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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 19:23

Le moulin de la Couture, plus connu sous le nom de moulin de Tostes, a été inventorié par le service régional de conservation du patrimoine culturel (référence IA00018023). Celui-ci le date du XIVe siècle avec un point d’interrogation. Il a raison car aucune étude n’a encore posé la question sur cette propriété privée qui ne fait l’objet d’aucune protection. 

Le moulin de la Couture vue de l'ouest (route de Tostes à Montaure) (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Le moulin de la Couture vue de l'ouest (route de Tostes à Montaure) (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Repères historiques : une propriété de Bonport

La plus ancienne mention du moulin de la Couture se trouve dans le travail d'Etienne Deville qui a recueilli les manuscrits de l'ancienne abbaye de Bonport et publié leur contenu (voir les sources). A la page 24 du second fascicule, il résume un document rédigé par un moine ou un prieur : « Etat du revenu de l'abbaye de Bonport ordre de Cisteaux diocèse d'Evreux et ce commençant à la Saint Michel mil six cens six. » Parmi les bénéfices cités, Bonport possède des droits sur la « grande ferme » de la vallée de la Corbillière, le Camp des Ventes, Montore [sic], Blacquetuit, la Cramponnière et Tostes. A la page 25 est écrit que, parmi les propriétés tostaises, Bonport percevait des revenus sur le « moulin de Tostes » et, plus précisément sur Pierre le Bourgeois et Pierre Martin.

Ensuite, nous empruntons au précieux travail de Max Masson (voir les sources) qui a passé au crible les archives municipales de Tostes et dressé une liste de propriétaires du moulin de la Couture (tome 1, folios 74 et 75). Max Masson trouve trace du moulin vers 1670 où il est toujours une propriété bonportaise. La Couture, culture en normand, formait alors un hameau qui regroupa « jusqu'à sept masures ». Grâce aux archives d'état civil, Max Masson cite les meuniers tostais : Jean Auger (1707), Jean Pétel (1759), Jean Moreau (1771), François Longuemare (1796) et François Langlois (1801). Le moulin fut nationalisé ainsi que l'ensemble des propriétés de Bonport et revendu comme bien national à certain Quesney, fabricant à Elbeuf. C'est peut-être cet homme qui est honoré par une belle stèle dans le cimetière de Pont-de-l'Arche. Max Masson rapporte des souvenirs d'anciens du village de Tostes se rappelant avoir vu des débris d'ailes et « même une aile qui pendant encore au mécanisme du sommet, après avoir tourné longtemps aux grands vents venus de la mer... » Enfin l'auteur tostais rapporte une légende locale donnant aux moulins un rôle de surveillance militaire tant leur architecture massive rappelle des tours de guet.

1606 est donc, jusqu'à plus ample informé, la date la plus reculée concernant ce moulin et ce malgré une analyse attentive du Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bonport dressé en 1862 par Jules Andrieux. En effet, dans cette importante somme de documents, l'entrée des terres tostaises dans le giron de Bonport n'est pas mentionnée. La mention la plus reculée date du 15 novembre 1456 où les moines rendent aveu de leurs biens en Normandie et en Ile-de-France. Parmi ces biens (page 405) « plusieurs terres labourables avec trois manoirs ou granches, nommées Tostes, Blacquetuit et la Corbeillerre. » Pas de référence à notre moulin donc. Pourtant celui-ci a nécessairement dû être bâti ou acquis par Bonport pour moudre les récoltes des importantes granges locales. Nous notons que, sans être à équidistance, la Couture forme un quatrième point entre Tostes, la Corbillière et Blacquetuit.

D’après le même cartulaire, il semble que Bonport n'acquit aucun terrain à Tostes au XIIIe siècle où les chartes sont nombreuses. Cependant, Jules Andrieux reproduit (page 159) une charte de février 1246 par laquelle Louis IX céda 100 acres en forêt de Bord aux moines de Bonport. Le roi accorda ces terres forestières en réparation de dommages antérieurs causés sur des terres cultivées : « ... pro restauratione dampnorum que sustinebant, ut dicibant, pro terris traditis ad culturam in forestis de Borz et de Aquosis, dedimus et concessimus in perpetuam centum acras terre, sitas in dicta foresta de Borz... » Qui plus est, Louis IX accorda de nouveaux droits aux moines sur un moulin de Pont-de-l’Arche. Ces terres de la forêt de Bord semblent avoir un lien fort avec la culture. Peut-être tenons-nous là une partie des terres de Tostes tombées dans la mouvance de Bonport.

En résumé, nous entrevoyons le début de la mainmise de Bonport sur Tostes et ses dépendances à partir du XIIIe siècle et officiellement au XVe siècle. En toute logique, ces nouvelles terres fertiles ont nécessité la présence d’un moulin pour moudre les récoltes.

Qui plus est, dans un article intitulé "Moulins seigneuriaux et moulins royaux en Normandie : marché de l'énergie et institution (XIIe-XVe siècles)" Mathieu Arnoux note (page 520) "deux épisodes de forte croissance économique" durant la période étudiée : les "XIe-XIIe siècles" et la "seconde moitié du XVe siècle".  Cette période serait donc propice à la construction de notre moulin.  

 

Description architecturale

Le moulin de la Couture a été bâti sur une motte de terre ; motte certainement amoindrie par la hausse naturelle du sol autour. Depuis qu'il est tombé en désuétude, le moulin a perdu sa toiture et ses pales. Aujourd'hui demeure le corps principal, de type moulin à tour cylindrique, réalisé en pierre calcaire locale et en silex. Deux larmiers séparent trois niveaux dont la circonférence diminue avec l'altitude. On peut parler d’architecture télescopique. Le premier niveau – la base de la tour – est légèrement évasé. Avec le deuxième niveau, il présente une décoration esthétique reposant sur une alternance d'assises en pierre de taille et en silex gris. Le troisième niveau est orné d'un damier de pierres de taille et de silex. Quelques ouvertures étroites ponctuent le corps du bâtiment. Elles devaient servir d’éclairage et d’aérations faciles à boucher en périodes de froid. Le mouin est percé de deux portes (Est et ouest) voutées en tiers-point selon les canons de l'architecture gothique. La toiture a entièrement disparu. Paul Hélot, dans un article intitulé « Document sur les moulins à vent de France » décrit la toiture des moulins à tour (page 18) : « la toiture seule est mobile, supportée par deux gros sommiers qui reposent à chacune de leur extrémité sur un rail circulaire surmontant l’arête du mur. Ils reposent sur ce rail par l’intermédiaire de galets en fonte, c’est en somme une plaque tournante montée sur le rail et qui sert de base à la charpente du toit. Cette charpente est munie d’une lucarne qui laisse passer l’arbre des ailes. On peut faire tourner toute cette toiture au moyen d’une queue que l’on pousse du sol ; elle est fixée à la charpente du côté opposé aux ailes. » On parle ainsi de moulin-tour à calotte tournante. Ainsi s’explique la présence de deux portes afin que l’on pénètre dans le moulin quelle que soit l’orientation de ses pales.

Paul Hélot précise que le moulin à tour à calotte tournante est un véritable donjon de pierre qui fit son apparition dans le nord de la France « que vers le XVe siècle ». Ses murs ont souvent « plus d’un mètre d’épaisseur, il y a presque toujours un rez-de-chaussée et un étage ». Une description allant parfaitement au moulin de la Couture.

Le moulin de la couture vu de l'Est (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Le moulin de la couture vu de l'Est (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Détail de la porte ouest (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Détail de la porte ouest (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Détail de l'appareillage du niveau supérieur de la tour du moulin (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Détail de l'appareillage du niveau supérieur de la tour du moulin (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Le moulin de la Couture est habité par au moins un personnage halloweenien (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Le moulin de la Couture est habité par au moins un personnage halloweenien (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Autre perspective sur la porte ouest et les reflets d'automne sur les moellons de silex (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Autre perspective sur la porte ouest et les reflets d'automne sur les moellons de silex (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Comparaisons architecturales

Les assises de notre moulin font penser à celles d'une tour d'angle de l'enceinte de l'abbaye de Bonport, réalisé toutefois avec du silex blanc.

Elles se rapprochent aussi de la technique utilisée pour le moulin d’Hauville (construit en 1258 par les moines de Jumièges et détruit en 1400 selon l'association du moulin) et le proche moulin de Beauregard à La Haye-Malherbe, daté du XVe siècle par la conservation régionale (référence IA00019331) avec un point d'interrogation. Ce moulin, dont nous ignorons le nom des seigneurs propriétaires, a remplacé un édifice mentionné en 1246 selon la conservation régionale. Son troisième niveau est réalisé en pierre de taille et, sur toute la tour, des trous de solives trahissent les niveaux des anciens planchers. Cet édifice est situé sur un point culminant (160 m) de cette partie du plateau d’où naissent de belles vues (le « Beauregard » ?) jusqu’aux hauteurs de Rouen. A noter, ce moulin est situé dans le prolongement de la Rue de Heurtevent, à Surtauville, et l’IGN nomme Hourtevent un espace entre le bourg et le moulin. Ce moulin était encore utilisé en 1868 selon Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme (article La Haye-Malherbe). Sa ressemblance avec le moulin de la Couture est frappante.

