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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 10:13

 

Élégie publiée en 1822 dans le Recueil de la société libre d’émulation de Rouen.

 

Aux mânes de ma mère

 

Sous ce triste gazon, pâle et défigurée, 

Tu dors, sensible mère, objet de mon amour. 

Pénétrez, pleurs brûlants, dans sa tombe sacrée ;

Réchauffez-y le sein qui me donna le jour. 

 

Tombez, perles du Ciel, pure et douce rosée, 

Darde, brillant soleil, tes rayons créateurs ; 

Et que ma tendre mère, à mes pieds déposée, 

S'élance encor vers moi sous l'image des fleurs. 

 

La froide mort, hélas ! a-t-elle éteint la flamme

Que ton cœur, ô ma mère, alimentait pour moi ? 

Non, quand même aux humains Dieu n'eût pas donné l'âme, 

De ce don immortel il eût payé ta foi. 

 

Tu fournis dans les maux ton utile carrière, 

En faisant des heureux, étrangère au bonheur. 

Ah ! puisses-tu goûter, dans cette humble poussière, 

Un calme à qui le monde avait fermé ton cœur !

Portrait de Marie Germaine Le Breton, mère d'Hyacinthe Langlois, dessiné par son fils. Elle naquit vers 1755 et se maria vers 1775 à André Gérard Langlois.

Portrait de Marie Germaine Le Breton, mère d'Hyacinthe Langlois, dessiné par son fils. Elle naquit vers 1755 et se maria vers 1775 à André Gérard Langlois.

L'élégie est extraite de Album de dessins de E.-H. Langlois du Pont de l'Arche…, d’Alfred Dieusy, page 20. De cet ouvrage est aussi extrait le portrait de la mère d’Hyacinthe Langlois. 

L'élégie est aussi publié à la page 36 de la notice biographique rédigée par Charles Victor Richard sur Hyacinthe Langlois précédant l’étude d’Hyacinthe Langlois sur les Stalles de la cathédrale de Rouen, 1838.

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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12 juillet 2018 4 12 /07 /juillet /2018 10:31

Merci à Audrey Clier, historienne de formation et journaliste de Paris-Normandie, pour cet article - fourni - consacré aux noms des rues de Pont-de-l'Arche ! 

 

A lire ici

Cliché d'Audrey Clier, Paris-Normandie (juillet 2018).

Cliché d'Audrey Clier, Paris-Normandie (juillet 2018).

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9 mai 2018 3 09 /05 /mai /2018 19:14

=> Le dernier magazine de la mairie de Pont-de-l'Arche contient la première partie de l'article ci-dessous. Il invite ses lecteurs à accéder à la suite de cet article sur ce présent blog.

 

Eustache-Hyacinthe Langlois (Pont-de-l’Arche le 3 aout 1777–Rouen le 29 septembre 1837) fut un artiste et écrivain au service de la conservation du patrimoine médiéval normand.

Le prénom Hyacinthe est précieux autant que littéraire : le nom Langlois est bien normand qui rappelle les Anglois de la guerre de Cent-ans. Le nom d’Hyacinthe Langlois, donné à la place centrale de Pont-de-l’Arche, exprime à merveille le patrimoine médiéval normand et début XIXe de notre ville.

C’est son père, André Gérard, alors officier du roi au bailliage de Pont-de-l’Arche, en charge des forêts, qui choisit le prénom d’Hyacinthe. Beau choix s’il en est, car Hyacinthe est décrit dans les mythes grecs comme un bel homme aimé d’Apollon, dieu des arts et des lettres, père des Muses. André Gérard souhaitait que son fils lui succédât à la charge d’officier du roi, mais le cœur d’Hyacinthe battait pour les arts, lui qui réalisait ‒ enfant déjà ‒ des croquis sur Pont-de-l’Arche, ses habitants, le pittoresque de ses demeures et de son environnement. Quand la Révolution éclata, il avait bientôt 12 printemps. Il put vivre bon an mal an sa passion pour l’art, devenant à Paris l’élève et le modèle posant pour le grand Jacques-Louis David, peintre du Serment du jeu de paume et du Sacre de Napoléon.

 

Esquisse d'Hyacinthe Langlois sur le Pont-de-l'Arche de son enfance. Représenté ici depuis l'ile de La Potterie, actuellement Saint-Pierre (Bibliothèque municipale de Rouen).

Esquisse d'Hyacinthe Langlois sur le Pont-de-l'Arche de son enfance. Représenté ici depuis l'ile de La Potterie, actuellement Saint-Pierre (Bibliothèque municipale de Rouen).

Eustache, son ​premier prénom, lui convient aussi. Inspiré de la commune de Saint-Eustache-la-forêt, près de Bolbec, il désigne en grec, ce “qui porte de beaux épis”. L’art d’Hyacinthe germa, même si pauvre il demeura, avec femme et enfants à Rouen. Il mit le précis de ses gravures sur bois, de sa plume et de son crayon au service de travaux documentaires, soient plus de 1000 dessins et croquis. Il valorisa l’architecture religieuse et civile, la sculpture, le vitrail, le mobilier… et ce principalement de la Normandie médiévale que dépréciaient ses contemporains au profit des arts gréco-romains. Il se fit antiquaire et archéologue, c’est-à-dire historien dans la langue des anciens. Il devint également professeur à l’école des Beaux-arts de Rouen et initia, avec ses amis des sociétés, le musée des antiquités. Eustache le saint médiéval. Hyacinthe le grec rationnel.

Hyacinthe, le personnage des mythes grecs, mourut accidentellement et de son sang naquit la fleur ‒ jacinthe ou iris, c’est selon ‒ symbole du cycle de la nature sans cesse renaissante. Hyacinthe Langlois laissa itou son travail et sa sensibilité à la postérité. Il sensibilisa de nombreux architectes tels qu’Arcisse de Caumont, des auteurs tels que Gustave Flaubert, des artistes tels que Célestin Nanteuil. Écrivain, il légua des nouvelles où il évoque sa fidélité au catholicisme, aux temps anciens, souvent médiévaux et magiques, où il s’échappe du présent le décevant, où il retrouve le soleil de sa jeunesse. Il y campa un paysage nostalgique, annonciateur de l’imagerie gothique, romantique.

Dessin de Polyclès Langlois, fils d'Hyacinthe, pour la réalisation du médaillon devant orner la tombe et la plaque commémorative d'Hyacinthe Langlois sur sa maison natale à Pont-de-l'Arche.

Dessin de Polyclès Langlois, fils d'Hyacinthe, pour la réalisation du médaillon devant orner la tombe et la plaque commémorative d'Hyacinthe Langlois sur sa maison natale à Pont-de-l'Arche.

