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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 10:57
Sainte-Anne de Tostes vue depuis le côté sud (cliché Armand Launay, avril 2014).

Sainte-Anne de Tostes vue depuis le côté sud (cliché Armand Launay, avril 2014).

Parmi mes coups de cœurs, il y a Tostes depuis toujours et son église depuis peu. Voici le compte rendu d’une visite de courtoisie rendue en février 2012 à l’église Sainte-Anne avec mon ami Michel Lepont.


Informations diverses

Adresse postale : 6-8, rue de l’église, 27340 TOSTES
Propriétaire : commune de Tostes (code INSEE : 27648) depuis 1905.
Affectataire : église catholique, évêché d’Evreux, paroisse Notre-Dame des bois, pays de Louviers.
Protection : recensée en 1986 par les Monuments historiques. Ni inscrite, ni classée. Référence Mérimée : IA00018022.


Eléments d’histoire

Auguste Le Prévost, dans son Dictionnaire des anciens noms de lieux du département de l'Eure, cite une charte d'Henri II, datée de 1174, qui mentionne sainte Anne comme patronne de Tostes. Celle-ci était célébrée le 26 juillet. Le lieudit dépendait du chapitre de Chartres.  

Selon Etienne Deville, en 1255 le pape Alexandre IV autorisa les moines de Bonport à construire, pour leur usage, un autel dans leur grange de Tostes. Ce fait relate l’importance des moines de Bonport qui ont possédé de très nombreuses terres à Tostes mais ne nous permet pas de faire le lien avec l’église actuelle. Au XIVe siècle, une chapelle est construite dans le village (notice Mérimée), peut-être à l’emplacement de l’église aujourd’hui. A la demande de Louis Colbert, abbé de Bonport et surtout fils du célèbre homme d’État, la paroisse de Tostes fut érigée le 14 janvier 1687 et dédiée à sainte Anne. La mainmise de Bonport sur Tostes était ainsi renforcée.

Auguste Le Prévost nous renseigne (page 286) sur les travaux réalisés par les moines de Bonport dans la chapelle de Tostes : « En 1687, les moines de Bonport exposèrent à l’évêque d’Evreux qu’ils possédaient mille acres de terre, tant de labour que de bois, situées dans la forêt du Pont-de-l’Arche, autrement dite la forêt de Bord ; qu’au milieu de ces terres s’élevaient cinq villages : Tostes, Blasquemesnil, la Corbillière, la Cramponnière et Treize-livres, et que ces cinq villages comprenaient environ trois cents habitants : que depuis 1680, l’abbaye de Bonport avait fait élever une chapelle à Tostes, et qu’il était urgent de transformer cette chapelle en paroisse. La paroisse ne fut érigée que le 14 janvier 1687 à la demande de Louis Colbert, abbé de Bonport, par décret de l’évêque d’Evreux. »

Vraisemblablement, nous tenons-là les origines de Sainte-Anne de Tostes qui bénéficia néanmoins d'aménagements ultérieurs comme en témoignent certains millésimes observables : 172X sous le clocher ("1722", il y a quelques années), 1728 sur la baie près de la porte et 1748 sur un lambris du chœur. Depuis lors, l'église a bénéficié de restaurations plus ou moins continues.
 

Architecture
Avec le monument aux Morts, l’église de Tostes forme un beau tableau avec son muret en pierre de taille et moellon maçonnés ainsi que la présence d’éléments végétaux. L’église Sainte-Anne est le bâtiment public le plus remarquable du centre-village et le seul visitable à l’occasion de concerts et de messes.


Gros-œuvre
Tournée vers l’Est, l’église Sainte-Anne est constituée d’un seul vaisseau de plan allongé réalisé avec de petites pierres de taille en chainage et, en remplissage, un appareillage – rustique et élégant – de petits moellons calcaires et de silex sombre. Ceux-ci sont alternés à raison d’une ligne de moellons toutes les 2 à 4 lignes de silex. Le haut du pignon Est et l’escalier à vis (dans l’œuvre) sont réalisés en pans de bois et en torchis. Le chœur est constitué d’un bâtiment deux fois plus réduit que la nef et composé des mêmes matériaux, les moellons calcaires exceptés.

 

Ouvertures
La nef est percée de deux paires de baies en vis-à-vis et au chambranle réalisé en pierre de taille. Les baies les plus proches du chœur sont géminées et surmontées d’un œil de bœuf percé de trois cercles. Les baies les plus proches du clocher sont voutées en berceau. La baie côté nord porte le millésime « 1728 ». La porte est couverte d’un arc en plein cintre. Le pignon Est est ajouré de deux œils-de-bœuf ; le pignon ouest en possède un.

 

2Détail de la baie côté nord.


Couverture
La nef est protégée par un toit à longs pans avec un pignon couvert. Il est surmonté d’un clocher à flèche de charpente polygonale portant une girouette. A part le clocher, couvert d’ardoises, le toit est couvert de tuiles plates de pays.


Charpente et décor intérieur
La charpente de la nef est masquée par un berceau lambrissé en coque de navire renversé. Toutefois, les trois entraits sont apparents dont un soutient un balcon situé sous le clocher. Le sol est couvert d’un beau pavé orné de décors floraux dans le chœur et d’un pavé plus rustique dans la nef. La voute du chœur est recouverte de lambris portant le millésime de « 1748 ».  

Mobilier
Malgré de modestes dimensions, Sainte-Anne de Tostes recueille un mobilier riche et varié.