Les assises d'une tour d'angle de l'enceinte de Bonport ressemblent à celle du moulin de la Couture, le silex en moins (cliché Armand Launay, 2012).

Les assises d'une tour d'angle de l'enceinte de Bonport ressemblent à celle du moulin de la Couture, le silex en moins (cliché Armand Launay, 2012).

Le moulin de Beauregard, à La Haye-Malherbe, est voisin de celui de la Couture. Hormis le garde-corps en brique (XIXe siècle) qui le couronne, il est en tous points semblable à celui de Tostes (cliché Armand Launay, novembre 2013).

Le moulin de Beauregard, à La Haye-Malherbe, est voisin de celui de la Couture. Hormis le garde-corps en brique (XIXe siècle) qui le couronne, il est en tous points semblable à celui de Tostes (cliché Armand Launay, novembre 2013).

En guise de conclusion

Le moulin de la Couture était une propriété de l’abbaye de Bonport au service des vastes terres mises en valeur par et pour les moines. Son architecture de moulin à tour cylindrique traduit une technologie arrivée dans le nord de la France vers le XVe siècle. Ce siècle nous a aussi laissé les plus anciennes chartes attestant la mainmise de Bonport sur Tostes (1456) et donc la nécessité, pour l’abbaye, de moudre le grain sur place. La seconde partie du XVe siècle étant une période de prospérité économique, nous sérions tentés de la retenir pour dater la construction du moulin de la Couture.

 

A lire aussi...

L'histoire de Tostes

La ferme de Blacquetuit

Sainte-Anne de Tostes

 

 

Sources

- Arnoux Mathieu, "Moulins seigneuriaux et moulins royaux en Normandie : marché de l'énergie et institution (XIIe-XVe siècles)", pages 505 à 520, Cavaciocchi Simonetta, Economia e energia (secc. XIII-XVIII), atti della "Trentaquattresima settimana di studi del'Instituto internazionale di storia economica "F. Datini "" 15-19 aprile 2002, Firenze, 2003 ;  

- Deville Etienne, Les Manuscrits de l'ancienne bibliothèque de l'abbaye de Bonport conservés à la Bibliothèque nationale et à la bibliothèque de Louviers, fascicule 2e, Paris, Honoré Champion, 1910, 36 pages ;

- Masson, Max, Histoire de Tostes par Tostes pour Tostes, 2 tomes, Tostes, mairie, 1986, 55 f. ;

- Hélot Paul, « Documents sur les moulins à vent de France », Nos vieux moulins, Société des amis des vieux moulins, Rouen, juillet 1933, 2e année, n° 1, 48 pages.

Deux cartes postales de la première décennie du XXe siècle. Sur la première se trouvent des vestiges de toiture. Deux cartes postales de la première décennie du XXe siècle. Sur la première se trouvent des vestiges de toiture.

Deux cartes postales de la première décennie du XXe siècle. Sur la première se trouvent des vestiges de toiture.

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Tostes Blacquetuit Moulins Bonport
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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 17:00

Près de Pont-de-l'Arche, dans l'Eure, se trouve la peu connue commune de Tostes (454 habitants, 5 hameaux). Il se trouve qu'en plus d'être charmante elle est riche en histoire et en patrimoine... 

La mairie de Tostes, construite en 1891, est le symbole républicain de la volonté d'autonomie des Tostais (cliché A. Launay, mai 2014).La mairie de Tostes, construite en 1891, est le symbole républicain de la volonté d'autonomie des Tostais (cliché A. Launay, mai 2014).

La mairie de Tostes, construite en 1891, est le symbole républicain de la volonté d'autonomie des Tostais (cliché A. Launay, mai 2014).

Une présence humaine préhistorique

Même en l’absence de rapport archéologique contemporain, il n’est pas difficile de constater la présence de l’Homme à Tostes durant la préhistoire et ce grâce à trois articles de Léon Coutil.

Le premier article, intitulé « Inventaire des menhirs et dolmens de France (département de l’Eure) », expose que « sur la limite de la forêt, entre Tostes et Saint-Pierre-lès-Elbeuf, au triage de la Cramponnière, se trouve un grès d'environ un mètre de hauteur, que l'on désigne sous le nom dePierre du Gain » (pages 108-109). Cela doit vraisemblablement être un mégalithe préceltique attestant la présence de l’Homme, voire sa sédentarisation.

Dans un article de 1893, « Résumé des recherches préhistoriques en Normandie (époque paléolithique) », Léon Coutil fait état d’une autre découverte : « Dans les champs, à la surface, M. Noury a recueilli une large hache plate taillée à grands éclats des deux côtés ; cette pièce, un peu triangulaire et à patine ocreuse, mesure environ 0m15. On peut la voir au musée d'Elbeuf, ainsi que des lames moustériennes trouvées dans les mêmes conditions, au même endroit » (page 66).

Dans un autre article, « Ateliers et stations humaines néolithiques du département de l’Eure » Léon Coutil écrivit que « Le Musée d'Elbeuf possède plusieurs belles haches trouvées à la Vallée, près Tôtes, au triage des Routis. Au triage des Treize-Livres, hache plate en silex rosé, trouvée en 1859 (Musée de Louviers)" (page 177).

 

Des traces gallo-romaines

La Carte archéologique de la Gaule, éditée par Dominique Cliquet, fait état (page 227) de fouilles réalisées entre 1894 et 1904 par Léon de Vesly et Victor Quesné. Celles-ci eurent lieu à la Butte des Buis, en forêt, près de La Vallée. Elles ont restitué les bases d’un fanum (13 m de côté) à cella carrée (un sanctuaire) de 4,35 m de côté et entourée d’une galerie. Les murs de cette dernière étaient recouverts d’une couche de gypse rose et surmontés d’un portique. Plus de 60 monnaies ont été retrouvées sur les lieux allant du début du Ier siècle avant notre ère au IVe siècle : Tibère, Claude, Néron, Marc-Aurèle, Lucille, Dèce, Gallien, Salonine, Postume, Claude II, Tétricus I et II, Probus, Constance Chlore, Maximien Hercule et Daia, Constantin, Licinius, Crispus, Constantin II.

D’autres vestiges sont signalés par la carte d’état-major de l’IGN en forêt de Bord, près du carrefour des Quatre-bancs, entre La Couture et Louviers. La carte IGN les considère comme des restes de villa avec son puits. Nous n’avons pas trouvé de rapport de fouille sur ces vestiges situés aujourd’hui hors du périmètre administratif de Tostes.

Ces premiers éléments laissent entrevoir un habitat gallo-romain dispersé dans des friches d’une forêt de Bord aux contours différents de ceux que nous lui connaissons depuis le Moyen-Âge.

Les quelques éléments dont nous disposons montrent que, vraisemblablement, certaines villas ont été abandonnées et la nature a repris ses droits sous forme de forêt. C'est certainement ce qui a rendu possible leur conservation : les autres vestiges de villas ayant été arrasés par des siècles d'activité agricole.

Nous pensons que d'autres villas ont ponctué le rebord de plateau sur lequel Tostes a émergé ensuite. Les hameaux que nous connaissons de nos jours ont peut-être remplacé et recouvert de petites exploitations agricoles familales de l'Antiquité.

En effet, les emplacements les plus propices à l'activité humaine n'ont pas dû être abandonnés : résurgences de sources ou présence de nappes phréatiques importantes et non profondes, terres planes et ensoleillées, proximité de la forêt pour l'élevage d'animaux... A ce titre, les courbes de niveau de la carte d'état major montrent que la naissance du ravin de la vallée d'Incarville se situe près de la Fosse Caron, au-dessus de la ferme du Petit-Bonport (en face de la mairie). S'il y a un ravin, c'est qu'il y a eu un ravinement et donc de l'eau. Quand cette eau a-t-elle cessé de couler ? Nous l'ignorons mais il paraitrait logique que la Ferme du Petit-Bonport ait été bâtie à côté d'une source et, autour d'elle, le hameau de Tostes.  

Il y a certainement eu un mouvement de bocagisation autour des habitats des cinq hameaux (voire plus). Ce paysage était quelque peu différent de celui d'aujourd'hui : des champs ouverts dévolus à la production intensive, saufs autour des habitations et de quelques lisières de forêt.  

La carte d'état major IGN indique des "vestiges Gallo-romains" et un "Puits romain" près du carrefour des Quatre-bancs. Le deuxième extrait de carte montre la naissance du ravin de la vallée d'Incarville, à deux pas de la ferme du Petit-Bonport certainement installée ici en raison de la résurgence d'eau.
La carte d'état major IGN indique des "vestiges Gallo-romains" et un "Puits romain" près du carrefour des Quatre-bancs. Le deuxième extrait de carte montre la naissance du ravin de la vallée d'Incarville, à deux pas de la ferme du Petit-Bonport certainement installée ici en raison de la résurgence d'eau.

La carte d'état major IGN indique des "vestiges Gallo-romains" et un "Puits romain" près du carrefour des Quatre-bancs. Le deuxième extrait de carte montre la naissance du ravin de la vallée d'Incarville, à deux pas de la ferme du Petit-Bonport certainement installée ici en raison de la résurgence d'eau.