Aimé, il fut honoré à sa mort par le témoignage de très nombreux amis. Une tombe adossée à un réel menhir l’atteste toujours au cimetière monumental de Rouen. Elle porte un médaillon dessiné par Polyclès, son fils, et sculpté par Pierre-Jean David en 1838. Il porte cette inscription : « À E.-H. Langlois né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777, peintre, graveur, archéologue, la Normandie reconnaissante. » Une copie de ce médaillon fut apposé sur sa maison natale à Pont-de-l’Arche. Levez le regard au-dessus de la vitrine de la boulangerie du bas, “Au fournil de l’arche”, rue Alphonse-Samain.

Photographie du médaillon et de la plaque posés en hommage à Hyacinthe Langlois sur sa maison natale de la rue Alphonse-Samain (cliché Armand Launay, 2011)..

Photographie du médaillon et de la plaque posés en hommage à Hyacinthe Langlois sur sa maison natale de la rue Alphonse-Samain (cliché Armand Launay, 2011)..

En 1865, le Conseil municipal de Pont-de-l’Arche, présidé par Jean-Baptiste Delaporte, décida de baptiser la place du marché (où se trouvait la halle, démolie en 1857) du nom d’Hyacinthe Langlois et ses épis. En 1867, pour le 30e anniversaire de sa mort, un buste en bronze ‒ signé Auguste-Vincent Iguel ‒ fut posé sur un piédestal au centre de la place ; ceci grâce à un comité public. Le buste fut réquisitionné par les autorités allemandes en 1941 pour équiper les armées. En 1953, les édiles firent démolir le ​piédestal, demeuré vide ; en couler un nouveau étant jugé trop cher pour cette période où le passé ‒ peut-être ‒ était plus considéré comme une charge que comme un héritage.

La place Hyacinthe Langlois quand elle portait encore en son point central le buste rendant hommage à l'enfant du pays.

La place Hyacinthe Langlois quand elle portait encore en son point central le buste rendant hommage à l'enfant du pays.

Charmées par la littérature d’Hyacinthe, Simone Sauteur et Anita Patin, enseignantes, donnèrent l’idée de baptiser le collège du nom d’Hyacinthe Langlois. Le baptême eut lieu le 10 octobre 1987, officié par le maire Roger Leroux et la principale du collège Chantal Leroy.

Le souvenir d’Hyacinthe, qui aimait signer “Langlois du Pont de l’Arche“, fit germer l’idée chez son ami Léon Levaillant de Duranville d’étudier l’histoire de notre ville. Il façonna la première marche de l’escalier des études traitant l’histoire de Pont-de-l’Arche.

Une partie des œuvres d’Hyacinthe Langlois sont accessibles, passim, sur le Net.

 

Lisez aussi :

Les monuments rendant hommage à Hyacinthe Langlois à Pont-de-l'Arche, Rouen et Lyons-la-forêt. 

 

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 17:11

 

… ces âmes dévotes agenouillées devant la Vierge,

 leur adoration ne pouvait aller

à la seule image de marbre.

Elles brûlaient d’une piété sincère…

 

Mohandas Gandhi, lors d’une visite à Paris [1].

 

 

 

A Léry, le "petit Saint-Ouen" désigne une statuette représentant cet évêque nommé à Rouen en 640. Cette statuette passe l’essentiel de l’année dans l’église depuis les années soixante et est l’objet d’un culte, en forêt, le dimanche des Rameaux (quelques temps après l’équinoxe de printemps [2]).

Ce culte est assez populaire dans la région ; nombreuses sont les personnes qui se souviennent d’un après-midi passé en forêt de Bord à l’occasion de ce rendez-vous catholique et profane où la statuette est de nouveau de sortie comme pour honorer et commémorer la tradition.

Les textes qui traitent du petit Saint-Ouen ne sont pas rares, qu’ils soient écrits par des nostalgiques du patrimoine folklorique ou par des fervents, des historiens locaux ou encore des ethnologues.

Nous n’apprendrons rien de révolutionnaire au lecteur concernant le déroulement du culte mais, en revanche, nous allons nous attacher à mettre en valeur la logique qui motive les fidèles, depuis de nombreux siècles, à répéter des gestes similaires. Surtout, nous tenterons de mettre l’accent sur la continuité d’esprit qui unit le catholicisme, en l’occurrence local, au paganisme.  

 

Petit-Saint-Ouen-1.JPG

Le pèlerinage du "Petit Saint-Ouen" au début du XXe siècle.

 

 

I) Origine, évolution et déroulement du culte du "petit Saint-Ouen"

 

1) Déroulement du culte et des différents rituels 

Saint-Ouen n’est pas un saint mineur à Léry : il est le patron de l’église paroissiale ; le patron de l’ancienne confrérie mortuaire des charitons et enfin ; l’effigie de la statuette qui nous intéresse.

Un culte ancestral réunit les habitants de la paroisse et d’ailleurs autour d’un hêtre [3] dans lequel est placée la statuette, en forêt. Ce hêtre se situait juste à côté d’une mare et il est possible que celle-ci ait été creusée afin de remplacer une source tarie qui fut le premier lieu de culte.  

On prête à Saint-Ouen des vertus médicales qui, outre les prières et les pièces déposées dans un tronc, sont favorisées par un ensemble de gestes rituels :

 

-                           Saint-Ouen est propice à la guérison. L’eau de la mare Saint-Ouen était censée faire tomber la fièvre et guérir certaines maladies. D’après Claude Macherel et Jacques Le Querrec [4], le fidèle y allait au petit matin, rapportait de l’eau à la personne malade afin qu’elle en boive. Autrement, le fidèle pouvait utiliser le petit ruban noué au poignet gauche de la statuette : il le trempait dans l’eau de la mare puis le plaçait au cou du malade. Saint-Ouen devait soigner l’eczéma [5]. Selon le même principe, on disposait des pièces de tissu (des mouchoirs blancs, le plus souvent) sur des petits bâtons plantés tout autour de la mare ; on appliquait ensuite ces tissus sur les plaies ;

-                          des brins de buis, de genêt, et des rameaux de sapins tressés en couronne déposés sur un hêtre appelé Arbre de Saint-Ouen, soulagent les nouveaux nés de la fièvre. C’est ce que rapporta Edmond Spalikowski [6], dans les années trente, montrant qu’un rituel propre aux nouveaux nés était appliqué aux malades concernés ;

-                           Saint-Ouen est dit propice à la fertilité. Les couples stériles sont invités à faire sept fois le tour de l’arbre à reculon ;

-                           Saint-Ouen est dit propice au mariage, aidant les demoiselles à trouver un mari dans l’année. Pour cela, il faut que la demoiselle dérobe la statuette quelques semaines avant la cérémonie religieuse ; qu’elle lui confectionne une nouvelle tenue et qu’elle redépose l’objet dans la niche de l’arbre avant le jour du culte.

