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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 15:15

L’église Notre-Dame est sans conteste le joyau architectural de Montaure (Eure). Son histoire est liée à un ancien prieuré créé en ce lieu par les moines de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen.

 

 

Notre-Dame de Montaure par une chaude journée estivale (cliché Armand Launay, juillet 2013)

Notre-Dame de Montaure par une chaude journée estivale (cliché Armand Launay, juillet 2013)

Les plus anciens seigneurs – connus – de Montaure, les Stigand, ont fait don de l’église et de son domaine à l’abbaye Saint-Ouen de Rouen avant 1018, date à laquelle ce don aurait été officialisé par le duc Richard II. L’abbaye Saint-Ouen établit en 1063 un prieuré à côté de l’église paroissiale. Cela explique que l’église Notre-Dame jouxte, de nos jours encore, un logis et un enclos prioraux. À en voir l’architecture, il semble que les religieux aient remplacé une église primitive par un édifice roman. Jusqu'à plus ample informé, la plus ancienne mention du patronage de la paroisse date de 1260 où, dans une charte de Bonport, il est question de la paroisse "Beate Marie de Monteaureo" (Jules Andrieux, page 252). 

 

L’église Notre-Dame

L’église est une propriété communale depuis 1905 et son affectataire est la paroisse catholique Notre-Dame des bois, pays de Louviers. Elle est le seul vestige des réalisations du XIe siècle dans la commune.

 

Architecture

Notre-Dame, de plan cruciforme, est couronnée d’un clocher carré central roman percé de baies géminées et couvert par une flèche de charpente polygonale. Cet édifice, réalisé en moellon calcaire et silex, pour le remplissage, et en pierre de taille pour le chainage, est doté d'une crypte sous le chœur. Un avant-corps en brique de pays couvre la porte d’entrée. Il semble dater du XIXe siècle. Le toit de l’église est fait de longs pans et les pignons sont couverts. La nef est dépourvue de collatéraux. Elle est couverte d’un berceau en charpente dont on voit nettement les vastes entraits. La croisée du transept présente quatre voutes en plein cintre caractéristiques du roman. Le chevet semble dater du XIIIe siècle avec ajout de contreforts et percement de baies au XVIe siècle. Ces baies comportent des remplages gothiques et portent des vitraux du XIXe siècle et XXe siècle. Le chœur, dont le pavage fut refait en 1849, est doté d’une porte murée qui permettait aux moines du prieuré d’entrer dans Notre-Dame. Leurs stalles (XVIIe siècle) sont encore en place à l’entrée du chœur. Une trappe offrait un accès, par escalier, à la crypte, du XIIIe siècle et réaménagée au XVIe siècle. Dans cette dernière, se trouve la résurgence d’une source. Un bassin en pierre recueille cette eau. Placée sous le patronage de Saint-Eustache, patron des chasseurs, cette eau était réputée pour la guérison des enfants peureux et le soin des malades de la danse de Saint-Guy. Cette fontaine, reliée aux deux puits de la place Jean-Baptiste-Charcot, atteste la présence d’une nappe phréatique durable qui explique assurément l’installation de maisons en ce lieu, certainement avant la christianisation. L’église a d’ailleurs pu, comme dans maints endroits, remplacer un lieu de culte païen. Quant aux maisons qui devaient être proches de l’église, la pente vers la ravine orientée vers le sud devait leur fournir une plus grande chaleur, un meilleur ensoleillement aux bêtes et aux cultures...

 

 

Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...
Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...

Fontaine Saint-Eustache, clocher, baies géminées, ouvertures étroites, avant-corps, baie gothique, intérieur de l'église en 1910 et en 1913 (clichés contemporains Armand Launay, 2013)...

Mobilier

  • le maitre-autel en bois (début XVIIe siècle ?) imite le marbre. Il comporte, à gauche, la statue de la Vierge à l'Enfant. En pierre polychromée, elle date de la seconde moitié du XVe siècle. Elle a été classée Monument historique au titre d’objet le 12 juillet 1912. Elle mesure 178 cm de hauteur (avec la plinthe). La base Mérimée précise que « Les orfrois du manteau de la Vierge sont décorés de lettres capitales d'aspect un peu fleuri, séparées par deux points superposés. Elles ne forment aucun mot reconnaissable, à l'exception d’ORA, peut-être par hasard. Il y a également des lettres fantaisistes, faites d'entrelacements sans signification. » L’Enfant tient une colombe dans sa main gauche. Le maitre-autel présente, à droite, la statue de Saint Jean-Baptiste. Au centre, une toile représente la Crucifixion ;

  • les fonts baptismaux (XVe siècle) sont en pierre calcaire sculptée. Le couvercle en bois est couvert d’étain gravé et doré du XVIIIe siècle. Ils sont inscrits sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 2004 ;

  • le calvaire de la poutre de gloire, autrefois adossé à la voute d’entrée de la croisée du transept, a été déplacé sur le mur du collatéral sud par mesure de sécurité. Ce groupe de trois éléments sculptés sur bois peint (XVe ou XVIe siècle et remanié au XIXe siècle) est inscrit sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 2004 ;

  • les stalles, au nombre de 10, semblent dater du XVIIe siècle. Le décor est assez sobre mais les séparateurs représentent des aigles, peut-être en référence à saint Jean. Ces stalles étaient utilisées par les moines bénédictins et séparaient, certainement avec les autels latéraux, le chœur de la nef où se trouvait le public. Au côté nord du chœur, une porte murée servait autrefois d’accès aux moines ;

  • la statue de Saint-Eustache fut taillée au XVIIe siècle dans du bois. Encore dotée d’une belle polychromie, elle est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis 2004 ;

  • les cloches sont baptisées Perrette-Edmée (1755) et Alexandrine-Jeanne (1865). La charpente et la couverture du clocher ont été restaurées de 2007 à 2008. En 2009, le mécanisme des cloches a été électrifié par la mairie et l’Association de sauvegarde du patrimoine ;

  • un portrait de l’abbé Anatole Toussaint, ancien curé se trouve sur le mur du collatéral nord. Curé de Montaure et botaniste, son portrait aurait été peint chez son ami Claude Monet par un de ses élèves ;

  • la chaire à prêcher date du XIXe siècle. Elle est ornée des personnages du Christ et la Vierge entourés des quatre évangélistes ;

  • un vitrail du XXe siècle, restauré sous la conduite du curé Pierre Bleunven, représente saint Pierre, reconnaissable à la clé et aux traits d’un pêcheur. Un vitrail représentant Jeanne d’Arc a été offert au XXe siècle par Maximilien Catoire, bienfaiteur à l’origine de la « Colonie », ancien hôpital qu’il dirigea durant la Première guerre mondiale. Il habita La Garde-Châtel. Le vitrail fut rénové depuis par la famille Catoire-De la Haye.

 

Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)
Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)
Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)
Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)
Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)

Fontaine Saint-Eustache, fonts baptismaux, stalles et statue Notre-Dame (clichés Armand Launay, septembre 2013)

Le logis prioral

Le logis prioral est le seul vestige du prieuré. Il a été construit par les bénédictins de Saint-Ouen de Rouen à partir de 1063 et ferma après 1663. L’église était partagée avec le curé. Trois à quatre moines formaient ici une annexe de la grande abbaye Saint-Ouen de Rouen. Les religieux faisaient valoir des terres et percevaient des revenus dans la région (Léry, Le Vaudreuil…) dont ils rendaient une part à leur abbaye de tutelle.

 

Le prieuré est couvert d’un toit à croupes garni de tuiles plates. On dit souvent que le toit du prieuré fut réalisé en forme de cercueil pour rappeler aux moines la condition humaine. Cela a dû intervenir trop tard car, dans son Registre des visites, l’archevêque de Rouen Eudes Rigaud (vers 1210-1275) a noté à plusieurs reprises que les trois à quatre religieux de Montaure acceptaient de boire dans le village, accueillaient des femmes dans le prieuré et se servaient de matelas, pourtant interdits dans leur ordre. Qui plus est, le prieuré ferma ses portes au moment où, vraisemblablement, fut construit le logis. Si l’on ne sait qui le posséda ensuite, il dût rester dans le giron d’un établissement religieux ou d’un noble exilé car il fut nationalisé à la Révolution puis revendu comme bien national le 22 aout 1792 à Louis Delarue, fabricant de draps à Elbeuf. Des pavés de fabrication locale orneraient son intérieur d’après Françoise Guilluy.

 

L’église et le logis prioral ont été reconnus par le Conservatoire régional qui les a inscrits sur la liste complémentaire des Monuments historiques le 30 septembre 1997 : l'ancien prieuré en totalité : l'église et son mur de soutènement, l'enclos monastique, les sols avec les vestiges qu'il contient, le logis prioral et son portail.

Diverses vues sur le logis prioral (clichés Armand Launay, été 2013)
Diverses vues sur le logis prioral (clichés Armand Launay, été 2013)
Diverses vues sur le logis prioral (clichés Armand Launay, été 2013)

Diverses vues sur le logis prioral (clichés Armand Launay, été 2013)

A lire aussi...

La croix monumentale de Montaure

Aux origines de Montaure et de son nom

 

Sources

- Amsellem Emmanuelle, « Les Stigand : des Normands à Constantinople », Revue des études byzantines, tome 57, 1999, pages 283 à 288 ;

- Andrieux Jules, Cartulaire de l'abbaye royale de Notre-Dame de Bon-Port de l'ordre de Citeaux au diocèse d'Evreux, Evreux, Auguste Hérissey, 1862, 434 pages ; 

- Association Saint-Blaise, Notre Dame de Montaure : l’église de la montagne dorée, 2013, 4 pages ;

- Bonnin Thierry, Regestrum visitationum archiepiscopi rothomagensis : journal des visites pastorales d'Eude Rigaud, archevêque de Rouen, Rouen, Le Brument, 1852, 876 pages.

- [Caresme Anatole], « Le prieuré de Montaure », 7 pages, Mélanges historiques, ch. XII, Louviers, imprimerie de Mlle Houssard et frère, document conservé à la médiathèque de Louviers sous la cote inv 9/454 et publié sur ce blog ;

- Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys, Delcroix, 1868, 960 pages, tome II, voir les pages 541 à 543 et publié sur ce blog ;

- Delisle Léopold, Passy Louis, Mémoires et notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l’histoire du département de l’Eure, tome II, Évreux, Auguste Hérissey, 1864 ;

- Guilluy Françoise, Tuiliers et potiers de l’Eure : La Haye-Malherbe et Montaure, Association pour la sauvegarde du patrimoine malherbois, 1995, 192 pages ;

- Ministère de la culture, Base Mérimée, www.culture.gouv.fr ;

- Quesné Victor, « Le Désert des carmes déchaussés de la Garde-Châtel », Bulletin de la Société d'études diverses, n° 6, 1903.

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 11:39
Blason aux deux cats sur une plaque de rue d'Heudebouville.

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Armand Launay

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 12:05

Traduction en portugais par Patricia Ridolfi, avec mes plus vifs remerciements.

O forte de Limaie detalhe do vitral de sirgagem

O forte de Limaie detalhe do vitral de sirgagem

Nascimento da cidade : motivos militares

A cidade de Pont-de-l’Arche nasceu após a construção de fortes militares constridos no terrotório de aldeia de Damps. Uma ponte de madeira foi posta sobre o Sena, à partir de 862, e protegida por dois fortes, un de cada lado do rio.

O cateiro dessas defesas, que marca o reion de Charles II ( Carlos II), denominado o Calvo, foi decidido e oficialisado durante os julgamentos de Pîtres. Por volta de 869, a ponte et dois fortes parecem terem sido acabados. Eles serviram sobretudo em 885 durante a ofenciva geral das forificações, fortalezas.do Norte, tendo por objetivo a ocupação de Paris. A ponte “ de l’Arche” (quer dizer da fortaleza) serviu à atrasar o avanço dos Noramandos. Estes tiveram quatro meses à ganhar Paris desde o embarcadour do Sena. No entanto, os reis dos Francos custaram à mobilisar plenamente as tropas dos vassalos. Desta forma o forte de Pont-de-l’Arche careceu provavelmente de homens de guarnição. Gullaume (Guilherme) Caillou, monge que tingiu as cronicas de Jumièges, foi relembrada un século e meio mais tarde, e apesar de varias imprecisões, foi que reforços francos vieram aos Damps para refoçar a guarnição da ponte de l’Arche. En vão, pois.

