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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 20:45

On le découvre le plus souvent grâce à une visite commentée de Pont-de-l’Arche, ce panneau de bois sculpté couronnant la vitrine de deux commerces des numéros 15 et 17 de la place Hyacinthe-Langlois.

Ces édifices ont été inventoriés par le service des Monuments historiques en 1986 (IA00017925) mais sans protection ni pour eux ni pour le panneau qui attire notre attention ici. Pis, jusqu’à plus ample informé, aucune recherche n’a porté sur cet élément du patrimoine qui, au mieux, a parfois été considéré comme une “scène de triomphe” mais sans plus de précision ni sur son sens ni sur sa fonction.

 

Avec mes remerciements à mon ami Frédéric Ménissier pour ses photographies, le complément de description des personnages et les pistes ouvertes sur l'interprétation de la scène dans son entier. 

 

Le bâtiment

Les numéros 15 et 17 font partie d’un même bâtiment qui semble dater du XVIe siècle. Il s’agit d’une maison à pans de bois adaptée à l’urbanisme dense du centre ville ce qui explique ses deux étages carrés plus un étage de comble. Le bâtiment repose sûrement sur une cave. Il est couvert d’un toit à deux pans couvert d’ardoises comme la façade sud est couverte d’essentes en ardoises. La façade nord qui nous intéresse a été ravalée de plâtre, avec soin cependant, à la fin du XIXe siècle. Ce qui est grandement dommage pour l’œil  et donc pour le cachet de cette très pittoresque place  a, en l’occurrence, protégé de certains outrages de l’érosion le panneau qui nous intéresse. En effet, la partie située sur le numéro 17 a été remise au jour dans la fin des années 1990, d'où la meilleure conservation de l’enduit grossier qui la couvre.

 

Le panneau dans son entier (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Le panneau dans son entier (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Ce dessin signé Faubin montre que le bâtiment qui nous intéresse était déjà divisé en deux boutiques en 1837 et que son panneau sculpté était masqué (Archives de l'Eure : 1Fi 855)

Ce dessin signé Faubin montre que le bâtiment qui nous intéresse était déjà divisé en deux boutiques en 1837 et que son panneau sculpté était masqué (Archives de l'Eure : 1Fi 855)

Description du thème

Cette scène illustre la marche d’un char entouré de plusieurs personnages allant de gauche à droite. C’est ce sens de lecture que nous respectons.

 
Détail de la ville fortifiée d'où part la scène. Dans l'entrée se trouve le moine à la clé (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Détail de la ville fortifiée d'où part la scène. Dans l'entrée se trouve le moine à la clé (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Tout à gauche se trouve un temple à fronton triangulaire. Ce temple peut aussi symboliser une ville entière, Rome ou Jérusalem. Il évoque l'architecture byzantine, avec une coupole, et quoi qu'il en soit antique avec ses ouvertures étroites et en plein cintre. Au centre se trouve une porte d’entrée voutée d'où sort un moine tenant dans sa main droite une clé.

 
Détail sur les danseuses (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Détail sur les danseuses (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Puis, contre toute attente, se trouvent trois danseuses dans des tenues, semble-t-il, un peu légères... surtout en Normandie. Leur danse est gracieuse, chacune a son mouvement mais l'ensemble est coordonné dans la même danse. Ce sont les seuls personnages qui apparaissent de face, au sein de la même scène que les autres personnages, mais qui ne sont pas dans le même déplacement de gauche à droite... Ces danseuses sont-elles marquées par le péché et ont-elles été brillamment négligées par le moine et les personnages qui transitent de gauche à droite ? Sont-elles inspirées par les Grâces des représentations antiques ? Ce ne serait étonnant si le panneau datait du début du XVIe siècle où les Grâces étaient réapparues depuis quelques décennies sous les pinceaux d'artistes comme Sandro Boticelli, Raphaël ou Lucas Cranach l'ancien.

Détail sur le cavalier (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Détail sur le cavalier (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

À leur droite, un cavalier monte un cheval cabré. Le cavalier tient un étendard dont la tige repose sur le sol. À ses côtés se tient un lévrier et, dans le décor à sa droite, une tour (de guet ?).

 
Détail sur le fantassin et le pèlerin (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Détail sur le fantassin et le pèlerin (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

À droite toujours, se trouve un fantassin tenant un fusil sur son épaule droite.