Les retables classés
Deux sculptures sur bois ont été classées par les Monuments historiques au titre d’objets le 10 juin 1907. Il s’agit des retables des deux autels latéraux qui encadrent des toiles. Chacun présente de fines sculptures dessinant un fronton brisé avec une sorte de cartouche en son centre. Des motifs floraux décorent les parties latérales où l’on attendrait des colonnes. Ils s’inscrivent pleinement dans l’art baroque du XVIIe siècle. Le retable nord propose une peinture sur toile représentant le Paralytique ou Jésus guérissant les malades (références Mérimée AP58N00162 et AP58N00263). Le retable sud est enrichi d’une peinture sur toile représentant la Résurrection de Lazare (références Mérimée AP58N00161 et AP58N00262).

3

Le retable côté nord, "le Paralytique ou Jésus guérissant les malades",

classé Monument historique en 1907.


4 Le retable côté sud, la "Résurrection de Lazare",

classé Monument historique en 1907 également.

 

Le retable central et son tabernacle
L’élégant retable central est de style baroque. En son centre se trouve une toile millésimée 1657 illustrant la présentation de la Vierge Marie, au Temple, par ses parents Joachim et sainte Anne. De part et d’autre du corps central se trouvent deux colonnes à chapiteaux corinthiens surmontés d’un arc en plein cintre. Au-dessus de celui-ci, on peu voir un symbole de la trinité portant la date de 7551. Le tabernacle, tout aussi baroque avec ses colonnettes torses, possède des niches où se trouvent les statuettes de sainte Anne, du Christ au globe et de saint Joseph.  

 5                                         Le retable central, de style baroque, porte une toile millésimée 1657

illustrant la présentation de la Vierge Marie, au Temple,

par ses parents Joachim et sainte Anne.



Statuaire : les oeuvres les plus anciennes
Les plus anciennes statues datent du XVe siècle. Il s’agit d’une Vierge à l’Enfant naïve, près du retable sud, d’une Sainte-Anne et d’un Saint-Eloi, près du retable nord. Ces statues présentent encore une belle polychromie. Représentant sainte Anne, une statue en bois servant aux processions est rangée contre le retable nord. 

 

Statuaire : les vestiges de la poutre de gloire

Avec le crucifix du mur sud, deux statues forment un ensemble en bois de la Renaissance, malheureusement en mauvais état, qui devait constituer la poutre de gloire. Le Christ crucifié, entouré de la Vierge et de saint Jean l'Evangéliste, formaient ce groupe traditionnellement situé sur une poutre surmontant la nef, à l'entrée du choeur. Les poutres de gloire, à l'origine du jubé (tribune et clôture séparant la nef du choeur), furent le plus souvent démontées après le concile de Trente et au XIXe siècle dans un souci d'ouvrir le choeur aux fidèles.  

 

Statuaire : l'original saint Onuphre

Après Sainte-Anne, les fidèles tostais adressaient leur dévotion à saint Onuphre. Une statue (XIXe siècle) à l'effigie de ce patron des tisserands orne le bas-côté sud. Saint guérisseur des rhumatismes et des problèmes d’articulation, il faisait l’objet d’un pèlerinage le 12 juin et ce jusque dans les années 1930 (Max Masson). Nous nous arrêtons un peu sur ce saint tant il est rare. Saint Onuphre est le patron des tisserands car il n'est revêtu que sa chevelure et de longs poils. Amusant clin-d'oeil. Un oratoire accolé au chevet de l’église lui était dédié qui a disparu ces dernières décennies. Selon Georges Dumézil, ce saint est aussi le patron des raves, semées vers le jour de sa fête. Autrement, on peut se demander s'il n'y a pas un lien entre les moines de Bonport et la présence de ce saint à Tostes. Saint Onuphre était un saint de l'extrême : il vivait en ermite dans le désert de la région de Thèbes, en Egypte, au IVe siècle. La légende dit qu'il vivait de l'eau d'une fontaine et de l'ombre d'un palmier. Un moine cistercien, les cisterciens étant réputés chercher le "désert" (le vide d'hommes), aura peut-être ironisé sur le côté très reculé de Tostes au Moyen-Âge, blotti au coeur de la forêt. Ceci d'autant plus qu'il semble que la ferme connexe, ancienne propriété de Bonport, a semble-t-il été bâtie à côté d'une source. Enfin, il nous plait de souligner que "Onuphre" provient de l'égyptien "Ounennefer", un qualificatif - signifiant "éternellement bon" - qui était attribué à Osiris, dieu de l'agriculture et de la mort. La mythologie dit de ce dieu agricole qu'il fut ressuscité par Isis. Après tout, le Nil ne ressuscitait-il pas les récoltes après chacune de ses crues annuelles ? Onuphre incarne donc plutôt bien le cycle végétal. Saint Onuphre fut introduit en Occident après les croisades. Dans l'église de Tostes, on retrouve aussi ce saint dans un vitrail décrit plus bas. 

 

67

Saint-Onuphre                                   Sainte-Anne                                                                        


Fonts baptismaux
Octogonaux, les fonts baptismaux ont été taillés dans de la pierre calcaire locale. Sobres et élégants, ils semblent dater du XVIIe siècle et sont encore munis de leur cuve en plomb.  


8


Vitraux
Les vitraux se trouvent dans le chœur. Du XIXe siècle, vraisemblablement, ils représentent Sainte-Anne (côté sud) et Saint-Onuphre, genou droit à terre, devant une bible ouverte sur le sol. Il est reconnaissable à la lettre O dans son auréole et la branche de palmier qui lui apporte une ombre. 

Cloche
La cloche a été réalisée par la fonderie Mahuet, à Dreux. Pesant 200 kg, elle porte cette inscription : « L'an 1863, Mgr Devoucoux étant évêque d'Evreux, j'ai été fondue par la générosité de M. Janvier de la Motte, préfet de l'Eure, par celle des habitants de Tostes et par les soins de M. Dedessulamare, maire – Bénite par M. Marette, curé de Montaure et de Tostes – nommée Marie par M. Alphonse Gantier et Melle Eugénie Heullant ». Silencieuse avant les années 1950, la cloche tinta de nouveau après 1980 suite à des travaux, notamment d’électrification, financés par la commune et une souscription publique lancée par le maire M. Drouet. .

