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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:57
Vue depuis Les Damps du haut sur le lieu de l'ancien débarcadère du bac où se trouvait la Maison rouge. L'orientation du chemin qui la suit montre clairement qu'il existait une voie reliant Alizay et Les Damps.

Vue depuis Les Damps du haut sur le lieu de l'ancien débarcadère du bac où se trouvait la Maison rouge. L'orientation du chemin qui la suit montre clairement qu'il existait une voie reliant Alizay et Les Damps.

La "Maison rouge" est le nom d'une parcelle de la commune d'Alizay où se trouvent des industries comme Ashland et Double A. Quelle était cette maison rouge ?  

Des parchemins conservés aux archives de la mairie des Damps nous apprennent l’existence d’un bac entre le village des Damps et la rive droite de la Seine, au nord. Mais où se trouvait le débarcadère de ce bac ? La réponse est assez simple : la place du village des Damps était située en face du confluent entre l'Eure et la Seine. De l'autre côté de la Seine se trouve le château de Rouville. Plus précisément, une route conduit de la berge nord de la Seine au village d'Alizay. Elle aboutit, de nos jours, au niveau du rondpoint de la déviation d'Alizay, en face de l'entrée du château de Rouville.

Or, ce bac ne reliait pas Les Damps à une rive droite inhabitée. D’anciennes chartes[1] nous apprennent que ce bac menait à une "hôtellerie", appelée La Maison rouge. Elle devait tirer son nom de la couleur de ses tuiles. Cette hôtellerie appartenait au seigneur de Rouville.

Sur cette carte d'état major datant de la moitié du XIXe siècle se voit un enclos avec plusieurs bâtiments au nord de la Seine, entre Les Damps et Alizay. Cet enclos représente l'ancienne hôtellerie fluviale de la Maison rouge ou le chanvre était aussi cultivé et chargé sur la Seine.

Sur cette carte d'état major datant de la moitié du XIXe siècle se voit un enclos avec plusieurs bâtiments au nord de la Seine, entre Les Damps et Alizay. Cet enclos représente l'ancienne hôtellerie fluviale de la Maison rouge ou le chanvre était aussi cultivé et chargé sur la Seine.

Cette hôtellerie devait principalement accueillir des mariniers, des haleurs et des voyageurs qui empruntaient le cours de la Seine. Pourquoi stationner ici ? La Maison rouge était entre deux obstacles pour la navigation fluviale :

- le pertuis[2] de Poses nécessitait une journée de travail pour faire passer une embarcation chargée. C’est pourquoi les haltes nocturnes étaient souvent nécessaires aux voyageurs avant et après le franchissement de cette difficulté naturelle ;

- le pont de Pont-de-l'Arche prenait lui aussi beaucoup de temps. Nous le relatons dans un article sur le montage des bateaux sous le pont.

Il n'est pas étonnant que des voyageurs fussent bloqués par la nuit entre Pont-de-l'Arche et Poses de ce côté-ci de la berge. Pourquoi de ce côté-ci ? Parce que l'autre rive était plus entrecoupée par des iles et donc par des berges mouvantes et impropres au halage. Elles nécessitaient plus souvent de faire franchir aux chevaux des bras de Seine sur des bacs précaires et payants.     

La Maison rouge dût assurément être aussi une ferme dévolue à la culture et peut-être à l'élevage. La parcelle la plus proche de la Maison rouge se nomme "Le port au chanvre". Cette plante servait à la confection de tissus rudimentaires. Elle était cultivée dans la plaine alluviale d'Alizay et a peut-être occupé des travailleurs de la Maison rouge.  

Carte postale des années 1910 située du côté du port au Chanvre, voire de la Maison rouge. L'espace a, semble-t-il, été déserté par les hommes, hormis quelques paisibles passages comme ici un pâtre, son chien (en bas à droite) et son troupeau.

Carte postale des années 1910 située du côté du port au Chanvre, voire de la Maison rouge. L'espace a, semble-t-il, été déserté par les hommes, hormis quelques paisibles passages comme ici un pâtre, son chien (en bas à droite) et son troupeau.

[1] Dictionnaire Historique de toutes les Communes de l’Eure, Charpillon L.E., Caresme A.   

[2] C’est à dire une perte d’altitude de la Seine à cet endroit qui accroit le courant et qui fait tourbillonner les eaux, rendant ainsi hasardeuse la navigation.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:42

-E.Charpillon, Louis-Étienne, Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 662-674.       

 

PONT-DE-L'ARCHE

 

Paroisse : ch.-lieu de Baill., Vic. et Elec. – Dioc. d’Évreux. – Parl. et gén. de Rouen.

       Pont-de-ma-Citadelle, Pons arcis meae, d’où Pont-de-l’Arche, telle paraît être la véritable étymologie de cette localité[1].

         « Vers 860, Charles le Chauve convoqua les grands de l’Empire, à son palais de Pîtres, et obtint d’eux des subsides pour faire construite une fortification et un barrage assez fort pour arrêter les barques normandes qui remontaient la Seine. Pour établir ce pont, on choisit l’endroit où la marée cesse de se faire sentir ; deux châteaux-forts furent élevés aux deux extrémités, sous la direction de l’archevêque Hincmar.

 

         Vers 1020, le duc Richard II, duc de Normandie, donna aux moines de Jumièges l’église et le tonlieu de Pont-de-l’Arche, avec trois moulins qui existaient sous le pont, deux acres de près et un moulin vers les Damps, avec trois fermiers.

         Guillaume de Pont-de-l’Arche fut un des cinq enquêteurs chargés, par Henri 1er, en 1127, de la rédaction du rôle de Winchester.

         Vers 1180, l’impératrice Mathilde et son fils Henri II donnèrent à N.-Dame-du-Pré, 4 l. de rente à prendre sur les pêcheries de Pont-de-l’Arche.

         Richard Cœur-de-Lion échangea, en 1198, avec les seigneurs de Jumièges, le domaine de Pont-de-l’Arche contre celui de Conteville ; après la mort de son frère, Jean sans Terre ne pouvant défendre Pont-de-l’Arche, voulut démanteler le château ; Philippe Auguste ne lui en laissa pas le temps et s’en empara en 1203.

         Dans le traité fait avec les habitants de Rouen, le 1er juin 1204, il est dit que Philippe-Auguste leur accorde les mêmes libertés et coutumes que celles dont jouissaient les bourgeois de Pont-de-l’Arche ; il leur accorda, de plus, la franchise de péage à Pont-de-l’Arche.

        Pont-de-l’Arche a servi dans tous les sièges de Rouen de dépôt d’approvisionnements militaires ; cette ville, qui pouvait empêcher le trafic entre Paris et Rouen, a été pendant bien longtemps considérée comme la clef de la Haute-Normandie  ; aussi, Philippe-Auguste et ses successeurs y vinrent-ils souvent. Si la situation de cette ville était importante, au point de vue stratégique, elle ne l’était pas moins du point de vue fiscal ; le point extrême de la marée montante servait de ligne de démarcation pour les droits à percevoir par la vicomté de l’Eau.

      En 1211, Alexandre, abbé, et les religieux de Jumièges, abandonnèrent à Philippe-Auguste ce qu’ils avaient à Pont-de-l’Arche et reçurent Conteville en échange.

      On dressa, en 1213, un état des nefs appartenant au châtelain de Pont-de-l’Arche, Simon de Montfort étant à Pont-de-l’Arche ; fit hommage au roi des États de Raymond VII, comte de Toulouse, qui avait été déclaré hérétique (sic).

         Des actes nombreux de Philippe-Auguste sont datés de Pont-de-l’Arche.

         En 1222, le roi étant dans cette ville, donne aux bourgeois de Poitiers la liberté du commerce, excepté à Pacy et à Pont-de-l’Arche.

        Louis VIII se trouvant à Pont-de-l’Arche, le 4 janvier 1224, s’engage à faire venir à Rouen les débiteurs des bourgeois de cette ville[2] ; il autorisa les religieux de Bonport à faire venir chaque année 100 tonneaux de vin, francs de péage et de droits de coutume.

         Dans une charte de Guillaume de Tourville, pour Jumièges, en 1228, il est fait mention de la voie publique qui conduit du port d’Oissel à Pont-de-l’Arche[3], Me André était alors curé de cette ville.

         A la date de 1237, Pierre de Meulan était châtelain de Pont-de-l’Arche ; Me Robert était curé.

         Les assises tenues à Pont-de-l’Arche, en 1240, furent présidées par Jean des Vignes et Renault d’Alisay, vicomte de Pont-de-l’Arche.

         Jean Ansgaut qui avait pris part à la croisade, reçut du roi, en 1251, une rente de 3 d. sur la prévôté de Pont-de-l’Arche ; Robert Le Maçon, Abraham, Robert et Eudes du Pont-de-l’Arche, sont cités dans différentes chartes de cette époque.

         Pont-de-l’Arche faisait alors partie du domaine royal, et dans le compte des vins du roi, cette ville figure, en 1247, pour 88 muids 11 setiers ½ [4]. On y percevait un droit de péage de 10 d. par muid sur les vins qui passaient sous le pont, de même que les chevaux, bestiaux, voitures, traversant le pont, acquittaient un droit.

         Barthélemy Fergant était, en 1256, vicomte de Pont-de-l’Arche ; Guillaume des Gades-Renicourt l’avait remplacé trois ans après.

         Eudes Rigaut le vigilant, archevêque de Rouen, visita Pont-de-l’Arche cinquante-quatre fois ; il donna deux fois l’ordination dans la chapelle du château, et deux fois il assista à des ordinations faites par l’archevêque d’Évreux.

         En 1271, Robert du Pont-de-l’Arche vendit au Bec, pour 7** l. de rente des maisons qui lui rapportaient 12 d. de rente.

       Un arrêt du Parlement de la Toussaint 1288, décida que l’abbaye du Bec n’avait pas le privilège de libre circulation à Pont-de-l’Arche.

         Me Guillaume était, en 1288, recteur des économies de Pont-de-l’Arche ; Mgr Gohier, vicomte, fut choisi comme arbitre en 1289 ; il était remplacé deux ans plus tard par Robert d’Auvilliers.

         Une inondation emporta tous les ponts de la Seine , en 1296, à l’exception toutefois de celui de Pont-de-l’Arche.

         Pendant le XIIIe siècle on faisait, à Pont-de-l’Arche, un grand commerce d’huile de noix et d’huile de pavot, que l’on extrayait dans le pays.

         Le bailli de Rouen voulant soustraire au sieur Nicolas Le Tonnelier un privilège de la Fierte , l’envoya, en 1302, aux prisons de Pont-de-l’Arche.

         En 1306, Jean de Préaux vendit aux religieux de Saint-Ouen une arche du pont de Pont-de-l’Arche avec la pêche de cette arche, qui étaient de son propre héritage[5].

         Un sieur Jean Larchevêque tenait en fief-ferme, à la date de 1308, les moulins du roi de Pont-de-l’Arche ; l’année suivante, le roi confirma une vente, consentie par Laurent Thiart, vicomte de Pont-de-l’Arche, au cardinal Jean Le Moine[6].

         C’est à Pont-de-l’Arche que fut tenu, en 1310, le concile dans lequel les Templiers furent condamnés à mort.

         Aux assises tenues dans cette ville en 1313, on confirma les arrangements entre le Bec et le seigneur du Neubourg pour les Novales ; d’autres assises furent tenues, en 1313, où fut jugé un différend entre l’abbaye du Bec et Guillaume de Maulévrier, seigneur de Combon.

         Des lettres de Louis le Hutin, du mois de juillet 1315, fixèrent le tarif des droits à payer sur les marchandises voiturées par eau, de Paris à Pont-de-l’Arche, et de cette dernière ville jusqu’à la mer, tant en montant qu’en descendant ; il en résulte que le roi percevait 10 d. par tonneau de cidre remontant la Seine jusqu’à Pont-de-l’Arche[7].

         Une ordonnance de Philippe le Long, du 12 mars 1316, chargea le bailli de Rouen « d’établir ès ville de Pont-de-l’Arche un capitaine… qui fasse serment de maintenir et garder loyaument icelle ville, païs et peuple ».

         En 1317, Pierre Lhôpital, prêtre, était garde du scel aux obligations de Pont-de-l’Arche[8]. Jean de Neufchâtel était vicomte.

         Jean Gougeul obtint du roi Charles le Bel, en 1321, que le moulins Aux Dames, à Pont-de-l’Arche, serait tenu du roi à seule foi. En 1335, Robert Garin, vicomte de Pont-de-l’Arche, résista aux injonctions du roi, relatives à l’exécution d’une sentence rendue par la Chambre des Comptes de Paris, au sujet de biens situés à Léry.

         Jean du Bosc, vicomte de Pont-de-l’Arche, assistait à l’échiquier de 1344 ; il épousa Catherine de la Luzerne , dont il eut quatre enfants.

         Par quittance passé devant Pierre Martel, garde du scel aux obligations de la vicomté de Pont-de-l’Arche ; le 6 novembre 1350, Jehan le Fer déclara avoir reçu du roi par les mains de N.H. Bachelet, vicomte, 20 s. pour le terme de Saint-Michel passé.

         Au commencement du mois d’août 1346, les Anglais, appelés par Charles le Mauvais, débarquèrent en France sous la conduite de leur roi Edouard, et vinrent à Pont-de-l’Arche qu’ils brûlèrent ainsi que tout le pays voisin[9].

         L’année suivante, Richard du Mesnil, chevalier, était capitaine du château de Pont-de-l’Arche.

         Des lettres royales, du 13 avril 1350, constatent que le comte d’Harcourt devait au roi Jean le Bon, 220 l., 8 s. payables au vicomte de Pont-de-l’Arche. A cette date, le vicomte était Jean de Baigneux, qui eut pour successeur Richard de Bitot.

         En 1356 « se partit le roi Jean de Rouen, et alla au Pont-de-l’Arche, et la vient à lui le prévôt des marchands de Paris, à 500 hommes d’armes »[10].

         Au mois d’août de l’année suivante, Charles, duc de Normandie, était à Pont-de-l’Arche. Après la paix de Brétigny, en 1360, le roi Édouard fit passer la Seine à ses troupes, à Pont-de-l’Arche, d’où il les envoya en Angleterre[11].

         De grandes réparations furent faites au XIVe siècle, au château de Pont-de-l’Arche, à la chambre du roi, au colombier et à la petite chapelle.

         La veille de la bataille de Cocherel, le 15 mai 1364, du Guesclin était à Pont-de-l’Arche, où ses troupes se reposèrent et où il les passa en revue ; le même jour, le captal de Buch mal averti des mouvements de son adversaire, se dirigea vers Pont-de-l’Arche pour s’opposer au passage de la Seine[12].

         Le soir de la bataille, l’armée française, victorieuse, arriva à Pont-de-l’Arche, ramenant Jean Joël et Pierre Sacquainville, prisonniers ; ils mouraient de faim et même les plus vantés.

         En 1369, Robert Hallé était vicomte de Pont-de-l’Arche ; Jean de Jeucourt était capitaine ; on assigna, à ce dernier, un revenu de 400 l. ; il était remplacé l’année suivante par Henri de Ferrières, seigneur de Gisors.

         Un impôt sur les vins fut mis à Pont-de-l’Arche, en 1375 ; vers cette époque, Hue de Neaufles était garde du scel de la vicomté, Jean de la Heruppe , huissier d’armes, était capitaine du Pont-de-l’Arche.

         Le 11 juillet 1382, Jehan Auber, vicomte de Pont-de-l’Arche, avait pour lieutenant Guillaume Ango ; l’année suivante, il avait un conflit avec la juridiction de l’archevêque de Rouen, à Louviers ; Colard d’Estouteville était capitaine.

         En janvier 1387 eut lieu, à Pont-de-l’Arche, la vente du manoir de messire Bonneau de Jeucourt, chevalier.

         Le 25 mars 1381, Charles VI étant à Pont-de-l’Arche, après son sacre, fit grâce à Jehan Pesquez, qui fit mis en liberté le carême et en partit le samedi saint, pour aller à Rouen.

         Les assises tenues à Pont-de-l’Arche, en 1388, furent présidées par Richard de Houdetot, bailli de Rouen.

         Moradas de Rouville était, en 1390, capitaine du château de Pont-de-l’Arche : Jehan de la Mare , vicomte ; ce dernier était remplacé, en 1398, par Jean de Saint-Ouen ; Isembart Ravenel, garde des sceaux des obligations de la vicomté, figure dans les contrats, en 1397.

         À la fin du XIVe siècle, Guillaume Blanc-Baston, lieutenant général de la Thuille , bailli de Rouen et de Gisors, présida les assises de Pont-de-l’Arche.

         En 1406, Guillaume Le Diacre, vicomte de Pont-de-l’Arche, acheta de Jean Grouchy, seigneur de Monterolier, le fief Duredent.

         Jean Monnet était vicomte, en 1408, lorsque le bailli de Rouen, aux assises de Pont-de-l’Arche, condamna un porc à être pendu pour avoir tué un enfant ; la même année, Jean de Villeneuve était lieutenant général auprès du bailli de Rouen.

         Après le meurtre de Raoul de Gaucourt, bailli de Rouen, en 1417, « le dauphin partant de Paris, atout 2,000 combatants, ala au Pont-de-l’Arche, duquel lieu il envoya l’arcevesque, Louis de haucourt, pour exhorter les bourgeois de Rouen à obeir au dit daulphin »[13].

         Au mois de juin 1418, le roi Henri d’Angleterre quitta Lisors pour venir assiéger Pont-de-l’Arche.

         « En ce temps estoit le roy d’Engleterre tenant le siége de Pont-de-l’Arche, que tenoient les Armignacs, et en estoit le seigneur de Graville, cappitaine, lequel ne tint pas longuement, mais le rendy par traictié aus Engloix, et s’en party saulvement »[14].

         Le siège avait duré trois semaines.

         Peu de jours après la prise de la ville, le roi de France envoya des ambassadeurs qui vinrent au Pont-de-l’Arche pour traiter des conditions de la paix. « Et s’en partirent sans rien faire ».

En 1419, alors que les Anglais étaient maîtres de la ville, Ouin Huchère était vicomte, Maurice Brun, capitaine ; Robinet Grouys, marinier au Pont-de-l’Arche, avait l’office d’amener et de ramener toutes les nefs dessous le pont, que tenait Amaury-le-Coq.

Le roi d’Angleterre se trouvant à Pont-de-l’Arche, 1419, accorda au prieur de Bonport des lettres de sauf-conduit ; l’année suivante, il ordonna la restitution du temporel au couvent.

Le 26 février 1421, Thomas Maisterson était capitaine de Pont-de-l’Arche ; mais l’année suivante, il avait pour successeur Jean Beauchamp, qui fut passé en revue avec sa troupe, par les commissaires du roi d’Angleterre. Cette même année, le 8 octobre, une ordonnance contre les soldats qui avaient déserté leur corps, fut adressé au chevalier Jean Kigley, bailli de Rouen, et à Guillaume Crafford, esc., lieutenant du même bailli et capitaine de Pont-de-l’Arche ; au mois d’avril précédent, Maurice Brun avait été nommé capitaine du château et de la ville de Pont-de-l’Arche.

Après la prise de Verneuil, en 1424, le régent revint en Normandie, et ramena ses prisonniers à Pont-de-l’Arche : Philippe Le Baube était alors receveur des quatrièmes.