Puis, un personnage portant une cape, qui vole au vent, s'appuie sur un bâton de pèlerin. Nous eûmes aimé voir sur lui une coquille de saint Jacques mais la boule située sur son ceinturon peut tout aussi bien être une gourde.

 
Détail sur le char (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Détail sur le char (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Puis se trouve un élément central de ce panneau sculpté : le char reposant sur deux roues. Il est entouré d’une ou deux chimères à corps de serpent(s) et, d'une part, à tête de mouton (à gauche du char) et, d'autre part, à tête de canard peut-être (à droite). Sur le char est assise une femme, apparemment, tenant dans sa main gauche une belle fleur à quatre pétales majeurs et quatre pétales mineurs. Elle tend cette fleur devant elle : est-ce à la chimère ? Derrière elle, en décor, apparaissent une tour (à moins que ce ne soit le dossier sur lequel le personnage appuie son dos) et un arbre. D’aucun y ont vu une référence au récit biblique de la rupture de l’alliance entre le dieu principal des Hébreux et Adam et Ève. Mais, quid d’Adam et du fruit défendu ici (bas) ? Il semble que la tête d’un poisson apparaisse d’une vague à gauche du char, sous la femme. Une autre tête de mouton étrange tient dans sa gueule la corde de l’attelage reliant le char aux chevaux de trait. Les chimères ne semblent pas ennemies des personnages humains ; l'une d'entre elles semble même sourire.

 
Détail sur l'attelage (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

Détail sur l'attelage (cliché Frédéric Ménissier, décembre 2015).

À droite toujours, après un petit oiseau situé dans le décor, s’étendent quatre chevaux ailés attelés par deux au char. La mythologie grecque est bien présente : Pégase est un cheval ailé, monté par Bellérophon qui est un héros tueur de monstres, dont la Chimère. Celle-ci était composée de parties de corps de lion, de chèvre et de serpent, ce qui correspond aux chimères autour du char, hormis le lion. Mais, il n'y a là aucune référence précise, aucune revendication de sens de la mythologie grecque. Le rôle des ailes des chevaux peut-être symbolique ; le char est promis à une élévation dans le ciel spirituel... mais il reste pourtant bien au sol et les ailes semblent bien fantaisistes.

 

Détail sur les musiciens et la fin apparente du panneau (cliché Frédéric Ménissier, dit le "sponsor", décembre 2015).

Détail sur les musiciens et la fin apparente du panneau (cliché Frédéric Ménissier, dit le "sponsor", décembre 2015).

Puis, se trouvent quatre personnages soufflant dans des instruments à vent. Leurs habits, et la nature d'un d'entre eux, rappellent la mode antique. Dans le décor apparaissent des édicules.

À l’extrême droite de ce panneau se trouvent un chien de course, semble-t-il, un arbre et un buisson sûrement.

La scène semble se prolonger encore. Nous ne pensons cependant pas qu’elle se prolonge beaucoup. En effet, nous voyons bien le début du panneau à sa gauche. Limité ainsi sur sa droite, il semble trouver une position centrale sur la façade des deux commerces réunis.

 

Interpréter tout cela…

On lit ce panneau comme un vitrail et une statuaire d'église. En effet, il est destiné à une lecture visuelle. Les images remplacent les mots pour une population alors illettrée mais cultivée. Ce panneau présente un travail de sculpture soignée, même s'il n'est pas signé (à notre connaissance). La preuve du soin apporté par l'artiste réside dans la précision des visages, doués d'expression, ayant chacun sa position, soignés dans le détail des yeux, nez, mentons, bouches, et même des chevelures ayant une texture. Le soin se lit aussi dans les restes de polychromie qui laisssent entrevoir que la sculpture était rehaussée par la peinture. Même les tenues des personnages sont soignées ; le drapé, les différentes pièces de tissu que ce soient la robe, la tunique, les bas...

Un premier plan apparait avec les différents personnages et un arrière plan campe un décor. Ce dernier est loin d'être anecdotique car il devait conférer à la scène une profondeur renforçant la richesse de son atmosphère dans une perspective, somme toute, très médiévale où apparait principalement au premier plan ce qui a le plus d'importance. Ici le sens est plus la signification que l'orientation encore que la scène a un début et une fin.

Eh oui, autre preuve de la qualité de cette scène : le mouvement. Frédéric Ménissier voit deux temps dans cette scène : l'instantané qui fige la pompe du cortège et le mouvement général de la scène de gauche à droite, sens de la lecture.