Foi perdido o fio da hitoria durante um lapso de tempo onde se articulam a queda do poder dos reis francos en favor aos duques da Normandia. O que aconteceu com a ponte depois de 911, data do nascimento da Noramndia?

En todos caso sabe-se a parqóuia de Pont-de-Arches aparece numa carta de Ricardo II, en 1020, qui concede à abadia de Jumière vários direitos esirituais sobretudo financeiros (especialmente sobre o trafico fluvial).

A cidade parece ter sido desenvolvida em torno da ponte, obra que necessitou a sirgagem dos barcos e oferecia a possibilidade de receber direitos de passagem.

Nascimento da cidade : motivos militares

 

O forte de Limaie detalhe do vitral de sirgagem

 

A cidade de Pont-de-l’Arche nasceu após a construção de fortes militares constridos no terrotório de aldeia de Damps. Uma ponte de madeira foi posta sobre o Sena, à partir de 862, e protegida por dois fortes, un de cada lado do rio.

O cateiro dessas defesas, que marca o reion de Charles II ( Carlos II), denominado o Calvo, foi decidido e oficialisado durante os julgamentos de Pîtres. Por volta de 869, a ponte et dois fortes parecem terem sido acabados. Eles serviram sobretudo em 885 durante a ofenciva geral das forificações, fortalezas.do Norte, tendo por objetivo a ocupação de Paris. A ponte “ de l’Arche” (quer dizer da fortaleza) serviu à atrasar o avanço dos Noramandos. Estes tiveram quatro meses à ganhar Paris desde o embarcadour do Sena. No entanto, os reis dos Francos custaram à mobilisar plenamente as tropas dos vassalos. Desta forma o forte de Pont-de-l’Arche careceu provavelmente de homens de guarnição. Gullaume (Guilherme) Caillou, monge que tingiu as cronicas de Jumièges, foi relembrada un século e meio mais tarde, e apesar de varias imprecisões, foi que reforços francos vieram aos Damps para refoçar a guarnição da ponte de l’Arche. En vão, pois.

 

Foi perdido o fio da hitoria durante um lapso de tempo onde se articulam a queda do poder dos reis francos en favor aos duques da Normandia. O que aconteceu com a ponte depois de 911, data do nascimento da Noramndia?

En todos caso sabe-se a parqóuia de Pont-de-Arches aparece numa carta de Ricardo II, en 1020, qui concede à abadia de Jumière vários direitos esirituais sobretudo financeiros (especialmente sobre o trafico fluvial).

A cidade parece ter sido desenvolvida em torno da ponte, obra que necessitou a sirgagem dos barcos e oferecia a possibilidade de receber direitos de passagem.

 

Desinvolvimento de um praça forte : competição na luta entre os dois reis da Ingaterra e da França

 

Pont-de-l'Arche aparece em seguida mais claramente nos arquivos das lutas entre Ricardo II Coração de Leão, duque de Noramndia e rei da Inglaterra, e Philippe II Auguste, rei de França. Ricardo Coração de Leão fez renovar a ponte da cidade e deu meios necessários à fundação da abadia de Bonport (dois kilometros de Pont-de-l’Arche). Nas lutas entre os dois monarcas, o castelo de Vaudreuil foi destruido o que, assm que o rei da França tomou posse da Normandia, facilitou a escolha de Pnot-de-l’Arche como sede militar local. Na verdade, Philippe Auguste fez de Pnot-de-l’Arche seu principal lugar de residencia na Normandia. Ele fez foritficar a cidade por muralhas de pedra talhada de Vemon ainda visiveis hoje en dia. Ele fez o mesmo pelo forte de Limae, situado do outro lado da ponte, margem direita, onde ele bloqueava o acesso, tal como um bureiro. Este forte era dotado de uma torre philipienne que era um oservatorio ideal sobre a circulaàéao fluvial e o sirgagem dos barcos. Os atributos geográficos, aliados aos atributos militares, fizeram que a cidade se torne a sede de um magistrado de Rouen. A data deste estabelessimento nos escapa.

 

 

O papel de Pont-de-l’Arche no dominio terriotorial e da policia interior

A base militar apresentava várias vantajens, tanto pelo dominio territoral perante à enventuais envasores que pela policia interior do reinado. Pont-de-l’Arche permetia o dominio da circulação fluvial e, então o abstecimento de Rouen, cidade que poderia cair nas mãos inimigas.

Isto foi a rasão pela qual nossa cidade foi desafio durante os combates que opuseram os reis de Inglaterra e da França durante a guerra dos cem anos.

Assim Henri V, Henrique V rei de Inglaterra, tornou-se mestre de Pont-de-l’Arche em 148. A cidade conheceu então uma ocupação inglesa até 1449. Em 1346, Eduardo III néao pode tomar Pont-de-l’Arche e prosegui a calvagada para Nantes.

Sobretudo, a cidade oferecia uma base de retraguada ideal no caso de um ataque da capital de alta Normandia :

- no contexo de uma luta contra a Liga do bem publico, em 1466, Luis XI estabeleceu um campo no vale situado entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre e isto após ter reconquistado o forte de Limae que tinha sido caido entre mãos de nobres de Louviers, coligados.

- em 1589, as tropas de Henrique IV, que segiaram Rouen, foram abastecidas a partir de Pont-de-l’Arche. Prevcisões que o governardor da cidada, Leblanc du Rollet tinha, entre os promeiros, aberto as portas da cidade à Henrique IV, rei contestado. Esse monarca tinha, em agradecimento, gratificado as armas da cicade de tres flores de lys reais. A cidade descreve o brasão desde então: de areia à ponte de prata construida de areia, ao chefe consturado de azur (azul) carregado por tres flores de ouro.

 

Bastilha descentrada de Rouen, Pont-de-l’Arche, era uma base de retirada em caso de revolta do povo normando. Era um lugar de segurança na medida onde não havia muitos habitantes aqui para provocar uma revolta ultrapassando as forças de policias locais. No mais, dominar a cidade nõ era suficiante:era necessario tomar de assalto o forte de Limae, do outro lado do Sena. Pont-de-l’Arche era então, por motivos de policias interior, de dominar o territorio em caso de guerra, um lugar estrategico:

- foi assim que os protestantes de roeuneses dominaram a cidade, em 1562, com 6 peças de artilharias na esperança de fazer um ganho. Eles se emararam diretamente do poder real, mais en vão pois a cidade ficou fielmente catolica.

- em 1650, a Fronde perturbou a utilidade das fortificações da cidade: o duque de Longueville utilisou a guarnição militar e o castelo contra o poder real. O conte d’Harcourt, que prtegia a viajem do monarca na Normandia, recebeu uma ordem de investir a praça. Ele foi acampar perto do muro com a ajuda dos habitantes que havaim apontado tres canões contra o castelo, do outro lado do Sena. O duque de Longueville se serviu deste lugar forte como um arguemento suplementar par negociar a paz com o rei. As muralhas de Pont-de-l’Arche, ainda visiveis hoje en dia, tornaram-se uma arma diante eventuais rebeldes.

O parlamento da Normandia e o povo de Rouen pediram várias vezes o encerramento destes aqui citados. Noentanto, os nobres que recebiam direitos sobre a cidade negociaram o manteve das foritficações.

 

Pont-de-l’Arche e a cobiça dos privilégios reais sob o Antigo Régime

As ambições não eram raras que olhavam Pont-de-l’Arche com interesse. A cidade contava com varias taxas que atiravam a avidez.

- a taxa do governador da cidade (policia militar local) : os mais nobres que obtiveram do rei os direitos de governar a cidade foam : Concini, marechal d’Ancre e aliado de Maria de Médicis, Albert de Luynes, Jean-Baptiste d’Ornano, Richelieu.

- 4 tribunais : o tribunal de primeira instancia (o magistrado), o recohlimento do imposto da talha (o trabalho do tabelião), o celeiro de sal ( sua venda era um monopolio de Estado) e a administração da águas e das florestas. Esses tribunais atiravam muitos oficais reais na cidade;

- os direitos menores (direitos de passagem sobre a ponte, direito de venda, direito de outorga....) Restaram um desquilibrio destas taxas: entre outros, a fabrica de lençois durou um certo tempo, a cidade de Pont-de-l”Arche não conhcecia nenhuma industria que alimentasse 1700 habitantes que a cidade contave nas vésperar de Revolução franscesa. Ela era que nada menos que a sede da administração local.

 

 

 

 

 

A Revolução franscesa e o Império ou o fin dos privilégios

A Revolução franscesa pois os ponteiro em ordem quendo fez de Louviers a sede da administração local : o papel militar e Pont-de-l”Arche tinha cedido desde muito tempo os beneficios em prol dos ganhos vindos da industria de manufaturas de Louvies, cidade bem mais populada. Em 1790, Elbeuf nõ foi incluida no novo departamento do Eure divido ao recuso de Louvier de coabiatar com seu concorrente fabricante de lençois. Essas dua cidades puderam então se torrnarem as sede da circunscrição.

Fora um juiz de paz e da municipalidade, Ponr-de-lArche perdeu toda função administrativa. Durante a Revolução, as novas municipalidade archéoontaines, archéopontenas, conheceram as mesmas disputas que aquelas que disputaram os nobres de antes a revolução. Todavia, essas eram publicas.

Após 1792, os republicanos avançados tomaram a politicas local. Alexandre de la Fleurière foi administrador de Criquebeuf. Esses dois hommes foram cassados por reação de terminador de 1795. Os pricipais problemas que a cidade conheceu durente esse periodo contituem as disputas entre os regimes do exércio revolucionario e os habitante os mais ligados ao culto católico. Eles conssistiam,sobretudo a famina. Esta era tão atroz que em variios lugares e que os habitants da cidade, desde longos séculos, ajudavam os barcos a passar a ponte que barrava o Sena. Eles puxaram os barco de trigo destinados à população de Paris mais de ventre vasio! Sem mesmo de poder comer de que refazesse as suas forças. Foi assim que els pararam de trabalhar e que eles pegaram o trigo que estavam estocados nos barcos... antes que o exercito não os reprimam.

Napoleão Bonaparte, que passou duas vezes por Pont-de-l’Arche, compreendeu o perigo par a policia interior e fez construir uma represa , inaugurada em 1813. Esta permitia de se dispensar de mão de obra local e continuando a encaminhar o pão que tranquilizava o povo e evitava assim eventuais movimentos de revoltados parisienses. Relembremos que o povo armado fez mudar o curso de Revolução por várias vezes ( a decadesncia do rei, a repressão dso girondinos...) O inicio de XIXe século foi um periodo de miseria para a cidade. Não tinha algum aconteceimento a não ser a ocupaçãp prussiana em 1815, a presença de uma loga maçonica e a criação de uma estação de Alizay-Pont-de-l’Arche em 1843.

 

A revolução industrial : a indusria de chinelos e sapatos

 

 

A revolução industrial atingiu o pais : a industria de chinelos se desenvolveu e trouxe um trabalho muito fracamente remunerado aos habitantes da regiõ poxima. Os chinelos, inicalemente era realizados nas casas dos operários, foram en saguida fabricados nas usinas construidas nas ruazinhas medievais da cidade à partir da metade do XIXe século. Esta industria se propagou e, entre as duas guerras, existiam umas de vinte usinas que empregavam milhares de pessoas. A fabrica de chinelos, e depois de sapatos após a Primeira Guerra mondial, contribui à enriquecer somente à seus proprietários, e notamente são visiveis ainda hoje em dia as belas manções nas avenidas da cidade.

Com a tomada de consnciencia da entreajuda, os operários da cidade fizeram greve em 1900, 1932, 1936 e 1954.... com a finalidade de mater, ou melhorar seus salários.