En 1424, Jean Falstaff, grand-maître d’hôtel du roi d’Angleterre, fut nommé gouverneur de Pont-de-l’Arche, Caen etc.

Guillaume du Fay, esc., époux de Jeanne de Recuchon était, en 1426, vicomte de Pont-de-l’Arche ; Jean Aubert l’avait remplacé dans cette fonction en 1428 ; la même année, la garde du scel des obligations de la vicomté appartenaient à Constant Pinchon[15] ; Jean Delestre, clerc, était tabellion juré.

Au mois de juillet 1429, après une inspection au château de Pont-de-l’Arche, on renforça la garnison ; en 1430, le sire de Willughby était capitaine de ce château ; il eut pour successeur, en 1435, Bérard ou Bertrand de Montferrand.

Les États de Normandie furent tenus à Pont-de-l’Arche en 1432, 1437, 1438 et 1439.

En 1435, le pont était en fort mauvais état, et les Anglais furent obligés de le réparer.

           Richard de Tharnes était, en 1437, lieutenant de la ville de Pont-de-l’Arche ; aux Etats tenus à Rouen, cette même année, Brunet de Longchamp, chevalier, représentait la noblesse de la vicomté de Pont-de-l’Arche.

Le 30 novembre 1440, Henri IV réunit à Pont-de-l’Arche une assemblée des notables habitants de la ville et des environs, pour viser au moyen d’arrêter les entreprises des ennemis (les Français), qui s’étaient déjà emparés de Louviers. Adam Hilton était alors lieutenant au Pont-de-l’Arche, de l’archevêque de Rouen ; il était capitaine en 1412.

Au mois de septembre 1441, le roi Charles VII fit expédier des titres de noblesse à Jean Bocquet, né à Rouen, et habitué à Pont-de-l’Arche, pour avoir fait des actions d’éclat au siège de Pontoise, et être monté le premier à l’assaut ; il lui donna pour armoiries : d’or à trois tours d’azur.

Deux bourgeois, Pierre Mordret et Jean Roisse, représentaient Pont-de-l’Arche aux Etats de Rouen, du 20 avril 1447 ; Jean Hamon donna quittance le 12 décembre 1448 à Jean Lancelin, vicomte de Pont-de-l’Arche.

Cependant, Pierre de Brézé, capitaine de Louviers, Robert de Flocques et d’autres capitaines français, résolurent de s’emparer de Pont-de-l’Arche ; un marchand de Louviers, que son commerce appelait à Rouen et que tout le monde connaissait, leur en ouvrit les portes, pendant la nuit du 13 mai 1449. Les Anglais, surpris dans leur sommeil, furent presque tous faits prisonniers.

Le butin des vainqueurs fut considérable. C’était un premier échec à la puissance des Anglais, qui allaient bientôt disparaître du royaume de France.

Guillaume de Bailleul, seigneur de Beauvais, vint aussitôt trouver Charles VII à Pont-de-l’Arche pour lui prêter serment de fidélité. Il y eut la même année des conférences pour traiter de la paix ; le roi de France offrit de rendre Pont-de-l’Arche, Conches et Gerberoy aux Anglais, si l’on rendait Fougères au duc de Bretagne. Les ambassadeurs ne purent s’entendre[16].

Jean Langlois était, en 1450, lieutenant en la vicomté de Pont-de-l’Arche. Le 1er mai 1461, quittance fut donnée à Pierre Bachelet, vicomte.

En 1462, le roi Louis XI étant en Normandie, imposa un droit sur les vins qui passaient sous le pont de Pont-de-l’Arche et descendaient à Rouen.

Charles, frère de Louis XI, ayant reçu, en 1465, la Normandie en apanage, voulut aller en prendre possession ; mais arrivé à Pont-de-l’Arche, il y fut retenu par les intrigues et les artifices des Bretons, qui voulurent s’emparer de sa personne, lors de son entrée à Rouen ; mais leurs projets furent déjoués par le comte Jean d’Harcourt[17].

Louviers, qui était entré dans la Ligue du Bien Public, vint mettre le siège devant Pont-de-l’Arche qui lui fermait le passage pour aller à Rouen ; après un siège de quelques jours, le château capitula, le 11 janvier 1466. Le 3 février suivant, Gauvain Mauviel, lieutenant général du bailli de Rouen, ayant été fait prisonnier, fut amené à Pont-de-l’Arche ; on dressa un échafaud sur le pont, le sieur Mauvel fut décapité, sa tête fut mise au bout d’une pique et son corps jeté à l’eau[18].

Sur les ordres du roi, un camp pour 20,000 hommes, entouré de fosses et de palissades, fut formé dans la vallée entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre ; pour en payer les frais il imposa une taille très lourde ; Guillaume Picard, bailli de Rouen, commandait ce camp.

Un matelot ayant été tué à Pont-de-l’Arche, en 1467, par Guillaume Beslatre, celui-ci eut la vie sauve en levant la fierté.

Par contrat passé devant les tabellions au siège de Léry, en 1471, Pierre Martel, garde des scel des obligations de la vicomté de Pont-de-l’Arche, donna à fief 3 vergées de terre pour 3 s. de rente.

Le 28 octobre 1472, Louis XI rétablit, au profit des manants et habitants de la vicomté de Pont-de-l’Arche, le grenier à sel établi à Pont-de-l’Arche par Charles VII, qui l’avait ensuite abolit.

Le 15 mars 1475, Richard Bachelet était lieutenant général de N.H. du Gué, vicomte de Pont-de-l’Arche du bailli de Rouen ; Guillaume Gautier et Pierre Ducloz étaient, en 1483, tabellions royaux.

Des lettres de Charles VIII, données à Pont-de-l’Arche le 14 avril 1483, octroyent congé général à tous les français ayant cause et procès à l’Échiquier, d’appointer sans amende.

Le 7 octobre 1500, Jehan Chalenge, vicomte de Pont-de-l’Arche, avait pour lieutenant général Guillaume Becquet ; il fut remplacé, en 1518, par son fils Jacques, devant lequel eut lieu, le 12 juin 1524, le traité de mariage de Hector Vipart avec Marguerite d’Amfreville.

A ce moment, Me Roger Le Mercier était procureur substitut du roi en la vicomté.

Deux ans après, en 1526, Me Martin d’Escambosc, advocat du roi à Louviers, était vicomte de Pont-de-l’Arche.

La succession de Simon de Baigneux, vicomte de Pont-de-l’Arche, en 1531, passa à la famille royale de Dreux.

En 1534, Pierre de la Faye , grainetier du Pont-de-l’Arche, demanda délai pour vérifier sa noblesse.

Une sentence du 26 juin 1537, rendue par Jean Sergent, vicomte de Pont-de-l’Arche, adjuge une pièce de terre, sise au Bec-Thomas, à Robert Le Comte de la Harangère ; Robert de Pommereuil était alors capitaine de cette ville ; le scel de la vicomté était tenu par Binot d’Arthois.

En 1540, François 1er étant à Pont-de-l’Arche, donne les injonctions au Parlement de Rouen.

Un aveu rendu au roi, pour la baronnie d’Elbeuf, le 6 août 1542, contient cette mention : « Nous appartient la rivière de Saine, depuis l’ombre du pont de Pont-de-l’Arche à l’heure du soleil de midy, jusqu’au gravier au-dessous d’Orival »[19].

Adam de la Basoge , haut justicier de Heuqueville, avait droit de pêche depuis le Blanc-Saulx jusqu’au talus de Pont-de-l’Arche, par moitié avec l’abbaye de Bonport et autres ayant-droit.

Quelques années après, en 1546, les États de Normandie se réunirent à Pont-de-l’Arche, à cause de la peste qui sévissait à Rouen.

Thomas Cyroie était, en 1555, avocat du roi aux juridictions de Pont-de-l’Arche ; en 1561, Loys de la Faye , esc., licencié ès-lois, était lieutenant du bailli de Rouen.

Les protestants venus de Rouen au nombre de 1,500 avec 6 pièces d’artillerie, se présentèrent devant Pont-de-l’Arche, en 1562, espérant y faire un grand butin ; mais ils ne purent y pénétrer ; les capitaines Guyon et Maze les repoussèrent vivement, en leur faisant subir des pertes cruelles ; 40 soldats furent rués ou blessés[20].

Par lettres patentes datées de Plessis-les-Tours, le 10 octobre 1569, le roi Charles IX donna à Catherine de Médicis, sa mère, la vicomté de Pont-de-l’Arche. A cette époque, Jean de Carvoisin, seigneur d’Achey, gouverneur de Pont-de-l’Arche, épousa Marguerite de l’Isle.

Guillaume Jobin vendit, en 1580, à Charles Routier, grenetier du grenier à sel de la vicomté, par contrat passé devant Louis Trencheur, notaire royal, une vergée de vigne au Val-au-Queu, à Amfreville.

Vers cette date, Nicolas Hesbert, advocat, avait la garde du scel aux obligations de la vicomté.

Dans un aveu de 1581, le seigneur du Portpinché déclarait posséder quatre arches du pont, avec un droit de pêche de tous le poisson. Le droit de bac de Pont-de-l’Arche à Lormaye appartenait à l’abbaye de Bonport.

Aux États de Normandie tenus à Rouen, en 1582, Me Nicolas Le Blanc, advocat de Pont-de-l’Arche, représentait la justice de la vicomté ; Jean Hays était son lieutenant ; Jean Fournière, Guillaume Hays et Pierre Morlet, advocats, y comparurent également.

La coutume locale de Pont-de-l’Arche concernant l’apport en mariage de la femme, fut abrogée le 5 janvier 1583, par le président du Parlement assisté d’un conseiller et d’un avocat du roi, en présence et du consentement des gens des trois États, à ce convoqués[21].

Deux ans après, en 1589, Le Blanc du Rollet, gouverneur de Pont-de-l’Arche, en ouvrit les portes à Henri IV et l’on assure qu’à dater de cette époque, les armes de cette ville s’enrichirent de trois fleurs de lys d’or.

Pont-de-l’Arche portait : de sable au pont d’argent maçonné de sable, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

En 1592, Henri IV établit son quartier général à Louviers et cantonna une partie de ses troupes à Pont-de-l’Arche ; c’est là qu’il envoya les canons qu’il avait employés au siège de Rouen, lorsqu’il fut forcé de le lever[1]. Rouen était défendu par l’amiral de Brancas, lieutenant général pour le roi aux bailliage de Rouen, de Caen et de Pont-de-l’Arche.

Chicot, le fou de Henri IV, que la plume de notre ami, le grand romancier Alex. Dumas, a rendu célèbre, ayant été blessé dans une escarmouche, mourut à Pont-de-l’Arche où il fut inhumé.

En 1594, M.Claude des Hays était curé de Pont-de-l’Arche, Claude Boullenger et Jean Lemercier, avocats du roi en la vicomté. La même année, Jacques Bachelier, receveur des tailles, obtint la remise de 8,000 écus des deniers de sa recette, et don de 6,000 écus pour la perte de ses meilleurs meubles, le tout volé sur le chemin de Louviers où il les envoyait après la surprise de Pont-de-l’Arche.

Des travaux de charpente à l’arche du Diguet, au pont de Pont-de-l’Arche, furent entrepris en 1596, par Geofroy Gigault, maître charpentier de Rouen. La même année, le marquis de Rosny prescrivit d’informer les excès et outrages commis sur la personne de Jacques Le Brasseur, maître serrurier adjudicataire des travaux à faire à ce pont. Une assiette de 1,000 écus dut mise sur Pont-de-l’Arche, pour fournir l’indemnité due au propriétaire de deux maisons du faubourg, démolies par ordre du gouverneur du Rollet.

En 1597, décharge fut accordée à Pont-de-l’Arche où la peste régnait depuis 1595. Le roi ne voulut pas accueillir la supplique des Etats de Normandie, assemblés en 1598, qui demandaient la démolition du château de Pont-de-l’Arche.

En 1599, Villars était gouverneur du Hâvre et de Pont-de-l’Arche.

Au commencement du XVIIe siècle, les principaux fonctionnaires civils et militaires de la vicomté de Pont-de-l’Arche étaient : David Cabeuil, lieutenant particulier du bailli de Rouen ; Charles de la Vache, receveur du roi ; Tannaguy, baron de Chambray, gouverneur ; Jehan Le Sergent, vicomte ; Noel Pappeil et Thomas Liard, tabellions.

Vers 1615, Jacques Routier fut nommé assesseur criminel en la vicomté de Pont-de-l’Arche. L’année suivante, le maréchal d’Ancre se fit donner le gouvernement de cette ville dont il augmenta les fortifications ; après sa port, le duc de Luynes lui succéda à Pont-de-l’Arche.

Pierre Perrier, avocat au Parlement et lieutenant général en la vicomté, rendit aveu, en 1616, pour une île nommée la Haye Auberée.

La même année, Charles Duval, conseiller au Pont-de-l’Arche, fournit aveu pour 100 perches de terre en l’île Dehors ; David Cabeuil avait la charge de lieutenant général du bailli de Rouen.

Le roi accorda, en 1619, à la garnison de Pont-de-l’Arche, son chauffage à prendre dans la forêt de Bord.

La même année, Me Langlois était président à l’élection de Rouen.

En 1620, Jean-Baptiste d’Ornano, maréchal de France, avait pour lieutenant colonel et commandant en son absence à Pont-de-l’Arche, un capitaine du nom de Francesque.

A partir de son entrée au conseil en 1623, le pouvoir de Richelieu n’eut plus de bornes. Le cardinal se fit bientôt accorder le gouvernement de Pont-de-l’Arche ; son lieutenant, dans cette ville, était en 1624, François de Rotundy, sieur de Cahusac. La même année, Jean Bachelet fut nommé maître des ouvrages à voyer pour le roi, en la vicomté, et on répara les couvertures des logis du roi, ainsi que la chapelle du château.

De 1628 à 1630, Pierre-Claude Behote et Jean-Baptiste des Marets étaient élus en l’élection de Pont-de-l’Arche ; Routier en était président ; Charles Le Sergent, esc., sieur de la Coudraye, était garde hérédital du scel ; Adrien Guéroult, procureur du roi aux eaux et forêts de Pont-de-l’Arche.

Jean de Lonlay, sieur de St-Georges, commandait la ville et le château de Pont-de-l’Arche pour le cardinal de Richelieu, de 1636 à 1640. Dans ce laps de temps, messire Charles Pinel était élu assesseur ; Jean Langlois, lieutenant général criminel ; Pierre Maille, conseiller du roi, élu, puis commis à la recette des tailles en l’élection ; Charles Maille, contrôleur héréditaire ; Samson Gilles, contrôleur, et Groult, procureur du roi aux eaux et forêts de la vicomté ; Pierre du Bosc, contrôleur du grenier à sel.

Le 1er janvier 1640, le chancelier Seguier visita le château de Pont-de-l’Arche et se rendit compte des réparations à y faire ; la même années, les sieurs Fleury Perrot, maître maçon, et Adrien Petit, architecte du duc d’Orléans, se rendirent adjudicataires des travaux du pont, et ils employèrent à cet ouvrage les matériaux provenant de la démolition de l’ancien.

Richelieu ayant appris que de nombreuses exactions étaient commises sur les vins qui passaient à Pont-de-l’Arche, destitua le gouverneur Jean de Lonlay qui y avait pris part, et le remplaça par le sieur Le Normand, sire de Beaumont.

Le 21 mai 1643, Me Antoine Routier était lieutenant général criminel au siège de Pont-de-l’Arche.

Pendant les troubles de la Fronde, le duc d’Harcourt qui tenait le parti du roi, n’ayant pas pu s’emparer de Rouen, se retira au Pont-de-l’Arche où le sire de Beaumont le reçut à bras ouverts.

Harcourt qui vint au Pont-de-l’Arche,

Monté sur un cheval rouan

Sans avoir entré dans Rouen.

Lors des conférences de St-Germain, le prince de Condé exigea que Pont-de-l’Arche fût remis au duc de Longueville comme place de sûreté ; le duc la mit aussitôt en état de soutenir un siège et lui donna pour capitaine de baron de Chamboy, lieutenant de ses gendarmes.

A ce moment, Pierre Maille, Etienne du Boullé étaient élus en l’Election. Jehan Langlois était président, il fut remplacé, en 1651, par son fils Pierre Robert.

Louis Cousin avait été reçu, en 1650, lieutenant particulier au bailliage. De nombreuses démarches furent faites, à cette époque, pour obtenir la démolition du château de Pont-de-l’Arche ; mais ce fut sans aucun résultat.

Le 17 mai 1656, un arrêt du conseil d’état, exempte l’abbaye de Jumièges de tous droits pour le passage des vins et autres provisions passant par la Seine et villes de Pont-de-l’Arche, Rouen, etc. en conséquence de l’échange fait avec le roi Philippe-Auguste.

En 1659, Nicolas de la Croix était lieutenant criminel en la vicomté ; François Bréant était procureur du roi. Quelques années après, en 1688, S.A. Emmanuel Théodore de la Tour d’Auvergne, duc d’Albret, abbé de St-Ouen, donna aux Jésuites de Rouen, un moulin à blé, sous une des arches du Pont-de-l’Arche ; Jean-Baptiste Vallée, sieur du Parc, était alors lieutenant particulier, ancien civil et criminel du bailli de Rouen au Pont-de-l’Arche, il était lieutenant général du bailliage, en 1675.

En 1671, André Druel avait remplacé Charles de Tesson, esc., comme gouverneur de Pont-de-l’Arche, Jean-Baptiste du Parc était lieutenant général en la vicomté.

En 1674, Vallée, conseiller du roi, avait la charge de lieutenant général particulier ancien civil au siège royal du Pont-de-l’Arche ; Nicolas Langlois fut nommé, en 1676, lieutenant général, ancien au même siège. Quelques années après, Michel Leforestier était lieutenant général de Police ; François Bréant était substitut du procureur du roi.

Le 3 février 1687, les plaids de la vicomté furent tenus par Jean Routier, conseiller du roi, vicomte ; Charles Le Camus était avocat aux saisies réelles.

En 1600, MM. Jacques et Thomas Bourdon ayant essayé d’établir une manufacture de draps, les drapiers de Louviers y firent une vive opposition.

Charles Auzou était, en 1674, élu en l’Election. Me Claude Lobras était chapelain de la chapelle St-Etienne au château de Pont-de-l’Arche ; Jean Le Cordier était receveur des tailles.

Th. Corneille fait de Pont-de-l’Arche, au début du XVIIIe, la description suivante : « Vicomté, bailliage, élection, grenier à sel, maîtrise des eaux et forêts, et un bon château de l’autre côté de son pont de pierre, qui est le plus beau, le long, le mieux bâti qui soit sur la Seine.

« Son château, bâti dans une petite île, est de figure carrée, bien entretenu, bien logeable, flanqué de quatre tours ; au-dedans, il y en a une fort haute qui sert de donjon. Ce château est séparé de la prairie par deux petits ponts.

Cependant un procès-verbal, dressé en 1712, constatait que ce pont si bien bâti menaçait ruine, que la navigation était entravée par les pêcheurs et les gords.

Le 30 mars 1719, ce qu’on appelait les petits domaines de Pont-de-l’Arche consistant en droits de halle, minage, droits de travers qui se paient par les bateaux et charrette passant sur le pont, droit de vieil acquis payé par les bateaux sous le pont, le gord, et le bas de Léry furent donnés à titre d’engagement à Julien Langlois de Villeneuve, qui donna le tout à bail, moyennant 8,300 l. par an.

