même siège. Quelques années après, Michel Leforestier était lieutenant général de Police ; François Bréant était substitut du procureur du roi.

Le 3 février 1687, les plaids de la vicomté furent tenus par Jean Routier, conseiller du roi, vicomte ; Charles Le Camus était avocat aux saisies réelles.

En 1600, MM. Jacques et Thomas Bourdon ayant essayé d’établir une manufacture de draps, les drapiers de Louviers y firent une vive opposition.

Charles Auzou était, en 1674, élu en l’Election. Me Claude Lobras était chapelain de la chapelle St-Etienne au château de Pont-de-l’Arche ; Jean Le Cordier était receveur des tailles.

Th. Corneille fait de Pont-de-l’Arche, au début du XVIIIe, la description suivante : « Vicomté, bailliage, élection, grenier à sel, maîtrise des eaux et forêts, et un bon château de l’autre côté de son pont de pierre, qui est le plus beau, le long, le mieux bâti qui soit sur la Seine.

« Son château, bâti dans une petite île, est de figure carrée, bien entretenu, bien logeable, flanqué de quatre tours ; au-dedans, il y en a une fort haute qui sert de donjon. Ce château est séparé de la prairie par deux petits ponts.

Cependant un procès-verbal, dressé en 1712, constatait que ce pont si bien bâti menaçait ruine, que la navigation était entravée par les pêcheurs et les gords.

Le 30 mars 1719, ce qu’on appelait les petits domaines de Pont-de-l’Arche consistant en droits de halle, minage, droits de travers qui se paient par les bateaux et charrette passant sur le pont, droit de vieil acquis payé par les bateaux sous le pont, le gord, et le bas de Léry furent donnés à titre d’engagement à Julien Langlois de Villeneuve, qui donna le tout à bail, moyennant 8,300 l. par an.

Malgré l’opposition des gens de Louviers, la manufacture de draps avait prospéré, Piganiol de la Force écrivait en 1722 : « La manufacture du Pont-de-l’Arche où il se fabrique des draps très-fins, façon d’Angleterre, est très estimée ; mais elle n’est composée que de six ou sept métiers. Les filages sont conduits par des fileurs et des fileuses de Hollande ».

Pendant le XVIIIe siècle, nous trouvons à Pont-de-l’Arche les fonctionnaires civils et militaires ci-après : Farouil de Bondeville, le marquis de St-Pons, Charles-François de Campion, M. Routier et le baron Larchier de Courcelles, gouverneurs, Nicolas Langlois, seigneur de Criquebeuf-la-Campagne, Pierre Le Massif, Dagoumer, lieutenants généraux et particuliers civils et criminels du bailli de Rouen ; Nicolas Le Cornu, lieutenant particulier du bailli de Rouen, Jean Routier, Henri de la Couture du Chien, prêtre-curé de St-Vigor, vicomtes ; Clément Aubert, François Aubert, Housard de la Poterie, présidents en l’élection ; Claude Martin, François Bigot, Jacques Pétion, Adrien Longuet, élus ; Pierre Morin, procureur du roi en l’élection ; Louis de Tesson, contrôleur des grands entrées ; Ducroc de Biville, greffier en chef du bailliage ; Jacques Vallée, greffier en chef aux eaux et forêts ; Le Cordier de Bugenval, receveur des tailles ; Mathieu Cavelet, notaire, receveur au grenier à sel.

Par un édit de 1772, la vicomté fut réunie au bailliage.

En 1784, Pont-de-l’Arche payait 2,326 l. de taille, 1,380 l. d’accessoires et 1,489 l. de capitation.

Les droits de la vicomté de l’Eau de Rouen ayant été acquis en 1718, par le prince de Condé, à titre d’engagement, la famille de ce prince entretint à Pont-de-l’Arche, jusqu’à la Révolution, un agent chargé de la surveillance de ses intérêts dans cette ville.

L’ancien pont bâti du temps de Charles le Chauve, condamné par les ponts-et-chaussées, a disparu le 12 juillet 1856.

L’église de Pont-de-l’Arche remonte au XVe siècle, elle a été bâtie sur l’emplacement d’une plus ancienne, sur un petit mamelon ; elle est remarquable par ses pendentifs, ses fonts baptismaux dont les sculptures sont attribuées à Jean Goujon, par son orgue présent, dit-on, de Henri IV, par son retable à colonnes torses et enfin par ses magnifiques vitraux.

Léproserie. Cet établissement existait en 1259, et se trouve mentionné dans une charte de l’époque ; il est probable que c’est la même maison que le Bel-Air cité en 1265.

Prieuré. Il existait autrefois à Pont-de-l’Arche un prieuré dont les bâtiments ont été convertis en un hospice établi par lettres patentes de 1704.

Bernardines. Ce couvent fut fondé, le 6 décembre 1634, sous le nom de St-Antoine par Antoine de Montenay et Marguerite du Gué, sa femme, qui le dotèrent d’une ferme de 62 acres. Marguerite Cousin paraît en avoir été la première supérieure. Parmi les autres religieuses qui ont résidé dans cette maison, nous citerons : Madame de Bellemare, Marie et Charlotte de Clinchamp, Antoinette de Mornay et Marguerite du Four.

Vers le milieu du XVIIIe siècle, les Bénédictines ayant été transférées à Rouen, faubourg Bouvreuil, vendirent leurs bâtiments de Pont-de-l’Arche à sœur Maire des Anges d’Epinay, pour y établir des Ursulines.

 

Hommes remarquables

Un GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE avait été gardien du trésor de Westminster au moment de la mort de Guillaume le Conquérant.

Un autre GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE devint évêque de Lisieux ; c’est lui fonda les dominicains de cette ville. Se sentant vieux et infirme, il se démit de son évêché, le 6 mars 1250, entre les mains de l’archevêque de Rouen ; cinq mois plus tard, il rendait son âme à Dieu.

GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE, neveu du précédent, était, en 1261, doyen de Lisieux ; vers la fin de sa vie, il se retira dans l’abbaye de Bonport, où il mourut en 1338.

PIERRE MARTIN, moine de Bonport, se distingua dans les concours des Palinods.

PHILIPPE CAVELIER, moine de la même maison, est l’auteur du Tombeau d’Elisabeth de Bigards, abbesse de Fontaine-Guérard.

EUSTACHE-HYACINTHE LANGLOIS, né à Pont-de-l’Arche, le 13 août 1777, fut tout à la fois dessinateur, peintre, grand antiquaire et littérateur de mérite ; il mourut le 20 août 1837.

 

Fiefs :

1er LE BOSC. En 1180, Richard du Bosc devait 20 s. pour une transaction.

Au milieu du XVIIIe siècle, le Bosc était un plein fief, possédé par M. de Boncourt, président au bureau des finances de Rouen, qui l’avait transmis à son fils en 1780 ;

2e JEUCOURT appartenait au XIVe siècle, à une famille de ce nom ; messire Bonneau de Jeucourt, chevalier, vendit son manoir au mois de janvier 1387.

En 1780, M. Langlois de Criquebeuf était seigneur de Jeucourt.

3e LE PARC-ROYAL, appelé vulgairement le fief et manoir du Parc-Royal, relevant du roi, appartenant de 1676 à 1722 au sieur Sorel, dont le fils vendit le 30 juillet 1749 ;

4e SERGENTERIE DE BEDANNE. Ce fief était tombé en garde ès mains du roi, en 1499 ; il appartenait, en 1759, à un Bertrand de St-Jouen, maître des comptes de Rouen, aux droits de sa femme. En 1780, Louise de Boncourt l’avait transmis au sieur de Pontraincourt, son mari, et la même année il fut réuni à Martot.

5e SERGENTERIE DU PLAID-DE-L’EPEE. On a des lettres de Charles V, en date de 1321, pour Thomas de Bos-Guillaume, sergent fieffé du plaid de l’Epée à Pont-de-l’Arche.

Le 28 juillet 1418, Pierre Le Gay fut nommé sergent de Pont-de-l’Arche. Le même jour, le roi étant à Pont-de-l’Arche, accorda à ses chers Pierre Le Hay et David Hallebout, son frère, les héritages de Guillaume Brisquet, qualifié de rebelle, à cause de son attachement à Charles VII.

En 1679, Madeleine Labbé, héritière de Charles, donna aveu au roi de la châtellenie de Martot, de la châtellenie noble de Pont-de-l’Arche etc.

Nicolas Caresme était, en 1702, sergent royal ; il avait pour successeur, en 1712, Thomas Osmont.

Cette sergenterie dut achetée de Etienne Bosquier, par contrat du 23 août 1740, par Pierre Ferté, qui la vendit le 1er décembre 1780, moyennant 1,100 l. à Charles de la Vigne.

 

FORET DE BORD

Cette forêt mérite une mention spéciale, puisque c’est à cause d’elle qu’une maîtrise particulière des eaux et forêts avait été créée au Pont-de-l’Arche.

Vers 1230, Raoul de Criquebeuf et Richard du Val, tenaient dans la forêt de Bord, 3 vergées et ¾ de vergée pour 12 s. 9 d. de rente ; un sieur Gautier qui les mesura, eut un repas de 30 convives, qui coûta 30 s.

En 1327, Jean de Commeny, Jean de Vilaines, Jean de Guinemaut et Gaufroy Le Grieu étaient gardes en la forêt de Bord.

Le roi d’Angleterre étant à Pont-de-l’Arche, en 1418, donna l’office de verdier de la forêt de Bord, à Etienne Louvel, et nomma sergents de cette même forêt, Robin Le Tailleur, Jean Aubrée, Thomas Foucault et Simon de Daubeuf.

L’année suivante, Robert Donneux fut nommé par Henri V à une sergenterie de la forêt de Bord.

Le 20 novembre 1450, Jehan Farouil, esc., verdier, donna quittance de 20 l. 4 s.

Guillaume Adam fut nommé sergent de la forêt en 1471.

Vers 1508, le procureur du roi de Pont-de-l’Arche fit dresser une nouvelle carte de la forêt de Bord ; on lui présenta une demi douzaine de lapins, estimés 45 s. parce qu’il faisait un banquet. Le repas eut lieu à l’hôtel de la Tête noire.

En 1613, Jean Le Tellier, sieur des Hauguettes, était maître particulier aux Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Louis de la Faye était lieutenant.

Me Jean Boquet, maître particulier des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche, avait épousé une fille de Pierre Le Guerchois, avec lequel il plaidait au Parlement, en 1614.

Le 18 décembre 1641, le greffe de la maîtrise des Eaux et Forêts, et l’office du greffier alternatif, furent adjugés à Claude de Lux. Pierre de Marbeuf était maître des Eaux et Forêts. Le sieur Groult était procureur du roi.

En 1612, le duc d’Elbeuf et ses hoirs furent gratifiés par le roi, de la jouissance pendant 20 ans, de ce qui revenait à sa Majesté, dans les ventes et coupes ordinaires des forêts de la Londe, Pont-de-l’Arche, etc.

En 1679, la forêt de Bord se divisait en : garde de Criquebeuf, 3 triages, garde de Testeley, 2 triages, garde du Vaudreuil, 3 triages, garde du Béquet, 4 triages, et garde de Pont-de-l’Arche, etc.

Pendant la seconde moitié du XVIIe siècle, nous signalerons, parmi les officiers de la maîtrise, Nicolas Vallée, Bachelet de Lux, Pierre du Val, lieutenants particuliers ; Dorange, Cousin, et Sébastien Dubosc, lieutenants généraux ; le sieur de Maillé, contrôleur, Jean Routier et Louis Boursault, receveurs ; Pierre Marchand, Guyon du Hardel, sergents de la forêt.