 

9

 

Stalles et banc de présidence
Contre le mur pignon Ouest se trouvent quatre stalles et le banc de présidence. En bois sculpté, ces beaux éléments du XVIIe siècle se trouvaient dans le chœur. Peut-être ces stalles sont-elles un souvenir des moines de Bonport venant (présider ?) aux offices ? 


Harmonium

A noter enfin, un harmonium du début du XXe siècle qui est une véritable pièce de collection tant ce type d'instrument, qui ne bénéficie d'aucune protection, s'est raréfié.



Sources
- Ministère de la culture, base Mérimée ;

- Delisle Léopold, Passy Louis (publié par), Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome III, Évreux, Auguste Hérissey, 1864, article « Tostes », page 286 ;

- Deville Étienne, Les Manuscrits de l’ancienne bibliothèque de l’abbaye de Bonport conservés à la bibliothèque nationale et à la bibliothèque de Louviers, vol. 2, Paris : H. Champion, 1910, 36 pages ;  

- Le Prévost Auguste, Dictionnaire des anciens noms de lieux du département de l'Eure, Evreux, typographie d’Ancelle fils, 1839, 297 pages, références pages 270 et 271 ;

Masson Max, Histoire de Tostes par Tostes pour Tostes, 2 tomes, Tostes, mairie, [1985 ?], 55 f. Ce livre est disponible en mairie contre 15 €. Il rassemble les photocopies des travaux dactylographiés de Max Masson, ancien secrétaire de mairie. Cet homme, aujourd'hui décédé, s’appliqua à éplucher et commenter les archives municipales.

 

A lire aussi...

Tostes et son histoire...

Notre-Dame de Montaure

 

Armand Launay

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 17:49

Du vendredi 20 mars au dimanche 22 juin, profitez du magasin d'usine chez Marco pour (vous) offrir des chaussures Made in France en vrai cuir et à prix réduits (à partir de 30 €). Collections été, hiver. Pour tous les âges.  

Ces magasins présentent aussi des chaussures pour hommes et des articles de maroquinerie.  

   

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Les magasins d'usine chez Marco, un rendez-vous apprécié qui attire les foules (photo A. Launay, 2013). 

 

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Des sacs à mains, des trousses, des portes-monnaies en cuir sont aussi proposés.  

 

Pour cela, rendez vous chez Marco au 17, rue Maurice-Delamare (localiser sur une carte) de 9h à 19h le vendredi et le samedi et de 9h à 15h le dimanche. 

Parking gratuit en face de l'usine. Règlement par carte bleue ou espèces uniquement. 

Plus d'infos au 02 32 98 70 20 ou contact@chaussures-marco.com

 

Armand Launay

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 15:43

En parcourant les archives du journal radical-socialiste L'Elbeuvien, nous avons trouvé deux articles portant sur le même évènement organisé en 1901 par le mouvement socialiste alors naissant à Pont-de-l'Arche ; mouvement dont peuvent se revendiquer à la fois le PS et le PCF de nos jours puisqu'il est antérieur de quatre ans à la fondation de la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO).

 

L’Elbeuvien du 24 février 1901

Conférence socialiste

Le groupe « le Réveil Social de Pont-de-l’Arche » organise pour le dimanche 24 février prochain, une conférence publique, gratuite et contradictoire avec le concours du citoyen Lepez, secrétaire de la fédération socialiste de la Seine-Inférieure, qui traitera : Du Nationalisme et de la Doctrine Socialiste.

Cette conférence se fera à 2 h. précises du soir, salle du premier étage, chez M. Motte, hôtel du Midi, à Pont-de-l’Arche.

Nous espérons que tous les citoyens vraiment libres, que tous les républicains de bonne foi, viendront assister à cette manifestation antiréactionnaire et protester contre l’invasion de la bande nationaliste qui est venue dimanche nous rendre visite.

 

Le 3 mars 1901

Conférence socialiste

Dimanche dernier, le citoyen Lepez faisait à Pont-de-l’Arche une causerie sur le nationalisme et la doctrine socialiste.

Parlant du nationalisme, dit le Petit Rouennais il en a expliqué le but tout de haine et de discorde, il a expliqué sa corrélation avec l’antisémitisme et rappelé les crimes commis au nom de ses politiques.

Puis, il a indiqué par quels moyens les socialistes croient pouvoir arriver à l’établissement de la société collectiviste, qu’il a esquissée à grands traits.

Après Lepez, le citoyen Fauconnier, d’Elbeuf, développe également les idées socialistes et, comme lui, se fait applaudir.

Les deux camarades s’élèvent énergiquement contre la guerre et engagent vivement tous les gens de cœur à s’unir en des groupes d’études sociales.

Des citoyens présents donnent immédiatement leur adhésion au groupe « le Réveil Social de Pont-de-l’Arche ».

Une quête au profit des mineurs de Montceau-lès-Mines a produit 7 fr. 10.

Un punch était offert aux camarades de Rouen et d’Elbeuf, et les membres du groupe ont fort bien dit des chansons socialistes.

Le Secrétaire

L'hôtel du Midi, actuellement l'Estaminet, était un des lieux de sociabilité, notamment politique, du Pont-de-l'Arche de la Belle-époque.

L'hôtel du Midi, actuellement l'Estaminet, était un des lieux de sociabilité, notamment politique, du Pont-de-l'Arche de la Belle-époque.