Malgré l’opposition des gens de Louviers, la manufacture de draps avait prospéré, Piganiol de la Force écrivait en 1722 : « La manufacture du Pont-de-l’Arche où il se fabrique des draps très-fins, façon d’Angleterre, est très estimée ; mais elle n’est composée que de six ou sept métiers. Les filages sont conduits par des fileurs et des fileuses de Hollande ».

Pendant le XVIIIe siècle, nous trouvons à Pont-de-l’Arche les fonctionnaires civils et militaires ci-après : Farouil de Bondeville, le marquis de St-Pons, Charles-François de Campion, M. Routier et le baron Larchier de Courcelles, gouverneurs, Nicolas Langlois, seigneur de Criquebeuf-la-Campagne, Pierre Le Massif, Dagoumer, lieutenants généraux et particuliers civils et criminels du bailli de Rouen ; Nicolas Le Cornu, lieutenant particulier du bailli de Rouen, Jean Routier, Henri de la Couture du Chien, prêtre-curé de St-Vigor, vicomtes ; Clément Aubert, François Aubert, Housard de la Poterie, présidents en l’élection ; Claude Martin, François Bigot, Jacques Pétion, Adrien Longuet, élus ; Pierre Morin, procureur du roi en l’élection ; Louis de Tesson, contrôleur des grands entrées ; Ducroc de Biville, greffier en chef du bailliage ; Jacques Vallée, greffier en chef aux eaux et forêts ; Le Cordier de Bugenval, receveur des tailles ; Mathieu Cavelet, notaire, receveur au grenier à sel.

Par un édit de 1772, la vicomté fut réunie au bailliage.

En 1784, Pont-de-l’Arche payait 2,326 l. de taille, 1,380 l. d’accessoires et 1,489 l. de capitation.

Les droits de la vicomté de l’Eau de Rouen ayant été acquis en 1718, par le prince de Condé, à titre d’engagement, la famille de ce prince entretint à Pont-de-l’Arche, jusqu’à la Révolution, un agent chargé de la surveillance de ses intérêts dans cette ville.

L’ancien pont bâti du temps de Charles le Chauve, condamné par les ponts-et-chaussées, a disparu le 12 juillet 1856.

L’église de Pont-de-l’Arche remonte au XVe siècle, elle a été bâtie sur l’emplacement d’une plus ancienne, sur un petit mamelon ; elle est remarquable par ses pendentifs, ses fonts baptismaux dont les sculptures sont attribuées à Jean Goujon, par son orgue présent, dit-on, de Henri IV, par son retable à colonnes torses et enfin par ses magnifiques vitraux.

Léproserie. Cet établissement existait en 1259, et se trouve mentionné dans une charte de l’époque ; il est probable que c’est la même maison que le Bel-Air cité en 1265.

Prieuré. Il existait autrefois à Pont-de-l’Arche un prieuré dont les bâtiments ont été convertis en un hospice établi par lettres patentes de 1704.

Bernardines. Ce couvent fut fondé, le 6 décembre 1634, sous le nom de St-Antoine par Antoine de Montenay et Marguerite du Gué, sa femme, qui le dotèrent d’une ferme de 62 acres. Marguerite Cousin paraît en avoir été la première supérieure. Parmi les autres religieuses qui ont résidé dans cette maison, nous citerons : Madame de Bellemare, Marie et Charlotte de Clinchamp, Antoinette de Mornay et Marguerite du Four.

Vers le milieu du XVIIIe siècle, les Bénédictines ayant été transférées à Rouen, faubourg Bouvreuil, vendirent leurs bâtiments de Pont-de-l’Arche à sœur Maire des Anges d’Epinay, pour y établir des Ursulines.

 

Hommes remarquables

Un GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE avait été gardien du trésor de Westminster au moment de la mort de Guillaume le Conquérant.

Un autre GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE devint évêque de Lisieux ; c’est lui fonda les dominicains de cette ville. Se sentant vieux et infirme, il se démit de son évêché, le 6 mars 1250, entre les mains de l’archevêque de Rouen ; cinq mois plus tard, il rendait son âme à Dieu.

GUILLAUME DE PONT-DE-L’ARCHE, neveu du précédent, était, en 1261, doyen de Lisieux ; vers la fin de sa vie, il se retira dans l’abbaye de Bonport, où il mourut en 1338.

PIERRE MARTIN, moine de Bonport, se distingua dans les concours des Palinods.

PHILIPPE CAVELIER, moine de la même maison, est l’auteur du Tombeau d’Elisabeth de Bigards, abbesse de Fontaine-Guérard.

EUSTACHE-HYACINTHE LANGLOIS, né à Pont-de-l’Arche, le 13 août 1777, fut tout à la fois dessinateur, peintre, grand antiquaire et littérateur de mérite ; il mourut le 20 août 1837.

 

Fiefs :

1er LE BOSC. En 1180, Richard du Bosc devait 20 s. pour une transaction.

Au milieu du XVIIIe siècle, le Bosc était un plein fief, possédé par M. de Boncourt, président au bureau des finances de Rouen, qui l’avait transmis à son fils en 1780 ;

2e JEUCOURT appartenait au XIVe siècle, à une famille de ce nom ; messire Bonneau de Jeucourt, chevalier, vendit son manoir au mois de janvier 1387.

En 1780, M. Langlois de Criquebeuf était seigneur de Jeucourt.

3e LE PARC-ROYAL, appelé vulgairement le fief et manoir du Parc-Royal, relevant du roi, appartenant de 1676 à 1722 au sieur Sorel, dont le fils vendit le 30 juillet 1749 ;

4e SERGENTERIE DE BEDANNE. Ce fief était tombé en garde ès mains du roi, en 1499 ; il appartenait, en 1759, à un Bertrand de St-Jouen, maître des comptes de Rouen, aux droits de sa femme. En 1780, Louise de Boncourt l’avait transmis au sieur de Pontraincourt, son mari, et la même année il fut réuni à Martot.

5e SERGENTERIE DU PLAID-DE-L’EPEE. On a des lettres de Charles V, en date de 1321, pour Thomas de Bos-Guillaume, sergent fieffé du plaid de l’Epée à Pont-de-l’Arche.

Le 28 juillet 1418, Pierre Le Gay fut nommé sergent de Pont-de-l’Arche. Le même jour, le roi étant à Pont-de-l’Arche, accorda à ses chers Pierre Le Hay et David Hallebout, son frère, les héritages de Guillaume Brisquet, qualifié de rebelle, à cause de son attachement à Charles VII.

En 1679, Madeleine Labbé, héritière de Charles, donna aveu au roi de la châtellenie de Martot, de la châtellenie noble de Pont-de-l’Arche etc.

Nicolas Caresme était, en 1702, sergent royal ; il avait pour successeur, en 1712, Thomas Osmont.

Cette sergenterie dut achetée de Etienne Bosquier, par contrat du 23 août 1740, par Pierre Ferté, qui la vendit le 1er décembre 1780, moyennant 1,100 l. à Charles de la Vigne.

 

FORET DE BORD

Cette forêt mérite une mention spéciale, puisque c’est à cause d’elle qu’une maîtrise particulière des eaux et forêts avait été créée au Pont-de-l’Arche.

Vers 1230, Raoul de Criquebeuf et Richard du Val, tenaient dans la forêt de Bord, 3 vergées et ¾ de vergée pour 12 s. 9 d. de rente ; un sieur Gautier qui les mesura, eut un repas de 30 convives, qui coûta 30 s.

En 1327, Jean de Commeny, Jean de Vilaines, Jean de Guinemaut et Gaufroy Le Grieu étaient gardes en la forêt de Bord.

Le roi d’Angleterre étant à Pont-de-l’Arche, en 1418, donna l’office de verdier de la forêt de Bord, à Etienne Louvel, et nomma sergents de cette même forêt, Robin Le Tailleur, Jean Aubrée, Thomas Foucault et Simon de Daubeuf.

L’année suivante, Robert Donneux fut nommé par Henri V à une sergenterie de la forêt de Bord.

Le 20 novembre 1450, Jehan Farouil, esc., verdier, donna quittance de 20 l. 4 s.

Guillaume Adam fut nommé sergent de la forêt en 1471.

Vers 1508, le procureur du roi de Pont-de-l’Arche fit dresser une nouvelle carte de la forêt de Bord ; on lui présenta une demi douzaine de lapins, estimés 45 s. parce qu’il faisait un banquet. Le repas eut lieu à l’hôtel de la Tête noire.

En 1613, Jean Le Tellier, sieur des Hauguettes, était maître particulier aux Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Louis de la Faye était lieutenant.

Me Jean Boquet, maître particulier des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche, avait épousé une fille de Pierre Le Guerchois, avec lequel il plaidait au Parlement, en 1614.

Le 18 décembre 1641, le greffe de la maîtrise des Eaux et Forêts, et l’office du greffier alternatif, furent adjugés à Claude de Lux. Pierre de Marbeuf était maître des Eaux et Forêts. Le sieur Groult était procureur du roi.

En 1612, le duc d’Elbeuf et ses hoirs furent gratifiés par le roi, de la jouissance pendant 20 ans, de ce qui revenait à sa Majesté, dans les ventes et coupes ordinaires des forêts de la Londe, Pont-de-l’Arche, etc.

En 1679, la forêt de Bord se divisait en : garde de Criquebeuf, 3 triages, garde de Testeley, 2 triages, garde du Vaudreuil, 3 triages, garde du Béquet, 4 triages, et garde de Pont-de-l’Arche, etc.

Pendant la seconde moitié du XVIIe siècle, nous signalerons, parmi les officiers de la maîtrise, Nicolas Vallée, Bachelet de Lux, Pierre du Val, lieutenants particuliers ; Dorange, Cousin, et Sébastien Dubosc, lieutenants généraux ; le sieur de Maillé, contrôleur, Jean Routier et Louis Boursault, receveurs ; Pierre Marchand, Guyon du Hardel, sergents de la forêt.

Romain Boutry était, en 1730, garde général de la maîtrise des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche ; Clude Pâris avait l’office de procureur du roi de la maîtrise ; Louis-Jean-Baptiste Lancelevé, occupait cette dernière fonction en 1776.

 

PONT-DE-L’ARCHE, ch.-l. de cant., arrond. de Louviers, sur la seine.- Sol : alluvions contemporaines, diluvium et craie blanche. – St. de ch. de fer de Paris à Rouen et de Gisors à Pont-de-l’Arche. – R. nat. n° 154 d’Orléans à Rouen, n° 182, de Mantes à Rouen. - R. dép. n° 12 de Bourgtheroulde à Gournay. – Ch. de gr. com. n° 4, de Pont-de-l’Arche au Neubourg. – Ch. d’int. com. n° 43 de Pont-de-l’Arche à N.D.-du-Vaudreuil. – 4 cont. 11,950 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 9,005 fr. – Surf. terr. 953 hect. – pop. 1,640 hab. - ? – Percep. – Rec. cont. ind. – Télég. – paroisse, cure, presbyt. – Ecole spéc. de 162 garç.- Ecole spéc. de 172 filles. – 2 maisons d’école. – 1 juge de paix avec son greffier. – 1 recev. d’enregist. – 1 notaire. – 2 huissiers. – 1 garde général des Eaux et Forêts. – Hospice de 22 lits. – Bur. de bienf. – 12 perm. de chasse. – 21 déb. de boisson. – Force pub., 1 brig. de gend. – 1 comp. de 43 sap.-pomp. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép. 33, d’arr. 9.

Dépendances : LE BON AIR, BONPORT, LA BORDE.

Agriculture : Céréales.

Industrie : 1 fabrique de chaussons.

Patentés : 112. 

 

Notes

Il était vicomte en 1646.

Notes Le Prévost, t. 2, p. 581, voir Lettres du cardinal.

Courrier de la Fronde.

Celui-ci fut condamné pour insulte à un fabricant de chandelle, à 1000 l. d’amende, réduite à 500 l..

Notes Le Prévost, t. 2, p. 587.

Léop. Delisle.

Ces offices avaient été créés par édit de 1639.

Armand Launay

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:40

 

    lancettes-du-refectoire.jpg

 

Cistercian order. Pont-de-l’Arche – Eure.


          The Abbey Notre-Dame de Bonport was founded in 1190 by Richard the Lion Heart, King of England, Duke of Normandy.

         According to legend, the King was in peril on the river Seine and made a vow that if he arrived safely (in French " Bon port ") on the bank of the river, he would found a monastery on that side.

         This royal foundation took place before Richard the Lion Heart and Philip Augustus, King of France, who were friends at the time, left for their crusade. Its strategic position on the Seine fulfils Richard’s wish of a political and economic opening of Normandy towards France.

          The Abbey was built shortly afterwards and quickly with the help of local lords and was completed and in full use by the first half of the 13th Century. 

          From Philip Augustus (1204) to Henry IV (1608), the kings confirmed the possessions of the Abbey and gave the monks many privileges. One of the famous archbishops of Rouen, Eudes Rigaut, went to stay there about twenty times between 1260 and 1267. 

          The Abbey suffered during the Hundred Years War and the League (" du bien public ", i.e. a revolt of the landlords against Louis XI). It was restored thanks to royal donations of Charles VI and Louis XI during the 15th Century. 

          From 1536 onwards the Abbey was held in commendams, which meant that the abbots were no longer chosen by the monks but named through royal favours and were often unconcerned by monastic life. 

          The best-known commendatory abbots were the poet Philippe Desportes, the Cardinal of Polignac and King Casimir of Poland. 

          François 1st called upon Rouen Parlement from Bonport to register the order of Villers-Cotterêts (1539) according to which he substituted Latin by French in judgements, notary deeds and register of births, marriages and death. In 1540, on the territory of Abbey, he tested his culverins (type of cannon) which he had just made. 

          During the 12th and 13th Centuries, the Abbey was repaired and improved, the dormitory and the library were improved and a big staircase was built. 

          It was sold by a public possession during the Revolution and the Cloister and Church were destroyed. 

          Notre-Dame de Bonport Abbey is one of the few remaining Cistercian Abbeys in Normandy with cloistral buildings of the Middle Ages including a chapter-house, a monk’s room, the former library, a dormitory, kitchens and above all a magnificent 13th Century vaulted refectory. 

 (extract from a document given in this Abbey)

Armand Launay

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 10:30

                        Le camp britannique, allemand et américain d’Alizay de 1939 à 1948.   

 

           camp-d-alizay1

 

Parmi les répercussions de la Seconde Guerre mondiale sur notre région, on peut compter la présence d’un camp militaire à Alizay de 1939 à 1948. Ce camp était située entre la Briquèterie (à la sortie d’Alizay, sur la route de Romilly) et les rives de la Seine (et donc en partie sur les terrains de m real). Il accueillit trois armées différentes… 

Dès septembre 1939, l’armée britannique occupa le site afin d’entreposer du matériel et quelques troupes. Les baraquements étaient bâtis en bois et prenaient encore peu d’espace.

Par la suite, les armées française et anglaise ayant été battues, le camp devint allemand et continua à servir d’entrepôt, principalement pour le bois des forêts locales. Suite à la Libération, ce sont les Américains qui prirent possession du site et qui l’aménagèrent dans des dimensions encore inconnues. C’était un entrepôt pour les matériels et matériaux les plus divers destinés à ravitailler les armées au front. Les baraquements des soldats étant en tôle (cliché ci-contre. M. Darius, tout comme les suivants), ou encore en bois.      

De plus, ce camp servit aussi de prison à près de 4000 soldats allemands (entre la ligne de chemin de fer et la Seine). Ces prisonniers étaient employés pour des tâches les plus diverses à la différence d’une centaine d’ouvriers français qui travaillaient eux dans des domaines qualifiés (et rémunérés !).

 

         camp-d-alizay4

 

De tous temps, le château de Rouville fut investi par ceux qui pensent être l’élite, chez les militaires de tous pays. Ainsi, lorsque le camp était américain, ce sont les soldats " blancs " qui l’occupèrent et qui en exclurent les " Noirs ". Ces derniers habitèrent alors sous des tentes dressés dans les terrains alentours. Même dans le domaine de la fête, la ségrégation persistait : les " Blancs " avaient bâti de grands bâtiments dans l’enceinte du château de Rouville et prenaient parfois, pour l’anecdote, des musiciens parmi les prisonniers allemands.

Quant aux Noirs, exclus, ils organisaient leur propre bal, où le Jazz faisait swinguer les filles et… parfois plus près du plafond que du sol ! Ces festivités, terminant à l'aurore, étaient le point de ralliement de nombreux jeunes de la région qui trouvaient de la nourriture nouvelle, pour des Français (chocolat). La fête dépassant le reste, les jeunes allaient dans les deux bals et les salles étaient toutes pleines de filles que les soldats, évidemment, allaient chercher en camion à Pont-de-l'Arche, Pont-Saint-Pierre…

Enfin, après le départ des Américains, en 1948, certains baraquements furent occupés un temps par des pompiers de Saint-Aubin-lès-Elbeuf afin d’assurer la sécurité de bâtiments contenant des explosifs.

Il ne reste rien aujourd’hui de toutes ces activités, si ce n’est des photographies et des souvenirs bien gravés dans les mémoires de certains habitants de la région.

 

camp-d-alizay2

Les troupes américaines ont fait partie de la vie locale pendant près de quatre années, de 1944 à 1948, comme l’illustre le cliché ci-contre pris à Alizay par un enfant lors d’une cérémonie officielle.  

 


      [1] Article qui servit de base à l’auteur de l’ouvrage du cinquantenaire de m real. 

 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:57

 

 L’Industriel de Louviers du 26 Mars 1913

 

pont-1856

 

Pont-de-l’Arche

Témoins et victimes de l’écroulement du pont de Pont-de-l’Arche, le 12 juillet 1856 ; la famille du meunier Desmarest.

 

A propos de l’écroulement du pont de Saint Pierre du Vauvray causé par le choc d’un train de bateaux dans la soirée du 7 février 1913, nous avons publié un long article rappelant l’écroulement du pont de Pont-de-l’Arche en 1856.

 

Ce vieux pont de pierre avait été construit sur l’ordre de Charles le Chauve [1] vers l’an 862 ; son agonie sous l’action des eaux de la Seine grossie par des pluies dura du samedi 12 au lundi 14 juillet 1856.

Des vies humaines étaient pour ainsi dire suspendues aux arches croulantes, car trois moulins perchés sur de hauts pilotis comme sur des échasses s'appuyaient contre le côté aval du pont et utilisaient la dénivellation de 50 centimètres produite sous les arches par l'obstacle que formaient au courant les vingt-trois piles épaisses et rapprochées.

Le moulin du milieu, dit moulin de Parnay [2], était habité par le meunier Demarest.

Deux fils du meunier vivent encore : l’un est M. l'abbé Michel Desmarest qui fut pendant une quinzaine d'années archiprêtre de la cathédrale d'Evreux, et qui, étant atteint de paralysie et d'affaiblissement sénile, s'est retiré à la maison de retraite de Saint-Aubin-d'Ecrosville. L'autre est M. Ernest-Sainte-Marie Démarest qui habita Pont-de-l’Arche presque toute sa vie et fût pendant 18 ans courrier des postes de Pont-de-l’Arche à Lyons-la-Forêt.

Nous avons en l'occasion de causer avec M. Ernest Sainte-Marie Démarest, qui s'est retiré à la Haye-Malherbe depuis le mois de février.