 

Guerra e destruições

A cidade conheceu a ocupação prussiana em 1870 por causa da ponta, que quase foi dinamitada. Ela acolheu um campo de exército inglês entre 1915 e 1920. Ela conheceu um combate entre os panzers de Rommel e os exércitos frances e inglês em 1940. Essas pontes foram um dos pricipais alvos locais de bombardeamentos aérios da Segunda Guerra mondial. Todavia os bombardeiosnão fez disaparecer o patrimonio da arquitetura da cidade : igreja gótica do XVIe, as casas de faixada de madeira do fin da Idade Média e do Antigo Regime, o tribunal,( ou a juridição ) do XVIIIe século principalmente, a casa do governardor (Xve século?), as muralhas (XIIIe século), o solar de Manon...

 

 

 

 

 

 

Personalidades

A ultima ponte da cidade foi inaugurada em 1955 pelo Senhor Mendès France que era então presidente do Coselho e também conselheiro do cantão de Pont-de-l’Arche. Pont-de-l’Arche ainda acolheu as personalidades letradas : Octave Mirabeau, escritor, Jules Massenet, compositor, Jacques-Henri Lartigues, fotografo. Porém a maior gloria da cidade é Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837), criança do pais, que era arqueólogo,artista desenhista, novelista...Este homem participou ao lançamento do estudo do patrimonio medieval normando. Ele foi o primeiro investigador do museu das antiguidades de Rouen e foi tambem professor na escola de belas artes. Varias amisades culturais se mobilisaram para homenagear sua memória e fianaciaram seu busto (desaparecido) e um medalhão à Pont-de-l’Arche. Os eleitos de Pont-de-l’Arche doaram seu nome à praça principal da cidade.

 

 

Crescimento demográfico e desenvolvimento dos serviços publicos depois de 1945

 

 

Desde a Segunda Guerra mundial, a cidade conheceu um grande crescimento demográfico consequente à varios projetos imobiliários que acolheram uma população desejosa de viver num quadro de vida agradável. Situada entre o Eure, o Sena e a floresta de Bord, a cidade de Pont-de-l’Arche, é muito proxima dos polos de empregos que são Rouen, Val-de-Reuil e Paris, facilmente ascessivel à partir da construção da autoestrada A 13 em 1967. Os municipios, geralmente situados à esquerda do jogo de xadres politico, companharam então o desenvolvimento dos servoços publicos definidos pelo Governo e enfreitando e assumindo ao crescimento demográfico proprio à cidade ( escolas, creches, infrastuturas esportivas,conservação das ruas e monumentos). Pont-de-l’Arche, comta hoje em dia mais de 4200 habitantes. A cidade faz parte, desde 2001, da comunidade das municipalidade Seine-Eure, que reune os municipios da região de Louviers et de Val-de-Reuil.

 Philippe Auguste fez foritficar a cidade por muralhas de pedra talhada ainda visiveis hoje en dia.

Philippe Auguste fez foritficar a cidade por muralhas de pedra talhada ainda visiveis hoje en dia.

Desinvolvimento de um praça forte : competição na luta entre os dois reis da Inglaterra e da França

Pont-de-l'Arche aparece em seguida mais claramente nos arquivos das lutas entre Ricardo II Coração de Leão, duque de Noramndia e rei da Inglaterra, e Philippe II Auguste, rei de França. Ricardo Coração de Leão fez renovar a ponte da cidade e deu meios necessários à fundação da abadia de Bonport (dois kilometros de Pont-de-l’Arche). Nas lutas entre os dois monarcas, o castelo de Vaudreuil foi destruido o que, assm que o rei da França tomou posse da Normandia, facilitou a escolha de Pont-de-l’Arche como sede militar local. Na verdade, Philippe Auguste fez de Pont-de-l’Arche seu principal lugar de residencia na Normandia. Ele fez foritficar a cidade por muralhas de pedra talhada ainda visiveis hoje en dia. Ele fez o mesmo pelo forte de Limae, situado do outro lado da ponte, margem direita, onde ele bloqueava o acesso, tal como um bureiro. Este forte era dotado de uma torre philipienne que era um oservatorio ideal sobre a circulaàéao fluvial e o sirgagem dos barcos. Os atributos geográficos, aliados aos atributos militares, fizeram que a cidade se torne a sede de um magistrado de Rouen. A data deste estabelessimento nos escapa.

 

 

O papel de Pont-de-l’Arche no dominio terriotorial e da policia interior

A base militar apresentava várias vantajens, tanto pelo dominio territoral perante à enventuais envasores que pela policia interior do reinado. Pont-de-l’Arche permetia o dominio da circulação fluvial e, então o abstecimento de Rouen, cidade que poderia cair nas mãos inimigas.

Isto foi a rasão pela qual nossa cidade foi desafio durante os combates que opuseram os reis de Inglaterra e da França durante a guerra dos cem anos.

Assim Henri V, Henrique V rei de Inglaterra, tornou-se mestre de Pont-de-l’Arche em 148. A cidade conheceu então uma ocupação inglesa até 1449. Em 1346, Eduardo III néao pode tomar Pont-de-l’Arche e prosegui a calvagada para Nantes.

Sobretudo, a cidade oferecia uma base de retraguada ideal no caso de um ataque da capital de alta Normandia :

- no contexo de uma luta contra a Liga do bem publico, em 1466, Luis XI estabeleceu um campo no vale situado entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre e isto após ter reconquistado o forte de Limae que tinha sido caido entre mãos de nobres de Louviers, coligados.

- em 1589, as tropas de Henrique IV, que segiaram Rouen, foram abastecidas a partir de Pont-de-l’Arche. Prevcisões que o governardor da cidada, Leblanc du Rollet tinha, entre os promeiros, aberto as portas da cidade à Henrique IV, rei contestado. Esse monarca tinha, em agradecimento, gratificado as armas da cicade de tres flores de lys reais. A cidade descreve o brasão desde então: de areia à ponte de prata construida de areia, ao chefe consturado de azur (azul) carregado por tres flores de ouro.

 

Bastilha descentrada de Rouen, Pont-de-l’Arche, era uma base de retirada em caso de revolta do povo normando. Era um lugar de segurança na medida onde não havia muitos habitantes aqui para provocar uma revolta ultrapassando as forças de policias locais. No mais, dominar a cidade nõ era suficiante:era necessario tomar de assalto o forte de Limae, do outro lado do Sena. Pont-de-l’Arche era então, por motivos de policias interior, de dominar o territorio em caso de guerra, um lugar estrategico:

- foi assim que os protestantes de roeuneses dominaram a cidade, em 1562, com 6 peças de artilharias na esperança de fazer um ganho. Eles se emararam diretamente do poder real, mais en vão pois a cidade ficou fielmente catolica.

- em 1650, a Fronde perturbou a utilidade das fortificações da cidade: o duque de Longueville utilisou a guarnição militar e o castelo contra o poder real. O conte d’Harcourt, que prtegia a viajem do monarca na Normandia, recebeu uma ordem de investir a praça. Ele foi acampar perto do muro com a ajuda dos habitantes que havaim apontado tres canões contra o castelo, do outro lado do Sena. O duque de Longueville se serviu deste lugar forte como um arguemento suplementar par negociar a paz com o rei. As muralhas de Pont-de-l’Arche, ainda visiveis hoje en dia, tornaram-se uma arma diante eventuais rebeldes.

O parlamento da Normandia e o povo de Rouen pediram várias vezes o encerramento destes aqui citados. Noentanto, os nobres que recebiam direitos sobre a cidade negociaram o manteve das foritficações.

Bailiado de Pont-de-l'Arche

Bailiado de Pont-de-l'Arche

Pont-de-l’Arche e a cobiça dos privilégios reais sob o Antigo Régime

As ambições não eram raras que olhavam Pont-de-l’Arche com interesse. A cidade contava com varias taxas que atiravam a avidez.

- a taxa do governador da cidade (policia militar local) : os mais nobres que obtiveram do rei os direitos de governar a cidade foam : Concini, marechal d’Ancre e aliado de Maria de Médicis, Albert de Luynes, Jean-Baptiste d’Ornano, Richelieu.

- 4 tribunais : o tribunal de primeira instancia (o magistrado), o recohlimento do imposto da talha (o trabalho do tabelião), o celeiro de sal (sua venda era um monopolio de Estado) e a administração da águas e das florestas. Esses tribunais atiravam muitos oficais reais na cidade;

- os direitos menores (direitos de passagem sobre a ponte, direito de venda, direito de outorga....) Restaram um desquilibrio destas taxas: entre outros, a fabrica de lençois durou um certo tempo, a cidade de Pont-de-l”Arche não conhcecia nenhuma industria que alimentasse 1700 habitantes que a cidade contave nas vésperar de Revolução franscesa. Ela era que nada menos que a sede da administração local.

 

 

A Revolução franscesa e o Império ou o fin dos privilégios

A Revolução franscesa pois os ponteiro em ordem quendo fez de Louviers a sede da administração local : o papel militar e Pont-de-l”Arche tinha cedido desde muito tempo os beneficios em prol dos ganhos vindos da industria de manufaturas de Louvies, cidade bem mais populada. Em 1790, Elbeuf nõ foi incluida no novo departamento do Eure divido ao recuso de Louvier de coabiatar com seu concorrente fabricante de lençois. Essas dua cidades puderam então se torrnarem as sede da circunscrição.

Fora um juiz de paz e da municipalidade, Pont-de-l'Arche perdeu toda função administrativa. Durante a Revolução, as novas municipalidade archéopontenas, conheceram as mesmas disputas que aquelas que disputaram os nobres de antes a revolução. Todavia, essas eram publicas.

Após 1792, os republicanos avançados tomaram a politicas local. Alexandre de la Fleurière foi administrador de Criquebeuf. Esses dois hommes foram cassados por reação de terminador de 1795. Os pricipais problemas que a cidade conheceu durente esse periodo contituem as disputas entre os regimes do exércio revolucionario e os habitante os mais ligados ao culto católico. Eles conssistiam,sobretudo a famina. Esta era tão atroz que em variios lugares e que os habitants da cidade, desde longos séculos, ajudavam os barcos a passar a ponte que barrava o Sena. Eles puxaram os barco de trigo destinados à população de Paris mais de ventre vasio! Sem mesmo de poder comer de que refazesse as suas forças. Foi assim que els pararam de trabalhar e que eles pegaram o trigo que estavam estocados nos barcos... antes que o exercito não os reprimam.

Napoleão Bonaparte, que passou duas vezes por Pont-de-l’Arche, compreendeu o perigo par a policia interior e fez construir uma represa , inaugurada em 1813. Esta permitia de se dispensar de mão de obra local e continuando a encaminhar o pão que tranquilizava o povo e evitava assim eventuais movimentos de revoltados parisienses. Relembremos que o povo armado fez mudar o curso de Revolução por várias vezes ( a decadesncia do rei, a repressão dso girondinos...). O inicio de XIXe século foi um periodo de miseria para a cidade. Não tinha algum aconteceimento a não ser a ocupaçãp prussiana em 1815, a presença de uma loga maçonica e a criação de uma estação de Alizay-Pont-de-l’Arche em 1843.

 

A revolução industrial : a indusria de chinelos e sapatos

A revolução industrial atingiu o pais : a industria de chinelos se desenvolveu e trouxe um trabalho muito fracamente remunerado aos habitantes da regiõ poxima. Os chinelos, inicalemente era realizados nas casas dos operários, foram en saguida fabricados nas usinas construidas nas ruazinhas medievais da cidade à partir da metade do XIXe século. Esta industria se propagou e, entre as duas guerras, existiam umas de vinte usinas que empregavam milhares de pessoas. A fabrica de chinelos, e depois de sapatos após a Primeira Guerra mondial, contribui à enriquecer somente à seus proprietários, e notamente são visiveis ainda hoje em dia as belas manções nas avenidas da cidade.

Com a tomada de consnciencia da entreajuda, os operários da cidade fizeram greve em 1900, 1932, 1936 e 1954.... com a finalidade de mater, ou melhorar seus salários.

A indusria de chinelos e sapatos

A indusria de chinelos e sapatos

Guerra e destruições

A cidade conheceu a ocupação prussiana em 1870 por causa da ponta, que quase foi dinamitada. Ela acolheu um campo de exército inglês entre 1915 e 1920. Ela conheceu um combate entre os panzers de Rommel e os exércitos frances e inglês em 1940. Essas pontes foram um dos pricipais alvos locais de bombardeamentos aérios da Segunda Guerra mondial. Todavia os bombardeiosnão fez disaparecer o patrimonio da arquitetura da cidade : igreja gótica do XVIe, as casas de faixada de madeira do fin da Idade Média e do Antigo Regime, o tribunal,( ou a juridição ) do XVIIIe século principalmente, a casa do governardor (Xve século?), as muralhas (XIIIe século), o solar de Manon...

