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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 14:50

J’ai reçu ça…


Madame Ghislaine Mathias, passionnée d’histoire, m’a fait parvenir ces renseignements concernant un épisode local de la Seconde Guerre mondiale.

 

En effet, en juin 1940, les panzers de Rommel menaçaient de prendre Rouen et sa région. Les armées française et anglaise opposèrent donc leurs forces face à cette invasion – vainement, comme chacun sait.

 

Comme dans trop de lieux malheureusement, des hommes moururent dans le canton de Pont-de-l’Arche. Malheureusement encore, le souvenir de ces hommes meurt lui aussi.

 

Or nous devons à M. Kim James un travail de mémoire qui se traduit par des années de recherche méticuleuse autour de 8 hommes tombés à Criquebeuf-sur-Seine.

 

Ses travaux connaîtront bientôt une publication.

 

M. James a été aidé par de nombreuses personnes dans ses recherches, dont des amateurs d’histoire comme Mme Mathias, M. Bédouel, M. Bourgeaux… plusieurs mairies, mais aussi des comités d’Anciens Combattants.

 

Parmi eux, Monsieur Coulmiers, l’ancien président du comité du Souvenir Français de Vernon, qui organise depuis 1990 un déplacement bisannuel à l’endroit où sont enterrées les victimes des combattants du front de Seine de juin 1940.

 

C’est ainsi que la photo ci-dessous présente les porte-drapeaux d'une délégation d'une vingtaine de personnes qui s'est rendue cette année à la nécropole de Fleury-lès-Aubrais (Loiret) où reposent la plupart des victimes militaires françaises et sénégalaises du Front de Seine. Avec les porte-drapeaux on trouve deux responsables d’amicales régimentaires soit à partir de la gauche le 13e Dragons puis le 3e RAC (régiment d’artillerie coloniale).

 

Comme me l’écrit Madame Mathias, les hommes qui ont participé à la défense de notre démocratie méritent d’être célébrés à Criquebeuf, ne serait-ce que par la mémoire de ceux d’entre eux qui sont tombés sur le territoire communal. Une plaque commémorative ainsi qu’une conférence animée par M. James seraient d’heureuses initiatives, je pense, qui ne manqueront pas d’intéresser M. Thierry Delamare, maire, dont le goût pour l’histoire trouverait ici une occasion supplémentaire de se manifester.


Les hommes qui sont tombés à Criquebeuf sont :


- le Sénégalais Sékhou Diouf ;


- les Britanniques Harry Polson, Val Thomas et John Speight (l’oncle de M. Kim James) ;


- les Français Pierre Prunier, Robert Lacoche et Roger Breton ;


- et un homme qui demeure inconnu.  


La famille de Roger Breton, qui fut mobilisé au dépôt d'artillerie 303 de Vernon, est vivement recherchée par M. Kim James.


En attendant la publication des travaux de M. James, amis lecteurs, vous pouvez toujours poser vos questions à Madame Mathias (ghislaine.mathias@wanadoo.fr) pour plus de renseignements concernant cet épisode de l’histoire.


Merci à Madame Mathias pour l’envoi de ces renseignements. Je suis, évidemment, honoré de pouvoir aider, comme vous, nos aïeux qui nous exhortent à lire, dans les pages du passé, une mise en garde de tous les jours pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.


J’attends avec impatience la publication des recherches de M. Kim James en espérant que mon aide lui aura été utile.