 

Toutefois, si ces rituels sont traditionnels, la cérémonie du « petit Saint-Ouen » a évolué durant ces dernières décennies.

 

2) L’évolution de la dévotion et de la cérémonie depuis 1900 

Il semble que l’on ne recoure plus aux vertus thérapeutiques du saint depuis les années soixante. Cependant, d’après MM. Macherel et Le Querrec, il n’y avait pas lieu de penser que la croyance fût éteinte en 1974, date de leur observation : cette foi ne se montrait tout simplement plus en public.

Les dévotions se pratiquaient durant toute l’année mais le dimanche des Rameaux était la date d’une procession menée par le curé paroissial, au moins jusqu’aux alentours de la Première Guerre mondiale. La communauté processionnait alors en passant par le cimetière et assistait ensuite à la messe auprès de l’arbre Saint-Ouen. Si le temps s’y prêtait, il semble que les fidèles piqueniquaient et se promenaient dans les bois durant la journée (comme le laisse entendre le témoignage de Hyacinthe Langlois ci-dessous). 

Cependant, cette solennité religieuse a peu à peu cédé le pas à des activités plus profanes. Les marchands sont les premiers acteurs peu catholiques à entrer en scène, comme l’exemplifie un article de L’Elbeuvien du 18 février 1906 : Il n’y a point de danses ; mais de jeunes gens et jeunes filles, voire même vieux et vieilles, désireux de se garantir des fièvres, s’y rendent en foule pour croquer figues, raisins et autres fruits secs, dont les petits marchands sont abondamment fournis ; ancienne coutume qui se perd dans la nuit des temps.

Au fil des ans, cette intrusion du profane a gêné des croyants et en premier lieu le curé, qui décida de ne plus guider de procession et ne célébra plus de messe en forêt depuis les années vingt. Depuis quelques décennies, une petite kermesse s’est installée auprès de l’arbre Saint-Ouen. L’observation de 1974 montre que les animations furent organisées par le comité des fêtes... La fanfare de la Madeleine, les majorettes Philips étaient aussi de la fête. Des jeux (chamboule-tout, casse-bouteilles), une buvette et une friterie investirent les lieux. Et, outre les fruits secs séculaires (figues, raisins secs symbolisant les anciens vignobles de Léry), les cacahouètes, les jouets en plastique se vendaient largement.  

Les fidèles, quant à eux, allaient le plus souvent faire un tour en forêt ou attendaient au village le temps que la kermesse et ses nombreux curieux libèrent les lieux. Tout l’après-midi voyait donc défiler devant l’arbre Saint-Ouen un curieux mélange de festivités et de dévotions.

Malgré l’étiolement de la cérémonie religieuse, on aurait pu penser que la kermesse se maintînt. Or, elle connut quelques années de flottement, dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, avant de reprendre il y a peu grâce à l’initiative de l’Association culturelle lérysienne.

 

3) Origines du culte 

On ne peut pas dater avec précision l’origine du culte de Saint-Ouen à Léry, que ce soit le grand (à l’église) ou le petit. Certaines personnes ont pensé que l’origine du culte remontait à la période où vécut saint Ouen, évêque de Rouen, comme en témoigne cet extrait de l’ouvrage de Marcel Mage : Il existait à cet endroit un vieux hêtre que consacraient les traditions gauloises. Saint Ouen, évêque de Rouen, qui rendait souvent visite à l’évêque Taurin d’Evreux, en faisant halte à Léry connaissait bien ce rite autour de l’arbre sacré. Il y annexa le cérémonial de l’Église en bénissant l’arbre et en fondant à proximité un prieuré qui dépendait de l’Évêché de Rouen.

Chaque année l’habitude fut prise de célébrer une messe en forêt. C’est ainsi que s’établit et se perpétua la dévotion à Saint Ouen. Après la disparition du Prieuré la tradition se maintint avec quelques modifications.

M. de Vesly, historien local du début du XXe siècle n’en pensait pas moins, à quelques – notables – différences près, ainsi que le rapporte L’Elbeuvien du 30 mars 1918 : La tradition rapporte que, lors d’une de ses visites pastorales, saint Ouen, ami de saint Eloi, qu’il avait connu à la cour de Clotaire II, se serait reposé en cet endroit à l’ombre d’un arbre qui était l’objet du culte des idolâtres. Saint Ouen avait été nommé évêque de Rouen en 640.

Ces thèses sont artificielles. Les lieux bénits par des évêques sont innombrables et n’ont pas tous engendré des cultes, loin de là. La simple volonté d’un homme, fût-il religieux, n’engendre pas un culte qui investit une communauté pendant des siècles et des siècles. Il faut se méfier des écrits relatifs aux saints (les hagiographies), surtout lorsqu’ils donnent des détails à la fois précis et anodins : ils peuvent se remplacer les uns les autres tant ils n’apportent pas plus de sens aux faits observés. L’idée que Saint-Ouen se soit arrêté à Léry est, toutefois, séduisante étant donnée la présence d’un palais royal au Vaudreuil.

La référence au paganisme semble plus crédible mais reste décrite, à nos yeux, de façon caricaturale : le christianisme aurait remplacé l’ancien culte à 100 % et du jour au lendemain ? Ne l’aurait-t-il pas plutôt fait perdurer sous de nouvelles formes ? et comment ?

 

Petit-Saint-Ouen-2.JPG

 

 

II) Signification du culte au-delà de l’opposition entre paganisme et christianisme

     

1) La régénération et le culte de la vie 

Qu’est-ce qui unit toutes les croyances et tous les rituels attachés au " petit Saint-Ouen ", statuette, arbre et mare compris ?

Il semble, en effet, que les rituels du « petit Saint-Ouen » consistent tous à réparer la vie qui existe : guérison de la fièvre, de certaines maladies et notamment auprès des nourrissons. Ils aident ensuite à engendrer la vie comme le montre l’union mais aussi la fertilité des couples qui sollicitent Saint-Ouen. Enfin, de source sérieuse, ces rituels ont parfois eu la réputation de pouvoir faire renaitre à la vie, comme en témoigne avec une tristesse fort émouvante cet article de L’Elbeuvien du 30 mars 1918 : M. de Vesly vit une pauvre mère présenter à la statuette son bébé déjà touché par la mort ; après avoir prié avec ferveur, elle prit, et plaça sur son enfant un petit rameau d’une couronne qui entoure le tronc de l’arbre et qui est tressée de buis, de genêts et de rameaux de sapins. Cette couronne renouvelée aux Rameaux est bénie par le clergé de Léry le jour de Pâques fleuries.