 

Alors faut-il lire dans ce panneau un épisode du Premier testament ou de la mythologie gréco-romaine ?

La tentation est grande, et pas que dans le désert, d'y voir l'illustration d'un passage de la vie d'un saint catholique. En effet, les références chrétiennes sont indiscutablement là. Le personnage sortant de la ville avec une clé ne serait-il pas saint Pierre ? Le personnage sur le char ne rappelle-t-il pas ces hagiographies (histoires des saints) où la foi chrétienne vainc les démons païens. On pense évidemment, à Pont-de-l'Arche, à saint Vigor de Bayeux terrassant le dragon vivant sur les terres du seigneur nommé Volusien.

 

Malgré tout, a notre sens, il n'y a pas ici de référence religieuse précise. On se balade dans l’évocation libre jusqu’à la fantaisie de personnages fictifs, de religieux, de militaires, de personnages de la mythologie gréco-romaine que l'on réanime alors avec plaisir et liberté…

Le fil conducteur est le voyage et la scène montre des personnages qui ont besoin de voyager et, le soir venu, de trouver une bonne auberge où se reposer et, mieux, de faire bonne chère ; d’où, peut-être, les danseuses, les musiciens, les animaux comestibles chassés grâce aux chiens de chasse... Une évocation fantaisiste dans une atmosphère chrétienne : c'est notre point de vue pour le coup assez rabelaisien...

La galerie donnant accès à la Cour Ainé a sûrement été un passage de l'auberge qui nous intéresse vers ses écuries situées dans la cour arrière (cliché Armand Launay, octobre 2010).

La galerie donnant accès à la Cour Ainé a sûrement été un passage de l'auberge qui nous intéresse vers ses écuries situées dans la cour arrière (cliché Armand Launay, octobre 2010).

Si l’on retient cette thèse de l’auberge, tout s’éclaire : la localisation de son immeuble dans la place centrale du Pont-de-l’Arche médiéval, ville fortifiée et soumise au couvre-feu ; la galerie donnant accès à la Cour Ainé et, surtout, à l’arrière cour de l’auberge afin d’y nourrir et reposer les chevaux.

Le panneau sculpté aurait donc eu pour fonction de renseigner les gens sur l’activité de cette maison : une auberge. Elle aurait donc été une enseigne… à la mode médiévale. Imaginons-là peinte comme le suggèrent les quelques traits sculptés voulant donner une texture au décor et, peut-être, la polychromie (coloration) vieillie autour des personnages entre le temple et le char.

Quant à la datation, n’étant pas spécialiste de ce type de supports, nous pensons néanmoins qu’il se rattache à l’architecture médiévale qui se clôt un siècle après cette période (la fin du XVIe siècle, donc). On pourrait penser que ce panneau est plus ancien et qu'il a été réemployé ici, comme bien souvent les pièces de bois dans l'architecture à pans de bois. Mais, le décor sculpté nous oriente, cependant et timidement, vers l’esthétique de la Renaissance grâce aux références antiques : les chevaux ailés, les jupettes des soldats et musiciens rappelant l’uniforme romain tout comme les éléments d’architecture comme les dômes et les ouvertures étroites et cintrées des fortifications. À mettre au conditionnel, donc, mais nous daterions volontiers ce panneau du premier tiers du XVIe siècle pour son équilibre entre architecture médiévale et début d'esthétique renaissante.

 
Ce bâtiment annexe, situé au fond d'une cour arrière, a vraisemblablement servi d'écuries pour l'auberge des n° 15 et 17 de la place Hyacinthe-Langlois. Datable de la fin du Moyen-Âge, son architecture est aussi intéressante que menacée de ruine (clichés Armand Launay, 2008, Frédéric Ménissier, 2016).
Ce bâtiment annexe, situé au fond d'une cour arrière, a vraisemblablement servi d'écuries pour l'auberge des n° 15 et 17 de la place Hyacinthe-Langlois. Datable de la fin du Moyen-Âge, son architecture est aussi intéressante que menacée de ruine (clichés Armand Launay, 2008, Frédéric Ménissier, 2016).

Ce bâtiment annexe, situé au fond d'une cour arrière, a vraisemblablement servi d'écuries pour l'auberge des n° 15 et 17 de la place Hyacinthe-Langlois. Datable de la fin du Moyen-Âge, son architecture est aussi intéressante que menacée de ruine (clichés Armand Launay, 2008, Frédéric Ménissier, 2016).