 

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Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:41

Naissance de la ville : raisons militaires 

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La ville de Pont-de-l’Arche est née après la construction de fortifications militaires bâties sur le territoire du village des Damps. Un pont de bois fut jeté sur la Seine, à partir de 862, et protégé par deux forts, de part et d'autre du fleuve. Le chantier de ces défenses, qui marqua le règne de Charles II, dit le Chauve, fut décidé et officialisé lors des plaids de Pîtres. Vers 873, le pont et les deux forts semblent avoir été achevés. Ils servirent notamment en 885 lors d'une offensive générale des "hommes du Nord", ayant pour but le siège de Paris. Le pont "de l'Arche" (c'est-à-dire "de la forteresse") servit à retarder l'avancée des Normands. Ceux-ci mirent quatre mois à gagner Paris depuis l'embouchure de la Seine. Cependant, les rois des Francs peinaient à mobiliser pleinement les troupes de leurs vassaux. Ainsi le fort de Pont-de-l'Arche a très certainement manqué d'hommes de garnison : Guillaume Caillou, moine qui tint les chroniques de Jumièges, se rappela un siècle et demi plus tard, et ce malgré de nombreuses imprécisions, que des renforts francs vinrent aux Damps pour renforcer la garnison du pont de l'Arche. En vain, donc.

On perd ensuite le fil de l'histoire durant le laps temps où s'articula le basculement de pouvoir des rois francs aux ducs de Normandie. Que devinrent le pont et la ville après 911, date de naissance de la Normandie ?

Toujours est-il que la paroisse de Pont-de-l'Arche apparaît dans une charte de Richard II, en 1020, qui accorde à l'abbaye de Jumièges de nombreux droits spirituels mais surtout financiers (notamment sur le trafic fluvial).

La ville semble s'être développée autour du pont, ouvrage nécessitant le montage des bateaux et offrant la possibilité de percevoir des droits de passage. Développement d’une place forte : l’enjeu de la lutte entre les rois d’Angleterre et de France.

 

Pont-de-l'Arche apparait ensuite bien plus clairement dans les archives lors des luttes entre Richard Coeur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et Philippe II Auguste, roi de France. Richard Cœur de Lion fit rénover le pont de la ville et donna les moyens nécessaires à la fondation de l'abbaye de Bonport (deux kilomètres de Pont-de-l'Arche). Dans les luttes entre les deux monarques, le château du Vaudreuil fut rasé ce qui, lorsque le roi de France reprit possession de la Normandie, facilita le choix de Pont-de-l'Arche comme chef lieu militaire local. En effet, Philippe Auguste fit de Pont-de-l’Arche son principal lieu de résidence en Normandie. Il dota la ville d'une prévôté et la fit fortifier par des remparts en pierre encore visibles de nos jours. Il en fit de même pour le fort de Limaie, situé de l’autre côté du pont, rive droite, dont il bloquait l’accès. Ce fort était doté d’une tour philipienne qui constituait un observatoire idéal sur la circulation fluviale et le montage des bateaux. Les atouts géographiques, alliés aux atouts militaires, firent que la ville devint un relai du pouvoir royal. 

 

Rôle de Pont-de-l’Arche dans la maitrise territoriale et la police intérieure

L’assise militaire de la ville présentait de nombreux avantages, tant pour la maitrise territoriale face à l’éventuels envahisseurs que pour la police intérieure au royaume. Pont-de-l’Arche permettait la maitrise de la circulation fluviale et, donc, l’approvisionnement de Rouen, ville qui pouvait tomber entre des mains ennemies. C’est pourquoi notre cité fut un enjeu lors des combats qui opposèrent les rois d’Angleterre aux rois de France durant la guerre de Cent ans. Ainsi Henri V, roi d’Angleterre, se rendit maitre de Pont-de-l’Arche en 1418. La ville connut ainsi une occupation anglaise jusqu’en 1449. En 1346, Édouard III ne put prendre Pont-de-l’Arche et poursuivit sa chevauchée vers Mantes. Qui plus est, la ville offrait une base arrière idéale en vue d’une attaque de la capitale haut Normande :

- en 1481 Louis XI établit un vaste camp dans la vallée située entre Pont-de-l’Arche et Pont-Saint-Pierre. Ce camp aurait accueillit une armée de près de trente mille hommes afin de reprendre Rouen puis toute la Normandie. C’est ici que furent créées les célèbres « bandes de Picardie », ancêtres de l’infanterie française.