Qui plus est, la cérémonie du " petit Saint-Ouen " fait écho, dans le calendrier, à la Toussaint, fête qui clôt la belle saison en célébrant les morts, elle aussi et de manière bien plus importante. Entre les deux – tel un point d’orgue – la fête patronale du 26 aout célèbre, quant à elle, le " grand Saint-Ouen ". La communauté de Léry possède donc ses repères dans le calendrier ; repères exprimés  par la spiritualité et observables dans le rythme des saisons.

Par conséquent, le culte du " petit Saint-Ouen " parait être le symbole de la renaissance de la nature et de la vie en général. Comme le notent MM. Macherel et Le Querrec, ce rendez-vous est la première festivité de l’année après l’hiver. Ce sont les premiers beaux jours " où l’espoir renait à l’espérance ", comme on dit en Normandie…

Est-ce propre au catholicisme de célébrer les forces de la nature, même à travers un saint ?

 

2) Liens spirituels avec le paganisme           

Les beaux jours voient les feuilles vert pâle du gui se dorer, d’où son autre nom, plus imagé, de rameau d’or. Or le gui, dans le culte païen, symbolise la régénérescence et l’immortalité. Sa cueillette par les druides coïncide avec la naissance de l’année et a donné pour partie naissance au non même de druide. Ce mot gaulois est composé de deux termes dru-vid, qui signifient force et sagesse (dans le sens de connaissance). Les symboles couramment associés à la force et la sagesse sont respectivement le chêne, déjà, et le gui. Cela signifie que les responsables du culte sont dotés d’un pouvoir sur le temporel, sur les objets et les forces de la nature et qu’ils sont capables de régénérer la vie… Le chef spirituel est toujours censé avoir un rapport privilégié avec les forces qui dépassent les hommes.

            Mais le rameau d’or connait son équivalent dans le culte catholique : le rameau vert, d’olivier ou de palmier. Le dimanche des Rameaux est, à ce propos, le rappel annuel de la dernière entrée de Jésus Christ dans Jérusalem car, dans la tradition orientale, ce végétal célèbre ceux qui triomphent. Dans la liturgie, la prière de bénédiction des Rameaux se prononce en ces termes : Bénissez, Seigneur, ces rameaux de palmier ou d’olivier, et donnez à votre peuple la parfaite piété qui achèvera en nos âmes les gestes corporels par lesquels nous vous honorons aujourd’hui. Accordez-nous la grâce de triompher de l’ennemi et d’aimer ardemment l’œuvre de salut qu’accomplit votre miséricorde. Le lien entre l’attitude (c’est-à-dire le ressenti, le sentiment, la pensée) et le comportement (le geste qui extériorise, qui manifeste quelque chose aux yeux de tous) est particulièrement clair : il y a un double mouvement entre le geste et la foi. Le rituel est censé aider l’accomplissement d’un désir intérieur.

Mais, qu’il y ait des points communs entre le paganisme et le christianisme n’est pas étonnant. Le catholicisme pratiqué par les gens n’est jamais que leur interprétation de cette religion et cette interprétation est basée sur leurs habitudes. Le catholicisme romain est donc une interprétation d’une branche du judaïsme (le pharisaïsme) par d’anciens païens de l'empire romain.

Mais, cette pensée païenne – elle même – était loin d’être imperméable à d’autres cultes (notamment les multiples mystères orientaux) y compris le monothéisme. Regardons le paganisme développé par l’empereur romain Marc Aurèle : les différences ne sont pas frappantes entre la croyance en plusieurs dieux et la foi en une divinité unique. Suivant la conception religieuse que développe l’empereur dans Pensées pour moi-même, les dieux aident les hommes dans leur quête spirituelle, un peu à la manière des saints du christianisme. Et ils les aident non seulement à œuvrer sur les choses extérieures à l’individu mais aussi sur la manière dont ils perçoivent les choses. Marc Aurèle recommande ainsi à sa conscience : Commence donc par les [dieux] en prier et tu verras. (…) Un autre [que toi dira] : « Pussé-je ne pas perdre mon enfant ! » Toi ; « Pussé-je ne pas être affligé de le perdre ! » (137, XL). Et ce ne sont pas des dieux fictifs qui servent à exposer la doctrine stoïcienne ; l’empereur y croit sincèrement : Je n’ai jamais vu mon âme, et pourtant je l’honore. Il en est ainsi pour les Dieux (174, XXVIII). Cela n’empêche pourtant pas Marc Aurèle de considérer qu’il existe un principe commun qui anime l’univers. C’est ce qu’il décrit, avec poésie, en ces termes : que dire de chacun des astres ? Ne sont-ils pas différents tout en collaborant à la même œuvre ? (95, XLI). Ce principe est appelé Dieu : I’intelligence de chacun est Dieu et découle de Dieu (173, XXVI).

Alors, selon cette conception, le passage du paganisme au christianisme ne se fait pas avec la violence qui a pu opposer, parfois, deux camps aux intérêts divergents, mais avec l’émergence progressive d’un principe premier – déifié – qui relègue les dieux au rang d’intermédiaires entre lui et les hommes et qu’on appelle " saints ".

Revenons à nos campagnes : les gaulois, comme maints autres peuples, n’ont pas révolutionné leurs croyances lorsque le christianisme est arrivé dans la province de Rouen, du moins si celui-ci est resté pacifique avec les cultes locaux. Quant au chêne portant le gui, lorsque les rameaux chrétiens l’ont remplacé (buis, genêt…), on a pu le remplacer par une autre essence très répandue, elle aussi ; le hêtre.

 

3) Le mythe et sa valeur sociale   

Les croyances au sein d’un même culte, d’une même idéologie, diffèrent mais partagent certaines valeurs. Dans le cas de Léry, même si les actes sont variés et revêtent de nombreuses significations, ils réunissent une population autour d'une même manière de ressentir la vie et d’appréhender la mort. Le culte du Petit Saint-Ouen fournit un repère connu de tous qui marque un moment de l'année et constitue un mythe.

Nous entendons par mythe, ce que Mircea Eliade a défini dans Aspects du mythe : Notre recherche portera en premier lieu sur les sociétés où le mythe est – ou a été jusqu’à ces derniers temps – « vivant », en ce sens qu’il fournit des modèles pour la conduite humaine et confère par là même signification et valeur à l’existence.

Or, le mythe relatif aux guérisons du " petit Saint-Ouen " n’a pas changé qu’il soit païen ou chrétien si, comme nous le pensons, le rameau de Jésus a pris le relai du rameau d’or païen.

Suivant l’argumentation de Mircea Eliade, nous remarquons que la répétition symbolique par des gestes – même à petite échelle – d’un mythe fondateur de l’univers et de l’humanité est sensée régénérer la vie dans la pensée païenne [7].