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 12:56

Dimanche 8 juin

Tostes et son histoire : visite et conférence

Avec 454 habitants, Tostes est une petite commune par sa taille mais pas par son histoire et son patrimoine. C’est ce qui vous sera démontré – s’il le fallait – par une visite de l’église Sainte-Anne (30 minutes) puis par une projection de photographies et de cartes dans la salle polyvalente (une heure). Les cinq hameaux de Tostes seront traités, ainsi que sa forêt aux nombreux vestiges archéologiques, ses constructions datant de la Renaissance... De quoi faire une belle promenade à travers les siècles et les ruelles…

Proposé par la commune de Tostes. Animé par Armand Launay. Entièrement gratuit. Rendez-vous à 16h devant l’église.

Tostes et son histoire : visite et conférence le dimanche 8 juin

Armand Launay

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 15:56

Dimanche 20 avril
16h - église Notre-Dame-des-Arts

Concert par Michel Lepont, organiste titulaire

 

L'orgue sur le chemin de Pâques

 

Entrée libre
Renseignement auprès du service culturel de la Ville : 02 32 98 90 93

 

 

Pour plus d'infos sur l'orgue :

L’orgue de Pont-de-l’Arche présenté par son organiste

 

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Armand Launay

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 19:41

200 000 pages de ce blog ont été vues depuis sa création en octobre 2006 !

Etant donné le sujet très précis de mes articles, cette statistique fournie par l'hébergeur Overblog me va droit au coeur !

La barre des 200 000 pages a été franchie à l'occasion des élections municipales où beaucoup de personnes se sont intéressées, en amont, aux différents acteurs en présence et, le jour du scrutin, aux résultats.

 

200 000 pages vues !

Parmi les 10 articles les plus lus ces temps-ci, outre les élections et Richard Jacquet, il y a les deux usines de Pont-de-l'Arche : les chaussures Marco et son magasin d'usine de ce weekend (ne vous fiez pas au lien de l'article qui date de 2011) et Luneau technology operations. Autre article, Biotropica... La forêt de Bord attire beaucoup ainsi que le récent article sur la Folie-Vallée.

En un mot, le présent fournit des mots-clés aux internautes qui, je l'espèrent, découvrent d'autres aspects de la ville grâce aux renvois vers d'autres pages.

Autres articles fréquemment dans les 10 premiers consultés, l'église Notre-Dame-des-arts, renaissance au Havre, Montaure...

 

200 000 pages vues !

Armand Launay

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 17:54
L'écharpe du maire sur le dos d'une des chaises des mariés (salle du Conseil municipal) (cliché Armand Launay, 2013).

L'écharpe du maire sur le dos d'une des chaises des mariés (salle du Conseil municipal) (cliché Armand Launay, 2013).

Un vote d’adhésion aux bilan et programme du maire sortant Richard Jacquet

 

23 mars – tour unique

Participation

Inscrits : 3070

Votants : 2106 (68,6 %)

Nuls ou blancs : 108

Exprimés : 1998

 

Répartition des suffrages exprimés par bureaux

 

 

Bureau de vote 1

(centre-ville)

Bureau de vote 2

(Kennedy-Jaunet)

Bureau de vote 3

(Bon-air)

Totaux

Questions d’avenir

392

(67,58 %)

492

(71,61 %)

553

(75,64 %)

1437

(71,92 %)

Pont-de-l’Arche ensemble

188

(34,41 %)

195

(28,38 %)

178

(24,35 %)

561

(28,08 %)

Totaux

 

580

(100 %)

687

(100 %)

731

(100 %)

1998

(100 %)

 

 

Les élus

24 colistiers de Questions d’avenir (dont les 4 conseillers communautaires de Pont-de-l’Arche)

Richard Jacquet, Chassy Angélique, Albert Naniyoula, Marie-Christine Calmon, Daniel Breiner, Carole Hervagault, Nicolas Bouillon, Chantal Moulin, Cédric Viguerard, Marie-Claude Lauret, Pascal Marie, Véronique Bertrand, Hervé Castel, Myriam Rasse, Nicolas Le Carff, Caroline Videment, Corentin Lecomte, Marie-Paule Forêt, Patrick Bellamy, Florence Coudoux, Cédric Niaudeau, Michelle Langlois, Christophe Otero, Maryvonne Davot.

3 colistiers de Pont-de-l’Arche ensemble

Hervé Lour, Anita Hervieux, Dominique Jachimiak.

 

Un électorat mobilisé

Le taux de participation archépontain, 68,6 %, est supérieur à la moyenne nationale (61,4 %). Il est très légèrement supérieur au taux de participation de Pont-de-l’Arche au premier tour de 2008 : 68,58 %, (66,54 % au niveau national). Le scrutin de 2008 fut très disputé avec quatre listes en présence. Ceci démontre que le scrutin de 2014 n’a pas moins intéressé l’électorat. La participation archépontaine est contraire à la tendance nationale. Les deux listes archépontaines ont su sensibiliser les électeurs et les élus n’en ont que plus de légitimité.  

 

Richard Jacquet : un bilan reconnu

L’équipe de Richard Jacquet rassembla 815 voix en 2008. Avec 66 suffrages exprimés de plus en 2014, son équipe en rassemble 1437 six ans plus tard. Ces 622 voix supplémentaires montrent que le bilan de Richard Jacquet est accepté et que son équipe est reconnue à sa place et fondée à poursuivre ses projets selon le même mode d’action.