Armand Launay

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 22:59

Pont-de-l’Arche à l’occasion des fêtes de noël et du nouvel an

Une promenade à travers les rues. Un coup d’œil aux étalages* 

 

 

Noel-et-ses-decos.JPG

Les décorations de Noël dans la rue Président-Roosevelt en décembre 2012.

 

Nous voici revenus à la période de l’année qui nous ramène les fêtes de Noël et du Premier Janvier.

Aussi, dans les vitrines des marchands existe-t-il des choses merveilleuses, que contemplent, extasiés, des bambins de tout âge, de tout sexe et de toute condition. Il faut avoir eu l’âge de ces bambin-là ; il faut avoir, comme eux, connu ces joies puériles de l’enfance, cet abandon touchant des tout petits, dont le moindre jouet, fait naître sans les grands yeux étonnés, tout un océan d’extases, sèche une larme, et fait naître un sourire, pour comprendre ce que ces étalages de fin d’année, recèlent pour eux d'espérances et de charmes ; de désirs aussi, jamais inassouvis... ? 

Que ne voyons-nous pas, au hasard de nos promenades, le long des magasins, au milieu d’une troupe bambins qui les dévorent des yeux depuis les mignonnes poupées aux yeux de rêves :

Tous jolis, tous aimés, tous beaux,

Des yeux sans nombre ont vu l’aurore...

Dans la vitrine qui les recèle, attendant la mignonne aimée, qui les dorlotera, à la lueur des ampoules électriques qui leur font comme une auréole, elles regardent de leurs grands yeux étonnés, les mignonnes poupées blondes, ou brunes...

Puis, c’est toute la gamme des jouets : toute une ménagerie d’animaux en miniature ; des automobiles minuscules, attendant que leur heureux possesseur des lance sur quelque circuit de rêve... ; des petits ménages microscopiques, pour de petites poupées lilliputiennes... très peu de panoplies : on en a assez de la guerre !... et les canons, et les fusils d’antan, sont relégués pour le moment au magasin des accessoires...

Voilà ce que vous verrez si le hasard de vos promenades vous conduit, rue de Paris, au magasin de Mme Vve Blot.

Dans la même rue, chez M. Chantepie, bijoutier, c’est tout autre chose ; dans un éblouissement, dans un scintillement, dans un ruissellement de mille facettes, des bijoux sans nombre étincellent...! Des feux multiples de pierreries et des cascades de perles rivalisent de luxe et d’élégance. Il y en pour toutes les bourses et pour tous les âges, et leurs charmes tentateurs, vont bien des regards et bien des sourires ?...

Si nous nous acheminons ensuite, vers la place Hyacinthe Langlois, dont le buste regarde placide et débonnaire, défiler la file interminable des autos, allant vers... l’inconnu !... nous distinguons chez M. Briard et chez Mlle Porte, une avalanche de choses neigeuses, qui rivalisent de blancheur, avec la neige fraîchement tombée des espaces célestes. Parfois, un ruban minuscule, met sa note rose ou bleu d’azur, sur toute cette gamme de couleurs, sur toute cette débauche de blancheurs, sur lesquelles de fines broderies, mettent leur fin réseau...

Là, encore, vont les regards de bien des filles d’Ève ! plus d’une s’extasie devant ces beautés, et se voit... en rêve, parée d’un de ces riens charmants qui sont grâce de la  femme...

Une mention, en passant, à la pâtisserie et chocolaterie Dartois, dont les bonbonnières, les coupes, et les boîtes ciselées avec art et qui contiendront les chocolats, les fondants et les pralines, sans oublier, les marrons glacés, de succulente mémoire, satisferont les plus difficiles...

Une mention aussi, au magasin si coquet, tenu par Mme Énault, dont la maroquinerie, la bimbeloterie, et la mièvrerie des bibelots rivalisent de fraîcheur et d'élégance.

 

 

* Texte de J. Leroy publié dans L’Industriel de Louviers du 24 décembre 1932.

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 22:23

La récente installation d'Arche immobilier dans l'ancienne poste de Pont-de-l'Arche, nous offre l'occasion de retracer les déménagements du service postal dans notre ville... 

 

Jusqu'en 1950 : rue Président-Roosevelt

Sous l’Ancien régime, on parlait de « postes de chevaux », c’est-à-dire des relais où l’on pouvait remplacer ces braves animaux mis à rude épreuve pendant quelques dizaines de kilomètre afin que les malles de courrier parcourent la France le plus vite possible.