 

Personalidades

A ultima ponte da cidade foi inaugurada em 1955 pelo Senhor Mendès France que era então presidente do Coselho e também conselheiro do cantão de Pont-de-l’Arche. Pont-de-l’Arche ainda acolheu as personalidades letradas : Octave Mirabeau, escritor, Jules Massenet, compositor, Jacques-Henri Lartigues, fotografo. Porém a maior gloria da cidade é Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837), criança do pais, que era arqueólogo, artista desenhista, novelista...Este homem participou ao lançamento do estudo do patrimonio medieval normando. Ele foi o primeiro investigador do museu das antiguidades de Rouen e foi tambem professor na escola de belas artes. Varias amisades culturais se mobilisaram para homenagear sua memória e fianaciaram seu busto (desaparecido) e um medalhão à Pont-de-l’Arche. Os eleitos de Pont-de-l’Arche doaram seu nome à praça principal da cidade.

História de Pont-de-l'Arche (Normandia)

Crescimento demográfico e desenvolvimento dos serviços publicos depois de 1945

Desde a Segunda Guerra mundial, a cidade conheceu um grande crescimento demográfico consequente à varios projetos imobiliários que acolheram uma população desejosa de viver num quadro de vida agradável. Situada entre o Eure, o Sena e a floresta de Bord, a cidade de Pont-de-l’Arche, é muito proxima dos polos de empregos que são Rouen, Val-de-Reuil e Paris, facilmente ascessivel à partir da construção da autoestrada A 13 em 1967. Os municipios, geralmente situados à esquerda do jogo de xadres politico, companharam então o desenvolvimento dos servoços publicos definidos pelo Governo e enfreitando e assumindo ao crescimento demográfico proprio à cidade ( escolas, creches, infrastuturas esportivas,conservação das ruas e monumentos). Pont-de-l’Arche, comta hoje em dia mais de 4200 habitantes. A cidade faz parte, desde 2001, da comunidade das municipalidade Seine-Eure, que reune os municipios da região de Louviers et de Val-de-Reuil.

Armand Launay

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 14:11

Dimanche 6 octobre, l’ASPEM* vous invite à vous (re)plonger dans l’histoire et le patrimoine de Montaure : monuments, personnalités, modes de vie...

         

Au programme

  • visite commentée par Armand Launay (environ 1h30) : 14h30, départ de la mairie.
  • projection de 200 vues anciennes et contemporaines par Armand Launay : 16h30, à la mairie.
  • pot de l’amitié : 18h, à la mairie.

 

Possibilité de venir uniquement à la projection.

 

En sus, un concours photos est ouvert aux enfants (- de 16 ans) : pendant la visite commentée, les enfants pourront photographier des monuments qu’ils découvriront sous forme de charades, cartes postales anciennes… Nombreux récompenses pour les participants. Frais d’inscription : 5 € par famille.

 

Date limite d'inscription mardi 2 octobre.

 

Inscriptions

Francis Freulon : 06 07 21 93 95

Pascal Leloup : 02 32 25 95 50

 

 

* L’Association de sauvegarde du patrimoine et de l’environnement de Montaure

Montaure, une commune au riche patrimoine serti dans un écrin de verdure. Le clocher de Notre-Dame (XIe siècle) est une des plus belles réalisations romanes de la région de Louviers.

Montaure, une commune au riche patrimoine serti dans un écrin de verdure. Le clocher de Notre-Dame (XIe siècle) est une des plus belles réalisations romanes de la région de Louviers.

Armand Launay

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 12:36

Pont-de-l’Arche fusionne avec Louviers et fonde le Football club Seine Eure

 

Le 6 juin 2013 est une date qui compte dans l’histoire du football archépontain. L’USPAC a fusionné avec le club de Louviers et devient le Football club Seine Eure (FCSE). Ceci démontre l’ambition des deux clubs qui souhaitent mutualiser leurs moyens tant dans la formation des jeunes que dans la compétitivité des équipes.

A charge, désormais, pour Michel Deloire et Roger Leblond de penser le football au niveau de l’agglomération. Côté compétition, le choix est logique, les trois clubs principaux de l’agglomération n’ont pas de résultats probants. Pont-de-l’Arche a été rétrogradée cette année en Division d’honneur régionale (DHR), l’US Louviers et l’USVVP (Val-de-Reuil) restant en Promotion d’honneur (PH). L’objectif cette année est bel et bien la Division d’honneur pour le FCSE. Ce challenge aurait pu rassembler aussi le club de Val-de-Reuil – Louviers aura tenté le rapprochement – mais sans succès.

L’initiative de la fusion entre Pont-de-l’Arche et Louviers est venue de part et d’autre et se discutait depuis quelques années. Les intervenants et les équipements de Pont-de-l’Arche et Louviers sont mutualisés pour améliorer l’encadrement de toutes les catégories, féminines, vétérans, école de foot, école d’arbitres. Allez les Rouges & noirs !

 

Contact : Maisons des associations / rue Roger Bonnet / 27340 Pont-de-l'Arche / ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 15h30 / 02 35 02 16 61 / fcse@lfnfoot.fr / http://fc-seine-eure.footeo.com

L’équipe première posant avec les entraineurs, dirigeants et Richard Jacquet avant leur premier match (1er septembre, stade Jacques-Havet).

L’équipe première posant avec les entraineurs, dirigeants et Richard Jacquet avant leur premier match (1er septembre, stade Jacques-Havet).

Quelques morceaux d’histoire du football à Pont-de-l’Arche

 

Emergence du football à Pont-de-l’Arche : 1910

Grâce à l’Angleterre, la Normandie est la première région de France à avoir adopté le football comme en témoigne la création du premier club français : le Havre athletic club et sa section football en 1872. Si Pont-de-l’Arche a dû être touché par ce sport à la fin du XIXe siècle, ce n’est qu’en octobre 1910 que des passionnés ont officiellement constitué une association : L’Union sportive de Pont-de-l’Arche (USP).

Affiliée à la Fédération française de football (FFF), elle existait toujours dans les années 1930. Parmi les objectifs déclarés à la Préfecture, l’USP revendiquait « la promotion des sports et la préparation militaire ». Créée quatre ans avant la Première guerre mondiale – en pleine période revancharde – cette revendication de « préparation militaire » visait à demander une subvention au Ministère de la Guerre. Les moyens de l’USP furent limités ce dont témoignent ses terrains, situés un temps sur la route de Louviers, en forêt, et sur des terrains entre la rue Olivier-des-Bordeaux et le Bon-air.

Nul doute que la présence de l’armée britannique durant la Première guerre mondiale a dû motiver les joueurs de l’USP, du moins ceux qui n’étaient pas mobilisés. En effet, le journal local L’Industriel de Louviers abordait régulièrement les rencontres entre le Royal flying corps (RFC) et les autochtones. Le 6 mars 1915, les Britanniques écrasèrent 7 à 0 l’équipe première de Louviers. Le 10 aout 1918, le journal faisait état d’une « fête annuelle des sports » organisée par le RFC à Pont-de-l’Arche.

 

Après 1945 : l’union fait la force !

Après la Libération, on retrouve L’Union sportive de Pont-de-l’Arche (USP) sous un nom sensiblement différent : le Groupement sportif de Pont-de-l'Arche (GSP). Ambitieux, celui-ci fusionne le 4 mai 1963 avec le Club sportif Alizay Igoville (CSAI) et fonde l’Union sportive Pont-de-l’Arche Alizay (USPAI), présidé par Raymond Morel. Ce club évoluait alors en Division d’honneur.

Dans les années 1980, le club engrange de bons résultats en Coupe de France sous la houlette de Marc Godefroy, entraineur issu du Football club de Rouen et de l’US Pavilly-Barentin. L’USPA monte même en Promotion d'honneur (saison 1983). A partir de 1995, le club connait une nouvelle dynamique avec Fabrice Auzoux, entraineur, et Jacques Havet, président. Dans l’objectif d’aller en championnat de ligue, le club met en place la formation des éducateurs, des arbitres et des dirigeants.

En 1998, l'USPA monte en Première division. En 2000, Jacques Havet décède et est remplacé par Roger Leblond qui poursuit la dynamique. Ainsi, en 2002, l’équipe première accède à la Promotion d'honneur (après 20 ans d'absence) et, en 2003, en Division d’honneur régionale, un exploit inconnu depuis 40 ans. En 2004, l’équipe féminine monte en Division d’honneur. Elle remporte l’année suivante la Coupe de Normandie et la Coupe de l’Eure.  

 

Vers une logique intercommunale…

En 2005, le club prend une dimension cantonale en fusionnant avec Criquebeuf et Montaure. L’Union sportive Pont-de-l’Arche canton (USPAC) est ainsi créée. En 2006, l’USPAC compte 365 licenciés. En 1997, le Football club archépontain (FCA, créé vers 1995) rejoint l’USPAC. En 2007, le club compte 501 licenciés – le 4e effectif de la Ligue de Normandie. L'équipe sénior accède à la Division d’honneur où elle restera 6 années en décrochant, notamment, la troisième place dès la première saison finissant à un point des équipes de réserve du FC Rouen et de Pacy-vallée d’Eure. L'équipe féminine accède à la D3 Nationale. Le Football club archépontain Les Damps (FCAD) rejoint l’USPAC. L'équipe sénior accède à la Division d’honneur. L'équipe féminine accède à la D3 Nationale. En 2013, l’USPAC fusionne avec l’Union sportive de Louviers (USL) et devient le Football club Seine Eure (FCSE) et vise toujours plus loin et de préférence entre les poteaux !

 

L’Industriel de Louviers

Archives de l’Eure : 4 M art. 200

Archives de l'USPAC

http://uspac.footeo.com/page/historique.html

L’équipe 1b du Groupement sportif de Pont-de-l’Arche (GSP), ancêtre de l’USPAC, posant le 30 aout 1959 sur le terrain de la route de Louviers. On reconnait Jacques Havet, en haut à gauche, qui fut le président de l’USPAC pendant de nombreuses années.

L’équipe 1b du Groupement sportif de Pont-de-l’Arche (GSP), ancêtre de l’USPAC, posant le 30 aout 1959 sur le terrain de la route de Louviers. On reconnait Jacques Havet, en haut à gauche, qui fut le président de l’USPAC pendant de nombreuses années.

Armand Launay

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 14:34

Dans le cadre de « Livres en ville », opération organisée par la Ville de Pont-de-l’Arche, j’anime deux sorties dimanche 21 juillet. L’idée est de découvrir des facettes peu connues de la ville : ses berges et ses iles.

Le matin, la balade de 7 kilomètres sera ponctuée d'explications sur le paysage d'aujourd'hui, très retravaillé par l'homme : le pont d'Arromanches, véritable reste du port artificiel déployé par les Alliés à la Libération ; la naissance de l'abbaye de Bonport et l'explication de son nom au-delà de la légende ; les grands travaux d'endiguement de la Seine dans les années 1930 (le déversoir, les digues, la passe marinière)... Des photographies anciennes seront proposées aux randonneurs pour mesurer l'évolution paysagère. Rendez-vous à 10h sur la place Hyacinthe-Langlois.

Piquenique (amenez vos mets !) vers 12h15.

L'après-midi, la balade se fera en centre-ville, moins sportive et tournée vers le petit patrimoine (plaques, témoins des modes de vie anciens) et la symbolique exprimée dans l'église et sur certaines façades. Rendez-vous à 14h sous la halle des bords de l’Eure.

 

Consultez le programme de Livres en ville.

Armand Launay

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Une de mes visites commentées de Pont-de-l'Arche en 2011 (ile Saint-Pierre).

Une de mes visites commentées de Pont-de-l'Arche en 2011 (ile Saint-Pierre).