M. Demarest avait 7 ans à l’époque de la catastrophe. Son père et sa mère habitaient le moulin avec 5 de leurs enfants. La fille aînée seule était mariée ; elle était boulangère à Pont-de-l'Arche. Pour un des trois moulins, c'était donc sept personnes mises en danger. Heureusement, le vieux pont de pierre ne s'abattit pas tout d’une pièce comme le ferait le pont actuel avec ses arches larges d'une cin­quantaine de mètres.

Les habitants des trois moulins eu­rent le temps de se sauver et même de déménager.

Rappelons un passage de l'article pu­blié dans le Courrier de l'Eure par M. J T. Bonnin, inspecteur des monu­ments historiques, et père de M. René Bonnin, agent-voyer en chef de l'Eure, qui reconstruisit le pont d'Andé en 1873-1874.

« Lundi 14 juillet, deux nouvelles arches poussées dans la vide occasionné par l'é­croulement des premières s'ouvraient et se lézardaient en tous sens.

À 7 heures du soir, sous la pression du mouvement de la marée descendante, la partie en amont de ces arches ayant pour centre le moulin de Parnay [3] s'est détachée du côté de l'amont.

Soutenu par les frêles étais du moulin, le surplus des piles resté suspendu ne laisse d'incertain que le moment plus ou moins prochain d'un nouveau désastre.

Le meunier Démarest, forcé d'évacuer à la hâte son mobilier du moulin, sa seule propriété, verra des fenêtres de son habi­tation la consommation de sa ruine, dans un temps bien rapproché. »

Bien que 56 ans soient passés depuis le désastre. M. Sainte-Marie Desmarest s'en souvient fort bien :

« J'avais 7 ans, nous dit-il, je me rappelle que ma sœur, la seconde, qui n’était pas mariée, revenait du marché de Louviers au moment de la catastro­phe. Nous avons déménagé le jour même. Tout le quartier de l’Abbaye-sans-Toile [4] nous a aidé. Rien de perdu, rien de volé.

Le père Mélinant qui conduisait le camion de M. Carpentier a passé l'un des derniers sur le pont.

Après l’écroulement des arches du côté d’Igoville, le moulin de Parmi (c’est ainsi qu’il appelle le moulin de Parnay [5]) était encore relié à Pont-de-l’Arche par le reste du pont ; l’écroulement s’était fait devant le moulin dans le sens longitudinal, mais les poutres du moulin qui s’encastraient de 3 ou 4 mètres (?) dans le pont avaient soutenu cette partie de l’arche. Moi qui étais gamin et qui ne connaissais pas le danger j’ai été encore au moulin pour sauver diverses choses sans valeur.

Le moulin de Parmi qui avait appartenu à l’abbaye de Bonport avant la Révolution nous avait été vendu 36 000 francs par deux richards d’Igoville, MM. Fréret [6] et Nouvel.

C’était abominable comme habitation ; il était en bois et en plâtre ; il avait un étage. Les planchers étaient troués ; on bouchait les trous l’hiver.

Après la catastrophe, M. Bonnin fit des recherches aux archives pour démontrer que le moulin était une propriété privée. Mon père reçut une indemnité de 11.000 fr. Le matériel fut vendu en compte du Domaine. Une paire de meules de 1 100 fr. fut vendue 30 fr. à M. Girod d’Elbeuf. »

M. Desmarest nous raconte ses souvenirs avec la satisfaction des personnes qui semblent redevenir jeunes en reparlant de leur jeunesse.

« - Ah ! C’était le bon temps » nous dit-il. « Mon père faisait 24 sacs de farine par 24 heures, à 3 fr. de mouture par sac. Si on ne le payait pas en argent, il avait 30 livres de farine pour l’émoutage du sac de 320 à 340 livres.

Quand il y avait de grosse eau ou de la glace, on remontait la roue dont les aubes avaient 7m 50 de long et 0 m 80 de large. Mon père allait chercher ou réveiller les voisins ; il criait «  A bile ! A bile ! v’ la la grosse eau, » comme nous disons au téléphone « Allo Allo ! ». Le père Gonord, Michelot, le père Delalande, bourrelier et d’autres arrivaient. La roue  était suspendue aux quatre coins par des cordages à quatre vérins comme des vis de pressoir qui étaient placés sur la plateforme appelée parc. On s’attelait à cinq par vérin pour remonter la roue. C’était la glace surtout qui était terrible. Il y eut des coups de glace qui enlevèrent 6 à 8 pieux, enfoncés dans les Motelles, les petites îles en aval des piles.

Mon père y a gagné de l’argent dans son moulin, pour nous élever tous les six.

Il est mort, et il est inhumé comme ma mère à Criquebeuf sur Seine où mon frère fut curé pendant six ans. »

M. l'abbé Desmarest fut successivement vicaire à Pont-Audemer en 1859, curé à Bourneville, à Criquebeuf sur Seine, à St-Germain de Pont-Audemer et enfin curé doyen à la cathédrale d'Evreux,

Il a été remplacé depuis trois ans, comme archiprêtre à la cathédrale par M. l’abbé Lucas. Presque octogénaire, il n'est plus qu’une ruine humaine,

M. Sainte-Marie Demarest, l’ancien courrier de Lyons, a fait son devoir de patriote, d'abord pendant la guerre de 1870 ensuite depuis la guerre en luttant contre la dépopulation qui nous a fait perdre chaque année une bataille con­tre les Allemands. Ses trois garçons sont morts en bas âge, mais ses huit filles donneront de nombreux citoyens à la France.

M. Sainte-Marie a reçu la médaille de 1870. Il fut incorporé le 14 octobre 1870 au 18ème chasseurs à pied dans l’Armée du Nord, commandée par Faidherbe. II prit part aux batailles de Bapeaume ; Villers-Bretonneux ; il fut nommé caporal après cette bataille, le 26 novembre et fut blessé à Pont-Noyelle (Somme), le 23 décembre. »

 

A lire aussi... 

Les ponts de Pont-de-l'Arche de 862 à nos jours

 

 

Notes

[1] Le pont de Charles le Chauve fut détruit en 1203 par Jean Sans terre en fuite devant Philippe Auguste qui reconstruisit un nouveau pont, peut-être en utilisant les restes du pont de Charles le Chauve. Cette attribution (courante) du pont à Charles le Chauve est donc erronée.  

[2] Erreur du rédacteur : le moulin du milieu se nommait  le moulin de Parmi ou de Parmy ( ou encore moulin Matignon du nom d’un de ses propriétaires), il semble que les lettres my ont été transcrites nay. 

[3] Voilà peut-être le responsable de l’erreur de dénomination . 

[4] Ce quartier était à l’entrée du pont d’alors.  

[5] Et on a vu dans les notes précédentes qu’il a bien raison ! 

[6] Dans un document de 1838 on trouve effectivement un sieur Fréret parmi les propriétaires du moulin Parmi.

 

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:53

Charpillon, Louis-E., Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes

du département de l’EureLes Andelys : Delcroix, 1868, 960 p. Tome II, p. 669 à 672.  

 

 Abbaye de Bonport

 

P1180961

 

          La légende rapporte que Richard Cœur-de-Lion, emporté par l’ardeur de la chasse, se jeta à la nage dans la Seine à la poursuite d’un cerf, et qu’étant sur le point de se noyer il fit vœu de fonder une abbaye sur les bords du fleuve.  

         Richard parvint à terre dans un endroit appelé Maresdans, auquel il donna le nom de Bonport, où il fit construire une abbaye dédiée à Notre-Dame.  

         Le roi y appela des religieux de l’ordre de Cîteaux et les dota généreusement.  

         1er abbé. CLEMENT fut choisi comme abbé de Bonport, en 1190, lors de la fondation de la maison. 

         Par la charte de fondation rédigée, cette même année, Richard, roi d’Angleterre, donna aux religieux dix charruées de terre dans la forêt de Bord, et il les affranchit de tout droits de coutume. Anselle de l’Isle et Gachon de Poissy leur accordèrent le passage libre pour toute chose à leur usage sur leurs terres ; Mathieu de Montmorency fit remise de tous droits de coutume pour les achats qui seraient faits par les religieux sur les terres de Marly et de Meulan ; le comte de Beaumont, Guy et Pierre Mauvoisin, Robert et Galeran de Meulan se montrèrent également généreux envers l’abbaye naissante.  

         En 1197, Robert, comte de Meulan, donna aux moines de Bonport quatre arpents de vigne, entre Vaux et la Seine.  

         Au commencement du XIIIe siècle, Jean sans Terre affranchit l’abbaye de tous droits de coutumes et la prend sous sa sauvegarde ; Philippe-Auguste, à son tour, confirma, en 1204, tous les biens des religieux.  

         Luc, évêque d’Evreux, reconnut en 1206, que Bonport avait droit de sèche moute sur les hommes de Poses ; la même année, le pape Innocent III met sous la protection du St-Siège le monastère de Bonport, dont il confirma toutes les libertés, immunités et privilèges, de plus, il enjoignit aux prélats de Normandie d’excommunier les violateurs des privilèges de Bonport.  

         En 1209, Philippe-Auguste permit aux religieux de moudre au moulin de Pont-de-l’Arche le mercredi de chaque semaine, puis il échangea ce droit contre le septième du revenu de ce moulin ; enfin il les affranchit de tous droits de coutume à Pont-de-l’Arche. 

      Parmi les bienfaiteurs de Bonport à cette époque, nous citerons encore Tatin, seigneur de Pinterville et Robert de Courtenay.  

         2e abbé. GERARD remplaça Clément, vers 1218, il vivait encore en 1226 ; de son temps, Nicolas de Montaigne, Jean de St.-Cande, Richard Bourdon, Robert de Longueville, Simon Sorel, chevaliers, Guillaume de Mauquenchy et Guillaume Saillant se signalèrent par leurs libéralités.  

         Le roi Louis VIII permit aux moines de faire venir jusqu’à cent tonneaux de vin pour leur usage, francs de tous péages et droits.  

         3 abbé. PIERRE 1er dut succéder à Gérard vers 1227 ; mais il occupa peu de temps le siège abbatial.  

         4e abbé. PIERRE II fut élu vers 1228 ; Guilbert de l’Abbaye lui vendit 30 s. de rente à la St-Michel ; l’année suivante, Emma, femme du seigneur de Criquebeuf, donna aux religieux trois vergées de terre à Caudebec, Guillaume Graverend confirma la donation de trois setiers de vin faite par son père, qu’il convertit en une rente de 4 s. En 1232, Jean 1er de Tournebu donna une rente de huit boisseaux de froment et une autre de 5 s.  

       5e abbé. GERMOND était, vers 1235, abbé de Bonport ; cette même année, Guillaume de Léry, Simon Bonard, Nicolas du Mesnil Mauger, le Coq, Rabel de Muids, Eustache de Dreux firent différentes donations à l’abbaye de Bonport.  

         En 1244, eut lieu la dédicace de l’église l’abbaye de Bonport ; à cette occasion, le pape Innocent IV accorda vingt jours d’indulgence aux personnes qui visiteraient l’église de N.-D. de Bonport.  

          6e abbé. ROBERT Ier avait remplacé Germond, en 1247. De son temps, St Louis prit sous sa sauvegarde royale l’abbaye et les religieux, et il leur confirma, en 1246, l’endroit où il était construit, avec ses dépendances, les dîmes de Criquebeuf, de Maresdans, etc. le moulin de Poses, les maisons de Rouen, les vignes de Dol, une rente de 100 marcs d’argent à Dieppe, 20 charruées de terre, le droit dans l’eau de Seine depuis Pont-de-l’Arche jusqu’à Muids, avec les pêcheries, etc., les pré du Vaudreuil, de Louviers, du Havre, etc., le moulin de Landemare, etc.  

         Le 16 février de l’année suivante, S. Louis donna aux religieux de Bonport, pour les indemniser des défrichements opérés dans la forêt de Bord, 100 acres de terre à côté de la propriété  qu’ils tenaient de Richard Cœur-de-Lion, plus 7 muids, 16 setiers et une mine de blé.  

         8e abbé. BLAISE aurait succédé à Robert Ier[1], c’est tout ce que nous savons de lui.  

      9e abbé. ROBERT II remplaça Blaise. Sous son administration, Samson du Grouchet, Guillaume Le Duc, François de Mont-Berger, Nicolas Toustain du Hamel, Raoul Sandbreuil, Nicolas Chefdeville, Guillaume du Bec, Henri d’Oissel, Guillaume Legras, Jean Leblanc.       

        En 1259, S. Louis donna à ferme aux moines de Bonport, pour 25 l. 10 s. de rente, 19 charretées de foin, qu’il prenait chaque année dans la prairie du Vaudreuil. 

         10e abbé. NICOLAS 1er fut consacré par l’archevêque Eudes Rigaud, le 3 décembre 1262.  

         Les religieux avaient, en 1272, à Pont-Audemer, un manoir, dont les habitants étaient exempts de taille. La même année, le comte de Meulan confirma tous leurs privilèges.  

         11e abbé. RICHARD est cité comme abbé de Bonport, à la date de 1276 ; jusqu’à la fin du XIIIe siècle, de nombreuses donations furent encore faites à cette maison.  

         Par une charte du 23 juin 1296, Jeanne de Fontenay, dame de Vaux et de Maubuisson, épouse de Robert de la Roche-Guyon, donna à l’abbaye de Bonport, 100 s. parisis de rente, à prendre sur le fief de Groslay.  

            12e abbé. JEAN 1er succéda à Richard, au commencement du XIVe siècle.  

13e abbé. GUILLAUME 1er avait remplacé Jean, en 1314 ; il plaidait, en 1321, avec l’archevêque de Rouen, au sujet du droit d’usage, qu’il réclamait dans la forêt de Louviers.  

14e année. SIMON DE LOUVIERS succéda à Guillaume, en 1327. Charles le Bel donna au couvent, cette même année, 6 s. de rente, à prendre sur un gord, sis à Port-joie ; il avait donné, en 1324, le tiers et danger de 21 acres, à Boisguillaume-lès-Rouen.  

Les religieux plaidaient à l’Echiquier de 1328, avec l’archevêque, au sujet de leurs droits dans la forêt de Louviers.  

15e abbé. NICOLAS II, successeur de Simon, nous est peu connu ; c’est de son temps, en 1352, que le roi Jean, et Charles le Mauvais, se réunirent à Bonport, pour chercher à traiter de la paix entre eux.  

16e abbé. JEAN II DE ST-MELAINE était à la tête de l’abbaye, en 1361, époque à laquelle l’archevêque-cardinal de Luxembourg lui intenta un procès à l’Echiquier, pour usurpation de ses fonctions.  

17e abbé. GUICHARD, nommé en 1383, reçut du roi Charles VI, en 1387, une somme de 500 l. d’or, pour reconstruire le cloître, détruit pendant le guerre[2].  

L’église dut également reconstruite à cette époque ; on lui donna la forme d’une croix latine.  

Pierre de la Heuse, seigneur d’Ardouval, d’Eavy, etc., donna en 1388, 10 s. de rente à Bonport[3].  

Le 26 janvier 1400, dom Michel, abbé du Val-de-N.-Dame et visiteur de l’abbaye de Bonport, approuva une charte de Guichard, abbé de ce monastère. 

Renier de Rouville, et Jeanne de Poissy, sa femme, firent différentes donations à Bonport, au commencement du XVe siècle.  

L’obituaire de l’abbaye, commencé en 1409, constate la fondation d’une chapelle la même année.  

18e abbé. PIERRE III BARBITI avait remplacé Guichard en 1412 ; Henri V, roi d’Angleterre, étant à Bonport, non-seulement rendit à l’abbaye ses domaines, mais encore lui accorda un sauf-conduit pour les religieux du couvent, pour leurs serviteurs et leurs hommes.  

19e abbé. JEA N III HAMON. Vers 1429, Nicolas Pointel, receveur pour les archevêques, Louis d’Harcourt et de la Roche-Taillée, certifie avoir payé chaque année par leur ordre aux religieux de Bonport, 226 l. 13 s. 4 d. pour cause de 100 marcs d’argent que ces religieux prétendaient avoir droit de recevoir tous les ans sur le revenu de Dieppe.  

20e abbé. GUILLAUME II L’ENFANT, évêque de Chrysopole, dut succéder à Jean III, vers 1449 ; cette même année, les envoyés des rois de France et d’Angleterre se réunirent à Bonport, pour traiter de la paix, mais sans résultat.  

En 1466, l’abbé Guillaume donna quittance  de 100 l. sur le comte de Boulogne ; il assistait à l’Echiquier de 1474 ; il mourut vers 1480 et fut inhumé devant le Christ.  

21e abbé. JEAN-BAPTISTE DE CRIQUETOT, docteur en théologie, vicaire général de l’abbé de Cîteaux, fut le successeur de Guillaume II.  

En, 1506, Jean, abbé de Bonport, fut nommé par Georges d’Amboise, avec Guillaume Fédeau, pour terminer le procès entre les religieux de St-Wandrille, qui avaient nommé pour abbé, Jacques Hommet et François, cardinal de St-Adrien, archevêque de Clermont, nommé abbé par le pape Jules II.  

22e abbé. JEAN IV SANGUIN, moine de Bonport, devint abbé de Mortemer, en 1516, puis il occupa la même dignité à Bonport, à partir de 1520.  

23e abbé. NOEL MAUDUIT fut porté au siège abbatial de Bonport, en 1536 ; l’année suivante, il donna 50 l. à la confrérie de N.-D. de mi-août de Gisors ; il blasonnait : parti de France, au 2 de gueules à 3 léopards d’or.  

Le 12 avril 1539, avis de la mort de l’abbé Noël, fut porté en poste à Vigny.  

24e abbé. JACQUES D’ANNEBAUT, évêque de Lisieux, eut en commande, en 1543, les abbayes de Bonport et de St-Taurin ; il accompagna, en 1550, François 1er dans un voyage à Etrépagny, et il mourut en 1559.  

25e abbé. HENRI DE CLERMONT succéda, en 1558, à Jacques d’Annebaut. De son temps, dom Jean Dupuis était prieur claustral, Louis Tissot, sous-prieur, Jean Leclerc, portier, Guillaume Hamelin, sacristain, Antoine Parmer, chantre ; on comptait en outre, 12 religieux dans le monastère de Bonport.  

26e abbé. FRANçOIS DE BOULLIERS, abbé de Bonport, présentait à la cure de Crestot, en 1575 ; trois ans après, Henri III confirma les titres de fondation de Bonport, en reproduisant les chartes de Philippe-Auguste et S. louis.  

L’abbé présenta un aveu au roi, du temporel de l’abbaye, le 23 octobre 1581 ; il avait, en 1587, le titre d’évêque de Fréjus.  

Boulliers : d’argent au chef de gueules à la bordure componée de Naples et de Jérusalem.  

27e abbé. PHILIPPE DESPORTES remplaça François de Boulliers en 1587. Cette même année, le roi lui fit remise des levées extraordinaires, imposées sur les abbayes de Tiron, Josaphat, Bonport et Vaux-de-Cernay. 

En 1595, Philippe Desportes avait les deux abbayes de Bonport et de Tiron.  

Henri III et Henri IV lui témoignèrent tous deux beaucoup d’affection ; c’était un poète latin d’un grand mérite ; ses œuvres furent imprimées en 1579 et en 1583 ; il mourut à Bonport le 5 octobre 1606.  

28e abbé. LEBLANC DU ROLLET est compté au nombre des abbés de Bonport, pour voir joui quelques temps, à partir de 1590, des revenus de l’abbaye, au détriment de Philippe Desportes.  