- en 1589, les troupes d’Henri IV, qui assiégeaient Rouen, étaient ravitaillées depuis Pont-de-l’Arche. Précisons que le gouverneur de la ville, Leblanc du Rollet avait, parmi les premiers, ouvert les portes de la ville à Henri IV, roi contesté. La tradition orale narre que ce monarque avait gratifié, en remerciement, les armes de la ville des trois fleurs de lys royales. Cependnat, la ville étant un plein fief royal, ces lys ne sont pas surprenant. La ville blasonne depuis : de sable au pont d’argent maçonné de sable, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lys d’or.

Bastille excentrée de Rouen, Pont-de-l’Arche était une base de repli en cas de révolte du peuple normand. C’était une place de sûreté dans la mesure où il n’y avait pas assez d’habitants ici pour impulser une révolte dépassant les forces de police locales. De plus, maitriser la ville ne suffisait pas : il fallait encore prendre d’assaut le fort de Limaie, de l’autre côté de la Seine. Pont-de-l’Arche était donc, pour des raisons de police intérieure, de maitrise du territoire en cas de guerre, une place stratégique :

- c’est ainsi que des protestants rouennais assiégèrent la ville, en 1562, avec 6 pièces d’artillerie en espérant y faire un butin. Ils s’en prirent directement au pouvoir royal, mais en vain car la ville était restée fidèlement catholique.

- en 1650, la Fronde renversa l’utilité des fortifications de la ville : Le duc de Longueville utilisa la garnison et le château contre le pouvoir royal. Le comte d’Harcourt, qui protégeait le voyage du monarque en Normandie, reçut l’ordre d’investir la place. Il vint camper auprès de ses murs avec l’aide des habitants qui avaient pointé trois canons contre le château, de l’autre côté de la Seine. Le duc de Longueville se servit de cette place forte comme un argument supplémentaire pour négocier la paix avec le roi. Les remparts de Pont-de-l’Arche étaient devenus une arme pour d’éventuels insurgés. Le parlement de Normandie et le peuple de Rouen demandèrent à plusieurs reprises leur démantèlement. Cependant, les nobles qui percevaient des droits sur la ville négocièrent le maintien des fortifications. Elles ne tombèrent en désuétude qu’à la fin du XVIIIe siècle.

 

 

Pont-de-l’Arche et la convoitise des privilèges royaux sous l’Ancien régime

Les ambitions n’étaient pas rares qui se tournaient vers Pont-de-l’Arche. La ville comptait de nombreuses charges qui attiraient les convoitises :

- la charge de gouverneur de la ville (police militaire locale) : les plus grands nobles qui obtinrent du roi les droits de gouverneur de la ville furent Concini, maréchal d’Ancre et allié de Marie de Médicis, Albert de Luynes, Jean-Baptiste d’Ornano, Richelieu.

- quatre tribunaux : le tribunal de première instance (le bailliage), la perception des tailles (le tabellionnage), le grenier à sel (sa vente était un monopole d’État) et l’administration des eaux et forêts. Ces tribunaux attirèrent de nombreux officiers royaux dans la ville ;

- les droits mineurs (droits de passage sur le pont, droit de halle, droit d’octroi…).

Il résultait de ces charges un déséquilibre : outre une fabrique de drap qui ne dura qu’un temps, la ville de Pont-de-l’Arche ne connaissait aucune industrie qui nourrît les 1700 habitants que comptait la cité à la veille de la Révolution française. Elle n’en était pas moins le chef-lieu de l’administration locale.