Un lieu-dit Tostes attesté en 1130

Le nom de Tostes existait bien avant que le village ne soit constitué en paroisse en 1687. En 1130, le grand rôle de l’Echiquier de Normandie cita des droits à percevoir en forêt de Bord et à Tostes « … et de 4 lib. 14 sol. de pasnagio foreste de Bort. In thesauro 74 sol. In suo superplus veteris anni de compoto suo de vadio Petri de Bures in Tostes 100 sol. et quiebus est. » (Léopold Delisle, Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, page 29, membrane 8). Difficile de douter qu'il s'agisse de l'emplacement du chef-lieu de commune que nous connaissons aujourd'hui et qui a dû, selon notre thèse exposée plus haut, être construt autour de la ferme dite du Petit-Bonport.

 

Un nom sorti de la clairière ?

Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme ont écrit que le nom de Tostes provient du scandinave « topt », signifiant village. Cette hypothèse est séduisante car le plateau du Neubourg est ponctué de toponymes scandinaves : Surtauville, Limbeuf, Daubeuf, Ecquetot et le très proche Blacquetuit dans la commune de Montaure… Une autre hypothèse est soulevée par Auguste Le Prévost (voir Léopold Delisle et Louis Passy) : Tostes viendrait du participe passé latin « tostus » du verbe « torrere », bruler. Les « tostes » anciennes de la forêt de Bord seraient donc nos « brulis » actuels, c’est-à-dire des terres forestières ou herbagères brulées afin de les rendre plus propres à l’agriculture. Une trace de ces pratiques demeure sur le territoire de Criquebeuf-sur-Seine où une parcelle de forêt est nommée Les Brûlins (près du Bosc-hêtrel).

 

Sainte-Anne, déjà patronne en 1174

Dans le Dictionnaire des anciens noms de lieux du département de l'Eure, Auguste Le Prévost cite une charte d'Henri II, datée de 1174, qui mentionne sainte Anne comme patronne de Tostes. C'est toujours sous ce vocable qu'est connue l'église paroissiale. Le lieudit dépendait du chapitre de la cathédrale de Chartres. Après tout, le confluent de la Seine et de l'Eure, rivière de Chartres, n'était pas loin : Les Damps. Comment la cathédrale de Chartres avait-elle été possessionnée à Tostes ? Edouard Jore, auteur de « La chasse en forêt de Bord » (page 14), nous fournit des éléments d'explication par un document constituant la plus ancienne référence du nom « Bord » : « il s’agit d’une charte du 11e jour des calendes d’octobre de l’an 1014, par laquelle Richard II, dit « le Bon Duc de Normandie » pour réparer les dommages que son armée avait causés aux possessions de la Cathédrale de Chartres, fait don à cette Basilique notamment de Vraiville entre Louviers et Elbeuf avec la dîme de la chasse dans la forêt appelée Bord ». Il s'agit d'une conséquence indirecte des incursions scandinaves donc et il semble que le lien avec Tostes soit fait par la forêt de Bord.

Tostes est née d'une clairière et n'en est pas tout à fait sortie ce qui renforce le caractère agréable de cette commune (photo Armand Launay, 2011).

Tostes est née d'une clairière et n'en est pas tout à fait sortie ce qui renforce le caractère agréable de cette commune (photo Armand Launay, 2011).

Des terres dans la mouvance de Bonport

Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre et duc de Normandie, et Philippe Auguste, roi de France, ont fondé l’abbaye de Bonport en 1190. Ils dotèrent cet établissement de nombreuses terres en forêt de Bord, aux alentours, et le long de la Seine. Cependant le cartulaire de Bonport, tel que compilé, commenté et partiellement reproduit par Jules Andrieux, reste muet sur l’entrée de terres tostaises dans le domaine de l’abbaye. Le cartulaire mentionne pour la première fois Tostes le 15 novembre 1456 où les moines rendent aveu de leurs biens en Normandie et en Ile-de-France. Parmi ces biens (page 405) « plusieurs terres labourables avec trois manoirs ou granches, nommées Tostes, Blacquetuit et la Corbeillerre. » La grange de Tostes doit assurément être la ferme qui jouxte aujourd’hui l’église Sainte-Anne. Selon Max Masson, à la Révolution elle était exploitée par la famille Mouchard (voir plus bas) et était connue sous le nom de ferme du « Petit Bonport » (folio 4, tome I). Celle-ci côtoie une ancienne grange – très remaniée – qui semble avoir remplacé la grange dimière bonportaise de Tostes, à deux pas de l’église.

 

1687 : Bonport érige Tostes en paroisse

Les notes d’Auguste Le Prévost (page 286) citent un document important dans l’histoire de Tostes : « En 1687, les moines de Bonport exposèrent à l’évêque d’Evreux qu’ils possédaient mille acres de terre, tant de labour que de bois, situées dans la forêt du Pont-de-l’Arche, autrement dite la forêt de Bord ; qu’au milieu de ces terres s’élevaient cinq villages : Tostes, Blasquemesnil [sic], la Corbillière, la Cramponnière et Treize-livres, et que ces cinq villages comprenaient environ trois cents habitants : que depuis 1680, l’abbaye de Bonport avait fait élever une chapelle à Tostes, et qu’il était urgent de transformer cette chapelle en paroisse. La paroisse ne fut érigée que le 14 janvier 1687 à la demande de Louis Colbert, abbé de Bonport, par décret de l’évêque d’Evreux. » L’on mesure la mainmise de Bonport sur les terres situées autour de la forêt de Bord.

Louis Colbert, fils de Jean-Baptiste Colbert, bras droit du roi, avait un pouvoir certain. Il parvint à faire reconnaitre la nouvelle paroisse de Sainte-Anne de Tostes, composée de terres prises sur Montaure (dont la ferme de Blacquetuit qui revint en définitive à Montaure en 1791)… Il rattacha la paroisse de Tostes au domaine de son abbaye, ce qui lui fit gagner près de 300 hectares de bois et 300 hectares de terre. L’intérêt de cette affaire était de récupérer, en plus, le dixième des récoltes grâce à l’impôt de l’Eglise qu’était la dime.

L’autre partie des terres, boisée, était elle aussi essentielle. Outre la fabrication des outils et des locaux abbatiaux, les moines pouvaient se chauffer, cuisiner et vendre le bois coupé. Ils pouvaient de même faire glaner les porcs. En revanche, leurs bois étaient évidemment à la merci des habitants les plus démunis, ou avides, de la région. C’est ce qui fit que les moines mandatèrent des hommes à la surveillance de la propriété… Une famille de Tostes était missionnée pour cela : les Mouchard (Max Masson, folio 37, tome I). Leur ferme était située près de l’église et était appelée « Le petit Bonport » (Max Masson, folio 4, tome I). Leur nom de famille doit venir du surnom « mouchard » puisqu’ils révélaient aux moines les noms des auteurs de délits. Ceux-ci devaient les transmettre aux autorités de la Maitrise des eaux et forêts de Pont-de-l’Arche.

L'église Sainte-Anne est contemporaine de l'érection de Tostes en paroisse par l'abbaye de Bonport en 1687 (cliché Armand Launay, mai 2014).L'église Sainte-Anne est contemporaine de l'érection de Tostes en paroisse par l'abbaye de Bonport en 1687 (cliché Armand Launay, mai 2014).

L'église Sainte-Anne est contemporaine de l'érection de Tostes en paroisse par l'abbaye de Bonport en 1687 (cliché Armand Launay, mai 2014).

La ferme de La Corbillière, à La Vallée, est un des plus beaux éléments du patrimoine bâti de Tostes. Son logis semble dater du XVe siècle, avec des ajouts et remaniements de la fin du XIXe siècle. Un étage carré plus un étage de comble. Escalier dans l’œuvre. Référence Mérimée : IA00018024. Il est jouxté par une grange, en ruine, du XVIIe siècle (photo A. Launay, avril 2014).

La ferme de La Corbillière, à La Vallée, est un des plus beaux éléments du patrimoine bâti de Tostes. Son logis semble dater du XVe siècle, avec des ajouts et remaniements de la fin du XIXe siècle. Un étage carré plus un étage de comble. Escalier dans l’œuvre. Référence Mérimée : IA00018024. Il est jouxté par une grange, en ruine, du XVIIe siècle (photo A. Launay, avril 2014).

La Révolution confirme l’autonomie de Tostes

La Révolution émancipa Tostes des moines de Bonport car l’abbaye fut fermée en 1790. Cela posa toutefois la question du maintien de cette commune. Grâce à la mobilisation des habitants, Tostes et ses fermes furent érigées en commune en 1790 à l’exception de la ferme de Blacquetuit qui revint à la commune de Montaure étant donnée, peut-être, sa proximité avec ce bourg (Max Masson, folio 54, tome I). Le hameau de Tostes fût-il érigé en commune s’il n’avait pas auparavant été constitué en paroisse ? On peut en douter quand on considère qu’Ecrosville, un hameau presque aussi peuplé que le bourg de Montaure, a été rattaché à la commune de Montaure. Quelque part, l’intervention de Bonport a laissé des traces dans le découpage administratif local ; d’où cette étrangeté administrative répartissant les maisons de La Vallée – un hameau aussi grand que Tostes – dans trois communes (Tostes, Montaure et La Haye-Malherbe).