Romain Boutry était, en 1730, garde général de la maîtrise des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Clude Pâris avait l’office de procureur du roi de la maîtrise ; Louis-Jean-Baptiste Lancelevé, occupait cette dernière fonction en 1776.

 

PONT-DE-L’ARCHE, ch.-l. de cant., arrond. de Louviers, sur la seine.- Sol : alluvions contemporaines, diluvium et craie blanche. – St. de ch. de fer de Paris à Rouen et de Gisors à Pont-de-l’Arche. – R. nat. n° 154 d’Orléans à Rouen, n° 182, de Mantes à Rouen. - R. dép. n° 12 de Bourgtheroulde à Gournay. – Ch. de gr. com. n° 4, de Pont-de-l’Arche au Neubourg. – Ch. d’int. com. n° 43 de Pont-de-l’Arche à N.D.-du-Vaudreuil. – 4 cont. 11,950 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 9,005 fr. – Surf. terr. 953 hect. – pop. 1,640 hab. - ? – Percep. – Rec. cont. ind. – Télég. – paroisse, cure, presbyt. – Ecole spéc. de 162 garç.- Ecole spéc. de 172 filles. – 2 maisons d’école. – 1 juge de paix avec son greffier. – 1 recev. d’enregist. – 1 notaire. – 2 huissiers. – 1 garde général des Eaux et Forêts. – Hospice de 22 lits. – Bur. de bienf. – 12 perm. de chasse. – 21 déb. de boisson. – Force pub., 1 brig. de gend. – 1 comp. de 43 sap.-pomp. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. 33, d’arr. 9.

Dépendances : LE BON AIR, BONPORT, LA BORDE.

Agriculture : Céréales.

Industrie : 1 fabrique de chaussons.

Patentés : 112. 

 

Notes

Il était vicomte en 1646.

Notes Le Prévost, t. 2, p. 581, voir Lettres du cardinal.

Courrier de la Fronde.

Celui-ci fut condamné pour insulte à un fabricant de chandelle, à 1000 l. d’amende, réduite à 500 l..

Notes Le Prévost, t. 2, p. 587.

Léop. Delisle.

Ces offices avaient été créés par édit de 1639.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

http://pontdelarche.over-blog.com

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:53

Charpillon, Louis-E., Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes

du département de l’EureLes Andelys : Delcroix, 1868, 960 p. Tome II, p. 669 à 672.  

 

 Abbaye de Bonport

 

P1180961

 

          La légende rapporte que Richard Cœur-de-Lion, emporté par l’ardeur de la chasse, se jeta à la nage dans la Seine à la poursuite d’un cerf, et qu’étant sur le point de se noyer il fit vœu de fonder une abbaye sur les bords du fleuve.  

         Richard parvint à terre dans un endroit appelé Maresdans, auquel il donna le nom de Bonport, où il fit construire une abbaye dédiée à Notre-Dame.  

         Le roi y appela des religieux de l’ordre de Cîteaux et les dota généreusement.  

         1er abbé. CLEMENT fut choisi comme abbé de Bonport, en 1190, lors de la fondation de la maison. 

         Par la charte de fondation rédigée, cette même année, Richard, roi d’Angleterre, donna aux religieux dix charruées de terre dans la forêt de Bord, et il les affranchit de tout droits de coutume. Anselle de l’Isle et Gachon de Poissy leur accordèrent le passage libre pour toute chose à leur usage sur leurs terres ; Mathieu de Montmorency fit remise de tous droits de coutume pour les achats qui seraient faits par les religieux sur les terres de Marly et de Meulan ; le comte de Beaumont, Guy et Pierre Mauvoisin, Robert et Galeran de Meulan se montrèrent également généreux envers l’abbaye naissante.  

         En 1197, Robert, comte de Meulan, donna aux moines de Bonport quatre arpents de vigne, entre Vaux et la Seine.  

         Au commencement du XIIIe siècle, Jean sans Terre affranchit l’abbaye de tous droits de coutumes et la prend sous sa sauvegarde ; Philippe-Auguste, à son tour, confirma, en 1204, tous les biens des religieux.  

         Luc, évêque d’Evreux, reconnut en 1206, que Bonport avait droit de sèche moute sur les hommes de Poses ; la même année, le pape Innocent III met sous la protection du St-Siège le monastère de Bonport, dont il confirma toutes les libertés, immunités et privilèges, de plus, il enjoignit aux prélats de Normandie d’excommunier les violateurs des privilèges de Bonport.  

         En 1209, Philippe-Auguste permit aux religieux de moudre au moulin de Pont-de-l’Arche le mercredi de chaque semaine, puis il échangea ce droit contre le septième du revenu de ce moulin ; enfin il les affranchit de tous droits de coutume à Pont-de-l’Arche. 

      Parmi les bienfaiteurs de Bonport à cette époque, nous citerons encore Tatin, seigneur de Pinterville et Robert de Courtenay.  

         2e abbé. GERARD remplaça Clément, vers 1218, il vivait encore en 1226 ; de son temps, Nicolas de Montaigne, Jean de St.-Cande, Richard Bourdon, Robert de Longueville, Simon Sorel, chevaliers, Guillaume de Mauquenchy et Guillaume Saillant se signalèrent par leurs libéralités.  

         Le roi Louis VIII permit aux moines de faire venir jusqu’à cent tonneaux de vin pour leur usage, francs de tous péages et droits.  

         3 abbé. PIERRE 1er dut succéder à Gérard vers 1227 ; mais il occupa peu de temps le siège abbatial.  

         4e abbé. PIERRE II fut élu vers 1228 ; Guilbert de l’Abbaye lui vendit 30 s. de rente à la St-Michel ; l’année suivante, Emma, femme du seigneur de Criquebeuf, donna aux religieux trois vergées de terre à Caudebec, Guillaume Graverend confirma la donation de trois setiers de vin faite par son père, qu’il convertit en une rente de 4 s. En 1232, Jean 1er de Tournebu donna une rente de huit boisseaux de froment et une autre de 5 s.  

       5e abbé. GERMOND était, vers 1235, abbé de Bonport ; cette même année, Guillaume de Léry, Simon Bonard, Nicolas du Mesnil Mauger, le Coq, Rabel de Muids, Eustache de Dreux firent différentes donations à l’abbaye de Bonport.  

         En 1244, eut lieu la dédicace de l’église l’abbaye de Bonport ; à cette occasion, le pape Innocent IV accorda vingt jours d’indulgence aux personnes qui visiteraient l’église de N.-D. de Bonport.  

          6e abbé. ROBERT Ier avait remplacé Germond, en 1247. De son temps, St Louis prit sous sa sauvegarde royale l’abbaye et les religieux, et il leur confirma, en 1246, l’endroit où il était construit, avec ses dépendances, les dîmes de Criquebeuf, de Maresdans, etc. le moulin de Poses, les maisons de Rouen, les vignes de Dol, une rente de 100 marcs d’argent à Dieppe, 20 charruées de terre, le droit dans l’eau de Seine depuis Pont-de-l’Arche jusqu’à Muids, avec les pêcheries, etc., les pré du Vaudreuil, de Louviers, du Havre, etc., le moulin de Landemare, etc.  

         Le 16 février de l’année suivante, S. Louis donna aux religieux de Bonport, pour les indemniser des défrichements opérés dans la forêt de Bord, 100 acres de terre à côté de la propriété  qu’ils tenaient de Richard Cœur-de-Lion, plus 7 muids, 16 setiers et une mine de blé.  

         8e abbé. BLAISE aurait succédé à Robert Ier[1], c’est tout ce que nous savons de lui.  

      9e abbé. ROBERT II remplaça Blaise. Sous son administration, Samson du Grouchet, Guillaume Le Duc, François de Mont-Berger, Nicolas Toustain du Hamel, Raoul Sandbreuil, Nicolas Chefdeville, Guillaume du Bec, Henri d’Oissel, Guillaume Legras, Jean Leblanc.       

        En 1259, S. Louis donna à ferme aux moines de Bonport, pour 25 l. 10 s. de rente, 19 charretées de foin, qu’il prenait chaque année dans la prairie du Vaudreuil. 

         10e abbé. NICOLAS 1er fut consacré par l’archevêque Eudes Rigaud, le 3 décembre 1262.  

         Les religieux avaient, en 1272, à Pont-Audemer, un manoir, dont les habitants étaient exempts de taille. La même année, le comte de Meulan confirma tous leurs privilèges.  

         11e abbé. RICHARD est cité comme abbé de Bonport, à la date de 1276 ; jusqu’à la fin du XIIIe siècle, de nombreuses donations furent encore faites à cette maison.  

         Par une charte du 23 juin 1296, Jeanne de Fontenay, dame de Vaux et de Maubuisson, épouse de Robert de la Roche-Guyon, donna à l’abbaye de Bonport, 100 s. parisis de rente, à prendre sur le fief de Groslay.  

            12e abbé. JEAN 1er succéda à Richard, au commencement du XIVe siècle.  

13e abbé. GUILLAUME 1er avait remplacé Jean, en 1314 ; il plaidait, en 1321, avec l’archevêque de Rouen, au sujet du droit d’usage, qu’il réclamait dans la forêt de Louviers.  

14e année. SIMON DE LOUVIERS succéda à Guillaume, en 1327. Charles le Bel donna au couvent, cette même année, 6 s. de rente, à prendre sur un gord, sis à Port-joie ; il avait donné, en 1324, le tiers et danger de 21 acres, à Boisguillaume-lès-Rouen.  

Les religieux plaidaient à l’Echiquier de 1328, avec l’archevêque, au sujet de leurs droits dans la forêt de Louviers.  

15e abbé. NICOLAS II, successeur de Simon, nous est peu connu ; c’est de son temps, en 1352, que le roi Jean, et Charles le Mauvais, se réunirent à Bonport, pour chercher à traiter de la paix entre eux.  

16e abbé. JEAN II DE ST-MELAINE était à la tête de l’abbaye, en 1361, époque à laquelle l’archevêque-cardinal de Luxembourg lui intenta un procès à l’Echiquier, pour usurpation de ses fonctions.  

17e abbé. GUICHARD, nommé en 1383, reçut du roi Charles VI, en 1387, une somme de 500 l. d’or, pour reconstruire le cloître, détruit pendant le guerre[2].  

L’église dut également reconstruite à cette époque ; on lui donna la forme d’une croix latine.  

Pierre de la Heuse, seigneur d’Ardouval, d’Eavy, etc., donna en 1388, 10 s. de rente à Bonport[3].  

Le 26 janvier 1400, dom Michel, abbé du Val-de-N.-Dame et visiteur de l’abbaye de Bonport, approuva une charte de Guichard, abbé de ce monastère. 

Renier de Rouville, et Jeanne de Poissy, sa femme, firent différentes donations à Bonport, au commencement du XVe siècle.  

L’obituaire de l’abbaye, commencé en 1409, constate la fondation d’une chapelle la même année.  

18e abbé. PIERRE III BARBITI avait remplacé Guichard en 1412 ; Henri V, roi d’Angleterre, étant à Bonport, non-seulement rendit à l’abbaye ses domaines, mais encore lui accorda un sauf-conduit pour les religieux du couvent, pour leurs serviteurs et leurs hommes.  

19e abbé. JEA N III HAMON. Vers 1429, Nicolas Pointel, receveur pour les archevêques, Louis d’Harcourt et de la Roche-Taillée, certifie avoir payé chaque année par leur ordre aux religieux de Bonport, 226 l. 13 s. 4 d. pour cause de 100 marcs d’argent que ces religieux prétendaient avoir droit de recevoir tous les ans sur le revenu de Dieppe.  