L’imitation des gestes fondateurs de l’univers (la cosmogonie) doit aider les hommes à faire un retour en arrière, avant que la vie ne dégénère. Et, ce re-commencement est, à proprement parler, la réplique du commencement absolu, la cosmogonie. La connaissance de l’origine de chaque chose (animal, plante…) confère alors une sorte de maitrise magique sur elle et procure la science de ce qui se passera à l’avenir.

Ce type de rituels a existé dans maintes sociétés et, sans savoir à quel mythe cosmogonique celte le rituel gaulois faisait référence, nous notons que les chrétiens ont dû le remplacer par un équivalent, c’est-à-dire Jésus en pleine gloire et avant qu’il ne meure…

            Le culte du " petit Saint-Ouen " garde donc le même sens pour des chrétiens ou des païens : il célèbre la vie quand elle rayonne et a pour objectif de recréer le monde d’avant le mal, la mort et la dégénérescence. Il semble que nous ayons affaire à un exemple de réappropriation d’un culte païen par les chrétiens. Cette transition a dû se faire au fil des générations sans quoi, un culte païen qui eût survécu trop longtemps à la christianisation eût été frappé d’interdiction pure et simple par les monothéistes.

            Pour les Lérisiens, ce culte a réuni la communauté pendant de longs siècles autour d’une espérance. Notons que cet acte a perdu son importance religieuse en même que les liens sociaux traditionnels se sont délités au cours du XXe siècle et surtout après 1945.

            Les quelques processions et animations actuelles ont désormais pour origine la conscience de la fragilité d’un folklore (dans le sens neutre de connaissance populaire), bien plus que la foi ou la tradition.

 

Conclusion 

Il semble qu’un culte païen de Léry survécut au christianisme en se mélangeant avec les nouvelles croyances.

Alors, quand les moines de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen eurent la jouissance des terres lérisiennes, au moins depuis 1018 [8], ils durent avoir à cœur de mieux évangéliser la communauté locale, reconnaissant dans ce culte des éléments pas très catholiques. Ce culte, qui devint celui du petit Saint-Ouen, n’a pas pu être tout à fait païen quand des chrétiens l’ont réinvesti : à tout prendre, ils auraient préféré le détruire, comme partout ailleurs où il restait des fidèles à la foi de nos ancêtres. L’arbre sacré et la source ont dû passer par plusieurs phases de christianisation pour pouvoir être acceptés par les autorités religieuses.

La population, quant à elle, a dû souhaiter perpétuer les actes de ses ancêtres sans concevoir, pour autant, de rupture entre sa manière de vivre le sacré et celle de l’Église. En effet, bien que la religion ait changé, le culte du " petit Saint-Ouen " a continué à célébrer le renouveau de la vie au moment où la nature bourgeonne.

Le rameau d’or païen, le gui, fut remplacé par les rameaux qui accueillirent Jésus, selon la Bible, lors de sa dernière entrée à Jérusalem. Se rappeler le Jésus des rameaux, c’est régénérer la vie avant qu’elle se soit marquée par le péché et qu’elle subisse la crucifixion. Il est toutefois frappant de voir combien le paganisme s’exprime dans ce culte lui qui se soucie du renouveau des forces de la vie alors que le christianisme voit l’histoire d’une manière linéaire et toute tournée vers la question de la mort.

Plus profondément, le paganisme survit encore de nos jours bien que les hommes tendent vers une rationalisation de leur perception de la vie, rationalisation à laquelle le christianisme a, lui-même, beaucoup contribué en refoulant la superstition et en résumant le divin en un dieu.

 

 

Remerciements à Mme David et M. Dorival, de Léry, pour leur témoignage et leurs illustrations.  

 

 

Petit-Saint-Ouen-3.JPG

Voici le lieu encore appelé de nos jours le " petit Saint-Ouen ". En forêt de Bord, il est situé sur les hauteurs quelques lacets plus haut que la maison forestière de Léry-la Voie Blanche.

 

 

A lire aussi...

Le paganisme dans l'histoire de Pont-de-l'Arche et des Damps

 

 

Sources 

- Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, p. 430 à 432.

- Fournée Jean, L’Arbre et la forêt en Normandie : mythes, légendes et traditions, tome 2, imprimé par Le pays bas-normand, 1985, 302 p.

- Macherel Claude, Le Querrec Jacques, Léry, village normand : un croquis ethnologique, Nanterre : Service de publication du laboratoire d’ethnologie, 1974, 122 p.

- Eliade Mircea, Aspects du mythe, Paris : Gallimard, Folio / essais, 1988, 250 p.

- Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Paris : Flammarion, 1992, 222 p.

- Mage Marcel (dir.), Léry de la préhistoire à l’aube du 3e millénaire, Léry : mairie, 1998 (réédition en 2010), 102 p.

 

 

 

 

Le hêtre Saint-Ouen

                              vu par Hyacinthe Langlois

 

 

Voyez-vous ce hêtre magnifique sur le tronc duquel est fixé, de temps immémorial, cette petite chapelle de planches, incomplet abri d’une figurine de bois vermoulue ? Cet arbre est le hêtre de Saint-Ouen, et cette image est celle du grand prélat de la Neustrie dont il porte le nom, du référendaire du bon roi Dagobert. Chaque année les bonnes femmes des environs s’empressent de la revêtir dévotement d’une robe et d’une coiffure nouvelles, taillées en forme de fourreau et de béguin d’enfant ; et ce renouvellement de toilette n’a jamais lieu sans glisser, dans la tirelire, suspendue à côté du saint, quelques pièces de monnaies qui doivent plus tard être échangées contre des évangiles. Chargé de sa hotte remplie de bois mort, le pauvre bûcheron lui-même sacrifie souvent, en l’honneur de saint Ouen, son modeste centime. Quant au fastinguant de premier ordre, au voleur de bois de lune, qui vient exploiter imprudemment la forêt de l’État avec une charrette attelée de plusieurs chevaux, celui-ci ne s’occupe guère de pieuses offrandes, et troquerait, contre les coupables bonnes grâces d’un garde-forestier, la protection de tous les sains du paradis.

Un jour, le hêtre séculaire allait, comme un vulgaire arbrisseau, tomber sous le fer d’une hache barbare ; mais un officier des eaux et forêts, destitué depuis, parce qu’un méchant homme l’avait dénoncé comme père d’émigré, étendit une main protectrice, et le mont-joie du bocage resta debout. Cette main était celle de mon digne père, et j’aime d’autant plus à m’en souvenir, qu’il y avait, à cette époque, un certain courage à conserver un objet auquel se ralliaient des coutumes religieuses.