29e abbé. HENRI DE BOURBON, évêque de Metz, était pourvu, en 1613, de l’abbaye de Bonport ; il fut nommé duc de Verneuil, en 1652, ambassadeur en Angleterre ; il finit par se marier, et il se démit de tous ses bénéfices.  

En 1666, les religieux de Bonport furent déchus de tous les droits qu’ils réclamaient dans la forêt de Bord, et furent de plus, condamnés à 500 l. d’amende et à la restitution des arbres coupés par eux.  

Un sieur Boulard, qui s’était retiré à Bonport pour prendre l’habit religieux, étant tombé malade, envoya chercher Denis, tabellion à Rouen, pour recevoir son testament. A la mort du testateur, ce contrat fut cassé, parce que le notaire n’avait pas qualité pour le recevoir[4].  

30e abbé. JEAN CASIMIR, roi de Pologne, comte de Clermont, âgé de trois ans, avait en 1673, la commende de l’abbaye de Bonport.  

31e abbé. LOUIS-HENRI DE BOURBON, comte de la Marche, âgé de deux ans, fut pourvu de Bonport en même temps que son frère.  

Ces deux enfants, morts en bas-âge, ont marqué leur passage par des travaux importants, faits en leur nom à l’abbaye.  

32e abbé. EMMANUEL-THEODOSE DE LA TOUR D’AUVERGNE, âgé de neuf ans, eut l’abbaye de Bonport en 1677 ; à la mort de son frère aîné, en 1692, il fut sécularisé et se maria.  

33e abbé. LOUIS COLBERT, pourvu de la commende de Bonport en 1692, quitta l’habit religieux en 1693, et devint capitaine-lieutenant des gendarmes Bourguignons. Pendant son administration, l’abbaye fut dépouillée de 80 manuscrits précieux au profit de la bibliothèque du grand Colbert.  

34 abbé. MELCHIOR, qui devint plus tard cardinal de Polignac, obtint la commende de Bonport en 1693 ; après avoir rempli plusieurs fonctions éminentes, il fut exilé dans son abbaye, où il composa son poème latin si estimé : L’Anti Lucrèce[5].  

35e abbé. GILBERT DE CHABANNES obtint l’abbaye de Bonport en 1745 ; il était alors vicaire général de Langres ; il fut député à l’Assemblée générale du clergé. Il vendit, en 1748, au président Portail, le fief de Bonport à Léry. Il mourut à l’âge de 77 ans, le 9 juin 1779.  

Cette dernière année, l’abbaye fut mise en économat.  

36e abbé. FRANCOIS DE BONNAL, évêque de Clermont, obtint, en 1780, l’abbaye de Bonport, qui lui produisait 18,000 l. de rente, et qu’il conserva jusqu’à la révolution de 1789.  

Une partie des bâtiments de l’abbaye est encore debout, et mérite, à juste titre l’attention de tous les archéologues[6]

 


[1] Neustria Pia

[2] Notes Le Prévost

[3] Hist. D’Harcourt

[4] Commentaire sur la coutume de Normandie

[5] Notes Le Prévost, t. 2, p. 591

[6] M. J. Andrieux a publié, en 1872, le Cartulaire de l’abbaye de N.D. de Bon-Port, précédé d’une savante introduction historique.

 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:50

Document communiqué par M. Jean-Pierre Binay et Mme Ghislaine Mathias. Tous mes remerciements !

Il semble, d'après ce que nous apprend la note (11) plus bas, que Léon Coutil en est l'auteur. Il est probable que ce texte ait été publié dans le Bulletin de la société d'études diverses de Louviers après 1903 si l'on en croit les notes (25) et (26). 

 

 

 

criquebeuf-sur-seine 

 

Epoque Gauloise

 

Lors des draguages effectués dans la Seine, de 1881 à 1883, entre Martot et Bédanne, près Oissel, on découvrit trois lames d'épée et une bouterolle en fer, du type marnien. Ces armes ont figuré à l'Exposition de Rouen, en 1884, elles appartenaient au service des Ponts et Chaussées; M. de Vesly en a parlé à la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure (1). M. A. de Mortillet les a citées également sans de plus amples détails (2). 

Les fouilles du Catelier de Criquebeuf, en 1896 et 1897, ont donné des fibules à ressort en bronze et en fer du type Marnien et de la Tène, qui indiquent que cet édifice était en usage à l'époque de la Conquête. Mais si on a trouvé des monnaies du ler siècle avec ces fibules gauloises dont l'usage s'est continué même jusqu'au milieu du IIe siècle, nous sommes absolument surpris de les voir aussi accompagnées de monnaies allant jusqu'au règne de Maxime, c'est-à-dire à la fin du IVe siècle ; ce mélange a lieu de surprendre un peu.

 

Epoque Gallo-Romaine

Près du hameau de Quatre-Ages, non loin de la forêt de Bord, en extrayant du caillou pour la route, on trouva en 1885, en face de la borne n° 16, plusieurs vases romains dont un à anse, provenant d'une incinération gallo-romaine.

Au Congrès des Sociétés Savantes tenu à la Sorbonne, en 1897, MM. V. Quesney et de Vesly communiquèrent le résultat d'une première fouille faite l'hiver précédent sur un mamelon nommé le Catelier, situé en face Martot et Quatre-Ages, à un kilomètre à peine de la forêt de Pont-de-1'Arche et à peu près à la cote 34m de la carte d'Etat-Major.

Les fouilles ont été reprises et terminées, en 1897. Nous avons pu les visiter, ainsi que les objets trouvés, lors d'une excursion de la Société d'Etudes diverses de Louviers, le 21 septembre 1897 (3).

— L'Edifice 

Les substructions découvertes se composaient de deux enceintes rectangulaires concentriques ne mesurant plus qu'environ 1 mètre de hauteur ; vers la face sud, à 4m40 de dis­tance se trouvaient deux autres petites dépendances. Le péribole mesurait 16m10, la base des murs était encore recouverte d'en­duits de gypse coloré en brun rouge, vert veronèze, bleu lapis et vert sombre, les murs mesuraient 0m70 d'épaisseur. Sur ce sou­bassement on a supposé qu'une colonnade de bois a pu être dressée pour supporter une toiture; nous n'avons vu, en effet, aucuns vestiges de colonnes, de chapiteau ou d'entablement ; les substructions analogues découvertes en Normandie n'en ont pas donné non plus.

Nous trouvons donc un peu risquée l'attribution qui en a été faite, de classer toutes ces modestes constructions à deux enceintes concentriques comme des temples, alors que ce pouvaient être aussi des tours d'observation, ou de simples villas; nous aurons l'occasion de développer plus loin ces hypothèses. 

L'appartement intérieur (cella?) mesurait 8m50 de côté et l'épaisseur de ses murs était de 0m90; toute la maçonnerie était faite en petits moellons carrés réunis par des joints très soignés en mortier de chaux. Les angles extérieurs étaient formés de pierres plates mesurant 0m90 de longueur; ces assises alternaient avec des petits pavés plats en terre cuite, suivant l'usage géné­ralement adopté à l'époque gallo-romaine.

Cet édifice était orienté normalement, sur sa face Est, à 4m50 de distance et aux angles nord et sud, se trouvaient deux petits édicules, également rectangulaires, mesurant 4m50 de côté et dont l'épaisseur des murs n'était que de 0m45. Ces deux pièces ont-elles servi à abriter quelque divinité, comme on l'a supposé ? Dans l'une, on a recueilli une corne en pierre ornée d'une touffe de poils, ainsi qu'un petit disque en plomb où se voit un cercle rayonnant : ces deux objets ne suffisent vraiment pas à démontrer le culte de Mithra dans ce modeste réduit.

Auprès du rectangle sud, ils recueillirent des débris de sta­tuettes de Vénus (3 fragments de face, 5 de dos, y compris une chevelure et les épaules, ainsi que les quatre supports hémisphé­riques des mêmes statuettes. Ces quelques débris suffisent-ils pour prouver que Vénus était adorée en ce lieu ? L'aire en argile cuite par le feu nous paraît bien peu luxueuse pour un temple dédié à Vénus ou à Mithra, comme on l'a supposé : aussi est-il plus vraisemblable de penser que ces deux petites pièces symé­triquement placées devant l'édifice central lui servaient tout simplement de dépendances, sans se torturer l'esprit pour leur assigner un emploi plus ou moins arbitraire.

Autour de l'édifice central, on a trouvé dans la terre un peu noirâtre, deux grands bronzes d'Antonin et 230 moyens et petits bronzes; la plus ancienne monnaie est en potain et gauloise, elle rentre dans la série des Aulerci-Eburovices ; il existait une seule en argent de Carausius (250-293), les autres sont de Tibère, Antonia Augusta, Néron, Vespasien, Titus, Domitien, Nerva, Hadrien, Antonin le Pieux, Marc Aurèle, Lucius Verus, Com­mode, Valerien, Gallien, Posthume, Victorinus, Claude II, Aurelien, Tetricus, Probus, Carausius, Hélène, Théodora, Licinius, Valerien Licinius, Constantin, Crispus, Constantin jeune Constans, Magnence, Valentinien, Gratien, Maximen. La série commence donc avec Tibère (14-37) et se termine avec Gratien, (367-383) et Maxime (383-388) ; on remarquera l'absence des monnaies de Commode (192) et de Gordien (238), on trouve aussi plusieurs monnaies de consécration, peu de pièces étaient saucées. La description détaillée de ces monnaies a été donnée par M. Quesné (4).

La présence de monnaies de Maxime fait croire que ce serait à la fin du IVe siècle, ou plutôt dans la première moitié; du Ve siècle que ce temple aurait été détruit, au milieu de l'anarchie des généraux qui se faisaient nommer empereurs, et après quel­ques années étaient assassinés par leurs soldats ou des collègues qui, à leur tour, avaient su gagner la faveur populaire. La destruction de cet édifice peut être due aussi à la seconde insurrection, des Bagaudes (436-439) suivant Flavien, ou encore aux luttes religieuses entre le paganisme à son déclin et le triomphe du christianisme, si on admet qu'il s'agisse d'un temple ; dans cette hypothèse, la destruction des constructions et des figurines aurait été amenée par les prédications dans nos contrées de Saint-Nicaise au IIe siècle, de Saint-Martial au IIIe, de Saint-Thaurin au IVe, de Saint-Victrice, vers 410, et Saint-Ouen, vers le milieu du VIIe siècle. Nous n'insistons pas d'ailleurs sur cette hypothèse, pas plus que sur celles qui précèdent.

Objets découverts.

— Bronzes.

 

1° Une petite main ;

2° un fragment de pied (orteils) plus grand, appartenant à une autre figurine pouvant mesurer 1 mètre de hauteur ; 

3° Un petit sanglier en demi-ronde bosse ayant pu servir d'applique, mesurant 0m09 de longueur; bien que des sangliers plus petits aient été recueillis dans des ruines romaines, nous leur trouvons une technique différente de celle-ci ; à ce propos, nous citerons le sanglier-fibule du musée de Rouen et celui dés ruines du Vieil-Evreux, au musée d'Evreux.

4° Un ornement ou fleuron formé de quatre feuilles disposées en croix et recouvertes d'un seul côté par une feuille d'or, mesure 0m06 ;

5° Trois fibules avec plaque ronde centrale et à plaque d'arrêt ressemblant à celles d'Uggate (5) ; trois à ressort, du type de la Tène, à queue évasée ou à disque médian dont la présence au milieu de ces objets a lieu d'étonner, puisqu'on y a trouvé des monnaies datant de la fin du IVe siècle.

6° Une boucle et son ardillon accompagnée d'une contre-plaque triangulaire composée d'une feuille de bronze repliée sur elle-même, pour recevoir, entre les deux lames l'extrémité de la ceinture qui y était assujettie à l'aide de petits rivets. La partie courbe de cette boucle est décorée d'arcs accolés, aux angles des­quels se trouvent des cercles avec point central : deux têtes de serpent accostent la charnière. De nombreuses boucles de ce genre ont été trouvées au Vieil-Evreux, en 1860, par M. Bonnin; dans le cimetière gallo-romain de Vermand (Aisne), décrit par M. Pilloy (6) ; ainsi que dans le cimetière d'Abbeville, près de Sedan ; à Saint-Abban, près de Mayence, et aussi dans les sépultures belgo-romaines de la province de Namur (musée de Namur).        

Ces ornements ont appartenu à des légionnaires romains, car jusqu'ici, si l'on admet la théorie de M. Pilloy, c'est toujours dans des sépultures de soldats qu'elles ont été rencontrées, et surtout dans la Belgica.  

Le musée de Namur possède des boucles de même style recueillies avec des objets romains; ces parures semblent donc plutôt belgo-romaines et contemporaines des objets trouvés dans le voisinage. M. Ed. Fleury les classe parmi les parures caro­lingiennes, sans justifier cette attribution ; il en a recueilli à Misery et à Landifay, canton de Guise (Aisne) (7). On en a trouvé aussi à Little-Wilbraham (Cambridgeshire).  

M. de Baye a signalé des boucles qui offrent beaucoup d'analogie comme forme avec celles-ci, bien que le décor de cette plaque soit un peu différent ; elles ont été trouvées en Crimée (musée de l'Ermitage impérial) ; il attribue ces parures aux Goths (8).  

7° Nous citerons encore parmi les objets en bronze une sorte de triangle pouvant provenir d'une armure formée d'écailles ? et mesurant 0m04.  

8° Une tige de bronze de 0m16 de longueur avec quatre divi­sions ayant pu servir pour mesurer les matériaux employés par les maçons (tuiles, briques, moellons).  

9° Quatre cuillers à parfums ou à onguents, creuses, allon­gées et fort étroites, afin de pénétrer dans les cols étroits des vases en verre : souvent les tiges de ces cuillers sont tordues en spirales pour mieux adhérer aux doigts ; une de ces tiges est ainsi terminée, ce qui peut laisser supposer qu'elles ont pu servir aussi à des usages chirurgicaux.

10° Un stylet uni.

11° Une bague dont le chaton était orné d'une topaze gravée représentant un animal couché, la tête retournée dans l'attitude de la salamandre des armes de François Ier. M. de Vesly dit dans sa notice que la gravure représentait une chèvre, mais comme cette bague a été égarée, il est impossible de contrôler les deux assertions. 

12° Une autre bague était tout en bronze et ornée de frettes.

13° Nous signalerons encore un couteau à manche de bronze. 

 

— Plomb —

Un. disque de plomb de 0m043 de diamètre et 0m002 d'épaisseur porte d'un côté, au centre, deux cercles con­centriques séparés par des raies perpendiculaires en relief : sur le pourtour, se trouve le même motif. Sur l'autre face, au centre., sont placés trois cercles concentriques en relief avec point central, et sur le pourtour une série de lignes obliques cantonnées dans un cercle ; sur un point, on remarque deux demi cercles concen­triques avec rayons extérieurs obliques. 

On a supposé que le demi cercle radié, et les autres cercles avec raies droites et obliques figuraient le soleil, emblème de Mithra ? C'est aller chercher bien loin un motif décoratif inventé peut-être par un modeste artisan illettré, sans pensées aussi com­pliquées.

 

— Fer —

Une clef à deux pannetons et des fibules gauloises serpentiformes à ressort, du type de la Tène, des clous à tête plate ou pyramidale, des pointes de flèches ? et une lame de couteau constituent la série des objets en fer.

 

— Os —

Un petit disque ou tessère et une petite plaque rhom­boïde portant un cercle à la partie centrale se trouvaient avec des boutoirs de sanglier et des ossements divers.

 

— Céramique —

Nous avons dit que les figurines de Vénus étaient brisées parfois en quatre morceaux et que les têtes man­quaient : doit-on y voir une intention d'empêcher de les réparer et de les adorer de nouveau ? Les vases étant brisés, il n'est pas surprenant que les figurines encore plus fragiles aient eu le même sort et que les têtes manquent comme d'autres morceaux. Mais parce que l'on a trouvé 5 figurines incomplètes, il ne s'ensuit pas que l'édifice voisin ait été un temple ; car actuellement, dans presque toutes nos maisons se trouvent aussi diverses statuettes pieuses, parfois même plusieurs Christ, Sainte-Vierge ou autres figurines religieuses.

Vers l'angle sud-ouest extérieur de l'édifice central, on a trouvé de nombreux débris de vases en terre rouge vernie, sans ornements, sauf une écuelle ornée d'une tête de lion avec ouver­ture partant de la gueule et traversant le vase de part en part, ornementation que l'on a retrouvée en Normandie et un peu partout. Sur un fragment de vase en terre rouge, nous avons vu une estampille de potier un peu confuse, ce qui ne nous a pas permis de la déchiffrer ; nous pouvons affirmer ce détail, bien que M. de Vesly ait dit : «Qu'aucune marque de potier n'avait été apposée, sauf une seule fleur étoilée » (9). Mais cette fleur étoilée constituait un décor et non une marque de potier. Nous avons vu aussi des fragments d'olla, de grands vases à anses et d'am­phores. 

 

— Objets divers —

Notons aussi quelques fragments de fioles en verre et des scories de verre fondu.

Un curieux mortier en pierre tendre à anses, de 0m045 de diamètre, rappelle, en petit, les mortiers des foulonniers gallo-romains de Mediolanum-Aulercorum.

 

— Fragments d'architecture —

Nous citerons aussi des moulures en pierre ornées de perles, de feuilles d'eau, de roses et de feuil­lages qui ont pu orner une frise de l'édifice, ainsi que des modillons en pierre tendre. M. de Vesly cite, en outre « des débris de bases et de chapiteaux de colonne en pierre et des frag­ments d'un autel qui auraient été trouvés près de là, dans le champ de M. Adolphe Leloup ». 

On ne nous a pas montré ces fragments, lors de notre visite ; ils auraient eu surtout de l'importance s'ils avaient été trouvés près de l'enceinte extérieure pour spécialiser son emploi. 

Enfin, dans les déblais, on trouva paraît-il, 5 haches en silex, 2 en chloromelanite, de menus éclats et 2 fragments de lames en silex cireux du Grand-Pressigny : cette découverte peut être abso lument fortuite au milieu de la quantité de terre remuée et nous n'osons affirmer que ce soient d'anciens ex-voto, bien que M. de Vesly en ait signalé une certaine quantité dans d'autres édifices analogues qu'il a fouillés.

Destination de l'édifice. — Après la découverte, lorsque nous avons publié notre notice sur Les constructions gallo-romaines du Catelier de Criquebeuf-sur-Seine (10), nous avions adopté tout d'abord l'hypothèse émise par MM. Quesné et de Vesly que cet édifice était un temple, et nous ajoutions : « Toutefois, ce n'est pas sur  quelques débris de statuettes, de murs démantelés, dont il ne reste que les fondations ou quelques assises de blocages, que l'on peut deviner à quoi il a pu servir jadis ». Dans une notice jointe à cette plaquette et intitulée La ville gallo-romaine d'Uggate (car on avait voulu prétendre tout d'abord que la construction du Catelier dépendait d'Uggate), nous avons indiqué sommai­rement un certain nombre d'endroits de l'Eure et de la Seine-Inférieure nommés Les Cateliers, où des substructions romaines avaient été trouvées, et nous disions à ce propos : « Qu'étaient ces édifices, des postes de défenses, des métairies ou des tem­ples ? (11) ». 