 

Une opposition faible

« Pont-de-l’Arche ensemble » a rassemblé des personnes plutôt marquées à droite, à commencer par sa tête de liste Hervé Lour, et réalise son meilleur résultat (34,41 %) dans le bureau traditionnellement plus conservateur de la ville : le bureau 1. Toutefois, en 2014 ce bureau ne donne que 188 voix à « Pont-de-l’Arche ensemble » quand il en donnait 174 aux deux listes de droite présentes au premier tour de 2008 et 226 à la liste « Pont-de-l’Arche pour tous » de Dominique Jachimiak. Ceci démontre que la stratégie d’union entre l’ancien maire et Hervé Lour n’a pas fonctionné. Elle a dû dissuader une partie de l’électorat de droite de se reporter sur ce curieux attelage entre une tête de liste UDI et un ancien maire qui souhaitait présenter une liste amie du Front de gauche jusqu’en septembre 2013 et qui a écrit qu’il se retirait de la vie publique. Cette stratégie a dû fédérer quelques électeurs restés fidèles à l’ancien maire mais pas en nombre suffisant pour garantir le résultat habituel de la droite aux municipales archépontaines. Dominique Jachimiak a perdu tout poids électoral, du moins positif.

Qui plus est, la liste d’Hervé Lour est arrivée très tard dans la mandature et même dans la campagne. Elle a repris les grandes lignes du programme de Questions d’avenir en modifiant, toutefois, la localisation des grands projets structurants et en engendrant, de ce fait, des dépenses irréalistes. Un programme qui traduit le manque de temps de réflexion et une trop récente implication dans la vie locale. Notons aussi que la démobilisation de l’électorat socialiste au niveau national ne s’est pas faite sentir à Pont-de-l’Arche où le scrutin semble avoir gardé sa portée locale en focalisant sur les individus et les projets.

 

Une opposition essentielle

« Pont-de-l’Arche ensemble » a vivifié le débat démocratique de ces élections et accru la participation. Cette liste a fait réélire en beauté Richard Jacquet à un score jamais égalé. Il lui est donné, comme 3 de ses 4 prédécesseurs directs, de faire au moins un second mandat. Il ne rejoint donc pas Dominique Jachimiak au banc des désavoués. L’intérêt de la Ville, qui a su trouver son équipe, est désormais d’avoir une opposition constructive, rappelant l’équipe majoritaire à la meilleure vigilance qui soit et offrant à la population un autre axe de lecture de l’action publique locale. 

Au matin du 24 mars 2014, rue Maurice-Delamare (cliché Armand Launay).

Au matin du 24 mars 2014, rue Maurice-Delamare (cliché Armand Launay).

Commentaire rédigé avant les élections :

Une opposition hétéroclite contre le maire sortant Richard Jacquet.

 

=> scrutin de liste respectant la parité et offrant à élire, pour la première fois, les conseillers intercommunaux, fixés à 4 pour Pont-de-l’Arche. Un seul tour possible, le 23 mars, en raison de la candidature de deux seules listes.

 

Avant janvier 2014, une liste unique...

Si les élections municipales de 2008 ont vu quatre listes s’opposer, celles de 2014 semblaient bien moins disputées avant la mi-janvier 2014. En effet, seule la liste de Richard Jacquet, issue de l’association Questions d’avenir, était entrée en campagne. Cette situation traduisait l’affaiblissement de l’opposition « Pont-de-l’Arche pour tous », menée par l’ancien maire Dominique Jachimiak. Cette perte de vitesse est due au départ de certains des membres – et élus – de l’opposition ayant rejoint Richard Jacquet à l’automne 2013 notamment à cause de divergences sur les stratégies d’alliance de leur mentor.

Le résultat connu d’avance semblait propre à démobiliser l’électorat, en plus de l’abstention prévisible des personnes désirant sanctionner l’équipe sortante. Cette abstention, prévue à la hausse par rapport aux précédentes élections municipales, aurait pu laisser à la future équipe et à ses contempteurs l’impression d’être « mal élue ».

 

L'arrivée de "Pont-de-l'Arche ensemble"

L’annonce dans La Dépêche de Louviers du 17 janvier 2014 de la candidature de la liste « Pont-de-l’Arche ensemble » modifie la donne. Hervé Lour, épaulé par Dominique Jachimiak, rend le résultat de ces élections sinon incertain du moins plus intéressant. Ceci dans la mesure, entre autres, où un débat contradictoire aura lieu et des candidats d’opposition pourront être élus (mais combien ? Avec deux listes, un seul tour suffira à désigner les élus. Lire le mode de calcul sur elunet.org). Qui plus est, un duel entre une tête de liste de gauche et une tête de liste de droite clarifiera le débat dans la ville, chose nouvelle depuis l'effacement de la droite archépontaine au Conseil municipal après le départ de Roland Levillain.

Les précédentes élections analysées sur ce blog ont montré deux facteurs expliquant l’élection d’une liste : sa capacité à rassembler et la qualité de l’opposition.

 

La popularité de "Questions d'avenir" en question

En six ans, l’équipe de Questions d’avenir (dans laquelle nous avons été élu) n’a pas soulevé de protestation groupée et organisée sur un de ses projets, sur sa manière de consulter les citoyens ou sur un évènement extérieur (intercommunalité, projet routier ou industriel…). Ceci la différencie du mandat de Dominique Jachimiak contesté sur plusieurs points (dont Le Mutant) et du dernier mandat de Paulette Lecureux perturbé par la question de l’intercommunalité. L’équipe de Richard Jacquet n’a pas connu de scission, de perte d’élus en nombre. Elle en a même gagné deux en fin de mandat. Avec la neutralité du Front de gauche cantonal, Questions d'avenir représente bel et bien l'union de la gauche sans toutefois arborer d'étiquette partisane. Elle compte néanmoins quelques citoyens qui ne se revendiquent pas de gauche. Cette liste laisse l’image, que les gens soient ses partisans ou non, d’une équipe impliquée. Ce travail s’est traduit par une amélioration des services publics (création du Tremplin, constitution d’une police municipale, organisation de l’Espace jeunes…), des réalisations immobilières et urbaines et ce sans augmentation d’impôts. Pour autant, cette liste n’a pas suscité l’adhésion unanime des citoyens comme en témoigne la constitution d’une autre liste.