Depuis des siècles, en effet, lorsqu’au chant de la grive, le rossignol d’hiver, succèdent les mélodieux accents de la classique Philomèle, le dimanche des Rameaux ramène autour de l’immense végétal des populations champêtres des environs. Là, se déploient, dans leur modeste éclat, tout le luxe des campagnes, toute la coquetterie villageoise ; mais le ménétrier n’y fait entendre aucun accord profane : tout se borne, dans ce divertissement solennel, à des repas sur l’herbe, à des prières, à explorer les étalages ambulants des petits marchands de joujoux, de gâteaux, et à prêter l’oreille aux vendeurs de complaintes, qui font redire aux échos du bois les malheurs de l’innocente épouse de Siffroy, les miracles de saint Hubert et la pénitence de Julien l’Hospitalier.

 

 

E.-H. Langlois

 

 

Hyacinthe Langlois, " La Croix Sablier ", in La Revue de Rouen, 1835, vol. 6, p. 306.

 

Cité par Duranville (Léon Levaillant de), Essai archéologique et historique sur la ville du Pont-de-l’Arche et sur l’abbaye Notre-Dame-de-Bonport, auto produit, 1856, p. 129 à 131.

 

[1] Autobiographie ou mes expériences de vérité, Paris : Quadrige ; PUF, 2003, 676 p., cf. p. 101.

[2] Les Rameaux sont célébrés sept jours après Pâques, fête qui évolue selon le calendrier lunaire : elle est célébrée le dimanche qui suit le 14e jour de la lune, soit le 21 mars ou immédiatement après.

[3] Cet arbre, rapporté par Eustache-Hyacinthe Langlois, fut remplacé au XIXe siècle (cf. L’Elbeuvien du 30 mars 1918 : Son remplaçant n’a que 1 m 20 de circonférence…).

[4] cf. bibliogr. : Observation du 4 avril 1974.

[5] Bien que Saint-Vulfranc, à la Haye-Malherbe, était dit plus efficace dans ce genre de traitements.

[6] Spalikowski Edmond, La Normandierurale et ignorée, Paris : éd. de Neustrie, 1985, 189 p., cf. p. 77.

[7] La cosmogonie est le modèle exemplaire de toute espèce de « faire » : non seulement parce que le Cosmos est l’archétype idéal de toute situation créatrice et de toute création – mais aussi parce que le Cosmos est une œuvre divine ; il est donc sanctifié sans sa structure même. Par extension, tout ce qui est parfait, « plein », harmonieux, fertile, en un mot : tout ce qui est « cosmisé », tout ce qui ressemble à un Cosmos, est sacré. Faire bien quelque chose, œuvrer, construire, créer, donner forme… tout ceci revient à dire qu’on amène quelque chose à l’existence, qu’on lui donne « vie », en dernière instance, qu’on la fait ressembler à l’organisme harmonieux par excellence, le Cosmos. Or, le Cosmos… est l’œuvre exemplaire des Dieux. cf. p. 49 et 50.

[8] Où le duc Richard II comprit l’église de Léry dans les possessions cette abbaye. Il est toutefois possible que Léry appartînt déjà à Saint-Ouen dès la fondation de cette communauté religieuse. 

 

Armand Launay

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 09:50

Hyacinthe Langlois (1777-1837), enfant de Pont-de-l’Arche, a mis en valeur le patrimoine médiéval normand par des études et de nombreux dessins au trait précis. On trouvera sa biographie sommaire sur mon blog et détaillée sur le site de l’Institut national de l’histoire de l’art (INHA) par Claudine Lebrun-Jouve.

 

Une tombe monumentale à Rouen

La mort d’Hyacinthe Langlois a laissé un grand vide tant au niveau professionnel qu’amical. Ses nombreux amis ont voulu honorer sa mémoire. Ils ont ainsi déplacé un menhir depuis la rive gauche de Rouen afin de marquer la tombe de l’artiste, tombe qui se trouve toujours au cimetière monumental de Rouen (section M2). Ce menhir porte un médaillon dessiné par Polyclès Langlois, son fils, et sculpté par Pierre-Jean David (1788-1856), dit David d'Angers. Il a été offert en 1838 à la Ville de Rouen par un comité de souscription. Le menhir porte aussi une plaque : « À E.-H. Langlois né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777, peintre, graveur, archéologue, la Normandie reconnaissante. » La commune de Pont-de-l’Arche participa à cette souscription.

 

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Hyacinthe Langlois dessiné par son fils Polyclès.

C’est ce dessin qui fut gravé par David d’Angers

afin de réaliser des médaillons en plâtre et en bronze (voir ci-dessous).

Revue de Rouen et de la Normandie, tome X.

 

Tombe Langlois

La tombe d’Hyacinthe Langlois au cimetière monumental de Rouen

est enrichie d’un vrai menhir portant un médaillon et une plaque en bronze.

Photo de l’Association des habitants du quartier Jouvenet

 

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Détail du médaillon sur la tombe monumentale d’Hyacinthe Langlois. 

 Photo de l’Association des habitants du quartier Jouvenet.

 

Un médaillon sur sa maison natale à Pont-de-l’Arche

La Ville de Pont-de-l’Arche ne s’est pas contentée de participer à la souscription permettant d’ériger une tombe monumentale. Selon Alfred Dieusy, elle a financé dès 1837 la copie en plâtre du médaillon sculpté par David d’Angers sur les bases du portrait réalisé par Polyclès Langlois. Ce portrait ainsi qu’une plaque de marbre furent apposés sur la maison de naissance d’Hyacinthe Langlois à Pont-de-l’Arche (5, rue Alphonse-Samain, 1er étage de la boulangerie). Claudine Lebrun-Jouve, historienne de l’art, note que le musée d’Angers conserve un moulage en plâtre du médaillon de la tombe de Langlois et le musée du Louvre une copie en terre cuite et une édition en bronze. On trouve également une copie en plâtre sur la façade du n° 5 de la place Isaac-Benserade à Lyons-la-Forêt.

 

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Une copie en plâtre signée David d’Angers et une plaque de marbre

ont été financées par la Ville de Pont-de-l’Arche en 1837

pour signaler la maison natale d’Hyacinthe Langlois.

 

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Une copie en plâtre du portrait d’Hyacinthe Langlois

se trouve curieusement sur une façade de la ville de Lyons-la-Forêt.  