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 12:34

 

Avec nos remerciements à Jean Baboux

 

Le vitrail du halage est un joyau du patrimoine de Pont-de-l’Arche. Daté de 1606, il témoigne d’une des activités cardinales du Pont-de-l’Arche d’avant 1813 qui vivait, pour partie, du montage des bateaux.

Le vitrail du montage, église Notre-Dame-des-arts (photo A. Launay, 2013)

Le vitrail du montage, église Notre-Dame-des-arts (photo A. Launay, 2013)

Le vitrail du halage : fenêtre sur une activité révolue

Le vitrail d’un point de vue patrimonial

Le vitrail du halage est situé au registre inférieur de la deuxième fenêtre sud de l’église Notre-Dame-des-arts. Classé Monument historique en 1862, comme l’ensemble des vitraux en place à cette date, il fut fabriqué en 1605 par Martin Vérel, un peintre verrier de Rouen. C’est ce que nous apprend un procès retrouvé parmi les archives du bailliage de Vernon (sic) et relaté (page 42) par Bernadette Suau dans « A Pont-de-l'Arche, la vitre des bateaux ». Ce vitrail bénéficia d’une restauration en 1883 par l’atelier Duhamel-Marette.

Description de la scène

Ce vitrail représente une scène de montage, c’est-à-dire le halage sous le pont. Au premier plan, plusieurs dizaines de haleurs – hommes, femmes et enfants – en tenue du dimanche tirent des cordages avec l’aide de quelques chevaux. Au bout des cordages, un premier bateau, suivi d’un second encore sous le pont, remonte le courant de la Seine. En bas à droite se trouve le fort de Limaie (démantelé peu après 1782) qui était situé sur la rive droite de la Seine. Au bout du pont, la ville de Pont-de-l’Arche est représentée par deux tours. Sur le pont, en dessous de la croix, se trouve le maitre de pont, personnage qui guidait les monteurs afin d’éviter que le bateau ne percute une pile du pont. Le montage nécessitait une force parfaitement maitrisée. En bas, sur le chemin de halage, se trouvent deux commerçants, propriétaires des bateaux, reconnaissables à leurs capes de voyageurs.

Détails du vitrail du montage (photos A. Launay, 2013)
Détails du vitrail du montage (photos A. Launay, 2013)
Détails du vitrail du montage (photos A. Launay, 2013)
Détails du vitrail du montage (photos A. Launay, 2013)
Détails du vitrail du montage (photos A. Launay, 2013)
Détails du vitrail du montage (photos A. Launay, 2013)
Détails du vitrail du montage (photos A. Launay, 2013)

Détails du vitrail du montage (photos A. Launay, 2013)

Une scène profane dans une église ?

Le halage, revenu de la paroisse

Des scènes profanes ornent les vitraux des églises. Parmi elles, la scène du montage de bateaux est particulièrement intéressante car elle illustre une activité professionnelle révolue. Pourquoi représenter le travail des monteurs ? Les registres de la fabrique paroissiale peuvent nous fournir une réponse. Ceux-ci nous apprennent qu’en 1511 « On a commencé à faire payer les bateaux qui montent les festes. » C’est-à-dire que la paroisse percevait de l’argent sur le montage des bateaux lors des jours fêtés. Nul doute que cette somme a largement participé à la construction de l’église Saint-Vigor dont le gros œuvre fut érigé entre 1499 et 1566.

 

Un revenu revendiqué car détourné…

Ce droit perçu par la paroisse sur les bateaux a été usurpé par la garnison royale du fort de Limaie. C’est ce qu’indique une remontrance de 1620 résumée ainsi dans les registres de fabrique : « On a aussy prié M. le colonel Dornano, lieutenant en la province de Normandie, de donner des ordres à ses soldats qui montoient les bateaux et en prenoient le droit qui avoit esté donné par les habitants à l'église. Ledit sieur Dornano ordonna que les soldats de la ville et du château auroient pour tout droit à chaque bateau quarante sols et le surplus seroit donné à l'église à quelque prix qu'il pût aller. » L’on apprend donc que des soldats montaient aussi les bateaux et qu’ils s’accaparaient la taxe donnée par les habitants de Pont-de-l’Arche à la paroisse en 1511. Depuis quand ? Les registres de fabrique ne le précisent pas. Mais cette usurpation devait avoir lieu depuis quelques années puisqu’un temps a dû s’écouler avant que la paroisse ne se retourne vers le représentant du roi en Normandie. On peut aussi l’imaginer car la réponse de ce dernier, en répartissant les taxes entre les militaires et la paroisse, a entériné l’habitude des militaires à percevoir une taxe sur les bateaux montés. Dans une note (page 59) de Diaire ou journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie Amable Floquet rapporte que « Au mois de mai 1616, ceux qui gardaient le château du Pont-de-l’Arche se permettaient des exactions sur les marchandises dont étaient chargés les navires qui passaient par là. Plus tard, l’abbé de « Bois-Robert, ayant découvert au cardinal que Saint-Georges, gouverneur du Pont-de-l’Arche, prenoit tant sur chaque bateau qui remontoit, et qu’on appeloit ces bateaux des cardinaux, Saint-Georges fut chassé. » Une mention des registres de fabrique datée de 1629 apporte cette précision : « Le Parlement se fait montrer les titres du droit de cinq sous par courbe de chaque bateau. » Nous avons donc les sommes données par les habitants de Pont-de-l’Arche à la paroisse. Amable Floquet rapporte aussi que les Etats de Normandie, réunis à Rouen le 26 novembre 1643, remontrèrent au roi que « La garnison du Pont-de-l’Arche est un impost sur le vin » et qu’il faudrait faire « défenses aux soldats de rien prendre ausdicts basteaux » et en faire « respondre le capitaine du chasteau » qui était toujours Jean de Lonlay, seigneur de Saint-Georges. Le même Amable Floquet clôt la note ainsi : « Le 11 mars 1649 (pendant les troubles de la Fronde), le Parlement supprima, comme illégal, le droit de cinq sous par courbe de chevaux hallants bateaux entre Elbeuf et le Pont-de-l’Arche. » Quoi qu'il en soit, il nous est impossible de savoir si cette décision a définitivement clos ces exactions, tant à l'encontre de la paroisse que des marchands. Selon la tradition orale, le sobriquet des Archépontains – les Carnages – viendrait de cette situation où Pont-de-l’Arche était un pays où les "quarts (de vin) nagent" ; les marchands devant lâcher une partie de leur marchandise dans l’eau, à destination des soldats.

 

Un vitrail comme légitime revendication ?

Cette situation nous fait penser que la commande du vitrail du montage doit avoir eu pour motivation de rappeler à tous les droits donnés par les Archépontains à la paroisse en matière de montage des bateaux sous le pont. Ce vitrail nous rappelle aujourd’hui le poids des activités fluviales dans la vitalité archépontaine. Mais en quoi consistaient les professions touchant au montage ?

Vue d'élévation & plan du château de Limaie. Avant 1782. Un feuillet de papier (210 x 125 mm), lavis, aquarelle & encre. La garnison de ce fort posa bien des soucis aux marchands et à la paroisse Saint-Vigor de Pont-de-l'Arche.

Vue d'élévation & plan du château de Limaie. Avant 1782. Un feuillet de papier (210 x 125 mm), lavis, aquarelle & encre. La garnison de ce fort posa bien des soucis aux marchands et à la paroisse Saint-Vigor de Pont-de-l'Arche.

Maitre de pont et haleurs

Pourquoi monter les bateaux à Pont-de-l’Arche ?

Si Poses et Martot ont été des étapes fluviales, c’est à cause de la perte d’altitude naturelle du lit de la Seine. Pour Pont-de-l’Arche, située entre ces deux stations, ce sont les réalisations humaines qui ont contrarié la navigation fluviale. En cause, les ponts bâtis en ce lieu depuis le pont de Charles le Chauve, construit entre 862 et 873 pour barrer le fleuve aux Vikings. Ces ponts créaient une légère chute d’eau, variant selon les marées, et perturbant les courants si bien que des pilotes locaux étaient nécessaires pour aider les bateaux à passer le pont sans dommage. Lors de la description du vitrail du montage (plus haut), nous avons vu le maitre de pont donner des instructions aux monteurs depuis le tablier du pont pour éviter que le bateau ne cogne une pile.

 

Profession : maitre de pont

C’est en février 1415 le que le roi Charles VI institua l’office de maitre du pont de Pont-de-l'Arche par une ordonnance qui ne varia pas jusqu’à la Révolution française. On retrouve donc cette ordonnance dans les recueils juridiques des marchands et prévôts de Paris, qui nommaient le maitre de pont de Pont-de-l’Arche. Ce document visait à encadrer une activité qui semble avoir été très convoitée, ce qui devait perturber la navigation. En déterminant la rémunération revenant au maitre de pont (5 sous tournois par courbe), puis à ses assistants et ses « valets », cette ordonnance nous apprend que le halage avait aussi lieu, pour un moindre tirant d’eau, du côté de la ville (payé 32 deniers contre 40 deniers du côté de Limaie). Cet office sera supprimé à la Révolution et remplacé par la charge de chef de pont nommé par le sous-secrétariat des travaux-publics, dépendant du ministère de l'Intérieur.

Le maitre de pont donnant des instructions aux monteurs grâce à son chapeau. Détail du vitrail (photo A. Launay, 2013)

Le maitre de pont donnant des instructions aux monteurs grâce à son chapeau. Détail du vitrail (photo A. Launay, 2013)

Les monteurs

Combien fallait-il payer de haleurs ? L’ordonnance royale se débarrasse de la question en ces termes : « Et au cas que les eaux seront si fortes qu’il y faudra plus de gens que ledit Maistre ne doit bailler, iceluy Maistre les querra, & les Voicturiers payeront le pardessus. » Selon Joseph Dutens (page 388), la chute d’eau de 50 cm occasionnée par le pont nécessitait un halage assuré jusqu’à « soixante chevaux, et le secours de deux à trois cents hommes… ». La dépense pouvait aller jusqu’à 200 francs vers le début du XIXe siècle. Cela laisse imaginer que quelques dizaines de personnes servaient régulièrement au halage et que quelques centaines d’autres venaient ponctuellement. A défaut d’apporter une grande richesse au pays, cela devait occuper une part non négligeable d’une population estimée à 1639 habitants en 1793.

Dans son mémoire de maitrise, Bénédicte Delaune note (page 60) que les capitations de 1788 répartissent comme suit les professions à Pont-de-l’Arche : artisanat 102 personnes (dont cuir 28 et textile 37), commerce 48, notables 23, pont et eau 22 (dont commis du maitre de pont 2 et aides de pont 8), nature 25, domestique 10 et autres 13. Les métiers de l’eau formaient le quatrième secteur professionnel de la ville. Bénédicte Delaune avance (page 76) le chiffre de 10 % des électeurs qui vivaient, en 1788, des activités fluviales. Ceci ne représente, pour le montage, que les cadres d’une profession qui recourait largement aux journaliers.

Les haleurs

Combien fallait-il payer de haleurs ? L’ordonnance royale se débarrasse de la question en ces termes : « Et au cas que les eaux seront si fortes qu’il y faudra plus de gens que ledit Maistre ne doit bailler, iceluy Maistre les querra, & les Voicturiers payeront le pardessus. » Selon Joseph Dutens (page 388), la chute d’eau de 50 cm occasionnée par le pont nécessitait un halage assuré jusqu’à « soixante chevaux, et le secours de deux à trois cents hommes… ». La dépense pouvait aller jusqu’à 200 francs vers le début du XIXe siècle. Cela laisse imaginer que quelques dizaines de personnes servaient régulièrement au halage et que quelques centaines d’autres venaient ponctuellement. A défaut d’apporter une grande richesse au pays, cela devait occuper une part non négligeable d’une population estimée à 1639 habitants en 1793.

Dans son mémoire de maitrise, Bénédicte Delaune note (page 60) que les capitations de 1788 répartissent comme suit les professions à Pont-de-l’Arche : artisanat 102 personnes (dont cuir 28 et textile 37), commerce 48, notables 23, pont et eau 22 (dont commis du maitre de pont 2 et aides de pont 8), nature 25, domestique 10 et autres 13. Les métiers de l’eau formaient le quatrième secteur professionnel de la ville. Bénédicte Delaune avance (page 76) le chiffre de 10 % des électeurs qui vivaient, en 1788, des activités fluviales. Ceci ne représente, pour le montage, que les cadres d’une profession qui recourait largement aux journaliers.