 

Quid de la pertinence de "Pont-de-l'Arche ensemble" ?

La qualité de l’opposition détermine elle aussi l’issue d’un scrutin. « Pont-de-l’Arche ensemble » est une organisation qui apparait dans le sprint final des élections. Des citoyens peineront à parier sur un coureur demeuré inconnu durant six années de mandat où les candidats doivent alimenter la vie publique pour être connus, reconnus et prétendre être (ré)élus. Un des meneurs de cette liste, Dominique Jachimiak, s’est fait connaitre dans l’opposition au sein du Conseil municipal mais plutôt comme soutien ponctuel du Front de gauche (aux cantonales de 2011 et lors d’une tentative avortée de constitution de liste en septembre 2013 en vue des élections municipales). Celui-ci, dont l’association a perdu du souffle en fin de mandat, se retrouve donc au côté d’Hervé Lour qui a déjà affiché dans La Dépêche de Louviers déjà citée son appartenance à l’Union des démocrates et indépendants (UDI), une formation politique classée à droite. Il fut conseiller municipal dans l'équipe de Dominique Jachimiak de 2001 à 2008 avant de marquer une divergence en 2008 où il fut candidat sur la liste « Demain, Pont-de-l’Arche » conduite par Eric Réboli et majoritairement composée de citoyens marqués à droite.

 

L'électorat potentiel et disparate de l'opposition

Les parcours des deux instigateurs de la liste « Pont-de-l’Arche ensemble » étonneront donc certains électeurs qui pourront être tentés de penser qu’il y a là plus une alliance contre Richard Jacquet qu’un réel partage de vues politiques. C'est ce que confirme la venue de Ludovic Aumont, adjoint de Richard Jacquet, dans cette liste (La Dépêche de Louviers du 30 janvier 2014). Cette nouvelle liste s’agrègera néanmoins les voix des électeurs restés fidèles à Dominique Jachimiak et ceux opinant à droite car c'est bien ici que se trouvent rassemblés le plus de citoyens archépontains de cette tendance. Ceci peut-être pondéré par le fait qu’aux élections municipales les électeurs ne votent pas nécessairement pour leur couleur politique mais bien plus pour la pertinence d’une équipe. Ainsi on retrouve difficilement aux municipales les voix allant à droite aux présidentielles. Au premier tour des municipales de 2008, la droite réunissait 23 % des voix alors qu’elle totalisait 63 % des voix au premier tour des présidentielles de 2007 et encore 53 % en 2012. La dernière catégorie d’électeurs potentiels de « Pont-de-l’Arche ensemble » rassemblera les personnes désirant sanctionner l’équipe de Richard Jacquet. Le résultat de la liste d’Hervé Lour ne permettra pas de distinguer les motivations des électeurs de l’opposition mais le nombre de voix sera un indicatif de la popularité du premier magistrat actuel, de son bilan, et de sa nouvelle équipe.

 

 

Annexes

Composition de la liste "Pont-de-l'Arche ensemble"

Ludovic Aumont (directeur d'école primaire), Virginia Bellenger (ATSEM), Olivier Bonhomme (cadre commercial), Odile Bréant (assistante qualité), Johann Bréant (sollier moquettiste), Rodolphe Cariou (responsable déploiement), Sébastien Danel (ingénieur travaux neufs), Hervé Dehame (infirmier), Sigrid Demon (technicienne qualité), Nicolas Deshayes (commercial indépendant), Sophie Elisalt (assistante commerciale), Valérie Forfait (enseignante), Roland Garreau (retraité artisan carrossier), Sandra Henrio (assistante de direction), Anita Hervieux (retraitée des assurances), Dominique Jachimiak (cadre de l'éducation nationale), Hervé Lour (chef de centre de sapeurs-pompiers), Vincent Loyauté (responsable régional), Jonathan Macé (ouvrier), Ida Molinaro (graphiste), Doris Perreaux (gérante de société), Joël Pétrel (responsable achat approvisionnement), Alicia Tedbirth (intérimaire), Dominique Tinel (retraitée de l'administration territoriale), Magdalena Van Duffel (assistante de vie scolaire), Liliane Vigie (retraitée), Mike Vlerick (technicien en bureau d'études).

 

Composition de la liste "Questions d'avenir" :

Richard Jacquet (chargé de mission en développement durable), Chassy Angélique (attachée de l'enseignement et de la recherche), Albert Naniyoula (directeur d'établissement médicosocial), Marie-Christine Calmon (conseillère en ingénierie sociale), Daniel Breiner (retraité EDF), Carole Hervagault (rédactrice d'assurances), Nicolas Bouillon (directeur d'établissement social), Chantal Moulin (employée de La Poste), Cédric Viguerard (chef d'équipe en transport express régional), Marie-Claude Lauret (retraitée de l'INSEE), Pascal Marie (technicien de photocopieurs), Véronique Bertrand (technicienne en gestion de production), Hervé Castel (greffier des services judiciaires), Myriam Rasse (retraitée de l'éducation nationale), Nicolas Le Carff (agent de maintenance SNCF), Caroline Videment (ingénieure), Corentin Lecomte (étudiant), Marie-Paule Forêt (technicienne de gestion), Patrick Bellamy (technicien en téléphonie), Florence Coudoux (agent de recouvrement), Cédric Niaudeau (coordinateur enfance-jeunesse), Michelle Langlois (retraitée), Christophe Otero (informaticien), Maryvonne Davot (demandeuse d'emploi), Mickaël Polard (responsable adjoint de préparation), Yveline Barbette (secrétaire), Xavier Charlet (technicien de maintenance).