 

Un buste inauguré en 1867 au cœur de Pont-de-l’Arche : place Hyacinthe-Langlois

 

C’est en 1864 qu’un ancien élève d’Hyacinthe Langlois à l’école d’art, l’architecte Georges Simon, émit l’idée d’ériger un monument en hommage à Hyacinthe Langlois dans sa ville natale. En 1865, le Conseil municipal de Pont-de-l’Arche, présidé par Jean-Baptiste Delaporte, décida de baptiser la place de la halle du nom d’Hyacinthe Langlois. En 1867, les initiatives s’organisèrent. Un comité fut créé, présidé officieusement par André Pottier, ami de Langlois et archiviste de la Ville de Rouen, afin d’ériger un monument. André Pottier s’assura de la pleine coopération de la Ville de Pont-de-l’Arche et appela à la souscription dans un discours prononcé à Rouen le 20 mars 1867. En voici quelques extraits :

« Il s’agit de venir en aide à la ville du Pont-de-l’Arche, qui fait appel à notre concours pour élever un modeste monument à celui qui semblait avoir pris à tâche de populariser le nom de sa ville natale en le rendant inséparable du sien.

Le Pont-de-l’Arche n’avait pas attendu ce jour longtemps différé, à ce qu’il semble, pour tenter d’honorer une mémoire qui lui est chère, et qu’elle comptera désormais parmi ses plus précieux souvenirs. A peine l’éminent artiste avait-il fermé les yeux, que sa ville natale consacrait une maison où il avait reçu le jour par une inscription commémorative. Mais ce genre de monument, essentiellement fragile et périssable. (…) C’est donc à des monuments moins périssables qu’il faut confier le soin de transmettre à la postérité les noms dignes de mémoire.

Une souscription volontaire, devant subvenir à l’exécution de cette entreprise et couvrir des frais dont le chiffre n’est même pas encore posé, le monument, quant à la nature des matériaux à mettre en œuvre, quant à l’importance à lui donner, et quant au développement de l’ornementation, sera ce que le montant des sommes recueillies permettra qu’on le fasse, aussi simple et modeste que les circonstances pourront l’exiger, et peut-être également, aussi élégant et ornementé qu’une souscription fructueuse aura permis de l’établir.

Au reste, quel que doive être ce monument, simple jusqu’à la nudité, ou relevé par l’ornementation jusqu’à la richesse, il aura donc le mérite de correspondre au sentiment général de la cité, qui est fière du nom de Hyacinthe Langlois… »

 

Le 30 mars, le Comité ouvrit la souscription qui fut bien accueillie par les Archépontains, les Villes de Rouen et de Pont-de-l’Arche et des nombreuses sociétés savantes où avait siégé Hyacinthe Langlois. On profita de l’évènement pour réunir des œuvres de Langlois et les exposer à partir du 11 mai 1867 à l’hôtel de Ville de Rouen.

 

Le 1er janvier 1868, le Comité ouvrit un concours : 3 000 francs seront offerts à l’artiste présentant le plus beau projet de monument. Le programme fut dressé par Ernest Le Fèvre, président de la Société des amis des arts. Le concours fut clôturé le 29 février après de réception de 24 projets exposés publiquement. Ceux-ci suscitèrent de nombreux débats parmi le jury et c’est un vote secret qui donna la préférence au projet d’Auguste-Vincent Iguel : un buste de Langlois sur un simple piédestal. Un traité fut signé avec l’artiste en vue de la réalisation du monument.

 

Ce buste fut achevé à temps pour la commémoration des 30 ans de la mort d’Hyacinthe Langlois, au milieu de la place qui porte désormais son nom. Un discours fut prononcé par Eustache Delaquérière. En bronze, le buste de Langlois a trôné au cœur de la Ville jusqu’en 1941. Roland Chantepie a pu coucher sur le papier un évènement de la guerre : « Le buste d’Hyacinthe Langlois (…) fut déboulonné par l’occupant, déposé de son socle (…) et envoyé à la fonte pour être transformé en obus ou canon » (folio 468, voir sources).

Une délibération du Conseil municipal du 10 octobre 1952 montre l'embarras des élus quant au financement de la sculpture d'un nouveau buste par le sculpeur Delandre. Ils pensent faire appel à la Société des amis d'Hyacinthe Langlois. Celle-ci dut répondre par la négative car, le 16 juillet 1953, les élus votent par 11 voix contre 4 la suppression du socle de la statue. 

 

Aujourd’hui, nombreux sont les Archépontains à demander ce qui est arrivé au buste que l’on voit sur les cartes postales (voir ci-dessous) dont une grande reproduction couvre une vitrine de la Civette, sur la place Langlois. Certains ressentent même un vide…

 

Un monument éphémère, sous forme de menhir, fut aussi créé au collège Hyacinthe-Langlois

 

Place Langlois (13)

Ce buste, créé par souscription en 1868 et démonté par les nazis en 1941, a montré au grand jour l’attachement des Archépontains et de nombreux érudits rouennais à Hyacinthe-Langlois. Il a aussi donné du caractère à cette place centrale de Pont-de-l’Arche.

 


M.Taillefesse devant les bâtiments de la DDE

 M. Taillefesse s'amusant sur le buste d'Hyacinthe Langlois

déboulonné pour le compte de l'armée allemande (1941).


 

Sources

- Archives municipales de Pont-de-l’Arche ;

 - Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944) ;

 - Delaquérière Eustache, Projet de discours à prononcer lors de l’inauguration du monument qui doit être érigé à la mémoire de Eustache-Hyacinthe Langlois au Pont de l’Arche (Eure), 8 p. imprimé à Rouen : D. Brière et fils, Disponible à la BM de Rouen (formulation un peu différente) sous la cote 135-110 ;

- Dieusy Alfred, Album de dessins de E.H. Langlois du Pont-de-l’Arche gravés par Jules Adeline, Ernest Le Fèvre et Bracquemond et facsimilé reproduits par les procédés héliographiques de M. Amand-Durant. Autobiographie et recueil de lettre à Bonav. de Roquefort classés et accompagnés d’un texte par Alfred Dieusy, ancien élève de Langlois, Rouen, librairie Ernest Schneider, 1880 ;

- La base Joconde du Ministère de la culture : notice sur le médaillon de David d'Angers.


Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:15

la.rue.du.gros.horloge

 

Hyacinthe Langlois ? 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:40

Eustache-Hyacinthe Langlois (né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777 – décédé à Rouen en 1837) fut un artiste et écrivain qui mit son art au service de la mise en valeur du patrimoine médiéval normand.

 

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Gouache de Delacluze, Musée des Beaux-arts de Rouen.