Cette étrangeté administrative a été résorbée par la fusion des communes de Tostes et Montaure qui se nomment, depuis le 1er janvier 2017 "Terres de Bord". 

 

Un appréciable patrimoine ancien

Pour une commune peu habitée (412 habitants en 2012 selon l’INSEE), Tostes possède un beau patrimoine architectural parmi lequel se trouve la tour d’un moulin à vent, présumée du XVe siècle, une ferme nommée La Corbillière dont les parties les plus anciennes sont datées du XVe siècle par la conservation régionale des Monuments historiques, plusieurs corps de ferme du XVIIe siècle et une église rurale de la fin du XVIIe siècle.

 

 

Tostes possède un beau patrimoine ancien dont la tour d'un moulin du XVe siècle (propriété privée) (cliché Armand Launay, aout 2013).

Tostes possède un beau patrimoine ancien dont la tour d'un moulin du XVe siècle (propriété privée) (cliché Armand Launay, aout 2013).

Sources

- Andrieux Jules, Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bon-Port de l'ordre de Citeaux au diocèse d'Evreux, Evreux, Auguste Hérissey, 1862, 434 pages ;

- Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, pages 922 et 923 ;

- Cliquet Dominique, Carte archéologique de la Gaule : l’Eure 27, Paris, ministère de la culture, 1993, 285 pages ;

- Coutil Léon, « Résumé des recherches préhistoriques en Normandie (époque paléolithique) », pages 34 à 142, Collectif, Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, Société normande d'études préhistoriques et historiques, Louviers, imprimerie Eugène Izambert, tome I, année 1893, 1894, 151 pages ;

- Coutil Léon, « Inventaire des menhirs et dolmens de France (département de l’Eure) », pages 36 à 122, Collectif, Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, Société normande d'études préhistoriques et historiques, Louviers, imprimerie Eugène Izambert, tome IV, année 1896, 1897, 222 pages ;

- Coutil Léon, « Ateliers et stations humaines néolithiques du département de l’Eure », pages 123 à 211, Collectif, Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, Société normande d'études préhistoriques et historiques, Louviers, imprimerie Eugène Izambert, tome IV, année 1896, 1897, 222 pages ;

- Delisle Léopold (publié par), « Cartulaire normand de Philippe Auguste, Louis VIII, Saint-Louis et Philippe le Hardi », Mémoire de la Société des antiquaires de Normandie, 6e volume, XVIe volume de la collection, Caen, 1852, 390 pages ;

- Delisle Léopold, Passy Louis (publié par), Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome III, Évreux, Auguste Hérissey, 1864, article « Tostes », page 286 ;

- Deville Étienne, Les Manuscrits de l’ancienne bibliothèque de l’abbaye de Bonport conservés à la bibliothèque nationale et à la bibliothèque de Louviers, fascicule 2, Paris : H. Champion, 1910, 36 pages ;

- Jore Edouard, « La chasse en forêt de Bord avant 1789 », pages 14 à 18, Bulletin de la Société d’études diverses de l’arrondissement de Louviers, tome XVII, années 1923-1924, 134 pages ;

- Le Prévost Auguste, Dictionnaire des anciens noms de lieux du département de l'Eure, Evreux, typographie d’Ancelle fils, 1839, 297 pages, références pages 270 et 271 ;

- Masson Max, Histoire de Tostes par Tostes pour Tostes, 2 tomes, édité par la mairie de Tostes, 1986, 82 et 108 folios ;

- Anonyme, Wikipédia, article Tostes, excellemment alimenté avec sources à l’appui.

 

 

 

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 10:57
Sainte-Anne de Tostes vue depuis le côté sud (cliché Armand Launay, avril 2014).

Sainte-Anne de Tostes vue depuis le côté sud (cliché Armand Launay, avril 2014).

Parmi mes coups de cœurs, il y a Tostes depuis toujours et son église depuis peu. Voici le compte rendu d’une visite de courtoisie rendue en février 2012 à l’église Sainte-Anne avec mon ami Michel Lepont.


Informations diverses

Adresse postale : 6-8, rue de l’église, 27340 TOSTES
Propriétaire : commune de Tostes (code INSEE : 27648) depuis 1905.
Affectataire : église catholique, évêché d’Evreux, paroisse Notre-Dame des bois, pays de Louviers.
Protection : recensée en 1986 par les Monuments historiques. Ni inscrite, ni classée. Référence Mérimée : IA00018022.


Eléments d’histoire

Auguste Le Prévost, dans son Dictionnaire des anciens noms de lieux du département de l'Eure, cite une charte d'Henri II, datée de 1174, qui mentionne sainte Anne comme patronne de Tostes. Celle-ci était célébrée le 26 juillet. Le lieudit dépendait du chapitre de Chartres.  

Selon Etienne Deville, en 1255 le pape Alexandre IV autorisa les moines de Bonport à construire, pour leur usage, un autel dans leur grange de Tostes. Ce fait relate l’importance des moines de Bonport qui ont possédé de très nombreuses terres à Tostes mais ne nous permet pas de faire le lien avec l’église actuelle. Au XIVe siècle, une chapelle est construite dans le village (notice Mérimée), peut-être à l’emplacement de l’église aujourd’hui. A la demande de Louis Colbert, abbé de Bonport et surtout fils du célèbre homme d’État, la paroisse de Tostes fut érigée le 14 janvier 1687 et dédiée à sainte Anne. La mainmise de Bonport sur Tostes était ainsi renforcée.

Auguste Le Prévost nous renseigne (page 286) sur les travaux réalisés par les moines de Bonport dans la chapelle de Tostes : « En 1687, les moines de Bonport exposèrent à l’évêque d’Evreux qu’ils possédaient mille acres de terre, tant de labour que de bois, situées dans la forêt du Pont-de-l’Arche, autrement dite la forêt de Bord ; qu’au milieu de ces terres s’élevaient cinq villages : Tostes, Blasquemesnil, la Corbillière, la Cramponnière et Treize-livres, et que ces cinq villages comprenaient environ trois cents habitants : que depuis 1680, l’abbaye de Bonport avait fait élever une chapelle à Tostes, et qu’il était urgent de transformer cette chapelle en paroisse. La paroisse ne fut érigée que le 14 janvier 1687 à la demande de Louis Colbert, abbé de Bonport, par décret de l’évêque d’Evreux. »

Vraisemblablement, nous tenons-là les origines de Sainte-Anne de Tostes qui bénéficia néanmoins d'aménagements ultérieurs comme en témoignent certains millésimes observables : 172X sous le clocher ("1722", il y a quelques années), 1728 sur la baie près de la porte et 1748 sur un lambris du chœur. Depuis lors, l'église a bénéficié de restaurations plus ou moins continues.
 

Architecture
Avec le monument aux Morts, l’église de Tostes forme un beau tableau avec son muret en pierre de taille et moellon maçonnés ainsi que la présence d’éléments végétaux. L’église Sainte-Anne est le bâtiment public le plus remarquable du centre-village et le seul visitable à l’occasion de concerts et de messes.


Gros-œuvre
Tournée vers l’Est, l’église Sainte-Anne est constituée d’un seul vaisseau de plan allongé réalisé avec de petites pierres de taille en chainage et, en remplissage, un appareillage – rustique et élégant – de petits moellons calcaires et de silex sombre. Ceux-ci sont alternés à raison d’une ligne de moellons toutes les 2 à 4 lignes de silex. Le haut du pignon Est et l’escalier à vis (dans l’œuvre) sont réalisés en pans de bois et en torchis. Le chœur est constitué d’un bâtiment deux fois plus réduit que la nef et composé des mêmes matériaux, les moellons calcaires exceptés.

 

Ouvertures
La nef est percée de deux paires de baies en vis-à-vis et au chambranle réalisé en pierre de taille. Les baies les plus proches du chœur sont géminées et surmontées d’un œil de bœuf percé de trois cercles. Les baies les plus proches du clocher sont voutées en berceau. La baie côté nord porte le millésime « 1728 ». La porte est couverte d’un arc en plein cintre. Le pignon Est est ajouré de deux œils-de-bœuf ; le pignon ouest en possède un.

 

2Détail de la baie côté nord.


Couverture
La nef est protégée par un toit à longs pans avec un pignon couvert. Il est surmonté d’un clocher à flèche de charpente polygonale portant une girouette. A part le clocher, couvert d’ardoises, le toit est couvert de tuiles plates de pays.


Charpente et décor intérieur
La charpente de la nef est masquée par un berceau lambrissé en coque de navire renversé. Toutefois, les trois entraits sont apparents dont un soutient un balcon situé sous le clocher. Le sol est couvert d’un beau pavé orné de décors floraux dans le chœur et d’un pavé plus rustique dans la nef. La voute du chœur est recouverte de lambris portant le millésime de « 1748 ».  

Mobilier
Malgré de modestes dimensions, Sainte-Anne de Tostes recueille un mobilier riche et varié.