 

A lire aussi...

Le portail des élections à Pont-de-l'Arche

 

 

Détail de façade et végétation de printemps (cliché Armand Launay, mars 2014).

Détail de façade et végétation de printemps (cliché Armand Launay, mars 2014).

Armand Launay

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 19:17

La Folie-Vallée est un nom désignant une belle maison bourgeoise du XVIIIe siècle aussi connue, un temps, sous le nom de Villa Sainte-Anne. Elle est située dans un parc le long de l’avenue De-Lattre-de-Tassigny, près du rondpoint des écoles. La Folie-Vallet (sic) désigne aussi un espace du plan cadastral de la commune.

 

La Folie-Vallée vue depuis l'avenue De-Lattre-de-Tassigny en février 2014 (cliché Armand Launay).

La Folie-Vallée vue depuis l'avenue De-Lattre-de-Tassigny en février 2014 (cliché Armand Launay).

Bien peu le savent, mais en 1954 le parc de cette demeure privée a été coupé en deux à cause de la création de la route raccordant le nouveau pont de Pont-de-l’Arche à l’avenue de la Forêt-de-Bord, aux Damps. Auparavant, son parc allait jusqu’à la rue Maurice-Delamare, ancienne route du Vaudreuil. Ainsi, les espaces verts jouxtant le groupe scolaire Maxime-Marchand sont des vestiges de ce parc. Le beau mur en moellon calcaire qui clôt partiellement la cour de récréation est un vestige de l’ancienne emprise foncière de la Folie-Vallée.

Difficile d'imaginer que les espaces verts près des écoles faisaient partie du parc de la Folie-Vallée avant 1954 où fut créée la route raccordant le pont de Pont-de-l'Arche à l'avenue de la Forêt-de-Bord aux Damps (cliché Armand Launay, février 2014).

Difficile d'imaginer que les espaces verts près des écoles faisaient partie du parc de la Folie-Vallée avant 1954 où fut créée la route raccordant le pont de Pont-de-l'Arche à l'avenue de la Forêt-de-Bord aux Damps (cliché Armand Launay, février 2014).

Avant d’être urbanisée à la fin des années 1960, la rue Président-Kennedy portait le nom de sente de la Folie-Vallet et conduisait les promeneurs venus de la ville en contrebas de la ferme de La Borde, à l’entrée de la forêt. C’est ce que nous montre le plan cadastral dessiné en 1834.

 

Ce détail du plan cadastral de 1834 montre que la Folie-Vallet a donné son nom à une sente et à un espace du cadastre (Archives départementales de l'Eure).

Ce détail du plan cadastral de 1834 montre que la Folie-Vallet a donné son nom à une sente et à un espace du cadastre (Archives départementales de l'Eure).

Un détail plus précis du même plan cadastral montre la demeure de la Folie-Vallée telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est-à-dire avec un avant-corps aux murs gouttereaux. On y voit la rue Marie-Morel-Billet, désignée sobrement « Chemin des Hayes » comme il s'appelle encore dans sa partie dampsoise. Les bâtiments sur sa gauche sont ceux de la propriété récemment rasée à l’encoignure de la rue des Soupirs et de la rue Marie-Morel-Billet (laissant place à la résidence Lucie-et-Raymond-Aubrac).

Ce détail du même plan cadastral localise la Folie-Vallée au même emplacement qu'aujourd'hui et avec les mêmes caractéristiques architecturales : un avant-corps aux murs gouttereaux (Archives départementales de l'Eure).

Ce détail du même plan cadastral localise la Folie-Vallée au même emplacement qu'aujourd'hui et avec les mêmes caractéristiques architecturales : un avant-corps aux murs gouttereaux (Archives départementales de l'Eure).

Que signifie Folie-Vallée ?

Nous pourrions penser que le tout proche Val des Damps aurait accueilli des personnes un peu fatiguées du chef. Mais le mot « folie » désigne des maisons de villégiature aristocratiques ou bourgeoises situées en dehors des villes.   

Quant à l’élément « Vallée », il est orthographié « Vallet » sur le plan cadastral. Ceci nous fait penser au nom d’une des grandes familles d’officiers du roi exerçant au bailliage de Pont-de-l’Arche. Comme on le lit sous la plume de Bernadette Boutelet (page 254) en 1634 Jean Vallet, greffier ordinaire à la vicomté, était présent à un procès. Quant à Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme, ils citent en 1688 un Jean-Baptiste Vallée du Parc, lieutenant particulier, antien civil et criminel du bailli de Rouen ; en 1671 Jean-Baptiste du Parc, lieutenant général en la vicomté et en 1675 Jean-Baptiste Vallée du Parc, lieutenant général du bailliage. Les Archives nationales ont conservé, parmi les provisions d’offices royaux (1270-1790) le nom de Jacques Vallet, frère de Pierre Vallet, procureur, greffier à la maitrise des eaux et forêts. Sa lettre de provision date du 19 juillet 1731 (cote de la lettre : V/1/284 pièce 421). De là à penser qu’un membre de cette riche famille des Vallet s’est fait construire une folie aux abords de Pont-de-l’Arche, il n’y a qu’un pas que nous franchissons. Nous ne savons cependant pas si le nom de Folie-Vallet a été donné par les propriétaires du lieu ou s'il s'agit-là d'une appellation populaire. En revanche, si l'on adhère à la thèse selon laquelle Vallée désigne la famille Vallet, la graphie Folie-Vallée est fautive.