20e abbé. GUILLAUME II L’ENFANT, évêque de Chrysopole, dut succéder à Jean III, vers 1449 ; cette même année, les envoyés des rois de France et d’Angleterre se réunirent à Bonport, pour traiter de la paix, mais sans résultat.  

En 1466, l’abbé Guillaume donna quittance  de 100 l. sur le comte de Boulogne ; il assistait à l’Echiquier de 1474 ; il mourut vers 1480 et fut inhumé devant le Christ.  

21e abbé. JEAN-BAPTISTE DE CRIQUETOT, docteur en théologie, vicaire général de l’abbé de Cîteaux, fut le successeur de Guillaume II.  

En, 1506, Jean, abbé de Bonport, fut nommé par Georges d’Amboise, avec Guillaume Fédeau, pour terminer le procès entre les religieux de St-Wandrille, qui avaient nommé pour abbé, Jacques Hommet et François, cardinal de St-Adrien, archevêque de Clermont, nommé abbé par le pape Jules II.  

22e abbé. JEAN IV SANGUIN, moine de Bonport, devint abbé de Mortemer, en 1516, puis il occupa la même dignité à Bonport, à partir de 1520.  

23e abbé. NOEL MAUDUIT fut porté au siège abbatial de Bonport, en 1536 ; l’année suivante, il donna 50 l. à la confrérie de N.-D. de mi-août de Gisors ; il blasonnait : parti de France, au 2 de gueules à 3 léopards d’or.  

Le 12 avril 1539, avis de la mort de l’abbé Noël, fut porté en poste à Vigny.  

24e abbé. JACQUES D’ANNEBAUT, évêque de Lisieux, eut en commande, en 1543, les abbayes de Bonport et de St-Taurin ; il accompagna, en 1550, François 1er dans un voyage à Etrépagny, et il mourut en 1559.  

25e abbé. HENRI DE CLERMONT succéda, en 1558, à Jacques d’Annebaut. De son temps, dom Jean Dupuis était prieur claustral, Louis Tissot, sous-prieur, Jean Leclerc, portier, Guillaume Hamelin, sacristain, Antoine Parmer, chantre ; on comptait en outre, 12 religieux dans le monastère de Bonport.  

26e abbé. FRANçOIS DE BOULLIERS, abbé de Bonport, présentait à la cure de Crestot, en 1575 ; trois ans après, Henri III confirma les titres de fondation de Bonport, en reproduisant les chartes de Philippe-Auguste et S. louis.  

L’abbé présenta un aveu au roi, du temporel de l’abbaye, le 23 octobre 1581 ; il avait, en 1587, le titre d’évêque de Fréjus.  

Boulliers : d’argent au chef de gueules à la bordure componée de Naples et de Jérusalem.  

27e abbé. PHILIPPE DESPORTES remplaça François de Boulliers en 1587. Cette même année, le roi lui fit remise des levées extraordinaires, imposées sur les abbayes de Tiron, Josaphat, Bonport et Vaux-de-Cernay. 

En 1595, Philippe Desportes avait les deux abbayes de Bonport et de Tiron.  

Henri III et Henri IV lui témoignèrent tous deux beaucoup d’affection ; c’était un poète latin d’un grand mérite ; ses œuvres furent imprimées en 1579 et en 1583 ; il mourut à Bonport le 5 octobre 1606.  

28e abbé. LEBLANC DU ROLLET est compté au nombre des abbés de Bonport, pour voir joui quelques temps, à partir de 1590, des revenus de l’abbaye, au détriment de Philippe Desportes.  

29e abbé. HENRI DE BOURBON, évêque de Metz, était pourvu, en 1613, de l’abbaye de Bonport ; il fut nommé duc de Verneuil, en 1652, ambassadeur en Angleterre ; il finit par se marier, et il se démit de tous ses bénéfices.  

En 1666, les religieux de Bonport furent déchus de tous les droits qu’ils réclamaient dans la forêt de Bord, et furent de plus, condamnés à 500 l. d’amende et à la restitution des arbres coupés par eux.  

Un sieur Boulard, qui s’était retiré à Bonport pour prendre l’habit religieux, étant tombé malade, envoya chercher Denis, tabellion à Rouen, pour recevoir son testament. A la mort du testateur, ce contrat fut cassé, parce que le notaire n’avait pas qualité pour le recevoir[4].  

30e abbé. JEAN CASIMIR, roi de Pologne, comte de Clermont, âgé de trois ans, avait en 1673, la commende de l’abbaye de Bonport.  

31e abbé. LOUIS-HENRI DE BOURBON, comte de la Marche, âgé de deux ans, fut pourvu de Bonport en même temps que son frère.  

Ces deux enfants, morts en bas-âge, ont marqué leur passage par des travaux importants, faits en leur nom à l’abbaye.  

32e abbé. EMMANUEL-THEODOSE DE LA TOUR D’AUVERGNE, âgé de neuf ans, eut l’abbaye de Bonport en 1677 ; à la mort de son frère aîné, en 1692, il fut sécularisé et se maria.  

33e abbé. LOUIS COLBERT, pourvu de la commende de Bonport en 1692, quitta l’habit religieux en 1693, et devint capitaine-lieutenant des gendarmes Bourguignons. Pendant son administration, l’abbaye fut dépouillée de 80 manuscrits précieux au profit de la bibliothèque du grand Colbert.  

34 abbé. MELCHIOR, qui devint plus tard cardinal de Polignac, obtint la commende de Bonport en 1693 ; après avoir rempli plusieurs fonctions éminentes, il fut exilé dans son abbaye, où il composa son poème latin si estimé : L’Anti Lucrèce[5].  

35e abbé. GILBERT DE CHABANNES obtint l’abbaye de Bonport en 1745 ; il était alors vicaire général de Langres ; il fut député à l’Assemblée générale du clergé. Il vendit, en 1748, au président Portail, le fief de Bonport à Léry. Il mourut à l’âge de 77 ans, le 9 juin 1779.  

Cette dernière année, l’abbaye fut mise en économat.  

36e abbé. FRANCOIS DE BONNAL, évêque de Clermont, obtint, en 1780, l’abbaye de Bonport, qui lui produisait 18,000 l. de rente, et qu’il conserva jusqu’à la révolution de 1789.  

Une partie des bâtiments de l’abbaye est encore debout, et mérite, à juste titre l’attention de tous les archéologues[6]

 


[1] Neustria Pia

[2] Notes Le Prévost

[3] Hist. D’Harcourt

[4] Commentaire sur la coutume de Normandie

[5] Notes Le Prévost, t. 2, p. 591

[6] M. J. Andrieux a publié, en 1872, le Cartulaire de l’abbaye de N.D. de Bon-Port, précédé d’une savante introduction historique.

 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:48

Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 512-514.

 

 

 Martot (1)

 

MARTOT

 

Paroisse des Dioc. d’Évreux. – Doy. de Louviers. – Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche – Parl. et Gén. de Rouen.  

La paroisse a été dédiée sous le vocable de St-Aignan, on a découvert à Martot, un cimetière mérovingien, dont M. l’abbé Cochet a parlé.  

Vers 1060, Ascelin, fils de Roger, donna au Bec, avec l’agrément de Hugues du Martot son suzerain, ce qu’il avait sur Martot. Roger, fils d’Helgard, avait donné auparavant à l’abbaye du Bec, une grande quantité de terre autour de Breteuil, avec la forêt qu’Yves Le Clerc, tenait de la donation de Guillaume, fitz Osbern, lorsque son fils avait pris l’habit religieux.  

Henri, roi d’Angleterre, permet aux moines du Bec de prendre dans ses forêts de Rouvray et de Bord, le bois nécessaire à la construction, réparation et chauffage de leur manoir de Martot[1].  

En 1180, Adam de Martot paya 20 s. pour un accord à Guillaume de Malpalu, fermier du Roumois, ce même Adam de Martot attesta en 1184, que le roi Henri avait pris possession des régales après la mort de Rotrou[2].  

Au mois d’août 1197, Robert de Meulan, était à Martot, dans le manoir de l’abbé du Bec, avec l’évêque de Conventry ; deux ans après, Robert de Meulan donna aux religieux du Bec, le passage d’un bateau libre de Pont-de-l’Arche à Martot[3]. Il était en 1209, garde de la paroisse de Rouen, il fut témoin avec son fils du même nom, d’une charte pour St.-Amand de Rouen.  

Adam de Martot, IIe du nom, fit en 1222, une donation aux moines de Jumièges.

En 1258, Raoul de Martot étant à Bonport, céda au Bec ses prétentions sur le patronage de Martot.

Nicolas Tronches, vendit en 1264, au cellérier du Bec à Martot, une maison dans cette paroisse.  

Eudes Rigaud séjournait souvent à Martot ; il y était le 2 novembre 1268, nous pensons qu’il recevait l’hospitalité dans le manoir que les religieux du Bec y possédaient, et qui leur provenait d’une donation de Hugues de Montfort-sur-Risles, au XIe siècle. Les moines avaient aussi à Martot, un  cellier où débarquaient leurs vins, qui venaient de l’Île-de-France par la Seine.

Le Roi avait également à Martot, une chapelle, où Raoul de Chevrier célébra l’ordination en 1268.

En l277, le forestier de la forêt du Rouvray ayant refusé de livrer du bois pour le manoir de Martot, il y eut un procès qui fut jugé en faveur du Bec. 

La même année le Bailli de Rouen jugea que le patronage de Martot appartenait à l’abbaye du Bec, à l’encontre des prétentions de Baudoin de Muids[4]

Pierre de Livarot rendit aveu en 1383, pour le fief de Martot. Il y avait procès en 1389 entre Guillaume de Vienne, archevêque de Rouen, propriétaire de trois moulins à eau sur le Pont de Louviers, et Pierre de Livarot, propriétaire des moulins de Bercelou, situé au même lieu[5]

Pierre de Livarot était en 1400, usufruitier du fief de la Londe à Louviers[6].

En 1408, Guillaume de Livarot était conseiller de ville à Louviers ; le 27 avril 1416, N. H. Guillaume de Livarot donna aveu pour Martot[7] ; il avait droit de prendre une poignée d’argent nommée la hailesse sur le panage de la foret de Bord, sa veuve, Théophanie de Villière, obtint en 1419, ses biens a Vernon.

Guillaume de la Motte esc. fait foi et hommage du fief de Martot en la Vicomté du Pont-de-l'Arche, en 1463 ; ce même Guillaume de la Motte et Marguerite de Besu, sa femme, plaidaient en 1498, avec Pierre de Martot, esc. Demeurant a Louviers.  

Lors de la montre de 1470, Jean Costard, seigneur de Martot et de la Victoire, se présenta et fit agréer Pierre Costard, son fils, sieur de St.-Léger, en habillement d’armes : on lui enjoignit d’avoir 3 chevaux. 

En 1416 Jehan Costard, IIe du nom, était seigneur de Martot, Nicolas Costard, seigneur de Martot, était décédé, laissant pour veuve, Jeanne Agis.  

Le 7 février 1585, Nicolas Costard, dit le capitaine Martot, eut la tête tranchée au Grand-Carrefour d’Évreux, Robert Costard fut pendu. Les biens du capitaine Martot (Nicolas Costard), furent donnés à sa sœur, Barbe Costard, qui rendit aveu, en 1587, pour le fief de Martot.  

En 1605, Barbe de Costard, épouse séparée civilement d’avec Guillaume de Beaumets, poursuivait le décret de Berengeville, sur les enfants de Charles de Biville.  

L’abbaye du Bec avait probablement vendu son fief, car au XVIe siècle, on voit deux familles prenant à la fois le titre de seigneur Martot.  