Les retables classés
Deux sculptures sur bois ont été classées par les Monuments historiques au titre d’objets le 10 juin 1907. Il s’agit des retables des deux autels latéraux qui encadrent des toiles. Chacun présente de fines sculptures dessinant un fronton brisé avec une sorte de cartouche en son centre. Des motifs floraux décorent les parties latérales où l’on attendrait des colonnes. Ils s’inscrivent pleinement dans l’art baroque du XVIIe siècle. Le retable nord propose une peinture sur toile représentant le Paralytique ou Jésus guérissant les malades (références Mérimée AP58N00162 et AP58N00263). Le retable sud est enrichi d’une peinture sur toile représentant la Résurrection de Lazare (références Mérimée AP58N00161 et AP58N00262).

3

Le retable côté nord, "le Paralytique ou Jésus guérissant les malades",

classé Monument historique en 1907.


4 Le retable côté sud, la "Résurrection de Lazare",

classé Monument historique en 1907 également.

 

Le retable central et son tabernacle
L’élégant retable central est de style baroque. En son centre se trouve une toile millésimée 1657 illustrant la présentation de la Vierge Marie, au Temple, par ses parents Joachim et sainte Anne. De part et d’autre du corps central se trouvent deux colonnes à chapiteaux corinthiens surmontés d’un arc en plein cintre. Au-dessus de celui-ci, on peu voir un symbole de la trinité portant la date de 7551. Le tabernacle, tout aussi baroque avec ses colonnettes torses, possède des niches où se trouvent les statuettes de sainte Anne, du Christ au globe et de saint Joseph.  

 5                                         Le retable central, de style baroque, porte une toile millésimée 1657

illustrant la présentation de la Vierge Marie, au Temple,

par ses parents Joachim et sainte Anne.



Statuaire : les oeuvres les plus anciennes
Les plus anciennes statues datent du XVe siècle. Il s’agit d’une Vierge à l’Enfant naïve, près du retable sud, d’une Sainte-Anne et d’un Saint-Eloi, près du retable nord. Ces statues présentent encore une belle polychromie. Représentant sainte Anne, une statue en bois servant aux processions est rangée contre le retable nord. 

 

Statuaire : les vestiges de la poutre de gloire

Avec le crucifix du mur sud, deux statues forment un ensemble en bois de la Renaissance, malheureusement en mauvais état, qui devait constituer la poutre de gloire. Le Christ crucifié, entouré de la Vierge et de saint Jean l'Evangéliste, formaient ce groupe traditionnellement situé sur une poutre surmontant la nef, à l'entrée du choeur. Les poutres de gloire, à l'origine du jubé (tribune et clôture séparant la nef du choeur), furent le plus souvent démontées après le concile de Trente et au XIXe siècle dans un souci d'ouvrir le choeur aux fidèles.  

 

Statuaire : l'original saint Onuphre

Après Sainte-Anne, les fidèles tostais adressaient leur dévotion à saint Onuphre. Une statue (XIXe siècle) à l'effigie de ce patron des tisserands orne le bas-côté sud. Saint guérisseur des rhumatismes et des problèmes d’articulation, il faisait l’objet d’un pèlerinage le 12 juin et ce jusque dans les années 1930 (Max Masson). Nous nous arrêtons un peu sur ce saint tant il est rare. Saint Onuphre est le patron des tisserands car il n'est revêtu que sa chevelure et de longs poils. Amusant clin-d'oeil. Un oratoire accolé au chevet de l’église lui était dédié qui a disparu ces dernières décennies. Selon Georges Dumézil, ce saint est aussi le patron des raves, semées vers le jour de sa fête. Autrement, on peut se demander s'il n'y a pas un lien entre les moines de Bonport et la présence de ce saint à Tostes. Saint Onuphre était un saint de l'extrême : il vivait en ermite dans le désert de la région de Thèbes, en Egypte, au IVe siècle. La légende dit qu'il vivait de l'eau d'une fontaine et de l'ombre d'un palmier. Un moine cistercien, les cisterciens étant réputés chercher le "désert" (le vide d'hommes), aura peut-être ironisé sur le côté très reculé de Tostes au Moyen-Âge, blotti au coeur de la forêt. Ceci d'autant plus qu'il semble que la ferme connexe, ancienne propriété de Bonport, a semble-t-il été bâtie à côté d'une source. Enfin, il nous plait de souligner que "Onuphre" provient de l'égyptien "Ounennefer", un qualificatif - signifiant "éternellement bon" - qui était attribué à Osiris, dieu de l'agriculture et de la mort. La mythologie dit de ce dieu agricole qu'il fut ressuscité par Isis. Après tout, le Nil ne ressuscitait-il pas les récoltes après chacune de ses crues annuelles ? Onuphre incarne donc plutôt bien le cycle végétal. Saint Onuphre fut introduit en Occident après les croisades. Dans l'église de Tostes, on retrouve aussi ce saint dans un vitrail décrit plus bas. 

 

67

Saint-Onuphre                                   Sainte-Anne                                                                        


Fonts baptismaux
Octogonaux, les fonts baptismaux ont été taillés dans de la pierre calcaire locale. Sobres et élégants, ils semblent dater du XVIIe siècle et sont encore munis de leur cuve en plomb.  


8


Vitraux
Les vitraux se trouvent dans le chœur. Du XIXe siècle, vraisemblablement, ils représentent Sainte-Anne (côté sud) et Saint-Onuphre, genou droit à terre, devant une bible ouverte sur le sol. Il est reconnaissable à la lettre O dans son auréole et la branche de palmier qui lui apporte une ombre. 

Cloche
La cloche a été réalisée par la fonderie Mahuet, à Dreux. Pesant 200 kg, elle porte cette inscription : « L'an 1863, Mgr Devoucoux étant évêque d'Evreux, j'ai été fondue par la générosité de M. Janvier de la Motte, préfet de l'Eure, par celle des habitants de Tostes et par les soins de M. Dedessulamare, maire – Bénite par M. Marette, curé de Montaure et de Tostes – nommée Marie par M. Alphonse Gantier et Melle Eugénie Heullant ». Silencieuse avant les années 1950, la cloche tinta de nouveau après 1980 suite à des travaux, notamment d’électrification, financés par la commune et une souscription publique lancée par le maire M. Drouet. .

 

9

 

Stalles et banc de présidence
Contre le mur pignon Ouest se trouvent quatre stalles et le banc de présidence. En bois sculpté, ces beaux éléments du XVIIe siècle se trouvaient dans le chœur. Peut-être ces stalles sont-elles un souvenir des moines de Bonport venant (présider ?) aux offices ? 


Harmonium

A noter enfin, un harmonium du début du XXe siècle qui est une véritable pièce de collection tant ce type d'instrument, qui ne bénéficie d'aucune protection, s'est raréfié.



Sources
- Ministère de la culture, base Mérimée ;

- Delisle Léopold, Passy Louis (publié par), Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome III, Évreux, Auguste Hérissey, 1864, article « Tostes », page 286 ;

- Deville Étienne, Les Manuscrits de l’ancienne bibliothèque de l’abbaye de Bonport conservés à la bibliothèque nationale et à la bibliothèque de Louviers, vol. 2, Paris : H. Champion, 1910, 36 pages ;  

- Le Prévost Auguste, Dictionnaire des anciens noms de lieux du département de l'Eure, Evreux, typographie d’Ancelle fils, 1839, 297 pages, références pages 270 et 271 ;

Masson Max, Histoire de Tostes par Tostes pour Tostes, 2 tomes, Tostes, mairie, [1985 ?], 55 f. Ce livre est disponible en mairie contre 15 €. Il rassemble les photocopies des travaux dactylographiés de Max Masson, ancien secrétaire de mairie. Cet homme, aujourd'hui décédé, s’appliqua à éplucher et commenter les archives municipales.

 

A lire aussi...

Tostes et son histoire...

Notre-Dame de Montaure

 

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 17:49

Du vendredi 20 mars au dimanche 22 juin, profitez du magasin d'usine chez Marco pour (vous) offrir des chaussures Made in France en vrai cuir et à prix réduits (à partir de 30 €). Collections été, hiver. Pour tous les âges.  

Ces magasins présentent aussi des chaussures pour hommes et des articles de maroquinerie.  

   

P1110359

Les magasins d'usine chez Marco, un rendez-vous apprécié qui attire les foules (photo A. Launay, 2013). 

 

P1040386.JPG

Des sacs à mains, des trousses, des portes-monnaies en cuir sont aussi proposés.  

 

Pour cela, rendez vous chez Marco au 17, rue Maurice-Delamare (localiser sur une carte) de 9h à 19h le vendredi et le samedi et de 9h à 15h le dimanche. 

Parking gratuit en face de l'usine. Règlement par carte bleue ou espèces uniquement. 

Plus d'infos au 02 32 98 70 20 ou contact@chaussures-marco.com

 

Armand Launay

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 15:43

En parcourant les archives du journal radical-socialiste L'Elbeuvien, nous avons trouvé deux articles portant sur le même évènement organisé en 1901 par le mouvement socialiste alors naissant à Pont-de-l'Arche ; mouvement dont peuvent se revendiquer à la fois le PS et le PCF de nos jours puisqu'il est antérieur de quatre ans à la fondation de la Section française de l'internationale ouvrière (SFIO).