 

Quoiqu’il en soit, la Folie-Vallet fait partie des demeures aristocratiques bâties autour de Pont-de-l’Arche parmi lesquelles nous avons étudié le Château du Centre de loisirs et l’hôtel Alexandre-Delafleurière. Elle annonce les maisons bourgeoises des faubourgs de Pont-de-l’Arche et des Damps qui ont abrité des riches familles locales et attiré des Rouennais et des Parisiens dans notre contrée.   

 

Sources

Boutelet Bernadette, Etude par sondage de la criminalité dans le bailliage du Pont-de-l’Arche (XVIIe-XVIIIe siècles) : de la violence au vol : en marche vers l’escroquerie, Annales de Normandie, 12e année, n° 4, 1962, pages 235 à 262.

Charpillon Louis-Étienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, pages 662 à 674.     

 

La Folie-Vallet sur une carte postale du début du XIXe siècle écrite, semble-t-il, par Léon Bataille, prorpiétaire des lieux et maire de la ville (avec nos remerciements à Daniel Hector Costa).

La Folie-Vallet sur une carte postale du début du XIXe siècle écrite, semble-t-il, par Léon Bataille, prorpiétaire des lieux et maire de la ville (avec nos remerciements à Daniel Hector Costa).

Armand Launay

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A l'entrée de la rue Marie-Morel-Billet, vers Les Damps et en partant de l'avenue De-Lattre-de-Tassigny, se trouve une pierre sculptée enchâssée dans le mur en moellon calcaire d'un bâtiment annexe de la Folie-Vallée. Il représente un ange gravé en bas-relief surmonté d'un bandeau portant les caractères suivants : "C:IHC". Il nous semble qu'il s'agit-là d'un éclat de travail réalisé au XXe siècle et imitant l'art gothique (cliché Armand Launay, décembre 2010).

A l'entrée de la rue Marie-Morel-Billet, vers Les Damps et en partant de l'avenue De-Lattre-de-Tassigny, se trouve une pierre sculptée enchâssée dans le mur en moellon calcaire d'un bâtiment annexe de la Folie-Vallée. Il représente un ange gravé en bas-relief surmonté d'un bandeau portant les caractères suivants : "C:IHC". Il nous semble qu'il s'agit-là d'un éclat de travail réalisé au XXe siècle et imitant l'art gothique (cliché Armand Launay, décembre 2010).

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 17:09

Roger Bonnet est né le 17 septembre 1917 au Petit-Quevilly et mort fusillé le 14 avril 1942 à la prison d'Evreux. Il fut tout d’abord comptable chez Jupiter, à Rouen. Installé à Pont-de-l’Arche avec sa jeune épouse, Augusta Demare, il était gérant d’un magasin des Coopérateurs de Normandie. Cet établissement était situé au n° 8 de la rue Président-Roosevelt. Il fit son service militaire chez les Spahis en Syrie.

Au début de la Seconde guerre mondiale, il distribua des tracts de la Résistance communiste en lien avec André Benet, syndicaliste de la chaussure et futur maire de Pont-de-l’Arche. Cependant, Roger Bonnet fut identifié par la gendarmerie à cause d'un délateur. Un matin de novembre 1941, il partit en vélo muni d’une remorque à la place du Vieux marché (Rouen) et ce afin de ravitailler son magasin en fruits et légumes. Il y rencontra sa nièce Mireille, avertie par son épouse, enceinte, qu’il était recherché par la gendarmerie.

Arrêté, il fut condamné par la Cour spéciale de Rouen à deux ans de prison pour distribution de tracts. A la demande de l’occupant, il fut condamné à mort et déporté à Auschwitz. Il ne rentra en Normandie pour que pour être fusillé à la prison d’Evreux et ce certainement en représailles d’actions de la Résistance. Il fit le chemin assis sur son cercueil. Sa fille Mauricette naquit la semaine où il fut assassiné. Le 7 mars 1942, dans cette même prison d’Evreux, c’est Pierre Semard qui fut fusillé pour son implication dans le PCF et dans la Résistance. Son corps fut sorti de la fosse commune à la Libération.

Le 6 juillet 1945, sous la présidence d’André Benet, maire, l’ancien chemin du Neubourg, aussi appelé route de Tostes, fut baptisé Roger Bonnet par le Conseil municipal.

Photographie montrant Roger Bonnet, au milieu, portant un gilet, parmi ses amis de jeunesse (cliché de la famille Bonnet).

Photographie montrant Roger Bonnet, au milieu, portant un gilet, parmi ses amis de jeunesse (cliché de la famille Bonnet).

Plaque commémorative posée le 8 mai 2015 dans la rue Président-Roosevelt en remplacement d'une plaque depuis longtemps disparue. Initiative d'Alain Picard et sa femme Mauricette Lavauquet, fille de Roger Bonnet, réalisée par la municipalité représentée par Richard Jacquet (cliché Armand Launay, juillet 2015).

Plaque commémorative posée le 8 mai 2015 dans la rue Président-Roosevelt en remplacement d'une plaque depuis longtemps disparue. Initiative d'Alain Picard et sa femme Mauricette Lavauquet, fille de Roger Bonnet, réalisée par la municipalité représentée par Richard Jacquet (cliché Armand Launay, juillet 2015).

Sources

Avec l’aide d’Alain Picard et d'après les souvenirs de Mireille Demare, épouse Picard.

Sources FFI des Archives départementales de l’Eure.

Délibérations du Conseil municipal de Pont-de-l’Arche.

Armand Launay

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Plaque de rue sur le mur de l'ancienne usine d'Henry Prieur (cliché Armand Launay, mars 2014).

Plaque de rue sur le mur de l'ancienne usine d'Henry Prieur (cliché Armand Launay, mars 2014).

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 17:12

Un diaporama pour le plaisir des yeux...

Les aviez-vous déjà observées une à une ? 

Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.
Clichés Armand Launay, février 2014.

Clichés Armand Launay, février 2014.

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...