 

Comment halez-vous ?

A Pont-de-l’Arche

Nous utilisons le témoignage de l’ingénieur-hydrographe Pierre-Alexandre Forfait qui était mandaté, en 1796, par le ministre de la marine, Jean Dalbarade, pour étudier les pistes d’amélioration de la navigation entre la mer et Paris. Fort de son voyage sur un lougre appelé Le saumon, il rapporta que les principaux obstacles à la navigation étaient les 9 ponts situés entre Rouen et Paris car ils interrompaient lourdement le chemin de halage. Ainsi, il décrivit précisément le montage à Pont-de-l’Arche à titre d’illustration du fonctionnement de l’ensemble des ponts. C’est cet ingénieur qui proposa la construction d’un canal et d’une écluse en lieu en place des fossés du fort de Limaie. Il écrivit sur son arrivée au pied des ruines du fort de Limaie : « On a porté trois amarres de 2PO ½ à une pointe de terre saillante à l’amont du pont et sur laquelle est établi un pilotage destiné à servir de conducteur à ces traits. Deux rouleaux verticaux terminent une grande encochure, l’arche et le poste où le navire est amarré se trouvent à peu près dans la même direction… [page 20] Cette amarre se fait avec de fortes bosses disposées et entretenues par la marine ou les navigateurs. Elles sont frappées sur le chapeau par de forts poteaux de garde bordés, qui déffendent la maçonnerie et les batteaux contre les abordages qui se feroient réciproquement. [page 21]

Cet amarrage est réalisé « par un batelier du pays qui en a le privilège sous la dénomination de "Pêcheux" ». Il est 11 heures du matin et le pont ne sera franchi qu’à la fin de la journée car le maitre de pont souhaite attendre le flot de la marée, à 6 heures du soir, pour aider le lougre de Pierre-Alexandre Forfait à passer. Ce dernier, ainsi que son pilote, ont trouvé ce secours de la marée bien inutile. Pour pouvoir passer sous la grande arche (celle de Limaie), les matelots amènent les mâts et le gréement. Trois amarres sont fixées au bateau et passées sous l’arche grâce à un canot. Sur la rive gauche (la ville), deux amarres sont attachées à quatre chevaux chacune. Sur la rive droite (Limaie), une amarre est attachée à huit chevaux. Le montage commence par le travail des chevaux de la rive gauche qui, malgré les remous du fleuve, viennent placer le lougre le long de la première pile du pont. Le bâtiment est « emponté ». Le maitre de pont donne alors l’ordre aux 16 chevaux de tirer. Pierre-Alexandre Forfait nota que, sous l’effort, deux chevaux tombèrent… Le lougre monta cependant sans difficulté et fut amarré 25 toises en amont du pont. Vers 7 heures, le montage était fini et il fallut aux matelots 45 minutes pour remonter les mâts et regréer.

Pierre-Alexandre Forfait était révolté comme on le lit dans les propos rapportés par Jean Legoy : « Au Pont de l’arche tout est préjugé ; on doutait que nous passions avec 16 chevaux sans le secours d’un grand nombre d’hommes ainsi que c’est l’usage. Le maitre de pont a trois brigades d’ouvriers sous ses ordres, des compagnons, des farigouliers. Les hommes restant attachés à quelques amarres, leurs fonctions sont nulles pour des navires (comme « Le saumon »). On ne fait rien au passage de ces ponts qu’avec des chevaux. Ce sont des chevaux qui halent le trait sous le pont, ce sont des chevaux qui remontent le bateau, les hommes ne font rien. Cependant, les hommes, femmes et enfants ont la prétention d’être employés à tous les passages de navires. » Après Vernon, l’ingénieur poursuit : « Nous reconnaissons de plus en plus que les manœuvres des ponts sont dirigées par l’habitude et le préjugé. Ils ne font rien qu’avec des chevaux, dont le mouvement ne pouvant être simultané, occasionne nécessairement des secousses qui causent des accidents de toute espèce. »

Evidemment nous sommes en pleine période de remise en cause des corporations et des monopoles, mais ce propos traduit peut-être la situation difficile des contemporains de Pierre-Alexandre Forfait. A Pont-de-l’Arche, il reproche la présence trop nombreuse de monteurs qui ne serviraient à rien à côté de la puissance aveugle des chevaux. On pourra objecter qu’en période de crise les monteurs ne devaient avoir la pleine possession de leurs moyens et que les mettre au chômage eût été bien pire encore.

 

1813, le halage obsolète

Comme nous l’avons étudié dans l’article « L’écluse de Limaie entre Pont-de-l’Arche et Igoville (1813-1858) », le montage est devenu insupportable aux autorités pour sa lenteur, son cout et le doute qu’il laissait planer sur l’approvisionnement de Paris. Qui plus est Pierre-Alexandre Forfait devint ministre de la marine et, semble-t-il, eut l’oreille de Napoléon Bonaparte quant au projet de créer une écluse à Pont-de-l’Arche. L’empereur alloua les crédits nécessaires au percement d’un canal et à la construction d’une écluse ouverte à la navigation en 1813. Désormais, un éclusier et deux aides rendaient inutiles les dizaines, voire centaines, de monteurs grâce au contournement du pont. Lorsque ce pont s’écroula en 1856, il fut remplacé par un autre ouvrage d’art aux arches suffisamment grandes pour laisser passer sans encombre le trafic fluvial. L’écluse de Limaie devint à son tour obsolète et les haleurs de la Seine perdaient leur travail à mesure que la navigation se motorisait. Pont-de-l’Arche cessa d’être une étape fluviale.

 

Conclusion

Le vitrail du montage illustre l’histoire des techniques et donc des modes de vie. Les progrès techniques (ponts, écluses, bateaux) ont permis une amélioration des moyens de transports. Mais il semble que ce soit l’approvisionnement de la capitale et la volonté de libérer le commerce qui ont motivé les autorités nationales à transformer les infrastructures locales, ce qui a bouleversé des habitudes pluriséculaires. Peut-être que de nombreux haleurs archépontains, qui se sont retrouvés sans emploi à partir de 1813, se sont reconvertis dans le chausson, un objet du quotidien qu’ils devaient user en tirant les bateaux ? C’est l’hypothèse que nous avons formulée dans notre ouvrage sur l’industrie de la chaussure à Pont-de-l’Arche. Quoi qu’il en soit, ces réalisations ont auguré les constructions de la seconde moitié du XIXe siècle – les barrages – et les vastes travaux d’endiguement de la Seine dans les années 1930. Depuis, la Seine est une voie commerciale et Pont-de-l’Arche a cessé d’être une étape fluviale.

http://pontdelarche.over-blog.com/article-pont-de-l-arche-cite-de-la-chaussure-78659707.html

 

A lire aussi…

http://pontdelarche.over-blog.com/article-l-ecluse-de-limaie-entre-pont-de-l-arche-et-igoville-1813-1858-78659430.html$

http://pontdelarche.over-blog.com/article-grands-travaux-de-la-seine-dans-la-region-de-pont-de-l-arche-annees-1930-78659526.html

 

Sources

Les ordonnances royaux, sur le faict et jurisdiction de la prevosté des marchans & eschevinage de la ville de Paris, Paris, P. Rocolet, 1544, voir chapitre XL, page 137.

Delaune Bénédicte, Pont-de-l’Arche, population, pouvoirs municipaux et société à la fin du XVIIIe siècle et pendant la Révolution, mémoire de maitrise préparé sous la direction de Claude Mazauric, université de Rouen, vers 1992, 130 pages.

Dutens Joseph, Histoire de la navigation intérieure de la France…, tome I, Paris, A. Sautelet et Cie, 1829, 651 pages.

Floquet Amable, Diaire ou journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie après la sédition des nu-pieds (1639-1640) et documents relatifs à ce voyage et à la sédition, Rouen, E. Frère, 1842, 448 pages.

Forfait Pierre-Alexandre, Mémoire et Observations concernant la navigation du lougre de la République, sur la Seine, du Havre à Paris l’an 4e de la République, 1796, 30 pagesmanuscrit conservé à la bibliothèque municipale du Havre sous la cote mss 241.

Legoy Jean, « Le voyage du Havre à Paris par la Seine en 1796 », in Cahiers Léopold-Delisle, t. XXV-XXXVI, années 1986-1987, La Normandie et Paris : actes du XXI congrès des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, 255 pages.

Suau Bernadette, « A Pont-de-l'Arche, la vitre des bateaux », in Nouvelles de l'Eure, n° 64-65, 1978, pages 42-55.

Collectif, « Note de ce qui s'est passé de curieux et de ce qui a été fait dans l'année de chaque trésorier », in Semaine religieuse du diocèse d'Evreux, n° des 24, 31 aout, 14, 21 septembre 1918.

Monteurs et chevaux en action. Détail du vitrail (photo A. Launay, 2010)
Monteurs et chevaux en action. Détail du vitrail (photo A. Launay, 2010)

Monteurs et chevaux en action. Détail du vitrail (photo A. Launay, 2010)

Comment halez-vous ?

Nous utilisons le témoignage de l’ingénieur-hydrographe Pierre-Alexandre Forfait qui était mandaté, en 1796, par le ministre de la marine, Jean Dalbarade, pour étudier les pistes d’amélioration de la navigation entre la mer et Paris. Fort de son voyage sur un lougre appelé Le saumon, il rapporta que les principaux obstacles à la navigation étaient les 9 ponts situés entre Rouen et Paris car ils interrompaient lourdement le chemin de halage. Ainsi, il décrivit précisément le montage à Pont-de-l’Arche à titre d’illustration du fonctionnement de l’ensemble des ponts. C’est cet ingénieur qui proposa la construction d’un canal et d’une écluse en lieu en place des fossés du fort de Limaie. Il écrivit sur son arrivée au pied des ruines du fort de Limaie : « On a porté trois amarres de 2PO ½ à une pointe de terre saillante à l’amont du pont et sur laquelle est établi un pilotage destiné à servir de conducteur à ces traits. Deux rouleaux verticaux terminent une grande encochure, l’arche et le poste où le navire est amarré se trouvent à peu près dans la même direction… [page 20] Cette amarre se fait avec de fortes bosses disposées et entretenues par la marine ou les navigateurs. Elles sont frappées sur le chapeau par de forts poteaux de garde bordés, qui déffendent la maçonnerie et les batteaux contre les abordages qui se feroient réciproquement. [page 21]

Cet amarrage est réalisé « par un batelier du pays qui en a le privilège sous la dénomination de "Pêcheux" ». Il est 11 heures du matin et le pont ne sera franchi qu’à la fin de la journée car le maitre de pont souhaite attendre le flot de la marée, à 6 heures du soir, pour aider le lougre de Pierre-Alexandre Forfait à passer. Ce dernier, ainsi que son pilote, ont trouvé ce secours de la marée bien inutile. Pour pouvoir passer sous la grande arche (celle de Limaie), les matelots amènent les mâts et le gréement. Trois amarres sont fixées au bateau et passées sous l’arche grâce à un canot. Sur la rive gauche (la ville), deux amarres sont attachées à quatre chevaux chacune. Sur la rive droite (Limaie), une amarre est attachée à huit chevaux. Le montage commence par le travail des chevaux de la rive gauche qui, malgré les remous du fleuve, viennent placer le lougre le long de la première pile du pont. Le bâtiment est « emponté ». Le maitre de pont donne alors l’ordre aux 16 chevaux de tirer. Pierre-Alexandre Forfait nota que, sous l’effort, deux chevaux tombèrent… Le lougre monta cependant sans difficulté et fut amarré 25 toises en amont du pont. Vers 7 heures, le montage était fini et il fallut aux matelots 45 minutes pour remonter les mâts et regréer.