 

L’Elbeuvien du 24 février 1901

Conférence socialiste

Le groupe « le Réveil Social de Pont-de-l’Arche » organise pour le dimanche 24 février prochain, une conférence publique, gratuite et contradictoire avec le concours du citoyen Lepez, secrétaire de la fédération socialiste de la Seine-Inférieure, qui traitera : Du Nationalisme et de la Doctrine Socialiste.

Cette conférence se fera à 2 h. précises du soir, salle du premier étage, chez M. Motte, hôtel du Midi, à Pont-de-l’Arche.

Nous espérons que tous les citoyens vraiment libres, que tous les républicains de bonne foi, viendront assister à cette manifestation antiréactionnaire et protester contre l’invasion de la bande nationaliste qui est venue dimanche nous rendre visite.

 

Le 3 mars 1901

Conférence socialiste

Dimanche dernier, le citoyen Lepez faisait à Pont-de-l’Arche une causerie sur le nationalisme et la doctrine socialiste.

Parlant du nationalisme, dit le Petit Rouennais il en a expliqué le but tout de haine et de discorde, il a expliqué sa corrélation avec l’antisémitisme et rappelé les crimes commis au nom de ses politiques.

Puis, il a indiqué par quels moyens les socialistes croient pouvoir arriver à l’établissement de la société collectiviste, qu’il a esquissée à grands traits.

Après Lepez, le citoyen Fauconnier, d’Elbeuf, développe également les idées socialistes et, comme lui, se fait applaudir.

Les deux camarades s’élèvent énergiquement contre la guerre et engagent vivement tous les gens de cœur à s’unir en des groupes d’études sociales.

Des citoyens présents donnent immédiatement leur adhésion au groupe « le Réveil Social de Pont-de-l’Arche ».

Une quête au profit des mineurs de Montceau-lès-Mines a produit 7 fr. 10.

Un punch était offert aux camarades de Rouen et d’Elbeuf, et les membres du groupe ont fort bien dit des chansons socialistes.

Le Secrétaire

L'hôtel du Midi, actuellement l'Estaminet, était un des lieux de sociabilité, notamment politique, du Pont-de-l'Arche de la Belle-époque.

L'hôtel du Midi, actuellement l'Estaminet, était un des lieux de sociabilité, notamment politique, du Pont-de-l'Arche de la Belle-époque.

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 12:56

Dimanche 8 juin

Tostes et son histoire : visite et conférence

Avec 454 habitants, Tostes est une petite commune par sa taille mais pas par son histoire et son patrimoine. C’est ce qui vous sera démontré – s’il le fallait – par une visite de l’église Sainte-Anne (30 minutes) puis par une projection de photographies et de cartes dans la salle polyvalente (une heure). Les cinq hameaux de Tostes seront traités, ainsi que sa forêt aux nombreux vestiges archéologiques, ses constructions datant de la Renaissance... De quoi faire une belle promenade à travers les siècles et les ruelles…

Proposé par la commune de Tostes. Animé par Armand Launay. Entièrement gratuit. Rendez-vous à 16h devant l’église.

Tostes et son histoire : visite et conférence le dimanche 8 juin

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 15:56

Dimanche 20 avril
16h - église Notre-Dame-des-Arts

Concert par Michel Lepont, organiste titulaire

 

L'orgue sur le chemin de Pâques

 

Entrée libre
Renseignement auprès du service culturel de la Ville : 02 32 98 90 93

 

 

Pour plus d'infos sur l'orgue :

L’orgue de Pont-de-l’Arche présenté par son organiste

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 19:41

200 000 pages de ce blog ont été vues depuis sa création en octobre 2006 !

Etant donné le sujet très précis de mes articles, cette statistique fournie par l'hébergeur Overblog me va droit au coeur !

La barre des 200 000 pages a été franchie à l'occasion des élections municipales où beaucoup de personnes se sont intéressées, en amont, aux différents acteurs en présence et, le jour du scrutin, aux résultats.

 

200 000 pages vues !

Parmi les 10 articles les plus lus ces temps-ci, outre les élections et Richard Jacquet, il y a les deux usines de Pont-de-l'Arche : les chaussures Marco et son magasin d'usine de ce weekend (ne vous fiez pas au lien de l'article qui date de 2011) et Luneau technology operations. Autre article, Biotropica... La forêt de Bord attire beaucoup ainsi que le récent article sur la Folie-Vallée.

En un mot, le présent fournit des mots-clés aux internautes qui, je l'espèrent, découvrent d'autres aspects de la ville grâce aux renvois vers d'autres pages.

Autres articles fréquemment dans les 10 premiers consultés, l'église Notre-Dame-des-arts, renaissance au Havre, Montaure...

 

200 000 pages vues !

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 17:54
L'écharpe du maire sur le dos d'une des chaises des mariés (salle du Conseil municipal) (cliché Armand Launay, 2013).

L'écharpe du maire sur le dos d'une des chaises des mariés (salle du Conseil municipal) (cliché Armand Launay, 2013).

Un vote d’adhésion aux bilan et programme du maire sortant Richard Jacquet

 

23 mars – tour unique

Participation

Inscrits : 3070

Votants : 2106 (68,6 %)

Nuls ou blancs : 108

Exprimés : 1998

 

Répartition des suffrages exprimés par bureaux

 

 

Bureau de vote 1

(centre-ville)

Bureau de vote 2

(Kennedy-Jaunet)

Bureau de vote 3

(Bon-air)

Totaux

Questions d’avenir

392

(67,58 %)

492

(71,61 %)

553

(75,64 %)

1437

(71,92 %)

Pont-de-l’Arche ensemble

188

(34,41 %)

195

(28,38 %)

178

(24,35 %)

561

(28,08 %)

Totaux

 

580

(100 %)

687

(100 %)

731

(100 %)

1998

(100 %)

 

 

Les élus

24 colistiers de Questions d’avenir (dont les 4 conseillers communautaires de Pont-de-l’Arche)

Richard Jacquet, Chassy Angélique, Albert Naniyoula, Marie-Christine Calmon, Daniel Breiner, Carole Hervagault, Nicolas Bouillon, Chantal Moulin, Cédric Viguerard, Marie-Claude Lauret, Pascal Marie, Véronique Bertrand, Hervé Castel, Myriam Rasse, Nicolas Le Carff, Caroline Videment, Corentin Lecomte, Marie-Paule Forêt, Patrick Bellamy, Florence Coudoux, Cédric Niaudeau, Michelle Langlois, Christophe Otero, Maryvonne Davot.

3 colistiers de Pont-de-l’Arche ensemble

Hervé Lour, Anita Hervieux, Dominique Jachimiak.

 

Un électorat mobilisé

Le taux de participation archépontain, 68,6 %, est supérieur à la moyenne nationale (61,4 %). Il est très légèrement supérieur au taux de participation de Pont-de-l’Arche au premier tour de 2008 : 68,58 %, (66,54 % au niveau national). Le scrutin de 2008 fut très disputé avec quatre listes en présence. Ceci démontre que le scrutin de 2014 n’a pas moins intéressé l’électorat. La participation archépontaine est contraire à la tendance nationale. Les deux listes archépontaines ont su sensibiliser les électeurs et les élus n’en ont que plus de légitimité.  

 

Richard Jacquet : un bilan reconnu

L’équipe de Richard Jacquet rassembla 815 voix en 2008. Avec 66 suffrages exprimés de plus en 2014, son équipe en rassemble 1437 six ans plus tard. Ces 622 voix supplémentaires montrent que le bilan de Richard Jacquet est accepté et que son équipe est reconnue à sa place et fondée à poursuivre ses projets selon le même mode d’action.

 

Une opposition faible

« Pont-de-l’Arche ensemble » a rassemblé des personnes plutôt marquées à droite, à commencer par sa tête de liste Hervé Lour, et réalise son meilleur résultat (34,41 %) dans le bureau traditionnellement plus conservateur de la ville : le bureau 1. Toutefois, en 2014 ce bureau ne donne que 188 voix à « Pont-de-l’Arche ensemble » quand il en donnait 174 aux deux listes de droite présentes au premier tour de 2008 et 226 à la liste « Pont-de-l’Arche pour tous » de Dominique Jachimiak. Ceci démontre que la stratégie d’union entre l’ancien maire et Hervé Lour n’a pas fonctionné. Elle a dû dissuader une partie de l’électorat de droite de se reporter sur ce curieux attelage entre une tête de liste UDI et un ancien maire qui souhaitait présenter une liste amie du Front de gauche jusqu’en septembre 2013 et qui a écrit qu’il se retirait de la vie publique. Cette stratégie a dû fédérer quelques électeurs restés fidèles à l’ancien maire mais pas en nombre suffisant pour garantir le résultat habituel de la droite aux municipales archépontaines. Dominique Jachimiak a perdu tout poids électoral, du moins positif.