Depuis cette époque, et malgré les nouvelles découvertes d'édifices analogues faites par M. de Vesly, à Orival et aux Essarts, nous ne sommes pas encore édifié sur leur véritable destination, et cela sans aucun parti pris contre l'opinion de M. de Vesly, qui croit que tous ces édifices étaient des temples ?   

Nous pensons bien faire de rappeler tous les édifices analogues trouvés en Normandie et notamment dans l'Eure et la Seine-Inférieure. MM. Quesné et de Vesly en avaient mentionné seulement 9, en comptant ceux des Buis, près de Tôtes, et de Criquebeuf, qu'ils ont explorés ensemble (12). 

Mais avant les fouilles de MM. Quesné et de Vesly, il est bon de rappeler que déjà on connaissait 10 édifices semblables offrant aussi deux enceintes rectangulaires concentriques ; et qu'actuel­lement, on peut discuter cette question, non avec le résultat de neuf fouilles, mais avec vingt fouilles d'édifices semblables. 

Nous donnons, ci-après, un résumé très sommaire de ces différentes découvertes :

1° A la Cité de Limes, (Camp de Bracquemont), près de Dieppe, en 1826, M. Féret en avait découvert un, avec deux enceintes rectangulaires ; au centre de la première se trouvait un petit avant-corps, au lieu d'un perron de deux ou trois marches; mais les fondations se sont écroulées avec la falaise elle-même dont les éboulements sont fréquents sur cette côte. Dans les substructions, on trouva 24 monnaies gauloises, un casque en bronze également gaulois, et cinq passoires de même métal, 72 monnaies romaines depuis Constantin II (317-337), jusqu'à Valens (364-378).

Un pastel de M. Féret, reproduisant l'édifice et les objets existe au musée de Dieppe (13).

2° Dans les dépendances de la villa romaine de Sainte-Marguerite-sur-Mer, près de Dieppe, l'abbé Cochet aurait exploré, en 1864, un édifice analogue; toutefois, sa description manque un peu de précision et il n'en donne pas les dimen­sions (14).

3° à 7° L'Atlas des antiquités gallo-romaines des Eburovices, publié par Bonnin, en 1860, reproduit cinq autres édifices carrés : le premier qui s'en rapproche le plus, avec un perron et deux édicules, était dans la nécropole du Vieil-Evreux ; d'autres plus simples ont été trouvés, l'un au Vieil-Evreux  ; l'autre à La Londe, prés Heudreville ; enfin deux autres dans la forêt de Beaumont-le-Roger, dans cette même forêt, il y en avait aussi un circulaire, à deux enceintes concen­triques, rappelant par son plan, mais avec des proportions beau­coup plus restreintes, celui de la tour de Vesone, à Périgueux.

8° Un édifice carré a été exploré à la Pointe d'Harfleur, par M. Fallue (15), en 1840; puis par M. l'abbé Maze, en 1884 ; et plus récemment par M. Naef, en 1893 ; le côté extérieur mesurait 13 mètres, le côté intérieur, plus petit, 6 mètres : on y a trouvé un trépied en bronze, les fragments d'une Vénus, un bœuf en terre cuite, des poteries, des verreries, une épingle, une spatule en os, 3 monnaies romaines de Trajan à Valentinien ; les murs inférieurs 'étaient ornés d'enduits colorés. La partie centrale et le vestibule extérieur étaient pavés avec le même béton, il est à remarquer que le centre était plus élevé que l'entrée : un petit réduit était accolé sur le côté Est. M. de Vesly mentionne une découverte de hachettes, mais M. Naef n'en parle pas dans sa des­cription (16).

9° Dans la Forêt de la Londe, entre Orival et La Londe, au lieu dit le Nouveau-Monde, triage de Saint-Nicolas, M. de La Serre a découvert, en juin et octobre 1890, un autre édifice carré dont le plus grand côté mesurait 13m60 et le plus petit 4m90, l'épais­seur des murs était de 0m80 ; l'intérieur des murs était orné d'un enduit coloré ; extérieurement et au centre se trouvait un perron de trois marches ; l'aire située entre les deux enceintes était dallée en pierres plates et dures de 0m04 d'épaisseur, mais l'aire centrale n'offrait pas de dallage. En prolongeant de, 45 degrés vers le sud-est la diagonale du carré, il trouva un autre édifice carré avec des murs ayant également 0m80 d'épaisseur, 5m15 de plus grand côté et 3m55 d'après le plan de M. de La Serre, (et 4m30 sur3mI5 d'après sa notice) ; il recueillit des fragments de verre, de poteries, de fer, des monnaies romaines comprises entre Auguste et Agrippa, jusqu'au règne de Claude II ; auprès de quatre sque­lettes se trouvaient des fragments d'épée et de poignard (17).

10° M. G. Le Breton en a découvert un autre, dans la forêt d'Eawy, près de Saint-Saëns, au triage du Teurtre, en 1892 : le côté extérieur mesure 14 mètres et le petit côté intérieur 7m80. On y a recueilli des fibules en bronze à plaquettes carrées ou rondes et à ressort recouvert, une clef, une petite hache votive, des fragments de poterie romaine, une perle en verre ; une dizaine de Vénus Anadyomène, de deux ateliers différents ; le dos d'une Déesse Mère, une monnaie de Germani Indutilii, des monnaies romaines dont la plus récente est de Constantin II. A côté se trouvait un petit édifice de 6m50 de côté ; et en face, à 30 mètres, une autre construction de 13m50 sur 7m40 (18) ;

Nous ne parlerons pas de 10 charmantes petites haches polies et 19 plus grandes en silex qui auraient été trouvées dans ces fouilles, et même 4 haches en diorite, car une main coupable avait placé aussi dans le terrain à fouiller 150 grattoirs ou autres instruments recueillis sur les plateaux des environs de Saint-Saëns, ainsi qu'une cinquantaine de lames, grattoirs et pointes plus ou moins retouchées du type du Moustier, provenant incontesta­blement de la briqueterie voisine, de Critot ; et pour compléter la série, on y avait ajouté des haches fausses en poudingue : il a fallu que nous insistions et que nous réunissions des collègues devant les vitrines du musée de Rouen pour montrer l'infamie d'un pareil procédé, dont on ne peut expliquer le mobile.

Aussi sommes-nous très sceptique, maintenant, sur les collec­tions de silex trouvées dans les constructions romaines décou­vertes aux environs de Rouen.              

11° En 1894, MM. Quesné et de Vesly, reprenant les fouilles de M. l'abbé Cochet, interrompues en 1870, déblayèrent sur la commune de Tôtes, au sud du vallon suivi par le chemin de fer venant d'Elbeuf, et non loin de la halte de Tôtes-La Vallée, au bord de la forêt, près de la cote 118 de la carte d'Etat-major, un édifice dit Butte des Buis, à deux enceintes mesurant pour le côté extérieur 13 mètres et 4m35 pour le côté intérieur (19).

12° M. de La Serre découvrait, en 1896, dans la Forêt .de Rouvray, sur la comme d’Oissel, au triage de la Mare du Puits, un autre édifice dont les murs étaient plus soignés ; les deux murs extérieurs mesuraient l4m20 et 13m20, les plus petits 6m90 et 6m30 (20). C'est ce même édifice que M. de Vesly a complètement fouillé, en 1902 ; ses fouilles lui ont donné des débris de poterie rouge et noire, une tige de bronze, 30 monnaies allant d'Antonin le Pieux (86), à Constant (350), du verre irisé et des enduits colorés. 

M. de Vesly indiquant cette fouille lui donne la date de 1895 et les dimensions de 13 mètres et 6m50 pour la partie centrale; ces dernières mesures ne figurent pas dans la note de M. de La Serre (21). 

13° En 1896, MM. Power et G. Prévost, ont exploré à Saint-Ouen-de-Thouberville, près de la ferme des Rocques et de la forêt de La Londe, un édifice avec perron central de 4m32, pré­cédé de deux marches accédant à une porte de 3 mètres; vis-à-vis, dans le mur de la seconde enceinte, existe une autre porte de 2m48.-En avant et de chaque côté, sur l'alignement de la façade, deux petites constructions rappellent celles du Catelier de Criquebeuf-sur-Seine. Une grande mare existe près de là. Le grand côté mesure 12m12, le petit côté central 6m10. Environ 300 monnaies romaines en bronze et une en argent ont été recueillies  avec des débris de poteries, de verre, des ferrures, une clef; une seule hache polie en silex et une autre fragmentée (22). 

14° M. Vallée, agent-voyer à Lillebonne, en a reconnu un autre, en 1896, le long de la route neuve de Lillebonne à Harfleur, lorsqu'on l'élargit, dans le Bols de la Bossaye, appartenant à M. Fauquet, sur le territoire de Saint-Jean-de-Folleville ; on trouva d'abord deux tombeaux francs et trois tronçons de colonnes sculptées avec chapiteau corinthien ; un autre tronçon semble faire partie de la même colonne; ces objets sont chez M. Fauquet, au château de Folleville ; il est probable qu'ils proviennent de l'édifice rectangulaire découvert ensuite, et dont le pavage consiste en un béton de mosaïque rustique; on a trouvé aussi des enduits colorés, des dalles, des tuiles et des scories. 

Les fouilles commencées, en 1897, n'ont pas été complètement terminées par M. Vallée (23). 

15° Pendant l'été de 1897, sur les indications de M. de La Serre, M. Sanson, inspecteur-adjoint des forêts, a fouillé dans la Forêt de Roumare, au canton du Hasard, près de Canteleu, un autre petit édifice carré de 5 mètres pour le côté extérieur, mesures correspondant à celles du petit édifice associé à un autre découvert, en 1890, par M. de La Serre, à Orival, au Nouveau-Monde ; les murs avaient aussi 0m80 d'épaisseur ; les monnaies étaient du IIe au IIIe siècles (24).

16° M. de Vesly a exploré, en 1901, un édifice carré ana­logue aux précédents, dans la Forêt de Rouvray, au Catelier d'Orival, dans une enceinte rectangulaire de 500 mètres de côté et 25 hectares de superficie : les murs extérieurs mesuraient 12m60 et 12m25, ceux du centre 6m50 et 6m15 ; un petit perron se trou­vait sur un côté ; et au centre du rectangle intérieur, un massif de maçonnerie de 3 mètres de long sur 1m10 d'épaisseur, avec un évidement médian : il a recueilli des enduits colorés adhérant aux murs intérieurs et extérieurs, des débris de vases, de verrerie, des tuiles, un crochet en fer qu'il croit avoir servi à maintenir une gouttière (25). Nous nous permettrons de faire remarquer que les gouttières sont d'un usage fort récent.

17° L'année suivante, en 1902, il trouvait un édifice ana­logue aux Essarts, commune de Grand-Couronne, le mur extérieur mesurait 12 mètres et le plus petit 6m20 ; contre le mur extérieur il recueillit 3 haches paléolithiques, 47 haches en pierre polie et 35 fragments, presque tous ces instruments très émoussés sur leurs bords comme s'ils avaient longtemps roulé ; trois fibules gauloises à ressort, des fragments de miroirs, une perle en bronze, des fragments de perles en verre, 32 monnaies des règnes d'Hadrien (117-138) à Constantin (306-337) (26). 

Depuis plusieurs années, nous avons projeté d'ajouter deux édifices de plus à cette liste, nous avons reconnu leurs fondations sur les Plateaux des Andelys, l'un d'eux est situé aussi en un lieu dit Les Cateliers, ce qui permet de supposer, comme à Criquebeuf-sur-Seine, qu'il s'agit d'un petit poste d'observation (Castellum).

Nous pourrions d'ailleurs citer dans la Gaule bien d'autres édifices antiques, notamment les deux constructions semblables et voisines de Champigny-lès-Langres (Haute-Marne) (27), qui avaient le double de grandeur ; le pourtour intérieur recevait le jour grâce aux colonnes dont on a retrouvé des entablements et des fûts, en 1892.

Dans le Camp de Chassey (Saône-et-Loire), un autre édifice a été fouillé, en 1866, par le colonel Coynard ; il se rapproche des précédents, le grand côté mesure 16m08 et le petit côté 8m40 ; deux petits édicules sont accolés aux angles. 

M. Flouest rejette l'hypothèse de temples émise tout d'abord, puisque cet édifice se trouve dans un camp ; il suppose avec juste raison que c'était un castellum ou un contubernium, et pour lui, l'enceinte intérieure serait l'impluvium et l'atrium, elle correspon­drait au pourtour : par suite, il ne croit pas que la partie exté­rieure ait été munie de colonnes, puisqu'il n'en a pas non plus trouvé ; cette partie était couverte en tuiles. Cet archéologue se demande si les petits édifices placés souvent à l'extérieur n'ont pas servi de laraires, parce qu'on a trouvé à côté une statuette en pierre oolithique (Jupiter Taranis), un petit Mercure en bronze, une Junon, un buste en bronze d'Hercule, un fragment de Risus ou Telesphore en argile, un pied en bronze ex-voto? et un taureau en bronze (28).

Les Ruines de Beauclair, près Herment, commune de Voingt (Puy-de-Dôme), explorées, en 1872, par MM. Tardieu et F. Boyer, ont donné un autre édifice semblable placé aussi sur la hauteur ; les murs également ornés de crépis colorés, on a trouvé des figurines en bronze ; le plus grand mur extérieur mesurait 12 mètres et 7m6o pour le côté le plus petit : un pavage en béton existait entre les deux enceintes : il serait intéressant de savoir si la cour intérieure l'était aussi, car si cette partie servait d'im­pluvium, il devait y avoir des rigoles pour enlever l'eau au dehors.

Nous ne voulons pas prolonger plus longtemps les autres rapprochements que nous pourrions faire. Toutefois, nous devons encore faire remarquer, qu'en 1862, à Montebourg (Loiret), M. Dupuis a découvert près de la Ferme de Craon, un édifice dont la partie rectangulaire centrale mesurait 12 mètres et 14 mètres de côté, tandis que les côtés extérieurs avaient 27m55 et 32m75, deux des côtés, ouest et nord, étaient munis de trois parties rectangulaires légèrement saillantes, comme s'il s'agissait d'une forteresse (29).

Au centre se trouvait un massif évidé rappelant celui d'Orival (Seine-Inférieure), fouillé par M. de Vesly, en 1902.

M. de Caumont a reproduit quelques plans d'édifices carrés, au centre desquels se trouve aussi une pièce rectangulaire, il ajoute que l'on a voulu en faire la cella d'un temple, mais cette attribution lui paraît douteuse... car cette disposition avait été adoptée pour des constructions qui avaient des destinations diverses, telles que celles de Drevent (Cher), de Nizy-le-Comte (Aisne), Monibouis (Loiret) (30).

Nous ajouterons encore à cette liste, celles de Corseul (Côtes-du-Nord) ; le Castellum de Jublains, dont le plan est plus com­pliqué; et enfin celui de Ksar-Tarcine, à 80 kilomètres à l'ouest de Kesseur-Médine (Tunisie), occupé jusqu'en 392 ou 394 de notre ère (31).

Ces dernières constructions sont probablement des donjons, mais rien ne prouve que la plupart de celles qui précèdent et qui ont des proportions plus réduites n'ont pas été des postes d'obser­vation (castellum) ou des habitations, plutôt que des temples, comme l'admet M. de Vesly pour toutes ces constructions rectan­gulaires concentriques. D'ailleurs, on n'a jamais trouvé que les fondations recouvertes de quelques assises de blocs ; par suite, il est vraiment téméraire de prétendre que sur le premier mur extérieur se dressait une colonnade de bois (parce que l'on a pas recueilli la moindre trace de colonne de pierre) ; et que dans certains cas, ce mur était orné d'une colonnade en pierres, par exemple à Lillebonne, parce que l'on y a trouvé des fragments de colonne et un chapiteau en pierre; (il est bon d'ajouter que l'on a trouvé un peu partout de ces fragments dans l'antique Juliobona) ; quant au Catelier de Criquebeuf, le fragment de colonne gisait à une certaine distance des édifices.

Du reste, les villas étaient aussi ornées de colonnes à l'intérieur de l'atrium. Donc, avec la meilleure volonté, nous ne pouvons donner aucune attribution certaine, en nous basant sur l'aspect des murs, ou de très rares fragments de colonne trouvés dans deux fouilles seulement sur dix-neuf; pas plus que sur des débris de figurines en argile, puisqu'on en trouve dans toutes les ruines gallo-romaines. Quant aux véritables collections de hachettes paléolithiques et néolithiques, aux formes très variées, qui seraient des ex-voto, jusqu'ici M. de Vesly en a seul trouvé en grand nombre. M. G. Lebreton en a bien signalé dans ses fouilles du Teurtre, près de Saint-Saëns, dans la forêt d'Eawy ; à notre grand regret, nous devons rappeler qu'il a été victime d'une personne peu scrupuleuse, qui avait ajouté dans le terrain des fouilles, sans doute pour compléter et varier la collection, des débris de haches en poudingue et des pointes de flèches fausses, qui obligent à être fort réservé sur cette série d'objets préhistoriques. A Saint-Ouen-de-Thouberville, une seule hache polie de 0m105 fut recueillie par M. Prévost, et une hache fragmentée par M. Power, qui ne quittèrent pas leurs fouilles ; mais il n'est pas surprenant que deux haches se soient trouvées dans une pareille quantité de terre remuée, sans que ce soient pour cela des ex-voto. Jusqu'ici les deux fouilles de MM. Quesné et de Vesly, à Tôtes (Butte des Buis), au Catelier de Criquebeuf (Eure), et à quel­ques kilomètres plus loin, celles de M. de Vesly, aux Essarts (Seine-Inférieure), ont seules fourni des haches de pierre : dans cette dernière, les 70 instruments se trouvaient en dehors de l'édifice : donc rien ne prouve que ce soient des ex-voto, car on a signalé des haches polies recueillies accidentellement dans des villas romaines et même des sépultures, ainsi que nous l'avons observé à Léry (Eure).

Chaque année, nous voyons à l'Ecole des Beaux-Arts et au Salon annuel, des projets remarquables de restaurations d'édifices antiques exécutés par des pensionnaires architectes de la Villa Médicis ; c'est ce qui aura sans doute inspiré à M. de Vesly son essai de restauration de ces sortes d'édifices, qui correspond du reste avec ses conclusions sur leur destination comme temples ornés d'une colonnade extérieure (32).

Sans vouloir atténuer le mérite artistique de ces restaurations entièrement hypothétiques, ni la réelle valeur de toutes ces fouilles exécutées avec beaucoup de soin, car nous savons la peine qu'elles nécessitent, nous avons tenu à montrer qu'il était impossible jusqu'ici de formuler une opinion et de deviner la véritable des­tination de ces curieux édifices, car les documents qu'elles ont fourni sont encore trop sommaires.

Epoque Franque

 

Dans la Liste des principales sépultures et cimetières mérovingiens de la Gaule et des Contrées voisines, M. A. Bertrand a cité au n° 134, le cimetière de Criquebeuf-sur-Seine (Eure) : il s'agit certai­nement de celui de Martot, découvert à quelques centaines de mètres plus bas, vers la Seine (33).

 

Notes

(1) Procès-verbaux Commis. Antiq. Seine-Inférieure, T. VII, ler Liv., 1884, p. 348-349.

(2) L'Homme, 1884, n° 15, p. 469, 470.