 

 

Jeunesse à Pont-de-l’Arche

Eustache-Hyacinthe Langlois naquit à Pont-de-l’Arche où son père, officier royal, exerçait la profession de garde marteau des Eaux et forêts du bailliage de la ville. Porté vers le dessin, E.-H. Langlois réalisa à Pont-de-l’Arche ses premiers croquis de personnages et de sites pittoresques. On aime à penser que le patrimoine médiéval de la cité n’est pas étranger à l’éclosion du goût des antiquités dans l’âme de l’artiste. Né en 1777, la Révolution française rendit caduques les ambitions professionnelles que le père de E.-H. Langlois avait pour son fils. C’est pourquoi, notre homme put assouvir sa passion pour l’art…

 

L’artiste

Ayant suivi sa propension E.-H. Langlois devint l’élève de M. Rau de Saint-Martin, en 1793, puis de Jacques-Louis David, à Paris. Après cela, il s’exerça à la gravure sur bois. Son style, précis et rigoureux, convenait parfaitement à des travaux documentaires. C’est ainsi qu’il réalisa plus de 1000 gravures, dessins et croquis sur des bâtiments d’intérêt historique, des sculptures, des vitraux, du mobilier… et ce principalement sur la Normandie médiévale. Donnant lui même des leçons, il devint professeur à l’école des Beaux-arts de Rouen.

 

« Antiquaire et archéologue » 

On a pu dire sans abus que E.-H. Langlois était un antiquaire et archéologue. On entendait alors par « archéologue » toute personne à la fois éprise d’études de l’histoire par les textes mais aussi par le mobilier dont nous héritons. L’archéologue était celui qui s’intéressait, de plus, à un passé bien plus lointain ; qui exhumait l’histoire grâce aux ruines. L’archéologie ne signifiait pas encore la science très rigoureuse que nous connaissons de nos jours.
La précision de ses dessins lui ont permis de peaufiner des études locales mais aussi de réaliser des travaux plus généraux et notamment les vitraux. L’architecture gothique aussi a passionné notre homme qui passe pour être l’inventeur de l’expression « gothique flamboyant » qui désigne le stade ultime du gothique où les sculptures sont les plus riches qui prennent, parfois, les courbes ondulées de flammes.
Hyacinthe Langlois devint, grâce à sa connaissance du patrimoine et la conscience de sa fragilité, l’instigateur de création du musée des Antiquités de Rouen. Il en fut le premier directeur. Il participa à l’entretien de la cathédrale de Rouen, qui menaçait de s’écrouler.        

 

 

Le catholique fidèle 

D’après le témoignage de ses contemporains, mais aussi en lisant les nouvelles qu’il a rédigées, on peut mesurer combien E.-H. Langlois fut fidèle à ses convictions catholiques : pauvreté, humilité, défense des valeurs religieuses… Cette foi colla d’ailleurs très bien à la vie du personnage qui demeura pauvre tout sa vie ; l’argent n’avait pas grande importance pour lui, contrairement à ce que pensait sa femme, qui l’appauvrit ainsi que leurs enfants.

La foi catholique de E.-H. Langlois ne l’empêcha pas de fréquenter des républicains avancés tels que Jacques-Louis David et Jacques Dupont de l’Eure. Il semble que notre homme jugeait plus les gens sur leurs actes que sur leurs dires. Sa société érudite et cordiale plaisait à beaucoup de monde.  
 
L'écrivain « préromantique »
Si la Révolution française a donné à E.-H. Langlois la liberté de pratiquer son art au point d’en faire sa profession, elle a jeté dans son âme un trouble certain. Comme beaucoup de romantiques, notre homme conserva le pieux souvenir de sa jeunesse où ses joies d’enfant étaient bercées sous le soleil du Monarque de droit divin... Cette idéalisation est accompagnée du rejet de l’anticléricalisme qu’ont pu connaître certains moments de la Révolution.
Sensible, touché par un certain mal être, il formula ses émotions par les thèmes médiévaux les plus romantiques, même dans ses aspects les plus noirs tels que la danse macabre, sculpture de l’ancien cimetière de l’aître Saint-Maclou, le grotesque des « miséricordes », ou le tombeau des Énervés de Jumièges. Ainsi ses écrits sont, le plus souvent, nostalgiques, tournés vers la mort et campent un paysage médiéval très propice à l’expression du désarroi si caractéristique du mouvement romantique qui va éclore vers la fin de la vie de Hyacinthe Langlois.

  

 

Postérité 

E.-H. Langlois sensibilisa de nombreux artistes et chercheurs à l’étude du Moyen Âge alors que l’Antiquité faisait – presque – l’unanimité. De ce fait, il contribua à la préservation des vestiges de l’époque médiévale, qui passaient alors pour des ruines bonnes à être rasées ou à laisser s'écrouler. Il participa à la sensibilisation culturelle d'une nouvelle génération de chercheurs tels qu'Arcisse de Caumont autour de l'héritage architectural. Son influence se poursuit d’ailleurs grâce aux illustrations qui font référence dans certaines recherches. Il aurait servi de modèle à Jacques-Louis David pour le Romulus de « L’Enlèvement des Sabines ». Deux de ses enfants vécurent un peu de l’art enseigné par leur père : Polyclès et Espérance Langlois. Ils travaillèrent à la manufacture de Sèvres mais n’eurent pas le talent de leur père. 

Une tombe monumentale se trouve toujours au cimetière monumental de Rouen. Elle porte un médaillon, de Pierre-Jean David, dit David d'Angers, offert en 1838 à la ville de Rouen, par le comité de souscription au monument Langlois. Il porte cette inscription : « À E.-H. Langlois né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777, peintre, graveur, archéologue, la Normandie reconnaissante. »

Une copie de ce médaillon fut apposé sur sa maison de naissance à Pont-de-l’Arche (boulangerie du bas, rue Alphonse-Samain).  

Un buste en bronze fut placé à Pont-de-l’Arche sur la place Hyacinthe-Langlois de 1868 à 1941.  

Il donna l’envie à Léon Levaillant de Duranville d’étudier l’histoire de la ville dont Hyacinthe Langlois est resté fier durant toute sa vie. C’est ainsi que commença l’étude de l’histoire de Pont-de-l’Arche.

Une rue porte son nom ainsi qu’arrêt de bus à Bihorel.

 

 

A lire aussi... 

Le collège Hyacinthe Langlois en quelques dates

Les monuments rendant hommage à Hyacinthe Langlois...

 

Bibliographie sommaire 

- Recueil de quelques vues de sites et monuments de France, spécialement de Normandie (1817) ;

- Mémoire sur la peinture sur verre et sur quelques vitraux remarquables des églises de Rouen (1823) ;

- Notice sur le tombeau des Énervés de Jumièges (1825) ;

- Essai historique et descriptif sur l’abbaye de Fontenelle et de Saint-Wandrille… (1827) ;

- Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts (posthume, 1851) ;

- Stalles de la cathédrale de Rouen, (posthume, 1838) ;

- La Croix-Sablier (1835) ;

- Hymne à la cloche (1832) ;

- Le Curé des bruyères d’Oisy ou L’Abbé fou (1835)... 

 

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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