En toute logique, la poste de Pont-de-l’Arche se trouvaient à côté de la porte des Champs, porte médiévale perçant le rempart. Donnant sur la rue Roosevelt, on dirigeait les chevaux vers la cour du Cerf en passant par le portique. A la fin du XVIIIe siècle, c’est Nicolas David Ducroq de Biville, avocat au bailliage et maire, qui était directeur de la poste. En 1876 seulement, les premières dépêches télégraphiques partent de Pont-de-l’Arche et y arrivent. On peut parler de postes et télégraphes.

 

Roosevelt (18)

La poste de Pont-de-l'Arche vers 1910.

 

 

Facteurs PA

 

Deux facteurs et des membres de leurs familles

à Pont-de-l'Arche dans les années 1910 (photo Tardieu).   

 

 

Avenue De-Lattre-de-Tassigny

En 1950, les locaux de la rue Roosevelt étant devenus trop petits, l’administration des postes décida de déménager. C’est dans une maison bourgeoise du XIXe siècle, bâtie sur la Côte d'amour, qu’elle installa le guichet, le bureau du receveur, la salle de tri des facteurs d’une partie du canton.

Un local de télécommunications (téléphone) fut installé juste à côté de la poste. Cependant, l’administration postale souhaitant fermer le bureau archépontain, dans les années 1990, la municipalité de Pont-de-l’Arche tenta de maintenir une présence postale.

Bandeau PTT (ancienne poste)

"PTT" : postes télégraphes et télécommunications, peinture des années 1960 recouverte depuis octobre 2012 par l'enseigne Arche immobilier (photo A. Launay, 2012).  

 

 

L'espace Jacques-Henri-Lartigue

L’administration postale souhaitait quitter Pont-de-l’Arche à moins que la commune paie un nouveau local, chose difficile pour ses finances et refusée par les habitants en 1993 lors d’un référendum d’initiative populaire. Ainsi, en 1995 le conseil municipal présidé par Paulette Lecureux réserva une place à La Poste dans le projet de l’Espace Lartigue, composé de logements sociaux et de cases commerciales.

Le compromis proposé par la Ville fut accepté par La Poste qui maintint à Pont-de-l’Arche un guichet, un receveur et des services financiers. Ce bureau ouvrit en 2000. Quant aux facteurs, depuis ce temps ils trient le courrier à Val-de-Reuil.

 

Arche immobilier : 2012

L'entreprise archépontaine a racheté l'ancienne poste à la Ville de Pont-de-l'Arche. Elle a emménagé en septembre 2012 et créé deux logements aux étages. Son enseigne respecte les lignes de ce beau bâtiment ce qui est heureux pour cette entrée de ville par le pont

 

Arche immobilier / 1, avenue De-Lattre-de-Tassigny

02 35 02 12 24 / www.arche-immobilier.net      

 

Arche immobilierL'équipe d'Arche immobilier satisfaite de ses nouveaux locaux (photo A. Launay, 2012).

 

Sources

Régistres des délibérations du Conseil municipal

Pont-de-l'Arche ma ville : bulletin municipal

 

A lire aussi... 

Les gendarmeries de Pont-de-l'Arche depuis la Révolution

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:04
Au grand Saint-Eloi en 2013 avant les travaux de la place Aristide-Briand (cliché Armand Launay).

Au grand Saint-Eloi en 2013 avant les travaux de la place Aristide-Briand (cliché Armand Launay).


« Au Grand Saint-Eloi » est le nom d’une enseigne bien connue à Pont-de-l’Arche avant 2012. Néanmoins son histoire recèle quelques surprises alors bien moins connues.

 

Les façades de ce restaurant de qualité ont été bâties en brique dans la seconde moitié du XIXe siècle. L'intérieur présente encore une structure à pans de bois d'au moins deux petites maisons accolées. L’une des particularités de cet édifice, sa surélévation par rapport à la place Aristide-Briand, a été notée dans le langage populaire où l’on nomme le Grand Saint-Éloi « les marches » ou bien encore « les deux marches ». Une marche désignait alors un escalier dans son entier.


La première destination commerciale que nous connaissons à ces lieux est le café d’Achille Niaux. Celui-ci proposait aussi des chambres aux gens de passage. En tant qu’hôtelier il n’y a aucun doute sur le fait qu’il cuisinait déjà un peu. Nous notons que l’établissement était alors appelé « Au Grand Saint-Éloi » alors que de nos jours nous préférons l’appeler « Le Grand Saint-Éloi ».