Pierre-Alexandre Forfait était révolté comme on le lit dans les propos rapportés par Jean Legoy : « Au Pont de l’arche tout est préjugé ; on doutait que nous passions avec 16 chevaux sans le secours d’un grand nombre d’hommes ainsi que c’est l’usage. Le maitre de pont a trois brigades d’ouvriers sous ses ordres, des compagnons, des farigouliers. Les hommes restant attachés à quelques amarres, leurs fonctions sont nulles pour des navires (comme « Le saumon »). On ne fait rien au passage de ces ponts qu’avec des chevaux. Ce sont des chevaux qui halent le trait sous le pont, ce sont des chevaux qui remontent le bateau, les hommes ne font rien. Cependant, les hommes, femmes et enfants ont la prétention d’être employés à tous les passages de navires. » Après Vernon, l’ingénieur poursuit : « Nous reconnaissons de plus en plus que les manœuvres des ponts sont dirigées par l’habitude et le préjugé. Ils ne font rien qu’avec des chevaux, dont le mouvement ne pouvant être simultané, occasionne nécessairement des secousses qui causent des accidents de toute espèce. »

Evidemment nous sommes en pleine période de remise en cause des corporations et des monopoles, mais ce propos traduit peut-être la situation difficile des contemporains de Pierre-Alexandre Forfait. A Pont-de-l’Arche, il reproche la présence trop nombreuse de monteurs qui ne serviraient à rien à côté de la puissance aveugle des chevaux. On pourra objecter qu’en période de crise les monteurs ne devaient avoir la pleine possession de leurs moyens et que les mettre au chômage eût été bien pire encore.

 

1813, le halage obsolète

Comme nous l’avons étudié dans l’article « L’écluse de Limaie entre Pont-de-l’Arche et Igoville (1813-1858) », le montage est devenu insupportable aux autorités pour sa lenteur, son cout et le doute qu’il laissait planer sur l’approvisionnement de Paris. Qui plus est Pierre-Alexandre Forfait devint ministre de la marine et, semble-t-il, eut l’oreille de Napoléon Bonaparte quant au projet de créer une écluse à Pont-de-l’Arche. L’empereur alloua les crédits nécessaires au percement d’un canal et à la construction d’une écluse ouverte à la navigation en 1813. Désormais, un éclusier et deux aides rendaient inutiles les dizaines, voire centaines, de monteurs grâce au contournement du pont. Lorsque ce pont s’écroula en 1856, il fut remplacé par un autre ouvrage d’art aux arches suffisamment grandes pour laisser passer sans encombre le trafic fluvial. L’écluse de Limaie devint à son tour obsolète et les haleurs de la Seine perdaient leur travail à mesure que la navigation se motorisait. Pont-de-l’Arche cessa d’être une étape fluviale.

 

Conclusion

Le vitrail du montage illustre l’histoire des techniques et donc des modes de vie. Les progrès techniques (ponts, écluses, bateaux) ont permis une amélioration des moyens de transports. Mais il semble que ce soit l’approvisionnement de la capitale et la volonté de libérer le commerce qui ont motivé les autorités nationales à transformer les infrastructures locales, ce qui a bouleversé des habitudes pluriséculaires. Peut-être que de nombreux haleurs archépontains, qui se sont retrouvés sans emploi à partir de 1813, se sont reconvertis dans le chausson, un objet du quotidien qu’ils devaient user en tirant les bateaux ? C’est l’hypothèse que nous avons formulée dans notre ouvrage sur l’industrie de la chaussure à Pont-de-l’Arche. Quoi qu’il en soit, ces réalisations ont auguré les constructions de la seconde moitié du XIXe siècle – les barrages – et les vastes travaux d’endiguement de la Seine dans les années 1930. Depuis, la Seine est une voie commerciale et Pont-de-l’Arche a cessé d’être une étape fluviale.

 

 

A lire aussi…

L'écluse de Limaie

Les grands travaux de la Seine

 

 

Sources

Les ordonnances royaux, sur le faict et jurisdiction de la prevosté des marchans & eschevinage de la ville de Paris, Paris, P. Rocolet, 1544, voir chapitre XL, page 137.

Delaune Bénédicte, Pont-de-l’Arche, population, pouvoirs municipaux et société à la fin du XVIIIe siècle et pendant la Révolution, mémoire de maitrise préparé sous la direction de Claude Mazauric, université de Rouen, vers 1992, 130 pages.

Dutens Joseph, Histoire de la navigation intérieure de la France…, tome I, Paris, A. Sautelet et Cie, 1829, 651 pages.

Floquet Amable, Diaire ou journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie après la sédition des nu-pieds (1639-1640) et documents relatifs à ce voyage et à la sédition, Rouen, E. Frère, 1842, 448 pages.

Forfait Pierre-Alexandre, Mémoire et Observations concernant la navigation du lougre de la République, sur la Seine, du Havre à Paris l’an 4e de la République, 1796, 30 pages, manuscrit conservé à la bibliothèque municipale du Havre sous la cote mss 241.

Legoy Jean, « Le voyage du Havre à Paris par la Seine en 1796 », in Cahiers Léopold-Delisle, t. XXV-XXXVI, années 1986-1987, La Normandie et Paris : actes du XXIe congrès des sociétés historiques et archéologiques de Normandie, 255 pages.

Suau Bernadette, « A Pont-de-l'Arche, la vitre des bateaux », in Nouvelles de l'Eure, n° 64-65, 1978, pages 42-55.

Collectif, « Note de ce qui s'est passé de curieux et de ce qui a été fait dans l'année de chaque trésorier », in Semaine religieuse du diocèse d'Evreux, n° des 24, 31 aout, 14, 21 septembre 1918.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 12:12

Sous l’Ancien régime, le roi pouvait concéder une charte de franchises ou de commune à une ville. Il concédait ainsi les revenus de la vicomté, moyennant le versement annuel d'une somme fixe. La municipalité rassemblait des notables nommés, les échevins, et était chargée des impôts, des finances, des problèmes entre les particuliers. Elle assurait la liaison entre les différents pouvoirs locaux, généraux et royaux. En quelque sorte, elle fournissait des interlocuteurs privilégiés aux autorités. 

Il semble que ce soit au XVIe siècle que Pont-de-l’Arche fût dotée de ses premiers représentants officiels. C’est ce qu’avance S. Beck qui note que la ville « reprit en 1587 le droit de nommer un receveur des deniers communs, droit enlevé sans doute par l’édit d’octobre 1581 ». Le même historien note que, jusqu’à plus ample informé, la première mention officielle d’échevin date de 1633. En 1634, l’échevin en charge est le « sieur Dubosc », par ailleurs contrôleur du grenier à sel. Avec le « syndic » il est chargé de trouver un accord sur l’implantation du couvent Saint-Antoine.

Un arrêt du Conseil du 26 juillet 1681, portant sur le règlement des dettes de la communauté, inscrit les gages de deux échevins, du procureur syndic et du Greffier. Un édit de 1692 y ajouta un maire. D'ailleurs, la plus ancienne délibération du conseil municipal conservée de nos jours aux archives municipales date de 1693. Cependant, S. Beck note, d’après une archive (AD27, E 1817) qu’à la fin du XVIIe siècle les cinq offices de la municipalité sont la plupart du temps vacants hormis le « Procureur du Roi et [le] greffier exerçant ». Cela démontre le peu de pouvoir – et donc d’attrait – de cette municipalité qui peine à se démarquer du cadre des quatre tribunaux royaux présents dans la ville dont étaient issus les officiers de justice siégeant traditionnellement dans la municipalité.

Ce mélange se lisait jusque dans l’emplacement de « l’hostel de ville ». En effet, les assemblées générales se tenaient dans la salle du prétoire (au bailliage). Quant aux réunions du conseil de la ville, elles devaient se tenir chez le maire. Certains documents laissés par cette ancienne municipalité se trouvent aux Archives municipales. Elles traitent de finances et d’impôts, de gestion des biens immobiliers tels que les remparts cédés par le roi en 1779, de retrait des boues et d’entretien des voiries, de litiges, de police, de logement des gens de guerre, des assemblées générales de trois quartiers de la ville, de bienfaisance, d’école, de foires, d’activités professionnelles, d’urbanisme… et de la convocation des Etats généraux, en 1789, qui ont conduit à la création de municipalités égales entre toutes les communes et avec élections. Ainsi finit la municipalité d’Ancien régime…

 

A lire...

Les maires de Pont-de-l'Arche

Le bailliage de Pont-de-l'Arche

 

Sources

Beck S., « Les municipalités en Haute-Normandie – IV. Municipalités secondaires (XVIe-XVIIIe siècles) », pages 213-234, Annales de Normandie, 12e année, n° 4, décembre 1962, Caen.

Lepage Albert, « Essai historique sur le prieuré de Saint-Antoine du Pont-de-l’Arche vulgairement désigné sous le nom d’Abbaye sans toile », in Bulletins de la Société d’études diverses de l’arrondissement de Louviers, t. V, année 1898, 439 pages, cf. pages 25-28 (ch. I), t. IX, année 1905, 76 pages, cf. pages 48-67 (ch. 2-6).

Archives municipales de Pont-de-l'Arche

Armand Launay

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Les escaliers allant de la salle du prétoire aux bureaux des officiers du bailliage : un espace qui accueillait à la fois le bailliage et l'Hôtel de Ville d''Ancien régime (photo A. Launay, 2009)

Les escaliers allant de la salle du prétoire aux bureaux des officiers du bailliage : un espace qui accueillait à la fois le bailliage et l'Hôtel de Ville d''Ancien régime (photo A. Launay, 2009)

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 09:54

Jusqu'à plus ample informé, il existe trois photographies illustrant le passage du Tour de France à Pont-de-l'Arche. 

La première date de 1910, année de la huitième édition du Tour. Elle montre le coureur Ernest Paul dans la zone du Fort, à Igoville, à la sortie de Pont-de-l'Arche. Il s'agit de l'étape Caen-Paris qui eut lieu le 31 juillet et qui vit la victoire d'Ernesto Azzini, le maillot jaune revenant à Octave Lapize. Ernest Paul fut classé septième. 

La deuxième photographie date de 1930. Elle fut prise en haut de la rue de Paris (actuelle rue Président-Roosevelt) bondée de monde. Il s'agit de l'étape Paris-Caen disputée le 2 juillet 1930 et remportée par Charles Pélissier.

La troisième photographie date de 1934. Elle montre les coureurs André Leducq (Français) et Félicien Vervaecke (Belge) lors du ravitaillement organisé en haut de la rue Président-Roosevelt. Il s'agit de la 23e étape Caen-Paris, remportée par le Belge Sylvère Maës. Le tour fut remporté par Antonin Magne, porteur du maillot jaune depuis la deuxième étape. Félicien Vervaecke termina quatrième au classement général.

 

Le Tour de France 1910 au bout du pont de Pont-de-l'Arche. Ici le coureur Ernest Paul.

Le Tour de France 1910 au bout du pont de Pont-de-l'Arche. Ici le coureur Ernest Paul.

Le Tour de France 1930 dans la rue Président-Roosevelt.

Le Tour de France 1930 dans la rue Président-Roosevelt.

Le Tour de France 1934 dans la rue Président-Roosevelt. Ici les coureurs André Leducq et Félicien Vervaecke.

Le Tour de France 1934 dans la rue Président-Roosevelt. Ici les coureurs André Leducq et Félicien Vervaecke.

Armand Launay

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 14:00

Durant la Première Guerre mondiale, un camp britannique prit place entre les remparts de Pont-de-l’Arche et la rue des Peupliers, aux Damps. Celui-ci fut investi par le Royal Flying Corps créé en 1912 et devenu Royal Air Force en 1918. Il a laissé de nos jours le nom de « le Camp » à un quartier dampsois.

L'insigne du Royal flying corps, ancêtre de la Royal air force (Wikipédia).

L'insigne du Royal flying corps, ancêtre de la Royal air force (Wikipédia).

Un insigne du Royal flying corps retrouvé par un prospecteur de métaux aux Damps (photo A. Launay, 2013).

Un insigne du Royal flying corps retrouvé par un prospecteur de métaux aux Damps (photo A. Launay, 2013).