(3) Nous avons publie le compte rendu de cette excursion dans l'Impartial des Andelys. (n° du 23 septembre 1897) ; il fut en partie reproduit par l'Echo des Andelys, l'Industriel de Louviers et le Journal d'Evreux (n° du 29 septembre 1897) ; nous avons complété ce compte rendu qui a paru dans la revue La Normandie(T. IV, 12 année. octobre 1897) ; nous avons fait exécuter un tirage à part de cette notice avec de nou­velles annotations, il a paru sous le titre : Les constructions gallo-romaines du Catelier de Criqueteuf-sur-Seine (Octobre 1897, 6 pages). Les journaux l'Echo des Andelys, l'Industriel de Louviers et le Journal d'Evreux du 16 octobre 1897 ont également reproduit une note où nous répondions à un article du journal l’Elbeuvien, au sujet de l'emplacement d'Uggate, à propos des fouilles du Catelier. Le Bulletin de la Société d'Etudes diverses de Louviers a rendu compte de cette visite et reproduit les objets trouvés (T. IV, 1887, p. 13 à 15, pl. I, II, III, IV).

(4) Le Catelier de Criquebeuf-sur-Seine (Eure). — Mémoire sur l'exploration archéologique entreprise par MM. Victor Quesné et Léon de Vesly, Rouen, 1898, Extr. Bull. Sec d'émulat, du Commerc. et de l'Indust. de la Seine-Inférieure, 1897, 1898, tirage à part in-8", 38 p. et 4 pl. — Bulletin Com. antiq. Seine-Infer , t. X, 3e liv. 1896, p. 412, 416, — Nouvelles recherches sur le Catelier de Criquebeuf-sur-Seine (Eure), par MM. V. Quesney et Léon de Vesly. (Bul. arch., 1898, 2' liv., p. 304, 313, fig.).

(5) Saint-Denis, Caudebec-lès-Elbeuf, précédé de recherches sur Uggate, par J. Drouet 1887, fig. 56, 69, 71,74

(6) Pilloy. Etudes sur d'anciens lieux de sépultures dans l'Aisne,T II, 3ème fasc. pl. 14, fig. 10 b, et pl. 15, fig. 6. Ibid. 5ème fasc., pl. 4, fig. 13.

(7) Ed. Fleury. Antiquités du départ. de l'Aisne.

(8) De Baye. La bijouterie des Goths en Russie, Mém. Soc. Antiq. de France, 1890, p. 362, fig. 5, pl. IV.

(9) L. de Vesly. Le Catelier de Criquebeuf-sur-Seine, p. 15.

(10) La Normandie, T. IV, 12° année, octobre 1897.

(11) L. Coutil. La ville gallo-romaine d'Uggate. Extrait de l' « Industriel de Louviers », le « Journal d’Evreux », et « l'Echo des Andelys », du 16 octobre 1897.

(12) V. Quesné et Léon de Vesly. Nouvelles recherches sur le Calelier de Criquebeuf-sur-Seine (Eure). Extr. Bul. Arch., 1898, 2' livr., p. 310 et 311; où ils mentionnent : Sainte-Marguerite-sur-Mer, 1864 ; 2° Forêt de la Londe, 1890 ; 3° foret de Saint-Saens, le Teurtre, 1891-1892 ; 4°- Forêt de Louviers, Butte des Buis, près Tôtes, 1895 ; 5" Foret de Rouvray, la Mare-au-Puits, près Oissel, 1895; 6° Criquebeuf, le Catelier, 1896-l897 ;7° Sainl-Ouein-de-Thouberville, les Roques, 1896 ; 8° Pointe d'Harfleur, 1894 ; 9° Forêt de Roumare, le Hasard, près Canteleu, 1897.

(13) P.-J. Féret. Soc. arch. de l'arrond. de Dieppe, Rouen, 1828, et Bull. Corn. antiq. Seine-Inférieure, t.IV,1 liv. 1876, p. 69 et 74

(14) Abbé Cochet. La Seine-Inf. hist. et arch.,2ème édit., p. 242.

(15) Mém. Soc. Antiq. Normandie. T.XII, p. 117-130.

(16) Bull. Com. antiq. Seine-Inférieure, T. VIII, 3ème liv. 1890, p. 365-366, et T.IX, 3ème liv., 1893, p. 397 à 418. Voir aussi Bull. Soc. d'études diverses du Havre, 1894.

(17) Bull. Commis, antiq. Seine-Inférieure, T. VIII, 3ème liv., p. 357 à 358, et 455 à 460 ; et Saint-Denis, Histoire d'Elbeuf, p. 51, plan.

(18) G. Le Breton. Fouilles dans la forêt d'Eawy (Bull. Com. antiq. Seine-Inf., T. IX, 2ème liv., p. 267 à 278).

(19) V. Quesné et de Vesly. Le fanum gallo-romain des Buis, forêt de Louviers (Eure). Extr. Bull. Soc. Emulation Commer. et Ind. de la Seine-Inférieure, 1894-1895. — L'Ami des Monuments et des Arts, 9ème vol., 1895, p. 156, 158. — Bull. Commis, antiq. Seine-Inf., T. X, 1895, 2ème liv., p. 253, 255.

(20) Bull. Commis, antiq. Seine-Inf., T. X, 3ème liv., 1896, p. 380 à 381. E. Vallée. Plan et notice des antiquités romaines de Lillebonne, 1896, n° 21 du plan et de la notice.

(21) Bull.-arch. 1898, 2ème liv., p. 310 et 311.

(22) Annuaire des cinq départements de la Normandie, 66ème année, 1899, p. 73, et renseignements de MM. Power et G. Prévost qui doivent publier leur découverte.

(23) Bull. Com. antiq, Seine-Inférieure, t. X, 3ème liv., 1896, p. 447, et T. XI 1 liv., 1897, p. 80 et 81.E. Vallée. Plan et notice des antiquités romaines de Lillebonne, 1896, n° 21 du plan et de la notice.

(24) Bull. Com. antiq. Seine-Infér., T. XI, 1er liv., 1897, p. 205. Note de M. de La Serre.

(25) L. de Vesly. Exploration archéologique de la forêt de Rouvray. Bull. arch. de 1903, 1er liv., p. 44-57.

(26) L. de Vesly. Exploration archéologique de la forêt de Rouvray. Bull. arch. de 1903.

(27) Bull. Soc. antiq. de France, 4° trim., 1892, p. 216-224.

(28) E. Flouest. Notice archéologique sur le camp de Chassey (Saône-et-Loire), 1869.

(29) Bull. monumental, 3 série, T VIII . 28ème vol., 1862.

(30) De Caumont. Abécédaire d'archéologie. Ere gallo-romaine, 1 édit.. 1870, p. 241 à 247.

(31) Bulletin archéol., 1903, 3ème liv., p. 360 à 375.

(32) L. de Vesly. Le fanum Ses Buis, près Tôtes (Eure). Salon des Champs-Elysées de 1895, n° 4034 et le Petit temple romain d'Orival (Supplément du « Journal de Rouen », dimanche 17 novembre 1901).

(33) Revue Archéologique 1879.

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:48

Charpillon L.-E., Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 512-514.

 

 

 Martot (1)

 

MARTOT

Paroisse des Dioc. d’Évreux. – Doy. de Louviers. – Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche – Parl. et Gén. de Rouen.  

La paroisse a été dédiée sous le vocable de Saint-Aignan, on a découvert à Martot, un cimetière mérovingien, dont M. l’abbé Cochet a parlé.  

Vers 1060, Ascelin, fils de Roger, donna au Bec, avec l’agrément de Hugues du Martot son suzerain, ce qu’il avait sur Martot. Roger, fils d’Helgard, avait donné auparavant à l’abbaye du Bec, une grande quantité de terre autour de Breteuil, avec la forêt qu’Yves Le Clerc, tenait de la donation de Guillaume, fitz Osbern, lorsque son fils avait pris l’habit religieux.  

Henri, roi d’Angleterre, permet aux moines du Bec de prendre dans ses forêts de Rouvray et de Bord, le bois nécessaire à la construction, réparation et chauffage de leur manoir de Martot[1].  

En 1180, Adam de Martot paya 20 s. pour un accord à Guillaume de Malpalu, fermier du Roumois, ce même Adam de Martot attesta en 1184, que le roi Henri avait pris possession des régales après la mort de Rotrou[2].  

Au mois d’août 1197, Robert de Meulan, était à Martot, dans le manoir de l’abbé du Bec, avec l’évêque de Conventry ; deux ans après, Robert de Meulan donna aux religieux du Bec, le passage d’un bateau libre de Pont-de-l’Arche à Martot[3]. Il était en 1209, garde de la paroisse de Rouen, il fut témoin avec son fils du même nom, d’une charte pour Saint-Amand de Rouen.  

Adam de Martot, IIe du nom, fit en 1222, une donation aux moines de Jumièges.

En 1258, Raoul de Martot étant à Bonport, céda au Bec ses prétentions sur le patronage de Martot.

Nicolas Tronches, vendit en 1264, au cellérier du Bec à Martot, une maison dans cette paroisse. 

Eudes Rigaud séjournait souvent à Martot ; il y était le 2 novembre 1268, nous pensons qu’il recevait l’hospitalité dans le manoir que les religieux du Bec y possédaient, et qui leur provenait d’une donation de Hugues de Montfort-sur-Risle, au XIe siècle. Les moines avaient aussi à Martot, un  cellier où débarquaient leurs vins, qui venaient de l’Île-de-France par la Seine.

Le Roi avait également à Martot, une chapelle, où Raoul de Chevrier célébra l’ordination en 1268.

En 1277, le forestier de la forêt du Rouvray ayant refusé de livrer du bois pour le manoir de Martot, il y eut un procès qui fut jugé en faveur du Bec. 

La même année le Bailli de Rouen jugea que le patronage de Martot appartenait à l’abbaye du Bec, à l’encontre des prétentions de Baudoin de Muids[4]

Pierre de Livarot rendit aveu en 1383, pour le fief de Martot. Il y avait procès en 1389 entre Guillaume de Vienne, archevêque de Rouen, propriétaire de trois moulins à eau sur le Pont de Louviers, et Pierre de Livarot, propriétaire des moulins de Bercelou, situé au même lieu[5]

Pierre de Livarot était en 1400, usufruitier du fief de la Londe à Louviers[6].

En 1408, Guillaume de Livarot était conseiller de ville à Louviers ; le 27 avril 1416, N. H. Guillaume de Livarot donna aveu pour Martot[7] ; il avait droit de prendre une poignée d’argent nommée la hailesse sur le panage de la foret de Bord, sa veuve, Théophanie de Villière, obtint en 1419, ses biens a Vernon.

Guillaume de la Motte esc. fait foi et hommage du fief de Martot en la Vicomté du Pont-de-l'Arche, en 1463 ; ce même Guillaume de la Motte et Marguerite de Bésu, sa femme, plaidaient en 1498, avec Pierre de Martot, esc. Demeurant a Louviers.  

Lors de la montre de 1470, Jean Costard, seigneur de Martot et de la Victoire, se présenta et fit agréer Pierre Costard, son fils, sieur de Saint-Léger, en habillement d’armes : on lui enjoignit d’avoir trois chevaux. 

En 1416 Jehan Costard, IIe du nom, était seigneur de Martot, Nicolas Costard, seigneur de Martot, était décédé, laissant pour veuve Jeanne Agis.  

Le 7 février 1585, Nicolas Costard, dit le capitaine Martot, eut la tête tranchée au Grand-Carrefour d’Évreux, Robert Costard fut pendu. Les biens du capitaine Martot (Nicolas Costard), furent donnés à sa sœur, Barbe Costard, qui rendit aveu, en 1587, pour le fief de Martot.  

En 1605, Barbe de Costard, épouse séparée civilement d’avec Guillaume de Beaumets, poursuivait le décret de Bérengeville, sur les enfants de Charles de Biville.  

L’abbaye du Bec avait probablement vendu son fief car, au XVIe siècle, on voit deux familles prenant à la fois le titre de seigneur Martot.  

Après Barbe de Costard, Nicolas de Lux esc. acheta en 1588, le fief de Martot qu’il vendit la même année, à Jean Le Lieur, notaire et secrétaire du Roi. Antoine Le Lieur, son fils, était, en 1608, seigneur de Sainte-Catherine de Bédane, et du fief terre et seigneurie de Martot, 8e de haubert, lui provenant de son père.  

En 1610, Antoine Le Lieur vendit Martot à Jean Cousin, lieutenant des Eaux et Forêts de Pont-de-l’Arche.  

Le Lieur : d’or à la croix dentelée de gueules et d’argent cantonnée de 4 têtes de sauvages d’azur.  

En 1628, Jean Cousin était sieur de Martot, par avancement de succession de Jean Cousin, qui l’avait acquis d’Antoine le Lieur, esc. sieur de Ste-Catherine.  

Louis Cousin, Louis Pierre et Louis Cousin IIe du nom, furent successivement seigneurs de Martot, jusque vers 1720.  

En 1625, Charles Labbé, fils de Raoul, avait le titre de sieur de la Motte[8], lorsqu’il entra au parlement, on lui confirma en 1659, les droits de chauffage ci-devant accordés aux précédents propriétaires de Martot ; il mourut en 1676. 

Antoine Le Carpentier obtint en 1695, des lettres de provision à l’office de conseiller du roi, maître en la chambre des comptes de Normandie, il épousa en 1714, Marie Anne Pocher des Alleurs, qui était veuve, en 1745, lorsqu’elle plaidait avec le sieur d’Auzouville[9].  

En 1736, le fief de Martot était possédé par le Président au bureau des finances, Nicolas-Alexandre-Lucas de Boucourt ; il passa ensuite à son fils Jacques-Alexandre-Lucas de Boucourt, assassiné en 1764. Sa fille unique, Adélaïde Geneviève Émilie, mariée à M. de Poutrincourt, était en 1780, dame de Martot.  

Lucas de Boucourt : d’or, à l’aigle éployé de sable, becqué et onglé de gueules, au chef de gueules, chargé de 3 croisettes d’argent.  

Biencourt-Poutrincourt : de sable, au lion rampant d’argent, armé, lampassé et couronné d’or.  

Le domaine de Martot passa ensuite, par acquisition vers 1835, à la famille Grandin de l’Éprevier, qui possède encore dans cette commune, une propriété importante.  

Martot est renommé pour ses navets.  

Sergenterie. – En 1405, Thomas Poignant rendit aveu pour la sergenterie fieffée de Martot ; lors de l’invasion de 1410, il refusa de se soumettre aux Anglais, qui, confisquèrent ses domaines pour les donner à l’un des leurs.  

En 1549, Adam Langlois rendit aveu pour la sergenterie de Martot.  

 

MARTOT, cant. de Pont-de-l’Arche ; sur la Seine, à 134 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines, craie. – R. dép. n° 12 de Bourgtheroulde à Gournay. – Surf. terr. 848 hect. – Pop. 309 hab. – 4 contr. 1948 fr. – *, Percep. et Rec. Cont. ind de Pont-de-l’Arche. – Réunion pour le culte et l’instruction à Criquebeuf-sur-Seine. 2 déb. de boisson. 3 perm. de chasse – Dist. en kil. au chef.-l. de dép. 27, d’arr. 12, de cant. 7.  

Dépendances, Les Fieffes-Mancelles, Les Quatre-Âges.  

Agriculture : céréales, navets.  

Industrie : Néant. – 4 patentés

 

 

martot

 

[1] Antiquaire de Normandie.  

 

[2] On a imprimé Robert au lieu de Rotrou, dans les Notes de M. Le Prévost. 

 

[3] Cart. de Bonport.  

 

[4] Notes Le Prévost. 

 

[5] M. Passy dans les Notes de Le Prévost l’appelle Lynarot, qui est une faute.  

 

[6] Arch. de Rouen.  

 

[7] Vic. de l’Eau.  

 

[8] Fief du Vaudreuil. 

 

[9] Houard, t. I, p. 525. 

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:45

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 895-897.  

 

 

CRIQUBEUF-SUR-SEINE  

 

 

Paroisse des : Dioc. d’Évreux. Vic et Élect. de Pont-de-l’Arche. Parl. et Gén. de Rouen. 

La voie romaine de Mediolonum à Rothomagus, longe la rive gauche de la Seine et passe aux Damps, Criquebeuf-sur-Seine et Caudebec-lès-Elbeuf. 

L’origine de ce village, qui est saxonne, est peut-être commune avec celle de l’autre Criquebeuf, tout deux ont la sainte Vierge comme patronne. 

En 1063, une partie de Criquebeuf-sur-Seine appartenait à Odon Stigand, dapifer le Guillaume le Bâtard. Ce seigneur ayant perdu son fils à l’âge de 26 ans, en éprouva une grande douleur et le fit inhumer à Saint-Ouen de Rouen, où déjà Stigand l’ancien était inhumé avec sa femme et où lui-même avait choisi sa sépulture. 

En récompense de la sépulture accordée à lui et aux siens, Eudes Stigaut donna aux moines de Saint-Ouen l’église de Montaure pour en faire un prieuré, qu’il dota de tout ce qu’il avait dans le territoire de Criquebeuf, avec l’eau.   

L’église de Criquebeuf avec le fief qui lui servait de dotation étaient restés dans le domaine ducal ; Richard Cœur-de-Lion, en fondant l’abbaye de Bonport, détacha de son domaine l’église de Criquebeuf. « Nous donnons, dit-il, à perpétuité, aux religieux pour leur entretien et besoins, l’église de Criquebeuf intégralement avec toutes ses dépendances, nous voulons à cette occasion qu’on sache que l’avouerie de ladite église nous a été adjugée après la preuve faite dans une enquête[1].  

Cette  donation remonte a 1090, et quatre ans après, Guérin, évêque d’Évreux, donna deux part  de la dîme de Criquebeuf aux moines de Bonport, et la troisième au curé et aux clercs chargés de desservir l’église.

Phllippe-Auguste se trouvant à Fontainebleau en 1204, confirma les biens de N.-D. de Bonport.  

L’année suivante, Gilbert, prieur des Deux-Amants, cède à Pierre, abbé de Bonport, la chapelle Saint-Martin de Maresdans et tout ce que ce couvent avait de droits depuis le Pont-de-l’Arche jusqu’à l’église de Criquebeuf[2].  

Dans une bulle du commencement du XIIIe siècle, le pape Innocent III prend sous sa protection l’abbaye de Bonport et lui confirme les dîmes de Criquebeuf.  

Dès 1160 on trouve des traces d’une famille de Criquebeuf ; Goscelin et Raoul de Criquebeuf, son fils, furent témoins de la donation que le curé de La Londe fit au Bec.  

Geofroy de Criquebeuf est cité dans une charte de 1223. Gautier, châtelain du Pont-de-l’Arche, vendit, vers 1230, 3 vergées ¾ à prendre dans la forêt de Bord, à Raoul de Criquebeuf et Richard du Val, pour 12 s. 9 d. de rente, il mesura lui-même et fit si bonne mesure, que les acquéreurs lui donnèrent 30 s de pot-de-vin[3].  

Le 16 octobre 1245, Innocent IV confirma la possession des dîmes de Criquebeuf à l’abbaye de Bonport, et le 10 mars suivant il consacra le partage fait par Guérin, évêque d’Évreux, de la dîme de Criquebeuf.  

Au mois de septembre 1247, Hamon le Haranguier et Julienne, sa femme, fille de Gautier Mustel du Pont-de-l’Arche, vendent à Robert Coepel 3 boisseaux de blé, un chapon 6 d. et l’obole de rente dus par Marie Tissier et Roger Goujou, sur une masure et terre cultivable en la paroisse de Criquebeuf-sur-Seine[4].  