Après Barbe de Costard, Nicolas de Lux esc. acheta en 1588, le fief de Martot qu’il  vendit la même année, à Jean Le Lieur, notaire et secrétaire du Roi. Antoine Le Lieur, son fils, était, en 1608, seigneur de Ste-Catherine de Bedanes, et du fief terre et seigneurie de Martot, 8e de haubert, lui provenant de son père.  

En 1610, Antoine Le Lieur vendit Martot à Jean Cousin, lieutenant des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche.  

Le Lieur : d’or à la croix dentelée de gueules et d’argent cantonnée de 4 têtes de sauvages d’azur.  

En 1628, Jean Cousin, était sieur de Martot, par avancement de succession de Jean Cousin, qui l’avait acquis d’Antoine le Lieur, esc. sieur de Ste-Catherine.  

Louis Cousin, Louis Pierre et Louis Cousin IIe du nom, furent successivement seigneurs de Martot, jusque vers 1720.  

En 1625, Charles Labbé, fils de Raoul, avait le titre de sieur de la Motte[8], lorsqu’il entra au parlement, on lui confirma en 1659, les droits de chauffage ci-devant accordés aux précédents propriétaires de Martot ; il mourut en 1676. 

Antoine Le Carpentier obtint en 1695, des lettres de provision à l’office de conseiller du roi, maître en la chambre des comptes de Normandie, il épousa en 1714, Marie Anne Pocher des Alleurs, qui était veuve, en 1745, lorsqu’elle plaidait avec le sieur d’Auzouville[9].  

En 1736, le fief de Martot était possédé par le Président au bureau des finances, Nicolas-Alexandre-Lucas de Boucout ; il passa ensuite à son fils Jacques-Alexandre-Lucas de Boucourt, assassiné en 1764. Sa fille unique, Adélaïde Geneviève Émilie, mariée à M. de Poutrincourt, était en 1780, dame de Martot.  

Lucas de Boucourt : d’or, à l’aigle éployé de sable, becqué et onglé de gueules, au chef de gueules, chargé de 3 croisettes d’argent.  

Biencourt-Poutrincourt : de sable, au lion rampant d’argent, armé, lampassé et couronné d’or.  

Le domaine de Martot passa ensuite, par acquisition vers 1835, à la famille Grandin de l’Éprevier, qui possède encore dans cette commune, une propriété importante.  

Martot est renommé pour ses navets.  

Sergenterie. – En 1405, Thomas Poignant rendit aveu pour la sergenterie fieffée de Martot ; lors de l’invasion de 1410, il refusa de se soumettre aux Anglais, qui, confisquèrent ses domaines pour les donner à l’un des leurs.  

En 1549, Adam Langlois rendit aveu pour la sergenterie de Martot.  

 

MARTOT, cant. de Pont-de-l’Arche ; sur la Seine, à 134 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines, craie. – R. dép. n° 12 de Bourgthéroulde à Gournay. – Surf. terr. 848 hect. – Pop. 309 hab. – 4 contr. 1948 fr. – *, Percep. et Rec. Cont. ind de Pont-de-l’Arche. – Réunion pour le culte et l’instruction à Criquebeuf-sur-Seine. 2 déb. de boisson. 3 perm. de chasse – Dist. en kil. au chef.-l. de dép. 27, d’arr. 12, de cant. 7.  

Dépendances, Les Fieffes-Mancelles, Les Quatre-Âges.  

Agriculture : céréales, navets.  

Industrie : Néant. – 4 patentés

 

 

martot

 

[1] Antiquaire de Normandie.  

 

[2] On a imprimé Robert au lieu de Rotrou, dans les Notes de M. Le Prévost. 

 

[3] Cart. de Bonport.  

 

[4] Notes Le Prévost. 

 

[5] M. Passy dans les Notes de Le Prévost l’appelle Lynarot, qui est une faute.  

 

[6] Arch. de Rouen.  

 

[7] Vic. de l’Eau.  

 

[8] Fief du Vaudreuil. 

 

[9] Houard, t. I, p. 525. 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:42
Vue sur Montaure depuis Ecrosville (cliché Armand Launay, 2012).

Vue sur Montaure depuis Ecrosville (cliché Armand Launay, 2012).

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 541-543.

 

MONTAURE 

 

Paroisse des : Doy. de Louviers. – Baill. Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Dioc. Parl. et Gén. de Rouen.

Montaure de Mons aureus, montagne d’or à cause de sa situation et de la fertilité du sol.

L’église dédiée à Notre-Dame, fut octroyée au XIe siècle à l’abbaye de Saint-Ouen, par Odon Stigaud, maître d’hôtel de Guillaume, duc de Normandie, mais le patronage honoraire fut conservé par les seigneurs du fief de la paroisse.  

Nous trouvons mentionnés dans l’histoire de 1080 à 1258, les noms de Roger, Raoul,  Thomas, Renaud et Romain de Montaure.  

Jean Le Mire fut mis en prison en 1334, pendant 93 jours, pour avoir navré un homme en péril de mort à la foire de la Toussaint, à Montaure.  

En 1450, Loys de Fontaine, obtint de rentrer dans la seigneurie de Criquetot, il épousa vers cette époque, Jeanne de Jeucourt, dame d’Épreville à Incarville, le 14 novembre 1480, Louis de Fontaine, sieur de Criquetot et Montaure, consentit un contrat de fief à Jean Leclaire[1]. Marie de Fontaine, sa fille, épousa en 1490, Thibaut d’Amfreville, qui devint ainsi seigneur de Criquetot et de Montaure, dont il rendit aveu en 1497.  

 

Jean d’Amfreville, fils aîné de Thibaut ne laissa qu’une fille, Guillemette, mariée à Christophe de Serviac, avant 1527 ; ce seigneur vivait encore en 1537 ; il n’avait pas le titre de seigneur de Montaure mais seulement de Criquetot, Villettes et Ecquetot en partie ; il laissa 3 filles, Diane, Louise et Marie.  

 

Le 30 juillet 1612, le fief de Montaure, quart de haubert surnommé de Criquetot, parce qu’il avait appartenu au sieur de Criquetot, fut décrété sur les héritiers de Jean d’Amfreville, au profit de Pierre Vigor, conseiller du roi au Parlement de Normandie.  

 

Par arrêt du 16 mai 1616, Pierre Vigor fut envoyé en possession du fief de Criquetot à Montaure, au préjudice de Jacques d’Amfreville, qui prétendait le retirer à droit de sang.  

Vers cette même date, décharge de la taille fut accordée aux habitants de Montaure, dont un orage avait détruit les maisons.  

 

Le 31 décembre 1646, Messire Pierre Vigor, esc. seigneur de Montaure, étant en son manoir seigneurial de Montaure etc., achète de Pierre Le Bourg, laboureur à Montaure, un demi acre de terre en présence de Nicolas Papelard, curé de la paroisse.  

 

Vers 1650, St-Vincent-de-Paul présentait à la cure de Montaure. 

 

En 1651 à 1655, le sieur de Vigor, maître particulier des Eaux et Forêts, avait reçu pour son office, 2100  héritiers reçurent 2100 mesures de bûches ; ses héritiers reçurent 2100 l. pour pareille quantité de mesures de bûches.  

 

Vigor : d’argent, à aigle éployé de sable, au chef d’azur, chargé de trois étoiles d’argent.  

Les Familles Poirier d’Amfreville, Belot, Le Camus, et Le Cordier de Bigards, possédèrent ensuite la seigneurie de Montaure.  

 

M. Jean-Baptiste Le Cordier de Bigards, Président au Parlement de Normandie, obtint, en 1782, l’érection des seigneuries de Bourgthéroulde et de Montaure en marquisat de la Londe.  

 

Fief

 

Écroville. Jean d’Écroville fut en 1205, témoin d’une charte pour Bonport.  

De 1551 jusqu’à la Révolution nous signalerons parmi les seigneurs d’Écroville, Loys de Bigards, François de Bigards et Jean Baptiste François Le Cordier de Bigards. 

 

Établissements Religieux

 

Prieuré de Montaure [p. 542-543]  

 

Du temps de Richard II, duc de Normandie, Stigaud dit le Vieux, fonda le Prieuré de Montaure. En

1018, le duc Richard confirma la donation de son sénéchal, et donna lui-même une rente de : 1 muid de froment, 1 muid de seigle, 2 muids d’avoine. 8 setiers d’orge et 4 setiers de pois[2]... Odon Stigaud, fils du précédent, maître d’hôtel du duc Guillaume, eut deux fils, Maurice et Robert, ce dernier voyagea en Orient, et revint en Normandie avec des reliques de Ste-Barbe. Maurice frère de Robert, pour recevoir et conserver dignement ce précieux trésor, détruisit le château de ses pères, dans sa terre d’Écajeul, pour y fonder une collégiale connue sous le nom de Ste-Barbe-en-Auge.  

Il eut deux fils, Maurice et Robert , qu’il perdit de son vivant. Après leur mort, il fonda, en 1063, à côté de l’église de Montaure, avec le concours de l'abbaye de St-Ouen, un prieuré  également dédié à Notre-Dame, auquel il donna tout ce qu’il possédait à Criquebeuf-sur-Seine avec l’eau, l’église St-Etienne-des-Tonneliers, à Rouen, 3 maisons dans la même ville, où demeuraient les potiers et enfin la terre de Turquetil de Limesy.

Le duc Richard II, confirma cette donation et donna lui-même au prieuré, une rente de: 1 muid de froment, 1 muid de seigle, 2 muids d’avoine, 8 setiers d’orge et 4 setiers de pois, sur le domaine du Vaudreuil, avec 2 charretées de foin dans la prairie de Vaudreuil.

La construction de l’église et de la tour de Montaure suivit de près ; l’église, qui subsiste encore, est bâtie dans le style roman du XIe ou du XIIe siècle.

En 1184, les religieux avaient une rente de 10 l. qu’ils tenaient de la générosité du Roi.

Au milieu du XIIIe siècle, l’archevêque Eudes Rigaud, visita le prieuré de Montaure à différentes fois. La première eut lieu le 15 mai 1250. Le Prélat constata la présence de 4 moines, tous prêtres... Il leur ordonna d’observer les jeûnes. Ils ont 160 l. de revenu... Nous avons prescrit de donner plus largement l'aumône aux pauvres…

Cinq ans plus tard, nouvelle visite. L’archevêque constate qu’il n’y a plus que deux religieux, alors qu’il devrait y en avoir au moins trois. Il défend de laisser les femmes manger dans la maison.

Le 26 août 1258, nous avons, dit le  prélat, été hébergé à Montaure. Le lendemain 27, nous avons procédé à notre visite. Ils étaient trois moines. Il n’existait qu’un seul calice, tant pour les moines que pour le prêtre de la paroisse ; leurs revenus sont de VIIIxx livres. Frère Roger d’Andely était alors prieur du lieu, nous avons trouvé toutes choses en bon état.

Le 7 juillet de la même année, Eudes Rigaud célébra dans le prieuré de Montaure, le mariage de Guillaume de Prémery, son panetier, avec Jeanne, sa femme.

La dernière visite de l’infatigable archevêque au prieuré de Montaure, est du 13 mai 1269. Il n’y avait que deux moines au lieu de trois, Eudes Rigaud leur défendit de laisser les femmes entrer dans leur maison, etc.

Le 7 décembre 1339, Guillaume Saoul, prieur de Montaure, assistait aux derniers moments du célèbre Jean Roussel, dit Marc-d’Argent.

En 1397, Jean d’Oynel esc. et un certain nombre de bourgeois, s’étant rendus coupables d’injures et de voies de fait envers les religieux de Montaure, et ayant commis de grands dégâts dans le Prieuré, furent condamnés par l’Échiquier à faire amende honorable.