Réparer les moteurs d’avions

Le site de Pont-de-l’Arche – Les Damps fut choisi pour sa relative proximité du front mais à l’abri du danger allemand tout de même (encore que). L’armée britannique avait besoin d’une usine de réparation pour les moteurs de ses avions. Elle eut la chance que les fils de Georges Prieur construisaient une vaste usine de chaussures aux Damps et ne l’occupaient pas encore. L’armée loua l’usine, finit sa construction et y installa les ateliers de réparation des moteurs. Une fois réparés, les moteurs étaient chargés sur la Seine et partaient vers Rouen avant de rejoindre le front. Quant au quartier général, il fut établi dans le Vieux manoir, rue Jean-Prieur, actuel Manoir de Manon.

Femmes travaillant à la chaine de réparation des moteurs d’avions dans l’usine des Fils de Georges Prieur, Les Damps, 1919. Engine Repair Shops, RAF. The QMAAC working in machine shop. Pont-de-l'Arche. Olive Edis ; IWM photographer of the women’s services in France 1919, part of "First world war official collection" (photographs) Made by: Edis, Olive 1919. http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205244004

Femmes travaillant à la chaine de réparation des moteurs d’avions dans l’usine des Fils de Georges Prieur, Les Damps, 1919. Engine Repair Shops, RAF. The QMAAC working in machine shop. Pont-de-l'Arche. Olive Edis ; IWM photographer of the women’s services in France 1919, part of "First world war official collection" (photographs) Made by: Edis, Olive 1919. http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205244004

Un membre du QMAAC (Corps d’armée auxiliaire de la Reine Marie) faisant une soudure à l’acétylène dans l’atelier de réparation des moteurs d’avion de la Royal air force de Pont-de-l’Arche, en 1919.  A member of Queen Mary's Army Auxiliary Corps (QMAAC) acetylene welding at a Royal Air Force engine repair shop at Pont de l'Arche, France, in 1919. Olive Edis ; IWM photographer of the women’s services in France 1919, part of "First world war official collection" (photographs) Made by : Edis, Olive 1919 http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205196042

Un membre du QMAAC (Corps d’armée auxiliaire de la Reine Marie) faisant une soudure à l’acétylène dans l’atelier de réparation des moteurs d’avion de la Royal air force de Pont-de-l’Arche, en 1919. A member of Queen Mary's Army Auxiliary Corps (QMAAC) acetylene welding at a Royal Air Force engine repair shop at Pont de l'Arche, France, in 1919. Olive Edis ; IWM photographer of the women’s services in France 1919, part of "First world war official collection" (photographs) Made by : Edis, Olive 1919 http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205196042

Un camp imposant

Plusieurs centaines de soldats, et des auxiliaires féminins, travaillèrent dans l’usine des fils de Georges Prieur. Des baraquements provisoires furent bâtis tout autour pour les loger et pour accueillir leurs loisirs : cantine, salles de bains, salles de réunions, salles de danse, salons de thé et même des chapelles protestantes, les soldats catholiques étant accueillis dans les stalles de Notre-Dame-des-arts. Après guerre, ces baraquements ont servi à des familles durant quelques dizaines d’années avant d’être rasés un à un. Aujourd’hui, il n’en reste que les quelques commerces des Dardanelles et quelques plaques de béton qui ont servi de fondation et de pistes pour faire rouler les avions.

Le Camp, partie du village des Damps directement issue du camp aux Anglais, auquel elle doit son nom.

Le Camp, partie du village des Damps directement issue du camp aux Anglais, auquel elle doit son nom.

Un lieu de repos et de loisirs

Outre les techniciens du Royal flying corps, le camp des Damps a accueilli des troupes revenant du front. Celles-ci bénéficiaient de loisirs variés.

 

Les soldats britanniques se retrouvaient dans les bistrots de Pont-de-l’Arche. Pour l’anecdote, c’était la première fois que les gens de la région virent des hommes en « jupe » en la présence d’Ecossais. L’ancienne salle des fêtes de Pont-de-l’Arche, construite par l’armée britannique, servait elle aussi de lieu de festivité aux troupes et à la population locale comme l’écrivit un journaliste dans L’Industriel de Louviers du 20 janvier 1917 :

Pont-de-l’Arche. – Cinéma-concert. Dimanche 14 janvier à 6h et ½, le Royal Flying Corps anglais de Pont-de-l’Arche offrait à ses soldats une soirée récréative de cinéma dans le camp d’aviation. Un orchestre symphonique a charmé l’auditoire ; plusieurs morceaux du répertoire ont été alors fort applaudis, parmi lesquels : les airs irlandais et diverses mélodies anglaises. Le lundi soir, le commandant et les officiers avaient convié par invitation grand nombre de personnes de Pont-de-l’Arche qui ont eu le plaisir d’admirer la fameuse film anglaise : La bataille de la Somme où tous nos Tommies rivalisaient d’entrain et de bravoure. Ces deux soirées récréatives… se sont terminées aux accents de La Marseillaise et du God Save the King.

Les Britanniques nous ont fait découvrir le football, notamment, et ont entretenu cette passion chez nous durant la Grande guerre. L’Industriel de Louviers du 10 aout 1918 le rapporte : Pont-de-l’Arche - Fête sportive. Lundi, les officiers R.F.C. ont organisé la fête annuelle des sports. La fête composée de jeux de toutes sortes fut très réussie malgré la pluie qui ne cessa qu’à de rares intervalles. Le soir un concert dans la grande salle du cinéma fut très apprécié et se termina par l’hymne national anglais.

 

Outre les relations sportives, la présence des troupes britanniques a permis de tisser des liens avec la population locale. L’Elbeuvien du 7 février 1917 informa que : Les prairies […] ayant été ces temps derniers inondées par la crue de la Seine sont actuellement gelées et de nombreuses personnes s’y livrent au sport du patinage. Un soldat du Royal Flying Corps a été victime ces derniers jours d’un accident. Après une chute malheureuse, il a été relevé dans un état qui a nécessité son transport immédiat dans un hôpital de Rouen.

 

L’article du 1er juin 1918 relate un moment tragique mais d’une grande beauté :

Dans notre numéro du 11 mai, nous avons relaté qu’une jeune fille de Pont-de-l’Arche […] était tombée dans un puits profond de trente mètres. Le père, désespéré, fit immédiatement appel à la bonne volonté de quelques soldats anglais, qui se trouvaient en promenade, et immédiatement sans aucune hésitation ceux-ci entreprirent les moyens de sauvetage. Etant donné le mauvais état de ce vieux puits abandonné, ce sauvetage fut opéré dans des conditions particulièrement difficiles et dangereuses pour les sauveteurs ; il faut signaler le courage du soldat P. Carnwall… qui s’offrit spontanément pour descendre dans le puits avec de très élémentaires instruments de fortune et, sans souci pour sa vie, après un séjour prolongé au fond du puits, dans l’eau glaciale et après diverses tentatives réussit à ramener le corps de la noyée. Il ne put à son tour être retiré que très difficilement. Il risquait d’être écrasé par la margelle branlante du vieux puits, et d’être noyé par la rupture de la corde qui s’est produite à un moment. Vraiment ce brave mériterait bien une distinction honorifique de la part de l’administration militaire britannique.

 

D’autres articles, encore, sont riches d’enseignement tels que celui du 12 septembre 1917 qui nous apprend que la population archépontine [sic], et des communes avoisinantes, privée de médecin, est actuellement soignée par un Major anglais, très dévoué à ses malades à toute heure et souvent gratuitement. Ce Major est titulaire de plusieurs décorations gagnées dans sa longue carrière militaire.

 

Les liens qui unissaient les Normands et les Britanniques furent riches. Les Tommies ont apporté maints services à nos ancêtres – beaucoup d’hommes étant retenus au front – et que ceux-ci leur ont réservé un accueil appréciable, d’autant plus que leur présence était une source de profit supplémentaire. Si le camp britannique pas eu d'importance stratégique, il a néanmoins engendré des liens restés gravés dans les mémoires. C'est ce qu'expriment et promettent deux lettres adressées par des gradés brtitanniques à Maurice Delamare. Extraits :

- courrier envoyé par le colonel G. B. Hynes, commandant du camp de la Royal air force, à Maurice Delamare, le 30 novembre 1918 : "Rien ne pourrait dépasser la bonté, l'hospitalité avec lesquelles on a reçu l'Armée Britannique partout en France, et le concours et l'accueil données par vous, Mon Cher Maire, et les habitants de la Ville de Pont de l'Arche ont été des plus frappants."

- courrier envoyé par un commandant - non nommé - de l'Engine repair shops de la Royal air force le 22 septembre 1919 :

"Monsieur le Maire,

Le Dépôt de l'Aviation Britannique à Pont de l'Arche étant arrivé au terme de ses travaux, je voudrais profiter de cette occasion, avant le départ final, de vous remercier personnellement, cher Monsieur le Maire ainsi que les Autorités Civiles de la Ville de Pont de l'Arche, au nom des Autorités Militaires Britanniques, en mon nom et en celui des Officiers, Sous-Officiers et soldats de ce Dépôt, pour la courtoisie, la bienveillance et l'aide qui nous ont toujours été témoignés depuis la formation de ce Dépôt en Novembre 1914.

Parlant au nom du personnel, je tiens à vous assurer que nous garderons toujours un excellent souvenir de notre séjour parmi vous, ainsi que de votre belle patrie. J'espère que les excellentes relations et la bonne amitié qui ont toujours existé durant ces quelques années resserreront encore davantage, à l'avenir, les liens qui unissent les grandes nations : la France et l'Angleterre..."

Femmes se faisant brosser les cheveux au salon de coiffure QMAAC (Corps d’armée auxiliaire de la Reine Marie) réputé être un salon régulier de l’enseigne « Bond street » (Pont-de-l’Arche, 1919).  Girls having their hair brushed in the hairdressers' shop for the QMAAC [Queen Mary's Army Auxiliary Corps] at Pont de l'Arche which enjoyed the reputation of being a regular Bond Street establishment. Olive Edis ; IWM photographer of the women’s services in France 1919, part of "First world war official collection" (photographs) Made by : Edis, Olive 1919. www.iwm.org.uk/collections/search?query=pont+de+l%27arche&submit=&items_per_page=10

Femmes se faisant brosser les cheveux au salon de coiffure QMAAC (Corps d’armée auxiliaire de la Reine Marie) réputé être un salon régulier de l’enseigne « Bond street » (Pont-de-l’Arche, 1919). Girls having their hair brushed in the hairdressers' shop for the QMAAC [Queen Mary's Army Auxiliary Corps] at Pont de l'Arche which enjoyed the reputation of being a regular Bond Street establishment. Olive Edis ; IWM photographer of the women’s services in France 1919, part of "First world war official collection" (photographs) Made by : Edis, Olive 1919. www.iwm.org.uk/collections/search?query=pont+de+l%27arche&submit=&items_per_page=10

Patinage sur l'ancien canal de l'écluse de Limaie. Collection privée (photo A. Launay, 2012).

Patinage sur l'ancien canal de l'écluse de Limaie. Collection privée (photo A. Launay, 2012).

Sources

- L’Elbeuvien ;

- L’Industriel de Louviers ;

- Chantepie Roland, Pont-de-l’Arche à travers les âges, manuscrit b, 2e partie, De la Révolution à nos jours (1944), pages 437 à 443 ;

- Archives municipales de Pont-de-l'Arche : 5 H 9.

 

 

A lire aussi…

Pont-de-l'Arche et la Première guerre mondiale

Tentative allemande de faire sauter le pont...

Le service militaire d'une anglaise du Sussex : Winifred Mary Wilcox, qui servit notamment au camp des Damps. Sur le site : sussexhistory.net  

Pour aller plus loin...

Lisez, en anglais, l'article suivant : Fell LFR, "The engine repair shops - Pont de l'Arche", Journal of the royal aeronautical society, janvier 1966. Avec mes remerciements à Peter Ainsworth. Article accessible en cliquant sur les images ci-dessous.

 

Un camp britannique de la Première Guerre mondiale : le Royal Flying Corps aux Damps et à Pont-de-l'Arche.Un camp britannique de la Première Guerre mondiale : le Royal Flying Corps aux Damps et à Pont-de-l'Arche.
Un camp britannique de la Première Guerre mondiale : le Royal Flying Corps aux Damps et à Pont-de-l'Arche.Un camp britannique de la Première Guerre mondiale : le Royal Flying Corps aux Damps et à Pont-de-l'Arche.

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...