Qui plus est, la liste d’Hervé Lour est arrivée très tard dans la mandature et même dans la campagne. Elle a repris les grandes lignes du programme de Questions d’avenir en modifiant, toutefois, la localisation des grands projets structurants et en engendrant, de ce fait, des dépenses irréalistes. Un programme qui traduit le manque de temps de réflexion et une trop récente implication dans la vie locale. Notons aussi que la démobilisation de l’électorat socialiste au niveau national ne s’est pas faite sentir à Pont-de-l’Arche où le scrutin semble avoir gardé sa portée locale en focalisant sur les individus et les projets.

 

Une opposition essentielle

« Pont-de-l’Arche ensemble » a vivifié le débat démocratique de ces élections et accru la participation. Cette liste a fait réélire en beauté Richard Jacquet à un score jamais égalé. Il lui est donné, comme 3 de ses 4 prédécesseurs directs, de faire au moins un second mandat. Il ne rejoint donc pas Dominique Jachimiak au banc des désavoués. L’intérêt de la Ville, qui a su trouver son équipe, est désormais d’avoir une opposition constructive, rappelant l’équipe majoritaire à la meilleure vigilance qui soit et offrant à la population un autre axe de lecture de l’action publique locale. 

Au matin du 24 mars 2014, rue Maurice-Delamare (cliché Armand Launay).

Au matin du 24 mars 2014, rue Maurice-Delamare (cliché Armand Launay).

Commentaire rédigé avant les élections :

Une opposition hétéroclite contre le maire sortant Richard Jacquet.

 

=> scrutin de liste respectant la parité et offrant à élire, pour la première fois, les conseillers intercommunaux, fixés à 4 pour Pont-de-l’Arche. Un seul tour possible, le 23 mars, en raison de la candidature de deux seules listes.

 

Avant janvier 2014, une liste unique...

Si les élections municipales de 2008 ont vu quatre listes s’opposer, celles de 2014 semblaient bien moins disputées avant la mi-janvier 2014. En effet, seule la liste de Richard Jacquet, issue de l’association Questions d’avenir, était entrée en campagne. Cette situation traduisait l’affaiblissement de l’opposition « Pont-de-l’Arche pour tous », menée par l’ancien maire Dominique Jachimiak. Cette perte de vitesse est due au départ de certains des membres – et élus – de l’opposition ayant rejoint Richard Jacquet à l’automne 2013 notamment à cause de divergences sur les stratégies d’alliance de leur mentor.

Le résultat connu d’avance semblait propre à démobiliser l’électorat, en plus de l’abstention prévisible des personnes désirant sanctionner l’équipe sortante. Cette abstention, prévue à la hausse par rapport aux précédentes élections municipales, aurait pu laisser à la future équipe et à ses contempteurs l’impression d’être « mal élue ».

 

L'arrivée de "Pont-de-l'Arche ensemble"

L’annonce dans La Dépêche de Louviers du 17 janvier 2014 de la candidature de la liste « Pont-de-l’Arche ensemble » modifie la donne. Hervé Lour, épaulé par Dominique Jachimiak, rend le résultat de ces élections sinon incertain du moins plus intéressant. Ceci dans la mesure, entre autres, où un débat contradictoire aura lieu et des candidats d’opposition pourront être élus (mais combien ? Avec deux listes, un seul tour suffira à désigner les élus. Lire le mode de calcul sur elunet.org). Qui plus est, un duel entre une tête de liste de gauche et une tête de liste de droite clarifiera le débat dans la ville, chose nouvelle depuis l'effacement de la droite archépontaine au Conseil municipal après le départ de Roland Levillain.

Les précédentes élections analysées sur ce blog ont montré deux facteurs expliquant l’élection d’une liste : sa capacité à rassembler et la qualité de l’opposition.

 

La popularité de "Questions d'avenir" en question

En six ans, l’équipe de Questions d’avenir (dans laquelle nous avons été élu) n’a pas soulevé de protestation groupée et organisée sur un de ses projets, sur sa manière de consulter les citoyens ou sur un évènement extérieur (intercommunalité, projet routier ou industriel…). Ceci la différencie du mandat de Dominique Jachimiak contesté sur plusieurs points (dont Le Mutant) et du dernier mandat de Paulette Lecureux perturbé par la question de l’intercommunalité. L’équipe de Richard Jacquet n’a pas connu de scission, de perte d’élus en nombre. Elle en a même gagné deux en fin de mandat. Avec la neutralité du Front de gauche cantonal, Questions d'avenir représente bel et bien l'union de la gauche sans toutefois arborer d'étiquette partisane. Elle compte néanmoins quelques citoyens qui ne se revendiquent pas de gauche. Cette liste laisse l’image, que les gens soient ses partisans ou non, d’une équipe impliquée. Ce travail s’est traduit par une amélioration des services publics (création du Tremplin, constitution d’une police municipale, organisation de l’Espace jeunes…), des réalisations immobilières et urbaines et ce sans augmentation d’impôts. Pour autant, cette liste n’a pas suscité l’adhésion unanime des citoyens comme en témoigne la constitution d’une autre liste.

 

Quid de la pertinence de "Pont-de-l'Arche ensemble" ?

La qualité de l’opposition détermine elle aussi l’issue d’un scrutin. « Pont-de-l’Arche ensemble » est une organisation qui apparait dans le sprint final des élections. Des citoyens peineront à parier sur un coureur demeuré inconnu durant six années de mandat où les candidats doivent alimenter la vie publique pour être connus, reconnus et prétendre être (ré)élus. Un des meneurs de cette liste, Dominique Jachimiak, s’est fait connaitre dans l’opposition au sein du Conseil municipal mais plutôt comme soutien ponctuel du Front de gauche (aux cantonales de 2011 et lors d’une tentative avortée de constitution de liste en septembre 2013 en vue des élections municipales). Celui-ci, dont l’association a perdu du souffle en fin de mandat, se retrouve donc au côté d’Hervé Lour qui a déjà affiché dans La Dépêche de Louviers déjà citée son appartenance à l’Union des démocrates et indépendants (UDI), une formation politique classée à droite. Il fut conseiller municipal dans l'équipe de Dominique Jachimiak de 2001 à 2008 avant de marquer une divergence en 2008 où il fut candidat sur la liste « Demain, Pont-de-l’Arche » conduite par Eric Réboli et majoritairement composée de citoyens marqués à droite.

 

L'électorat potentiel et disparate de l'opposition

Les parcours des deux instigateurs de la liste « Pont-de-l’Arche ensemble » étonneront donc certains électeurs qui pourront être tentés de penser qu’il y a là plus une alliance contre Richard Jacquet qu’un réel partage de vues politiques. C'est ce que confirme la venue de Ludovic Aumont, adjoint de Richard Jacquet, dans cette liste (La Dépêche de Louviers du 30 janvier 2014). Cette nouvelle liste s’agrègera néanmoins les voix des électeurs restés fidèles à Dominique Jachimiak et ceux opinant à droite car c'est bien ici que se trouvent rassemblés le plus de citoyens archépontains de cette tendance. Ceci peut-être pondéré par le fait qu’aux élections municipales les électeurs ne votent pas nécessairement pour leur couleur politique mais bien plus pour la pertinence d’une équipe. Ainsi on retrouve difficilement aux municipales les voix allant à droite aux présidentielles. Au premier tour des municipales de 2008, la droite réunissait 23 % des voix alors qu’elle totalisait 63 % des voix au premier tour des présidentielles de 2007 et encore 53 % en 2012. La dernière catégorie d’électeurs potentiels de « Pont-de-l’Arche ensemble » rassemblera les personnes désirant sanctionner l’équipe de Richard Jacquet. Le résultat de la liste d’Hervé Lour ne permettra pas de distinguer les motivations des électeurs de l’opposition mais le nombre de voix sera un indicatif de la popularité du premier magistrat actuel, de son bilan, et de sa nouvelle équipe.

 

 

Annexes

Composition de la liste "Pont-de-l'Arche ensemble"

Ludovic Aumont (directeur d'école primaire), Virginia Bellenger (ATSEM), Olivier Bonhomme (cadre commercial), Odile Bréant (assistante qualité), Johann Bréant (sollier moquettiste), Rodolphe Cariou (responsable déploiement), Sébastien Danel (ingénieur travaux neufs), Hervé Dehame (infirmier), Sigrid Demon (technicienne qualité), Nicolas Deshayes (commercial indépendant), Sophie Elisalt (assistante commerciale), Valérie Forfait (enseignante), Roland Garreau (retraité artisan carrossier), Sandra Henrio (assistante de direction), Anita Hervieux (retraitée des assurances), Dominique Jachimiak (cadre de l'éducation nationale), Hervé Lour (chef de centre de sapeurs-pompiers), Vincent Loyauté (responsable régional), Jonathan Macé (ouvrier), Ida Molinaro (graphiste), Doris Perreaux (gérante de société), Joël Pétrel (responsable achat approvisionnement), Alicia Tedbirth (intérimaire), Dominique Tinel (retraitée de l'administration territoriale), Magdalena Van Duffel (assistante de vie scolaire), Liliane Vigie (retraitée), Mike Vlerick (technicien en bureau d'études).