" C’était un jour de fête de Notre-Dame, la foire se tenant à Montaure... Ils s’étaient rendus au prieuré, (d’Oynel et ses complices), là, publiquement en présence de nombre de gens, ils s’agenouillèrent devant Dom Naguet, prieur, lui amendèrent les dits excès et maléfices, lui requérant humblement qu’il leur pardonnât ce qu’il fit, se relevant alors, on les vit entrer dans l’église du prieuré, y offrir leurs cierges, payer enfin, au prieur, 200 l. d’amende profitable.

Pendant les guerres de Religion le prieuré de Montaure fut pris par un sieur de la Personne, des mains duquel le retira Dom Alexis Durand, dernier prieur en règle.

Montaure tomba plus tard dans les mains de Baltazard Poidevin, qui porta le titre d’abbé de St.-Ouen, de 1620 à 1638.

Parmi les prieurs de Montaure, nous  citerons encore ;

Dom Jean le Cauf, Dom Laurent Alorge, Pierre de Godefroy, Jean Philippe.

 

Carmes déchaussés.

Au moment où le prieuré de Montaure s’éteignait, une autre fondation pieuse lui succéda.

La 5e garde de la forêt de Bord, appelée du Chastel, fut donnée par Louis XIV, aux Carmes-Déchaussés de Rouen, qui y construisirent une maison de leur ordre sous le nom du Désert de Notre-Dame du Secours.

La première pierre fut posée le 20 juillet 1663, par Messire Guy du Val, seigneur de Bonneval, chevalier, Président à Mortier au Parlement de Rouen.

En 1791, les capucins d’Andely furent envoyés à Montaure.

Le domaine de la Garde Châtel composé de 203 hectares dont un parc de 135 hectares, appartient actuellement à la veuve de M. Le Prou.

 

Léproserie.

On signale à Montaure en 1253, une léproserie qui avait une chapelle dédiée à St-Blaise.

 

MONTAURE. cant. de Pont-de-l’Arche à 140 m. d’alt. – sol : alluvium et craie. – Ch. de gr. com. n° 4, de Pont-de-l’Arche à la R. dép. n° 13. – Surf. terr. 1016 hect. – Pop. 1203 hab. – 4 cont. 9,235 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 5,347 fr . – * de Louviers. – Percep. et Rec, Cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Paroisse. – Presbyt. – Écoles spéc. de 82 garc. et de 80 filles. – 1 maison d’école. – 5 déb. de boissons. – 14 per. de chasse. – Dist. en kil. au ch.-l. de dép. 29 ; d’arr. 8 ; de cant. 9.

 

Dépendances, Blaquetuit, Écrosville, Les Fosses, La Vallée.

Agriculture, céréales, forêt.

Industrie, 2 fab. de poterie, – 1 tuilerie, tissage de draps chez les particuliers.

31 patentés.

 

 

[1] Arch. Seine-Inf.

[2] Ordéric Vital.

 

 

 

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:31

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. I, p. 96-97.

 

      Alizay (5)

Les piliers de ce portail de la rue de l'Andelle sont d'anciennes colonnes de Notre-Dame de Bonport, démantelée au début du XIXe siècle (cliché Armand Launay, 2011). A noter aussi le très beau manoir à pans de bois situé derrière. 

 

 

ALISAY

 

Ancienne paroisse du dioc., du baill., de la génér. de Rouen. – Du doy. de Perriers. – De la vic. et de l’élec. de Pont-de-l’Arche.

Lieu planté d’alisiers, suivant T. Duplessis, propriété d’Alisius ou d’Aliciacus, suivant d’autres, telle serait l’origine de ce nom.

Une partie d’Alisay était comprise au IXe siècle dans le territoire de Pîtres, un des endroits les plus fameux de notre histoire locale.

Lorsque Rollon voulut remonter la Seine, dans l’intention de piller Paris, sa flotte fut arrêtée à Pont-de-l’Arche par les fortifications que Charles-le-Chauve y avait élevées ; les pirates quittèrent alors leurs vaisseaux et s’établirent sur les bords de la Seine, dans un camp entouré de fossés et de levées de terre, situé à cheval sur les paroisses d’Alisay et d’Igoville, où ils attendirent les Français. Ceux-ci ne tardèrent pas à les attaquer et à pénétrer dans le camp, mais à peine y furent-ils entrés, que les Normands se précipitèrent sur eux et les massacrèrent. Le reste de l’armée française prit la fuite, laissant le cours de la Seine entièrement libre.

La paroisse d’Alisay se trouva comprise dans les domaines que le roi de France abandonna aux Normands par le traité de 911. Elle appartenait vers 1050 à Guillaume, fils d’Osbern de Crépon, comte de Breteuil, et elle passa successivement à Guillaume II, comte de Breteuil ; à son fils naturel, Eustache de Breteuil, gendre de Henri Ier d’Angleterre, qui la lui enleva pour la donner à Guillaume de Guader, en 1119. Amicie de Guader, fille de Guillaume, apporta cette même terre en dot à Robert de Meulan, comte de Leicester ; Amicie de Leicester, leur fille, la fit passer en 1181 dans la famille de Dammartin, par son mariage avec Albéric, comte de ce nom.

Les seigneurs de Dammartin, Albéric II du nom de Renard, possédèrent la seigneurie d’Alisay de 1199 à 1214. Leurs armes étaient : fasce d’azur et d’argent de six pièces.

Après la bataille de Bouvines, Philippe-Auguste confisqua la terre d’Alisay, mais Louis VIII la rendit à Mathilde de Dammartin, fille de Renaud, qui avait épousé Philippe-Hurepel, fils naturel de Philippe-Auguste.

Robert de Dreux, qui portait : échiqueté d’or et d’azur à la bordure de gueules, posséda la seigneurie d’Alisay de 1231 à 1236. À sa mort, elle revint à Mathilde de Dammartin, en 1241. Cette dame se retira dans son château d’Alisay ou de Rouville, où, Eudes Rigaud vint la visiter le 9 mars 1252 ; pour donner à l’archevêque un témoignage de sa bienveillance, elle lui abandonna pour lui et ses successeurs, le 12 novembre 1258, le patronage de l’église d’Alisay, et mourut en 1259, laissant son plein héritage à des collatéraux.

 

En 1324, Jean Gougeul possédait le fief de Rouville, auquel celui d’Alisay avait été réuni ; il le laissa en 1350 à son fils Jean, qui épousa Jeanne de Villaines, fille de Pierre, sénéchal de Toulouse ; il fut fait prisonnier à la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364. Il eut pour successeur à Rouville, Pierre Gougeul, chevalier, conseiller, chambellan et maître d’hôtel du roi, qui rendit aveu de Rouville, sans faire mention de celui d’Alisay, le 7 novembre 1374.

Pierre Gougeul acheta en 1398 le fief de la Boche, situé sur Alisay, que l’on appelait aussi " le fief du roi ", parce qu’il était situé près du château royal de Pont-de-l’Arche. Ce seigneur combla de ses bienfaits l’abbaye de Bonport, donna une rente de 25 sous tournois au prieuré des Deux-Amants, fonda deux chapelles en l’honneur de saint Pierre et de saint Antoine, dans la paroisse d’Alisay, et après avoir été capitaine de Pont-de-l’Arche, lieutenant des maréchaux de France en Normandie, commis pour recevoir la monstre de 300 lances destinées à la défense de Cherbourg. En 1380, il fut tué à la bataille d’Azincourt, laissant pour héritiers, Regnier et Pierre de Rouville, ses enfants.

L’aîné, Regnier, survécut peu de temps à son père, son frère lui succéda en 1416 ; la même année il rendit hommage au roi du fief de Rouville (Alisay), du fief du roi et de divers autres.

Pierre de Rouville défendit en 1418 Pont-de-l’Arche contre Henri V, roi d’Angleterre, et lorsque la ville fut forcée de se rendre, il obtint un sauf-conduit, mais ses biens furent confisqués et donnés à un chevalier anglais, nommé Jean Sulton, à la charge de la redevance d’un fer de lance à la saint Jean de chaque année ? Quelques temps après, Pierre de Rouville, rentra en grâce auprès du monarque anglais, qui lui rendit ses biens, en s’en réservant la haute justice. Ce seigneur servit loyalement son nouveau maître, ce qui ne l’empêcha pas de conserver ses fief après la réduction de la Normandie par Charles VII. Il avait épousé Aldonce de Braquemont, fille de Robert, amiral de France, dont il eut trois fils.

L’aîné Jacques Gougeul de Rouville, qui devint chanoine de Rouen, lui succéda en 1459 ; il mourut en 1491, laissant les terres de Rouville et de la Boche à son neveu, Louis de Rouville, qui les conserva jusqu’à sa mort, arrivée en 1527.

Les différents seigneurs de ce nom qui ont été ensuite propriétaires des terres d’Alisay et de la Boche, depuis 1491 à 1684, sont : François de Rouville, de 1527 à 1549 ; Jean de Rouville, de 1549 à 1589 ; Jacques de Rouville, de 1589 à 1628, et François de Rouville, de 1628 à 1684. Ce dernier rendit aveu au roi, en 1633, des fiefs de Rouville, de la Bosse (Boche) et de Grainville-la-Teinturière.

La seigneurie de Rouville fut pendant quelques temps érigée en comté en faveur de François de Rouville, le 21 février 1664 ; mais cette érection n’eut pas de suite, les créanciers du nouveau comte firent vendre ses biens, et les terres de Rouville et de la Bosse furent adjugées à Gilles Hallé, président à mortier au parlement de Rouen, le 11 septembre 1684.

Les armes de Rouville étaient : d’azur semé de billettes d’or à deux goujeons adossés de même.

Les seigneurs du nom de Hallé qui ont possédé les fiefs de Rouville et de la Bosse, sont :

De 1684 à 1692, Gilles Hallé dont nous avons parlé.

De 1682 à 1758, Jehan-Gilles Hallé, fils du précédent, qui fut aussi président à mortier. Ce seigneur payait une rente de 150 l. à une sœur de la Providence, chargée de tenir l’école des filles ; l’école de garçons était dirigée par le vicaire de la paroisse, c’est lui qui fit construire le portail de l’église.

De 1758 à 1775, Gilles-Louis Hallé, comte de Rouville, fils du précédent. Il fut comme son père, président à mortier. Il eut de nombreuses difficultés avec le curé de la paroisse ; l’archevêque y mit fin par une lettre du 19 décembre 1767. Louis XV voulant récompenser le président Gilles-Louis Hallé des services rendus à la royauté par ses ancêtres et par lui, érigea en sa faveur les terres de Rouville en comté.

De 1779 à 1780, Gilles-Charles-Marie Hallé, fils du précédent, qui ne survécut à son père que dix-huit mois.

De 1780 à 1790, Louis-Guillaume Hallé, frère du précédent, qui vendit à madame Marie-Madeleine Frault, veuve de messire de Berroyer, les fiefs de Rouville et de la Bosse, avec leurs dépendances, moyennant 527,000 livres.

Les armes de cette famille étaient : d’azur à fasce d’argent, chargée de 2 étoiles de sable et accompagnée de 3 étoiles, 2 en chef et 1 en pointe.

Les héritiers de la dame de Berroyer vendirent le château et les terres de Rouville à M. Philippe Bizet, le 1er messidor, an VIII ; ils passèrent ensuite, par succession, à Mme de la Poterie. Les autres propriétés achetées par madame de Berroyer furent vendues à M. Legris, dont les héritiers les possèdent encore.