Nicolas, seigneur de La Londe, donna au Bec, en 1250, tout le pré qu’il avait dans l’île de Criquebeuf-sur-Seine[5].  

Au mois d’août 1254, Jehan, fils de Nicolas de Saint-Amand, vend à Richard, son frère tout son héritage de Criquebeuf et Freneuse, en maisons, terres et aulnaies.  

Robert Le Courtois, de la paroisse de Criquebeuf, vendit à l’abbaye de Bonport, en 1262, une pièce de terre à Criquebeuf, sise entre la terre de Guillaume Baignart et celle de Gillebert Maillard[6].  

L’abbaye de Fontaine-Guérard vendit au couvent de Bonport, en 1264, une première fois deux pièces de pré dans l’île de Criquebeuf, et une seconde deux autres pièces au même lieu ; parmi les témoins de ces chartes, Thomas et Étienne Le Tissier, Jacques-André et Pierre Le Goupil, deux familles importantes de Criquebeuf à cette époque.  

Robert de Feuquerolles, chevalier, seigneur de Criquebeuf, siégeait en 1258 à l’Échiquier de la Saint-Michel à Rouen ; au mois d’août 1266, il approuva la vente de deux pièces de pré dans son fief, faite par les religieuses de Fontaine-Guérard à Bonport[7].  

En 1290, Geofroy de  Feuquerolles, chevalier, tenait le fief de Criquebeuf-sur-Seine ; il le possédait encore en 1309, lorsqu’il fut compris dans l’échange du fief de Tourville-la-Campagne contre celui de Neufmarché[8].  

En septembre 1327, Jean Le Panier avait vendu aux moines de Bonport une pièce de terre sise dans le fief de Mgr de Criquebeuf et estimée 2 s. 6 d. de rente. Charles IV amortit cette acquisition.  

En 1390, les habitants de Criquebeuf-sur-Seine, Martot, le Becquet et S. Pierre Lierrout, unis ensemble, plaidaient à l’Échiquier contre ceux de Pont-de-l’Arche, Léry, le Vaudreuil, Igoville, etc.  

Le fief de Criquebeuf-sur-Seine, en sortant des mains de la famille de Feuquerolles paraît avoir été acquis par la maison d’Harcourt, d’où il passa aux seigneurs de Rieux, héritiers en partie de cette maison.  

Vers 1460, Jean de Rieux rendit foi et hommage au seigneur de La Londe et de Tourville à cause de ses fiefs de Criquebeuf-sur-Seine et Gilles Touques[9].  

En 1496, lors de l’arrêt de partage entre les maisons de Rieux et de Lorraine, Criquebeuf-sur-Seine resta à cette dernière représentée alors par René de Lorraine, marquis d’Elbeuf. Les ducs d’Elbeuf n’ont pas cessé de posséder ce fief jusqu’à la Révolution[10].  

Au XVe siècle, bon nombre de petits propriétaires obérés pour se procurer des ressources, vendaient leurs troupeaux, quitte à reprendre à ferme ou à moitié. À cette époque, un paysan de Criquebeuf vendit 10 bêtes à laine pour 85 s. t., puis il les repris à bail pour trois ans ; la laine devait être partagée tous les ans et les corps à la fin de ce bail[11].  

Criquebeuf fut uni à Elbeuf lors de son érection en duché en 1582.   

Un curé de Criquebeuf fonda en 1648 le couvent des Pénitents du Tiers-ordre à Pont-de-l’Arche.   

Fiefs : 1° Baignard. Ce fief a aussi été nommé Mesnil ou Mesnillet, à cause de sa dépendance du Mesnil-Jourdain. Richard Baignard, tige de cette famille, tenait dès 1210 un fief au Thuit-Signol.   

Raoul Baignard, prêtre, curé au Mesnil-Jourdain, renonce en faveur du prieuré de Sainte-Barbe-en-Auge, à ses prétentions au patronage de Cesseville.   

Au mois de février 1240, Gautier du Mesnil vendit à Raoul Baignard, son oncle, une pièce de terre au Mesnil-Jourdain.   

Charles-le-Bel, en septembre 1327, amortit en faveur de l’abbaye de Bonport une rente de 40 s. que leur avait vendu Geofroy Baignard, sauf 2 d. que les religieux devaient audit Geofroy sur des héritages sis au Mesnil-Jourdain dans ses fiefs[12].   

Dans son aveu pour le Mesnil-Jourdain, en 1395, Pierre de la Héruppe dit que, est tenu de lui par quart d’hommage de membre de fief noble, le fief Baignard à Criquebeuf, 8e de ce fief[13].   

Guillaume Le Prévost tenant du fief Baignard ou Menillet, ou Criquebeuf, eut main levée le 27 juillet 1596.   

Raoul Labbé, mort avant 1629, fit l’acquisition du fief de Baignard ou Menillet ; il prenait les titres de baron de Bellegarde, conseiller à la cour des aides de Normandie, seigneur d’Incarville, Épreville, La Motte, Vaudreuil, Criquebeuf, Livet, Mesnil Sainte-Marguerite, etc.[14] Il épousa Catherine de Bois-l’Évêque, dont il eut quatre fils et deux filles ; Charles, l’un d’eux, sieur de la Motte, marié à Madeleine Labbé, avait été reçu au Parlement en 1625. Il blasonnait : d’argent au sautoir de sinople.   

On lit dans un aveu pour le Mesnil-Jourdain, du 17 novembre 1665 : Item en relève un huitième de fief assis en la paroisse de Criquebeuf-sur-Seine, jadis nommé le fief Baignard, à présent fief du Mesnil ou de Criquebeuf, qui fut Guillaume Le Prévot et à présent Charles Labbé…   

En 1679, Marguerite Labbé, fille de Jean-Baptiste, héritière sous bénéfice d’inventaire de son oncle Charles Labbé, esc., est conseiller au Parlement, tenait la châtellenie de Martot, composée des fiefs de Martot et Freneuse, Criquebeuf-sur-Seine.   

M. Nicolas-Alexandre Lucas, fils d’Adrien, sieur de Boncout, devint président du bureau des finances en 1707 ; c’est lui qui fit l’acquisition de Criquebeuf, la Motte ou Vaudreuil et Martot.   

Lucas de Boucout : d’or, à l’aigle éployée de sable becqué et onglé de gueules, au chef de gueules, chargé de trois croisettes d’argent.  

Jacques-Alexandre Lucas de Boucout, fils du président, était, en 1780, possesseur du plain-fief du Ménillet à Criquebeuf, dont il avait été ensaisiné le 3 septembre 1764. Sa fille unique et héritière, Adélaide-Geneviève Lucas de Boucout, épousa Michel-Charles-Louis de Biencourt, marquis de Poutrincourt, auquel elle porta la succession paternelle.

 

CRIQUEBEUF-SUR-SEINE, canton de Pont-de-l'Arche, sur la Seine, à. 35 m. d’alt. – Sol : alluvions contemporaines, craie blanche. – R.dép. n° 12, de Bourgtheroulde à Gournay. – 4 cont., 1,535 fr. en ppal. – Rec. ord., budg. 1867, 4,838 fr. – Surf. terr., 1,463 hect. – Pop., 1,220 hab. – * Percep. et Rec. cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Écoles spéc. de 90 garçons et de 75 filles. – 1 Maison d’école. – Paroisse. – Presbyt – Comp. de 30 sap.-pompiers. – Soc. de musique. – 15 perm. de chasse. – 13 déb. de boissons. – Dist. en kil. aux ch.-l. de dép., 38 ; d’arr., 16 ; de cant., 4.  

 

Dépendances : Quatre-Âges, Le Champ-d’Asile, Gaubourg.   

Agriculture : Céréales. – Bois. – Légumes.   

Industrie : Néant. – 31 Patentés.   

 

 

 

[1] Cartulaire de Bonport.  

 

[2] Cartulaire de Bonport.  

 

[3] Cartulaire de Bonport.  

 

[4] Cartulaire de Bonport.  

 

[5] Inventaire des titres du Bec. 

 

[6] Cartulaire de Bonport.   

 

[7] Cartulaire de Bonport, 269.   

 

[8] Il s’agissait de la mouvance seulement. 

 

[9] Archives de la Seine-Inf.  

 

[10] Voir Dict. hist. à la suite des ducs d’Elbeuf.  

 

[11] Tabellionage d’Elbeuf.    

 

[12] Cartulaire de Bonport, 383.   

 

[13] M. Goujon, Hist. du Vaudreuil, p. 9. 

 

[14] M. Goujon, Hist. du Vaudreuil, p. 43.

Armand Launay

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:42
Vue sur Montaure depuis Ecrosville (cliché Armand Launay, 2012).

Vue sur Montaure depuis Ecrosville (cliché Armand Launay, 2012).

Charpillon Louis-Etienne, Caresme Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 p., t. II, p. 541-543.

 

MONTAURE 

 

Paroisse des : Doy. de Louviers. – Baill. Vic. et Élec. de Pont-de-l’Arche. – Dioc. Parl. et Gén. de Rouen.

Montaure de Mons aureus, montagne d’or à cause de sa situation et de la fertilité du sol.

L’église dédiée à Notre-Dame, fut octroyée au XIe siècle à l’abbaye de Saint-Ouen, par Odon Stigaud, maître d’hôtel de Guillaume, duc de Normandie, mais le patronage honoraire fut conservé par les seigneurs du fief de la paroisse.  

Nous trouvons mentionnés dans l’histoire de 1080 à 1258, les noms de Roger, Raoul,  Thomas, Renaud et Romain de Montaure.  

Jean Le Mire fut mis en prison en 1334, pendant 93 jours, pour avoir navré un homme en péril de mort à la foire de la Toussaint, à Montaure.  

En 1450, Loys de Fontaine, obtint de rentrer dans la seigneurie de Criquetot, il épousa vers cette époque, Jeanne de Jeucourt, dame d’Épreville à Incarville, le 14 novembre 1480, Louis de Fontaine, sieur de Criquetot et Montaure, consentit un contrat de fief à Jean Leclaire[1]. Marie de Fontaine, sa fille, épousa en 1490, Thibaut d’Amfreville, qui devint ainsi seigneur de Criquetot et de Montaure, dont il rendit aveu en 1497.  

 

Jean d’Amfreville, fils aîné de Thibaut ne laissa qu’une fille, Guillemette, mariée à Christophe de Serviac, avant 1527 ; ce seigneur vivait encore en 1537 ; il n’avait pas le titre de seigneur de Montaure mais seulement de Criquetot, Villettes et Ecquetot en partie ; il laissa 3 filles, Diane, Louise et Marie.  

 

Le 30 juillet 1612, le fief de Montaure, quart de haubert surnommé de Criquetot, parce qu’il avait appartenu au sieur de Criquetot, fut décrété sur les héritiers de Jean d’Amfreville, au profit de Pierre Vigor, conseiller du roi au Parlement de Normandie.  

 

Par arrêt du 16 mai 1616, Pierre Vigor fut envoyé en possession du fief de Criquetot à Montaure, au préjudice de Jacques d’Amfreville, qui prétendait le retirer à droit de sang.  

Vers cette même date, décharge de la taille fut accordée aux habitants de Montaure, dont un orage avait détruit les maisons.  

 

Le 31 décembre 1646, Messire Pierre Vigor, esc. seigneur de Montaure, étant en son manoir seigneurial de Montaure etc., achète de Pierre Le Bourg, laboureur à Montaure, un demi acre de terre en présence de Nicolas Papelard, curé de la paroisse.  

 

Vers 1650, St-Vincent-de-Paul présentait à la cure de Montaure. 

 

En 1651 à 1655, le sieur de Vigor, maître particulier des Eaux et Forêts, avait reçu pour son office, 2100  héritiers reçurent 2100 mesures de bûches ; ses héritiers reçurent 2100 l. pour pareille quantité de mesures de bûches.  

 

Vigor : d’argent, à aigle éployé de sable, au chef d’azur, chargé de trois étoiles d’argent.  

Les Familles Poirier d’Amfreville, Belot, Le Camus, et Le Cordier de Bigards, possédèrent ensuite la seigneurie de Montaure.  

 

M. Jean-Baptiste Le Cordier de Bigards, Président au Parlement de Normandie, obtint, en 1782, l’érection des seigneuries de Bourgthéroulde et de Montaure en marquisat de la Londe.  

 

Fief

 

Écroville. Jean d’Écroville fut en 1205, témoin d’une charte pour Bonport.  

De 1551 jusqu’à la Révolution nous signalerons parmi les seigneurs d’Écroville, Loys de Bigards, François de Bigards et Jean Baptiste François Le Cordier de Bigards. 

 

Établissements Religieux

 

Prieuré de Montaure [p. 542-543]  

 

Du temps de Richard II, duc de Normandie, Stigaud dit le Vieux, fonda le Prieuré de Montaure. En

1018, le duc Richard confirma la donation de son sénéchal, et donna lui-même une rente de : 1 muid de froment, 1 muid de seigle, 2 muids d’avoine. 8 setiers d’orge et 4 setiers de pois[2]... Odon Stigaud, fils du précédent, maître d’hôtel du duc Guillaume, eut deux fils, Maurice et Robert, ce dernier voyagea en Orient, et revint en Normandie avec des reliques de Ste-Barbe. Maurice frère de Robert, pour recevoir et conserver dignement ce précieux trésor, détruisit le château de ses pères, dans sa terre d’Écajeul, pour y fonder une collégiale connue sous le nom de Ste-Barbe-en-Auge.  

Il eut deux fils, Maurice et Robert , qu’il perdit de son vivant. Après leur mort, il fonda, en 1063, à côté de l’église de Montaure, avec le concours de l'abbaye de St-Ouen, un prieuré  également dédié à Notre-Dame, auquel il donna tout ce qu’il possédait à Criquebeuf-sur-Seine avec l’eau, l’église St-Etienne-des-Tonneliers, à Rouen, 3 maisons dans la même ville, où demeuraient les potiers et enfin la terre de Turquetil de Limesy.

Le duc Richard II, confirma cette donation et donna lui-même au prieuré, une rente de: 1 muid de froment, 1 muid de seigle, 2 muids d’avoine, 8 setiers d’orge et 4 setiers de pois, sur le domaine du Vaudreuil, avec 2 charretées de foin dans la prairie de Vaudreuil.

La construction de l’église et de la tour de Montaure suivit de près ; l’église, qui subsiste encore, est bâtie dans le style roman du XIe ou du XIIe siècle.

En 1184, les religieux avaient une rente de 10 l. qu’ils tenaient de la générosité du Roi.

Au milieu du XIIIe siècle, l’archevêque Eudes Rigaud, visita le prieuré de Montaure à différentes fois. La première eut lieu le 15 mai 1250. Le Prélat constata la présence de 4 moines, tous prêtres... Il leur ordonna d’observer les jeûnes. Ils ont 160 l. de revenu... Nous avons prescrit de donner plus largement l'aumône aux pauvres…

Cinq ans plus tard, nouvelle visite. L’archevêque constate qu’il n’y a plus que deux religieux, alors qu’il devrait y en avoir au moins trois. Il défend de laisser les femmes manger dans la maison.

Le 26 août 1258, nous avons, dit le  prélat, été hébergé à Montaure. Le lendemain 27, nous avons procédé à notre visite. Ils étaient trois moines. Il n’existait qu’un seul calice, tant pour les moines que pour le prêtre de la paroisse ; leurs revenus sont de VIIIxx livres. Frère Roger d’Andely était alors prieur du lieu, nous avons trouvé toutes choses en bon état.

Le 7 juillet de la même année, Eudes Rigaud célébra dans le prieuré de Montaure, le mariage de Guillaume de Prémery, son panetier, avec Jeanne, sa femme.

La dernière visite de l’infatigable archevêque au prieuré de Montaure, est du 13 mai 1269. Il n’y avait que deux moines au lieu de trois, Eudes Rigaud leur défendit de laisser les femmes entrer dans leur maison, etc.

Le 7 décembre 1339, Guillaume Saoul, prieur de Montaure, assistait aux derniers moments du célèbre Jean Roussel, dit Marc-d’Argent.

En 1397, Jean d’Oynel esc. et un certain nombre de bourgeois, s’étant rendus coupables d’injures et de voies de fait envers les religieux de Montaure, et ayant commis de grands dégâts dans le Prieuré, furent condamnés par l’Échiquier à faire amende honorable.

" C’était un jour de fête de Notre-Dame, la foire se tenant à Montaure... Ils s’étaient rendus au prieuré, (d’Oynel et ses complices), là, publiquement en présence de nombre de gens, ils s’agenouillèrent devant Dom Naguet, prieur, lui amendèrent les dits excès et maléfices, lui requérant humblement qu’il leur pardonnât ce qu’il fit, se relevant alors, on les vit entrer dans l’église du prieuré, y offrir leurs cierges, payer enfin, au prieur, 200 l. d’amende profitable.

Pendant les guerres de Religion le prieuré de Montaure fut pris par un sieur de la Personne, des mains duquel le retira Dom Alexis Durand, dernier prieur en règle.

Montaure tomba plus tard dans les mains de Baltazard Poidevin, qui porta le titre d’abbé de St.-Ouen, de 1620 à 1638.

Parmi les prieurs de Montaure, nous  citerons encore ;

Dom Jean le Cauf, Dom Laurent Alorge, Pierre de Godefroy, Jean Philippe.

 

Carmes déchaussés.

Au moment où le prieuré de Montaure s’éteignait, une autre fondation pieuse lui succéda.

La 5e garde de la forêt de Bord, appelée du Chastel, fut donnée par Louis XIV, aux Carmes-Déchaussés de Rouen, qui y construisirent une maison de leur ordre sous le nom du Désert de Notre-Dame du Secours.

La première pierre fut posée le 20 juillet 1663, par Messire Guy du Val, seigneur de Bonneval, chevalier, Président à Mortier au Parlement de Rouen.

En 1791, les capucins d’Andely furent envoyés à Montaure.

Le domaine de la Garde Châtel composé de 203 hectares dont un parc de 135 hectares, appartient actuellement à la veuve de M. Le Prou.

 

Léproserie.

On signale à Montaure en 1253, une léproserie qui avait une chapelle dédiée à St-Blaise.

 

MONTAURE. cant. de Pont-de-l’Arche à 140 m. d’alt. – sol : alluvium et craie. – Ch. de gr. com. n° 4, de Pont-de-l’Arche à la R. dép. n° 13. – Surf. terr. 1016 hect. – Pop. 1203 hab. – 4 cont. 9,235 fr. en ppal. – Rec. ord. budg. 5,347 fr . – * de Louviers. – Percep. et Rec, Cont. ind. de Pont-de-l’Arche. – Paroisse. – Presbyt. – Écoles spéc. de 82 garc. et de 80 filles. – 1 maison d’école. – 5 déb. de boissons. – 14 per. de chasse. – Dist. en kil. au ch.-l. de dép. 29 ; d’arr. 8 ; de cant. 9.

 

Dépendances, Blaquetuit, Écrosville, Les Fosses, La Vallée.

Agriculture, céréales, forêt.

Industrie, 2 fab. de poterie, – 1 tuilerie, tissage de draps chez les particuliers.

31 patentés.

 

 

[1] Arch. Seine-Inf.

[2] Ordéric Vital.

 

 

 

A lire aussi... 

L'origine de Montaure et de son nom

Montaure, album photos

Les châteaux de Montaure

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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