 

Composition de la liste "Questions d'avenir" :

Richard Jacquet (chargé de mission en développement durable), Chassy Angélique (attachée de l'enseignement et de la recherche), Albert Naniyoula (directeur d'établissement médicosocial), Marie-Christine Calmon (conseillère en ingénierie sociale), Daniel Breiner (retraité EDF), Carole Hervagault (rédactrice d'assurances), Nicolas Bouillon (directeur d'établissement social), Chantal Moulin (employée de La Poste), Cédric Viguerard (chef d'équipe en transport express régional), Marie-Claude Lauret (retraitée de l'INSEE), Pascal Marie (technicien de photocopieurs), Véronique Bertrand (technicienne en gestion de production), Hervé Castel (greffier des services judiciaires), Myriam Rasse (retraitée de l'éducation nationale), Nicolas Le Carff (agent de maintenance SNCF), Caroline Videment (ingénieure), Corentin Lecomte (étudiant), Marie-Paule Forêt (technicienne de gestion), Patrick Bellamy (technicien en téléphonie), Florence Coudoux (agent de recouvrement), Cédric Niaudeau (coordinateur enfance-jeunesse), Michelle Langlois (retraitée), Christophe Otero (informaticien), Maryvonne Davot (demandeuse d'emploi), Mickaël Polard (responsable adjoint de préparation), Yveline Barbette (secrétaire), Xavier Charlet (technicien de maintenance).

 

A lire aussi...

Le portail des élections à Pont-de-l'Arche

 

 

Détail de façade et végétation de printemps (cliché Armand Launay, mars 2014).

Détail de façade et végétation de printemps (cliché Armand Launay, mars 2014).

Armand Launay

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 19:17

La Folie-Vallée est un nom désignant une belle maison bourgeoise du XVIIIe siècle aussi connue, un temps, sous le nom de Villa Sainte-Anne. Elle est située dans un parc le long de l’avenue De-Lattre-de-Tassigny, près du rondpoint des écoles. La Folie-Vallet (sic) désigne aussi un espace du plan cadastral de la commune.

 

La Folie-Vallée vue depuis l'avenue De-Lattre-de-Tassigny en février 2014 (cliché Armand Launay).

La Folie-Vallée vue depuis l'avenue De-Lattre-de-Tassigny en février 2014 (cliché Armand Launay).

Bien peu le savent, mais en 1954 le parc de cette demeure privée a été coupé en deux à cause de la création de la route raccordant le nouveau pont de Pont-de-l’Arche à l’avenue de la Forêt-de-Bord, aux Damps. Auparavant, son parc allait jusqu’à la rue Maurice-Delamare, ancienne route du Vaudreuil. Ainsi, les espaces verts jouxtant le groupe scolaire Maxime-Marchand sont des vestiges de ce parc. Le beau mur en moellon calcaire qui clôt partiellement la cour de récréation est un vestige de l’ancienne emprise foncière de la Folie-Vallée.

Difficile d'imaginer que les espaces verts près des écoles faisaient partie du parc de la Folie-Vallée avant 1954 où fut créée la route raccordant le pont de Pont-de-l'Arche à l'avenue de la Forêt-de-Bord aux Damps (cliché Armand Launay, février 2014).

Difficile d'imaginer que les espaces verts près des écoles faisaient partie du parc de la Folie-Vallée avant 1954 où fut créée la route raccordant le pont de Pont-de-l'Arche à l'avenue de la Forêt-de-Bord aux Damps (cliché Armand Launay, février 2014).

Avant d’être urbanisée à la fin des années 1960, la rue Président-Kennedy portait le nom de sente de la Folie-Vallet et conduisait les promeneurs venus de la ville en contrebas de la ferme de La Borde, à l’entrée de la forêt. C’est ce que nous montre le plan cadastral dessiné en 1834.

 

Ce détail du plan cadastral de 1834 montre que la Folie-Vallet a donné son nom à une sente et à un espace du cadastre (Archives départementales de l'Eure).

Ce détail du plan cadastral de 1834 montre que la Folie-Vallet a donné son nom à une sente et à un espace du cadastre (Archives départementales de l'Eure).

Un détail plus précis du même plan cadastral montre la demeure de la Folie-Vallée telle qu’elle existe aujourd’hui, c’est-à-dire avec un avant-corps aux murs gouttereaux. On y voit la rue Marie-Morel-Billet, désignée sobrement « Chemin des Hayes » comme il s'appelle encore dans sa partie dampsoise. Les bâtiments sur sa gauche sont ceux de la propriété récemment rasée à l’encoignure de la rue des Soupirs et de la rue Marie-Morel-Billet (laissant place à la résidence Lucie-et-Raymond-Aubrac).

Ce détail du même plan cadastral localise la Folie-Vallée au même emplacement qu'aujourd'hui et avec les mêmes caractéristiques architecturales : un avant-corps aux murs gouttereaux (Archives départementales de l'Eure).

Ce détail du même plan cadastral localise la Folie-Vallée au même emplacement qu'aujourd'hui et avec les mêmes caractéristiques architecturales : un avant-corps aux murs gouttereaux (Archives départementales de l'Eure).

Que signifie Folie-Vallée ?

Nous pourrions penser que le tout proche Val des Damps aurait accueilli des personnes un peu fatiguées du chef. Mais le mot « folie » désigne des maisons de villégiature aristocratiques ou bourgeoises situées en dehors des villes.   

Quant à l’élément « Vallée », il est orthographié « Vallet » sur le plan cadastral. Ceci nous fait penser au nom d’une des grandes familles d’officiers du roi exerçant au bailliage de Pont-de-l’Arche. Comme on le lit sous la plume de Bernadette Boutelet (page 254) en 1634 Jean Vallet, greffier ordinaire à la vicomté, était présent à un procès. Quant à Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme, ils citent en 1688 un Jean-Baptiste Vallée du Parc, lieutenant particulier, antien civil et criminel du bailli de Rouen ; en 1671 Jean-Baptiste du Parc, lieutenant général en la vicomté et en 1675 Jean-Baptiste Vallée du Parc, lieutenant général du bailliage. Les Archives nationales ont conservé, parmi les provisions d’offices royaux (1270-1790) le nom de Jacques Vallet, frère de Pierre Vallet, procureur, greffier à la maitrise des eaux et forêts. Sa lettre de provision date du 19 juillet 1731 (cote de la lettre : V/1/284 pièce 421). De là à penser qu’un membre de cette riche famille des Vallet s’est fait construire une folie aux abords de Pont-de-l’Arche, il n’y a qu’un pas que nous franchissons. Nous ne savons cependant pas si le nom de Folie-Vallet a été donné par les propriétaires du lieu ou s'il s'agit-là d'une appellation populaire. En revanche, si l'on adhère à la thèse selon laquelle Vallée désigne la famille Vallet, la graphie Folie-Vallée est fautive.

 

Quoiqu’il en soit, la Folie-Vallet fait partie des demeures aristocratiques bâties autour de Pont-de-l’Arche parmi lesquelles nous avons étudié le Château du Centre de loisirs et l’hôtel Alexandre-Delafleurière. Elle annonce les maisons bourgeoises des faubourgs de Pont-de-l’Arche et des Damps qui ont abrité des riches familles locales et attiré des Rouennais et des Parisiens dans notre contrée.   

 

Sources

Boutelet Bernadette, Etude par sondage de la criminalité dans le bailliage du Pont-de-l’Arche (XVIIe-XVIIIe siècles) : de la violence au vol : en marche vers l’escroquerie, Annales de Normandie, 12e année, n° 4, 1962, pages 235 à 262.

Charpillon Louis-Étienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, pages 662 à 674.     

 

La Folie-Vallet sur une carte postale du début du XIXe siècle écrite, semble-t-il, par Léon Bataille, prorpiétaire des lieux et maire de la ville (avec nos remerciements à Daniel Hector Costa).

La Folie-Vallet sur une carte postale du début du XIXe siècle écrite, semble-t-il, par Léon Bataille, prorpiétaire des lieux et maire de la ville (avec nos remerciements à Daniel Hector Costa).

Armand Launay

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A l'entrée de la rue Marie-Morel-Billet, vers Les Damps et en partant de l'avenue De-Lattre-de-Tassigny, se trouve une pierre sculptée enchâssée dans le mur en moellon calcaire d'un bâtiment annexe de la Folie-Vallée. Il représente un ange gravé en bas-relief surmonté d'un bandeau portant les caractères suivants : "C:IHC". Il nous semble qu'il s'agit-là d'un éclat de travail réalisé au XXe siècle et imitant l'art gothique (cliché Armand Launay, décembre 2010).

A l'entrée de la rue Marie-Morel-Billet, vers Les Damps et en partant de l'avenue De-Lattre-de-Tassigny, se trouve une pierre sculptée enchâssée dans le mur en moellon calcaire d'un bâtiment annexe de la Folie-Vallée. Il représente un ange gravé en bas-relief surmonté d'un bandeau portant les caractères suivants : "C:IHC". Il nous semble qu'il s'agit-là d'un éclat de travail réalisé au XXe siècle et imitant l'art gothique (cliché Armand Launay, décembre 2010).

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...