Rouville était un plein fief de haubert auquel celui d’Alisay avait été réuni dès le XIVe siècle, avec droit de haute, moyenne et basse justice. L’ancien château est aujourd’hui en ruine.

L’église, dédiée à Saint-Germain, remonte avant 856. Les chefs français y reçurent la communion le matin de leur rencontre avec les Normands. L’archevêque de Rouen en avait la présentation. Le seigneur du lieu présentait aux chapelles de Saint-Antoine et de Saint-Pierre, qui se trouvaient sur le territoire d’Alisay.

 

ALISAY, canton de Pont-de-l’Arche, sur la Seine, à 66 m. d’alt. – Surf. terr., 862 hect. – Sol d’alluvions contemporaines. – R. dép. n° 12. – Chem. d’int. com., n° 58. – 550 hab. – 4 contrib., 6,980 fr. en ppal. – Rec. ord. du budg., 2,689 fr. – Rev. com., 48 fr. – 5 perm. de chasse. – Paroiss. succ. – * et Percep. et Rec. des cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – 9 débit. de boiss. – École mix. dirigée par une sœur. – Maison d’école. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. , 34 ; d’arr., 14 ; de cant., 3. – 75 hect. de terrains incultes.

 

Dépendances : Rouville, La Maison-Rouge, Le Solitaire.

Agriculture : céréales, légumes, 1,200 arbres à cidre.

Patentés : 20. 

 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:29

Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire Historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : éditions Delcroix, 1868, 960 pages.

      les.damps3

 

 

LES DAMPS   

 

Paroisse des, vic. Élec. de Pont-de-l’Arche. - Dioc., bail., parl. et gén. de Rouen.  

Les médailles romaines et les restes de constructions antiques trouvés aux Damps, ont supposer à M. Rever qu’il fallait y placer la station d’Uggade, indiquée par les itinéraires entre Rouen et Evreux ; il paraît en effet que cette ancienne ville gauloise s’étendait sur la rive de la Seine depuis Caudebec jusqu’aux Damps.  

Au reste, Les Damps, heureusement placés sur la Seine, au confluent de l’Eure, avaient autrefois un port sur le grand fleuve, déjà célébré du temps des Romains. Il s’y livra en 896, entre les pirates du Nord et les Français, un combat dont le récit se trouve dans Guillaume de Jumièges [1]. "Rollon, dit-il, s’étant emparé de Rouen, méditait la ruine de Paris. Lui et les siens détachant alors leurs navires sillonnèrent les flots de la Seine et vinrent s’arrêter aux Damps, que l’on appelle aussi Arches [2]. Renaud, généralissime des troupes françaises, ayant appris l’arrivée des païens, se porta au devant d’eux, sur le fleuve de l’Eure, avec une vaillante armée, et envoya en avant, avec d’autres députés, Hastings, qui habitait Chartres et qui connaissait leur langage ; il vint à eux en suivant le cours de la rivière d’Eure". "Il leur demanda ce qu’il voulaient ; Rollon répondit qu’ils ne voulaient se soumettre à personne, mais se rendre maîtres de tout ce qu’ils pourraient conquérir".  

"Hastings alla porter cette réponse au chef français. Pendant ce temps, Rollon et ses Normands se firent des retranchements et une redoute en forme de château ; ils se fortifièrent derrière une levée de terre en laissant au lieu de porte un vaste espace ouvert".  

"A la pointe du jour, les Francs se rendirent à l’église Saint-Germain de Louviers [3], entendirent la messe, participèrent au corps et au sang du Christ. Partant de là, ils perçurent bientôt sur les rives du fleuve les vaisseaux des pirates, et ceux-ci cachés derrière leurs retranchements. L’attaque a lieu sur-le-champ ; mais les Normands, cachés et recouverts de leurs boucliers, se relèvent. Roland, porte enseigne du général des Francs, s’élance avec ardeur ; il est tué au premier choc. Sa mort entraîne la fuite des assaillants, et Rollon peut ensuite sans obstacle lever son camp des Damps et s’avancer sur la Seine jusqu’à Meulan".  

Lorsque les Normands se furent fixés dans le pays, Les Damps firent partie du domaine ducal. Il y existait surtout des pêcheries importantes. Vers 1020, Richard II donna aux moines de Saint-Père 8 seines [4] dont deux dans le port des Dancs, deux à Elbeuf etc. En 1023, il donna également aux moines de Fécamp des pêcheries aux Damps. L’année suivante, il gratifiait l’abbaye de Jumièges, de l’église des Damps et de trois hôtes ou fermiers ? Cette dernière libéralité fut confirmée par le roi Henri II en 1174.  

Hervé des Dans figure dans le compte du receveur de la baillie du Vaudreuil en 1180, pour une amende de 10 s. pour vin survendu. En avril 1232, Godefroy des Dans, clerc, vendit à Robert, fils de Richard, de Léry, un héritage à Léry, relevant du fief de la Senne, pour le tenir à l’avenir de l’abbaye de Bonport.  

Une charte de Simon Bonard, de 1235, fait mention d’un chemin allant de Léry aux Damps.  

Au mois de mars 1248, une femme nommée Philippe des Dans, acheta de Jean Rigneut, du Pont-de-l’Arche, une pièce de terre, moyennant 60 s. t.  

On trouve dans divers actes de vente de 1259, 1261 et 1281, les noms de Guillaume Cornard, Jehan Lemoine, Sylvestre Porsonnier, Richard Lestoré, Etienne Legallois, Sylvestre des Dans, Vivien des Dans et autres, tous habitants de la paroisse.  

André des Dans afferma, le 20 août 1284, une pièce de terre à Regnault d’Ybermens, pour 6 s. de rente ; l’année suivante, il vendit aux religieux de Bonport 5 s. de rente qu’il avait sur un pré à Léry, moyennant 40 s. de monnaie courante.  

En 1303, les pêcheurs des Damps et de Limaye (Lormais, à l’article de Léry) pouvaient pêcher dans toute la garenne de Léry lorsque la Seine était débordée [5].  

En mai 1331, Philippe le Bel donnait à Etienne de la Chapelle, son cuisinier, des héritages assis aux Damps, à Léry, et dans les environs, qui avaient été confisqués sur Robert de Gasny, pendu pour ses démérites. Il se trouve que ce domaine de Léry appartenait alors à Blanche de France, fille de Philippe le Long, qui en avait hérité de sa mère Blanche de Bourgogne, morte en 1330. Cette princesse prétendit que les biens du supplicié lui appartenaient par échoite, et avec l’approbation de sa famille, elle les donna à deux religieuses de Longchamps ; mais Guillaume de la Chapelle, fils d’Eustache, fit une vigoureuse résistance en s’appuyant sur la donation faite à son père. Le roi intervint par lettre de juillet 1335 et ordonna l’exécution d’une décision de ses gens de comptes, qui avaient adjugé les héritages à Blanche de France. Laurent des Damps est cité sans la lettre de Philippe de Valois dont nous venons de parler.  

La paroisse des Damps avait dans la forêt de Bord des droits importants dont on trouve l’énumération dans le coutumier des forêts, rédigé vers 1401, puis dans deux actes subséquents de 1424, 1445 et enfin dans un arrêt du Conseil de 1673, déposé aux Archives de l’Eure [6].  

Henri VI, roi d’Angleterre, confirma aux religieuses de Longchamps, le 20 février 1434, les biens qu’elles possédaient aux Damps et dans les environs [7].

         On trouve aux Damps, en 1612, N.H. Gratien de la Faye, membre d’une famille distinguée qui est restée pendant plusieurs siècles dans les environs de Pont-de-l’Arche. Adrien de la Faye, fils de Nicolas et de Marguerite de Farouil, habitait Les Damps lorsqu’il fut maintenu de noblesse en 1666. Il faut en dire autant d’Antoine de Héris, qui paraît avoir eu la seigneurie du Mesnil de Poses.  

La Faye : de gueules, à la fasce d’or, accompagnée en chef d’une croix fleuronnée et en pointe d’une tour, le tout d’or.  

Héris : d’argent, à la bande azur, chargé de trois mollettes d’or, à la bordure en greslée de gueules.  

Le 22 juillet 1681, une ordonnance de Louis XIV permettait aux Damps la culture du tabac, mais les plantations ayant été détruites, un arrêt du Conseil du 9 août 1723 accorda aux habitants des Damps une diminution de 395 l. sur leurs tailles.  

         Le bac de l’hôtellerie de la Maison Rouge à la garenne et aux Damps appartenait au seigneur de Rouville, qui le donnait à ferme avec l’hôtellerie et le droit de pièce du fief de la Bosse, servant à attacher les bateaux montants et avalants [8].  

D’après un aveu du président Portail, châtelain du Vaudreuil, l’église et le Manoir des Damps faisaient partie de son domaine fieffé.  

 

Fief

La Barre des Damps.

De 1206 à 1238, on voit figurer dans les chartes de Bonport, soit comme vendeur, soit comme témoin, un Guillaume Barre ou de la Barre, qui était de Léry, et qui pouvait tirer son nom de la Barre des Damps.  

Robert Roudart et une femme nommée Philippe Goujon, en raison des terres sises à la Barre des Damps et dans le voisinage devaient porter à l’abbaye de Saint-Ouen tout le poisson qu’ils prenaient, depuis Crémonville jusqu’à l’embouchure de l’Eure (la veille de la Saint Ouen).  

Le 7 janvier 1682, Pierre de Lux, esc., sieur de la Barre, demeurait en la paroisse des Damps.  

Lux : écartelé : au 1 d’or, à trois pals de gueules ; au 2 d’azur à la tête de Licorne d’argent ; au 3 d’azur, à l’aigle déployé d’argent ; au 4 de gueules, au léopard couronné d’or.  

 

En 1743, Nicolas Grospoisson, arpenteur, était syndic des Damps [9].  

 

Les Damps, cant. de Pont-de-l’Arche, au confluent de la Seine et de l’Eure, bac à voitures sur l’Eure, à 12 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines – Surf. Terr., 474 hect. – Pop., 281 hab. – 4 contrib., 2,216 f. en ppal. – Réunion pour le culte et l’inst. à Pont-de-l’Arche. Bur. de Bienf. – 4 déb. de boisson. – 2 perm. de chasse. – Dist. au ch.-l. de dép., 35 ; d’arr., 12 ; de cant., 2. 

 

Dépendances : Le Fort-Buisson, Le Val.  

Agriculture : céréales, plantes sarclées.  

Industrie : néant. – 6 patentés.

 

 

 

[1] Ce combat paraît avoir été confondu.  

[2] Pont-de-l’Arche aurait donc été établi sur le territoire des Damps, qui s’étendait jusqu’à Bonport et Criquebeuf-sur-Seine.  

[3] Sur Louviers…  

[4] Filets de pêche.  

[5] Vicomté de l’eau, page 140. Notes Le Prévost.

[6] Notes Le Prévost. On a vu comment ces dames avaient obtenus ces biens provenant de la forfaiture de Robert de Gasny.

[7] On a vu comment ces dames avaient obtenus ces biens provenant de la forfaiture de Robert de Gasny. M. de Beaurepaire, Vicomté de l’Eau.

[8] M. de Beaurepaire, vicomté de l’Eau .

[9] Vaudreuil, page 196.

 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:21

Charpillon Louis-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 398-399.

 

Léry (32)

 

 

LERY    

 

Paroisse des Dioc. d’Évreux  – Doy. de Louviers. – Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Châtellenie du Vaudreuil. – Parl. et Gén. de Rouen.   

Léry, Liriacum, est un village gaulois, qui partagea le sort du Vaudreuil, dont il était une dépendance.   