Ce n’est qu’entre 1910 et 1920, avec un changement de propriétaire, que le Grand Saint-Éloi connut des changements qui lui ont donné l’aspect que nous lui connaissions il y a peu.


La petite boutique « L’omnium électrique de Rouen » qui se trouvait dans la partie gauche du bâtiment quand nous sommes face à lui, cette boutique fut rattachée au Grand Saint-Éloi. Cet établissement, repris par M. Fouray, se tourna alors principalement vers la bonne cuisine tout en poursuivant ses services de bar et d’hôtellerie comme l’indiquait son nom : « Hostellerie du Grand Saint-Eloi ».


La façade fut alors ravalée avec un enduit sur lequel furent peints des pans de bois en trompe-l’œil. L’écriture de l’enseigne, gothique, achève de démontrer que le nouveau propriétaire voulait mettre en avant le prestige de son établissement en jouant sur la tradition normande et en se revendiquant de l’authenticité.


Pendant la Seconde Guerre mondiale l’on sait que le tenancier, M. Fouache, faisait partie du réseau local de Résistance sous le commandement de M. Tardy. Ils cachèrent et aidèrent à s’évader des pilotes alliés, des évadés, des réfractaires au Service du travail obligatoire.


Ce n’est donc pas tout à fait étonnant si le général de Gaulle gravit les marches de ce restaurant le 8 octobre 1944 lors de son passage éclair à Pont-de-l’Arche. Pas étonnant non plus que le PCF établit un temps son quartier général au Grand Saint-Éloi vu son implication dans la Résistance.

 

 

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L'intérieur d'une des salles du premier étage montre des pans de bois qui rattachent la bâtiment du Au grand Saint-Eloi aux faubourgs du Pont-de-l'Arche médiéval (cliché Armand Launay, mars 2014).

L'intérieur d'une des salles du premier étage montre des pans de bois qui rattachent la bâtiment du Au grand Saint-Eloi aux faubourgs du Pont-de-l'Arche médiéval (cliché Armand Launay, mars 2014).

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 19:03

1936 : les congés payés votés par le Front populaire démocratisent le tourisme. A Pont-de-l’Arche, la création d’un camping près de la Seine est abordée en Conseil municipal. 

1960 : au début du mandat de Roland Levillain, l’Union commerciale, industrielle et artisanale (UCIA), présidée par M. Mahé, achète des terrains et inaugure le camping « Eure et Seine ». L’UCIA proposait aux touristes un rallye automobile, une exposition de peinture, des randonnées… Sur place, pêche, boulodrome, jeux pour enfants et la piscine municipale située en face de l’entrée.

 

Camping-1960

Le camping Eure et Seine dans les années 1960 : un espace de verdure bénéficiant de premiers aménagements. 

 

1964 : 7391 entrées dont 4858 Français et 2246 Anglais. 

1967 : des investissements sont réalisés par MM. Mahé et Gastel (bâtiments pour l’hygiène, électricité)…

1980 (années) : durant le mandat de Roger Leroux la gestion du camping revient au Camping club de France. 

1990 : pour redynamiser le camping, Paulette Lecureux, maire, le fait acheter par la commune (500 000 francs) et fait faire d’importants travaux. Le bloc sanitaire est créé en surélévation contre les crues et en briques pour se fondre dans le paysage. La clôture est refaite mais avec des portillons pour créer un accès aux berges où est aménagé un chemin piétonnier (le chemin Claude-Boubet).  

2000 : de grands travaux sont entrepris par la municipalité de Paulette Lecureux pour créer un local d’accueil et mettre en conformité le drainage, l’électricité, les portillons, les jeux d’enfants… ce qui a permis au camping de garder ses deux étoiles.  

2009 : une élue est spécialement nommée par le Maire, Richard Jacquet, pour s’assurer du bon fonctionnement du camping. Il s’agit de Véronique Bertrand. Le camping est rebaptisé « Camp’Eure ». Ce jeu de mots écarte l’équivoque entre Eure et Seine et Seine Eure, l’agglomération…

2010 : création d’une délégation au tourisme au sein du Conseil municipal. Cette fonction est assurée par Véronique Bertrand. Un important travail est réalisé pour accueillir le public dans des conditions optimales.

 

Camping

 Camp'Eure, camping municipal de Pont-de-l'Arche, printemps 2010 : un cadre idéal à deux pas du centre ville et de ses services. 

 

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...