L’église dédiée à Saint-Ouen est un monument remarquable du XIe ou du XIIe siècle ; conservé dans son intégrité, il offre une belle porte romane très ornée et une tour carrée en pierre avec modillons[1].   

À côté de la paroisse de Saint-Ouen, Léry en possédait une placée sous le vocable de Saint-Patrice. Bien que cette église serve aujourd’hui de grange et d’habitation, elle mérite cependant de fixer l’attention, sa construction accuse les premières années du XIIIe siècle[2].   

La croix du cimetière de Léry est une œuvre du XIVe siècle, d’un dessin et d’une exécution  très estimés ; elle a été restaurée en 1875 et replacée devant l’église.

Vers 1018, le duc Richard II comprit l’église de Léry dans les possessions de l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen[3] ; vers la même époque, ce duc donna au prieuré de Montaure, une charretée de foin à prendre à Léry.   

Guillaume le Conquérant donna, vers 1077, aux moines de Saint-Étienne de Caen quatre arpents de demi de vigne à Léry, et trois au religieux de la Trinité, il permit également d’établir deux moulins sur la rivière d’Eure à la condition de laisser librement passer les poissons et les bateaux[4].   

Le 23 juillet 1194, par le traité fait entre Philippe-Auguste et Richard Cœur-de-Lion, Léry fut cédé à la France, mais il redevint Normand deux ans après.   

Philippe-Auguste étant à Gisors, en 1205, donna à Jourdain son balistaire ce qu’il avait à Léry ; mais le donataire n’ayant eu que des filles, son fief revint à la couronne.   

Au XIIe siècle le pavot était rangé à Léry parmi les récoltes décimables, de même qu’au XIVe la gaude figure parmi les cultures de la riche vallée de Léry.   

En 1285, Mgr Jean Le Veneur avait un manoir à Léry ; Nicolas le Lourain, Verdier de Montfort-sur-Risle avait en 1292 le titre de seigneur de Léry en partie.   

En 1303, les pêcheurs des Damps et de Lormais pouvaient pêcher dans toute la garenne de Léry, quand la Seine était débordée.   

Philippe-le-Bel, pour récompenser Philippe de Villepreuse dit le Convers[5] de ses services, lui donna Léry avec toute justice et une partie de la rivière d’Eure.   

Vers 1320, Philippe le Convers étant mort, Léry revint à la couronne de France.   

Le roi de France Philippe le Long mourut en 1322, à l’âge de 22 ans, et Jeanne de Bourgogne, sa veuve, eut en douaire et à titre d’apanage, le château de Léry[6].   

Au mois de juin 1323, Charles le Bel étant à Léry, chez sa belle-sœur, fit une donation aux religieux de Bonport, du tiers et danger (?) de 21 acres de terre au Bois-Guillaume. Les biens que la veuve de Philippe de Valois possédait à Léry passèrent à sa fille, Blanche de France, qui les donna à Blanche du Galcel, à Mabile et à Marguerite d’Issy, sœurs professes de Longchamps.   

Le 13 janvier 1336, le roi ordonna au vicomte de Pont-de-l’Arche de mettre sa cousine, Blanche de France, demeurant à Longchamps, en possession de la forfaiture, héritages et rentes qui furent à Robert de Gasny ; le 22 du même mois, l’ordre du roi fut transmis aux sergents de Vaudreuil, Léry et Vauvray.   

On a des lettres de Philippe de Valois et de Jean son fils aîné, datées de Léry en 1349 et 1351[7].   

En 1424, Henri IV, roi de France et d’Angleterre, confirma les biens des religieuses de Longchamps à Léry, Poses, etc.   

Jean Passemer, esc., était seigneur de Radepont, Noyon-sur-Andelle, Pont-Saint-Pierre, Bellefosse et Léry.   

En 1553, la terre de Léry, avec une partie du péage de la rivière d’Eure, avait été assignée en usufruit à la reine-mère Catherine de Médicis.   

Charles IX céda Léry, avec le Vaudreuil en échange, pour Noyon-sur-Andelle, à Philippe de Boulainvilliers.   

À partir de ce moment, les seigneurs de Léry sont ceux de N.-D. de Vaudreuil, et nous les donnerons sous ce titre.  

On cultivait le tabac à Léry en 1681 et en 1737.   

En 1780, Léry était un plein fief possédé par le  président   Portail, président à mortier au parlement de Paris.  

 

Fiefs

1° BONPORT. Richard Coeur-de-Lion donna aux religieux de Bonport le clos de Léry, c’est là le point de départ du fief de Bonport.  

C’était un plein fief dont les religieux firent hommage au roi en 1499. Il était passé par suite d’échange, en 1748, au président Portail, qui le transmit à Mlle Portail, sa fille, mariée au marquis de Conflans.

 

2° LA HEUSE. Au mois de mai 1339, Jean Roussel dit de La Heuse,. était propriétaire du fief de La Heuze à Léry[8].

On lit dans un aveu rendu par Jean Gougeul : item je tiens un 8e de fief nommé La Heuse assis, ès paroisses de Léry, Vaudreuil, Poses, etc.

La famille de Gougeul dite de Rouville conserva La Heuse jusqu’au commencement du XVIIe siècle, époque à laquelle Charlotte de Rouville la fit passer à Hélie le Doyen son mari, celui-ci en rendit aveu le 3 octobre 1608.

Hélie le Doyen capitaine des chasses du Roi et commissaire de son artillerie[9] rendit aveu pour La Heuse à Léry , en 1621, il fut remplacé par Laurent le Doyen qui lui-même eut pour héritier son fils du même nom.

Laurent le Doyen, 2e du nom, capitaine des plaisirs du Roi, rendit aveu pour la Heuse, en 1649, et fut maintenu de noblesse le 5 septembre 1666. Le doyen : d’or, à trois têtes de More de sable, 2 et s.

En 1685, Louis Baillet, esc., était seigneur de La Heuse, son fils Jean étant mort sans enfants en 1695, Marie Baillet, sœur de ce dernier, fut son héritière.

Marie Baillet vendit La Heuse avant 1735 à Nicolas-Antoine Baillard esc, sieur de Caumont, conseiller au présidial de Rouen.

Baillard : de sable, au griffon d’hermines.

Le 22 septembre 1746, Jacques Baillard, sieur de Hautot, céda La Heuse au président Jean-Louis Portail.

La Heuse est connue maintenant à Léry sous le nom de Rouville.

 

3° MONTPOIGNANT. Ce fief relevait du Mesnil-Jourdain qui relevait du Vaudreuil.

Le fief de St.-Germain-de-Louviers, Alias, le Montpoignant était une extension du fief de ce nom à Léry.

En 1516, Messire Jean de Rouville, seigneur de Montpoignant, figure au nombre des gentilshommes de la châtellenie du Vaudreuil.

Ce fief suivit dès lors le sort de La Heuse et eut les mêmes seigneurs.

 

4° SAINT-OUEN. Nous avons vu que le duc Richard II avait donné, en 1018, l’église de Saint-Ouen de Léry à l’abbaye Saint-Ouen de Rouen, qui  conservé les droits de présentation jusqu’à la Révolution. Les moines avaient 24 parts des dîmes de la paroisse et le curé la 25e.

Il y eut souvent des procès dans la suite…

  


 

[1] Gadebled.

[2] En 1523 l’église avait encore son curé.

[3] Il est probable que Léry appartenait à Saint-Ouen dès sa fondation.

[4] Ces deux moulins sont celui d’Aufrand et le moulin Le Roi.

[5] Philippe le Convers, archidiacre de Meaux, était maître des eaux et forêts de Normandie.

[6] Cette princesse, sœur de la fameuse Marguerite de Bourgogne, fut accusée d’adultère en 1303 et condamnée à finir ses jours dans le château de Dourdan ; un an après, son mari convaincu de son innocence la rappela.

[7]  D’après M. Gadebled, la reine Blanche, veuve de Philippe de Valois, avait à Léry un château de plaisance détruit, par un incendie, en 1814. C’est une erreur car cette dame habitait Neaufles, où elle est morte en 1398.

[8] Hist. du Vaudreuil, par M. Goujon, p. 73.

[9] M. Le Prévost le nomme Sellin, qui est évidemment une altération. 

 

Armand Launay

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Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 352-354.

 

  la-haye3

 

 

LA HAYE-MALHERBE

 

 

Paroisse des : Dioc. d’Évreux. –  Le Neubourg. – Bail., Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Parl. et Gén. de Rouen.

La Haye-Malherbe occupe l’emplacement d’un bois qui se trouvait sur la lisière de la forêt de Bord et qui avait appartenu à un premier concessionnaire nommé Malherbe[1]. La paroisse ne remonte pas au-delà du XIIe siècle, époque de la diffusion du culte de Saint-Nicolas.

On a découvert, en 1848, à la Haye-Malherbe, un trésor renfermant des bijoux romains d’une grande valeur ; on y a trouvé des médailles antiques, des tuiles à rebords et des haches gauloises.

Le 23 juillet 1194, les délégués des rois de France et d’Angleterre, réunis entre Verneuil et Tillières, convinrent que la Haye-Malherbe resterait au roi d’Angleterre[2]

 

En 1206, Ranulfe Malherbe fut témoin d’une charte de Guillaume d’Ennebout[3]

Le roi Louis VIII donna, en 1225, à Martin Andoile, son sergent, ce qu’il avait à la Haye-Malherbe en échange du moulin que Philippe-Auguste lui avait donné au Vaudreuil. 

Au mois d’octobre 1246, saint Louis étant à Pacy, donne à l’abbaye de Royaumont tout ce que Martin Andoile, mort sans postérité, avait possédé à la Haye-Malherbe.

Un arbitrage de Raoul de Grosparmi, évêque d’Évreux de, de 1261, entre les abbayes de Saint- Vandrille (sic) et de Royaumont, est daté de la Haye-Malherbe.

En 1281, l’évêque d’Évreux disposa de la dîme des novales de la Haye-Malherbe.

Lorsque saint Louis donné le domaine de la Haye-Malherbe à Royaumont, il avait retenu le patronage car en 1382 le roi de France est dit patron[4].

Les religieux de Royaumont convinrent en 1391, avec leurs hommes de la Haye-Malherbe, que la mesure à laquelle ils paieraient leurs rentes, seraient la rasière ou double boisseau contenant 3 boisseaux ¼, mesure de Paris.

Louis IX, en mourant le 30 août 1483, légua le patronage de la Haye-Malherbe au chapitre de Cléry où il avait choisi sa sépulture. Dès le XVe siècle, les tuileries de la Haye-Malherbe sont mentionnées dans les comptes du domaine de Louviers. 

En 1523, N.H. Louis de Montfreville, de la Haye-Malherbe, produisit sa généalogie, il portait : d’argent, à 3 mouchetures d’hermine de sable.

Le procès-verbal de la réformation de coutume de Normandie de 1583 constate comme seul usage local de la vicomté de Pont-de-l’Arche, la disposition suivante :

« Aux acquisitions qui se font constant le mariage, des héritages dépendant de la haute justice des abbés et religieux de Royaumont, au village de la Haye-Malherbe, les femmes y ont moitié en propriété. »

« Le droit de bourgage existait sur tous les biens à la Haye-Malherbe[5].

De 1611 à 1638, un orage ayant causé de graves dommages à la Haye-Malherbe, les habitants furent déchargés de la taille.

Le 9 mars 1649 pendant la Fronde, le comte d’Harcourt, commandant les troupes du roi, partit de la Haye-Malherbe pour aller au Troncq et attaquer ensuite le duc de Longueville. Chemin faisant, il s’empara du Neubourg.

À la fin du XVIIe siècle, Henri Martin était avocat et bailli de la Haye-Malherbe, Jean de Béthencourt était tabellion juré, et Nicolas Caresme était sergent de sergenterie de la Haye-Malherbe.

Royaumont conserva la seigneurie de la Haye-Malherbe jusqu’à la Révolution.

 

Fiefs.

Argeronne était un plein fief de haubert, qui appartenait en 1645 à messire dom Berryer, comte de la Ferrière, près Domfront, secrétaire au Conseil, conseiller d’État.

Messire Louis Berryer fit bâtir le château d’Argeronne de 1650 à 1655, et il mourut en 1686, laissant Jean-Baptiste et Nicolas-René Berryer.

Ce dernier eut le fief d’Argeronne ; il devint Procureur Général du grand conseil et laissa pour héritier Nicolas-René, IIe du nom, qui mourut garde des sceaux le 15 août 1762, laissant trois filles, dont l’aîné épousa le président Lamoignon.

Jean-Louis Berryer, comte de la Ferrière[6] hérita de la seigneurie d’Argeronne, mais il mangea toute sa fortune, et le 13 septembre 1774 les fief-terre et seigneurie d’Argeronne furent adjugés par la règle des créanciers devant les notaires du Châtelet de Paris, à messire Jean-Jacques-Pierre de Guenet, baron de Saint-Just, chevalier, conseiller en la grande chambre du parlement de Normandie, seigneur des Jonquerets, d’Aubricot et de la Pille, décédé en 1795.

Louis-Alexandre-Clovis, marquis de Guenet, capitaine au régiment de la Reine-Dragons, chevalier de saint Louis, servit dans l’armée des princes et rentra en France en 1800 ; il fut alors remis en possession de la terre d’Argeronne, qu’il conserva jusqu’à sa mort en 1848.

Aujourd’hui, cette terre appartient à M. le marquis Arthur de Guenet, fils du précédent, qui habite le château.

De Guenet porte : d’azur au chevron d’or, accompagné de 3 dauphins d’argent.

 

Les Hoguettes. Vers 1570, Jean Le Tellier, sieur des Hoguettes, vendit la sergenterie d’Huedebouville à Guillaume Le Chartier[7] ; il était remplacé en 1608 par Louis Le Tellier, sieur des Hoguettes.

Jean Le Tellier, IIe du nom, sieur des Hoguettes, conseiller du roi était, en 1613, maître des eaux et forêts de Pont-de-l’Arche. Le sieur Le Tellier, maître particulier des eaux et forêts, mort en 1659, devait être son fils.

Le Tellier : d’azur, à une tour d’argent maçonné de sable.

Jean Baudry, esc., demeurant à la Haye-Malherbe en prenait le titre. Le 1er décembre 1669, un jugement le déclara usurpateur de noblesse ; il y eut un appel par Catherine Le Tellier sa femme, séparée quant aux biens.

Baudry : d’azur à 3 besants d’argent entre 2 bandes d’or, accostées de 2 mollettes du même.

Messire Louis Berryer, comte de la Ferrière, seigneur d’Argeronne, acheta les Hoguettes en 1672. Nicolas-René et Jean-Louis Berryer furent ensuite seigneurs des Hoguettes.

Le domaine des Hoguettes appartient aujourd’hui à M. Fortier, de Louviers.

 

Les Loups, Rouville ou Saint-Saire. Guillaume de Rouville dit Taupin, vendit en 1391 le fief Aux-Danois, qu’il possédait à Thuit-Signol. C’est lui qui a probablement laissé son nom au fief de Rouville ou Saint-Saire.

N. H. Jacob ou Jacques Prudon, esc., conseiller du roi, vendit le 7 mai 1619, le fief Saint-Saire ou Rouville, à messire Nicolas Le Roux, baron de Bourgtheroulde[8].

Vers 1620, le président Nicolas Le Roux, baron de Bourgtheroulde, mourut laissant deux fils : Claude, baron après lui, et Louis Le Roux, seigneur d’Imfreville, qui eut Saint-Saire dans son lot.

Louis Le Roux, estimé de Richelieu et de Mazarin, devin intendant de la Marine du Levant et du Ponant ; il épousa Marguerite d’Anviray, qui lui donna Louis, ci-après.

Louis Le Roux, IIe du nom, sieur d’Imfreville, chevalier de Malte, capitaine des vaisseaux de guerre de Sa Majesté, devint commissaire général de la Marine de France ; il tenait, en 1683, Saint-Saire dit Fief-aux-Loups ou Rouville, 8e de haubert, relevant de Saint-Aubin-d’Écrosville ; il mourut en 1708, laissant pour héritier David-François Jubert, chevalier, seigneur de Chailly, à Gamaches, son petit-neveu, qui vendit la même année le fief de Saint-Saire à Nicolas-François Le Métayer, esc., sieur Des Champs, qui fit hommage.

Le 29 mars 1719, ce 8e de fief avait colombier à pied, droit de tor et vert, avec des droits d’usage en la forêt de Bord.

En 1734, M. Midi de Saint-Saire fut reçu conseiller auditeur aux Comptes à Rouen ; il avait acheté, la même année, le fief de Saint-Saire, il vivait encore en 1787.

Midi : d’azur, au chevron d’or accompagné en chef de 2 étoiles du même et en pointe d’un croissant d’argent supportant une palme d’or brochant sur le tout ;

 

Le Défends est une ferme où l’on voit les vestiges d’un petit fort qui dominait un vallon boisé ;

 

Saint-Blaise doit son nom à une ancienne chapelle qui était certainement la léproserie du pays.

 

LA HAYE-MALHERBE. Cant. de Louviers, 140 m. d’alt. – Sol : alluvium ancien, diluvium. – Ch. de gr. com. n° 17 de Montfort à Louviers, n° 4 de Pont-de-l’Arche au Neubourg. – Surf. terr. 990 hect. – Pop. 1291 hab. – 4 cont. 10,009 fr. en ppal. – Rec. ord. du budg., 6269 fr. – * de Louviers. – Percep. de Surville. – Rec., cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Paroisse. – Presbyt. – École spéc. de 62 garç. et de 57 filles. – 1 maison d’école. – Bur. de bienfaisance. – 9 déb. de boissons. – 16 perm. de chasse. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép., 28 d’arr. et de cant. 9.

 

Dépendances : Argeronne, Les Bertins, Le Camp-des-Ventes, Le Deffant, La Haye, Les Hoguettes, Le Mont-Hoguet, La Vallée.

Agriculture : Céréales, bois.

Industrie : 31 tuileries, briqueteries, 1 moulin à vent. – 1 poterie. – Marché le dimanche. – 87 patentes.

 


[1] On veut que ce Malherbe ait été un des compagnons de Rollon, mais rien ne justifie cette prétention de même que Payen de Malherbe est un personnage purement imaginaire.  

[2] Cart. de Louviers, p. 57. C’est la première mention dans l’histoire de la Haye-Malherbe.  

[3] Sauf Ranulfeles autres Malherbe ne peuvent être attribués au village qui nous occupe.  

[4] Cart. de Louviers.  

[5] Notes Le Prévost. T. 2, p. 235.  

[6] M. le comte de Gunet, auquel nous devons une grande partie de nos notes sur la Haye-Malherbe le dit fils de Nicolas-René IIe. Nous pensons qu’il descendit de Jean-Baptiste qui avait eu le comté de La Ferrière ; La Chesnay-des-Bois n’en parle pas.  

[7] Archives de la Seine-Inférieure.  

[8] Id. 

 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:09

Charpillon Louis-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 925-926.

 

 

TOURNEDOS-SUR-SEINE

 

 

Paroisse des Doy. de Louviers. – Dioc. d’Évreux. Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Parl. et Gén. de Rouen.  

La paroisse fondée sous la protection de St Saturnin, était à la présentation de l’abbé de Fécamp.  

On a trouvé quelques sépultures mérovingiennes au lieudit le Beau Soleil, dépendant de Tournedos[1].

Cette paroisse est désignée sous le nom de Novavilla dans une charte de 1126, confirmant une précédente de 1006, par laquelle Richard II avait donné l’église de St-Saturnin à l’abbaye de Fécamp[2].

La chronique de Jean Nagerel raconte que ce village fut appelé Tournedos parce que « la première nuit que la duchesse Gonnor y coucha avec le duc, son seigneur, pres qu’il l’eust espousée, elle luy tourna dos ».

La Métairie de Tournedos est mentionnée au XIIe siècle, elle appartenait en 1026, à Guillaume de Bosc-Normand.

En 1228, Guillebert fils de Guillaume, demeurait à Tournedos.

Bernard l’Enfant de Tournedos, vendit aux religieux de Bonport le Gord-Morel, sis à Tournedos, en présence de Richard Barre, curé de la paroisse.

La haute justice de Tournedos fut donnée en 1313, à Philippe Convers.

Robert Brizelet rendit hommage en 1540, pour la prévôté de Tournedos ; il fut parrain à Louviers en 1559.

En 1626, le roi donna au sieur de Menilles les 13es du domaine de Tournedos, vendu à David de Beaulieu, bourgeois de Rouen. 

Pierre Costé, seigneur de St-Supplix, conseiller au Parlement, tenait, en 1674, la prévôté de Tournedos.

En 1674, Hubert Costé, sieur du Mesnil et de Tournedos fut reçu au Parlement, il portait : d’azur, au chevron d’argent accompagné de trois coquilles d’or, 2 et 1.

Le 3 août 1689, Marguerite Godard, veuve de M. du Mesnil Costé, conseiller au Parlement, demeurant au Manoir de Tournedos, fait un échange avec Charles Druel, doyen d’Écouis.

En 1709, Toussaint Morel ayant été condamné à mort pour homicide commis sur Pierre Delbergue, garde-chasse, sa maison située à Tournedos fut confisquée au profit du seigneur du Vaudreuil.

Pierre-Gilles-François Costé du Mesnil de Triquerville, seigneur de Tournedos, fut reçu au Parlement en 1765.

La paroisse de Tournedos fut cruellement frappée par une épidémie qui y régna de 1770 à 1773.

En 1783, Charles Dannequin, garde du président Portail, demeurant à Tournedos, qui avait tué un braconnier, fut sauvé en levant la fierte.

M. Turquet, curé de Tournedos, fut député à l’assemblée paroissiale de 1788.

La famille Costé de Triquerville a conservé le domaine de Tournedos jusqu’à nos jours.

Fiefs.

Pampou. Gueffin du Bosc, fils de Gueffin, seigneur de Brétigny est l’auteur de la branche de Pampou qui a formé 6 degrés et qui s’est éteinte dans les enfants que Roger du Bosc, seigneur de Pampou eut d’Élisabeth Loche son épouse.

Vassouy. En 1707, les tenants de ce fief de Tournedos, payaient une rente seigneuriale de 121. 10 s.

 

TOURNEDOS-SUR-SEINE, cant. du Pont-de-l’Arche, sur la Seine. – Sol : alluvions contemporaines et craie blanche. – Surf. terr. 564 hect. – Pop. 150 hab. – 4 cont. 1,273 fr. en ppal. – Rec. ord., budg. 1,206 fr. – * de St-Pierre-du-Vaudreuil (sic). – Percep. de St-Cyr-du-Vaudreuil. – Rec., cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Réunion pour le culte et l’instruction à Poses. – 1 déb. de boissons. – 9 perm. de chasse. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép., 32 ; d’arr., 10 ; de cant. 9.

 

Dépendances : La Ferme-aux-Embarras, Pampou.

Agriculture : Céréales, légumes.

Industrie : Néant.

Patenté : 1.

 


[1] Notes M. Goujeon. 

[2] Idem.

 

 

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Légende autour de Tournedos (Eure)

 

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...