 

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La Révolution française et l’Empire ou la fin des privilèges

La Révolution française remit les pendules l’heure en faisant de Louviers le chef-lieu de l’administration locale : le rôle militaire de Pont-de-l’Arche avait cédé depuis longtemps le pas aux gains issus de l’industrie manufacturière de Louviers, ville bien plus peuplée. En 1790, Elbeuf ne fut pas compris dans le nouveau département de l’Eure à cause du refus de Louviers de cohabiter avec son concurrent drapier. Ces deux villes locales purent donc toutes les deux devenir des chef-lieu de circonscription. Hormis un juge de paix et une municipalité, Pont-de-l’Arche perdit toute fonction administrative. Durant la Révolution, les nouvelles municipalités archépontaines connurent les mêmes disputes que celles qui déchiraient les nobles d’avant la révolution. Néanmoins, celles-ci étaient publiques. Après 1792, les républicains avancés prirent le dessus de la politique locale. Alexandre de la Fleurière fut maire de la ville. Il fut chassé par la réaction thermidorienne de 1795. Les principaux problèmes que connut la ville durant cette période concernent les altercations entre les régiments de l’armée révolutionnaire et les habitants les plus attachés au culte catholique. Ils concernent aussi, et surtout, la famine. Celle-ci était aussi atroce que partout ailleurs à cela près que des habitants de la ville, depuis de longs siècles, montaient les bateaux sous le pont. Ils tiraient donc les bateaux de blé destinés à la population de Paris mais le ventre vide ! sans même pouvoir manger de quoi refaire leurs forces. C’est ainsi qu’ils arrêtèrent de travailler et qu’ils prirent du blé dont étaient chargés les bateaux… avant que l’armée ne les réprime. Napoléon Bonaparte, qui passa deux fois par Pont-de-l’Arche, comprit ce danger pour la police intérieure et fit bâtir une écluse, inaugurée en 1813. Celle-ci permettait de se dispenser de la main d’œuvre locale tout en faisant acheminer le pain qui apaisait le peuple et évitait ainsi d’éventuels mouvements insurrectionnels parisiens. Rappelons que le peuple en armes avait fait changer le cours de la Révolution à plusieurs reprises déjà (la déchéance du roi, la répression des girondins…). Le début du XIXe siècle fut une période de misère pour la ville. Il n’y a guère d’événements si ce n’est l’occupation prussienne en 1815. Notons la présence d’une loge franc-maçonne et la création de la gare Alizay-Pont-de-l’Arche en 1843.

 

 

La révolution industrielle : l’industrie du chausson et de la chaussure

La révolution industrielle a touché le pays : l’industrie du chausson s’est développée qui a apporté un travail très faiblement rémunéré aux habitants de la proche région. Les chaussons, d’abord réalisés dans les foyers des ouvriers, furent ensuite fabriqués dans des usines construites dans les ruelles médiévales de la ville à partir de la moitié du XIXe siècle. Cette industrie se propagea et, dans l’entre deux guerres, une vingtaine d’usines existaient qui employaient plusieurs milliers de personnes. La fabrique du chausson, puis de la chaussure après 1900, n’apporta de richesse qu’à ses propriétaires, dont les belles villas sont encore visibles de nos jours dans les faubourgs de la ville. La prise de conscience aidant, les ouvriers de la ville se mirent en grève en 1900, 1932, 1936 et 1954… afin de maintenir, voire d’améliorer leurs salaires.

 

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Guerre et destructions

La ville connut l’occupation prussienne en 1870 à cause de son pont, qui faillit être dynamité. Elle accueillit un camp de l’armée britannique entre 1915 et 1920. Elle connut les combats entre les panzers de Rommel et les armées française et anglaise en 1940. Ses ponts furent une des principales cibles locales des bombardements aériens de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois les bombardements n’ont pas fait disparaitre le patrimoine architectural de la ville : l’église gothique du XVIe siècle, les maisons à pans de bois de la fin du Moyen Âge et de l’Ancien Régime, le bailliage du XVIIIe siècle principalement, la maison du gouverneur (XVe siècle ?), les remparts (XIIIe siècle), le manoir de Manon…

 

 

Personnalités

Le dernier des ponts de la ville fut inauguré en 1955 par Pierre Mendès France qui était alors président du Conseil mais aussi conseiller général du canton de Pont-de-l’Arche. Pont-de-l’Arche a aussi accueilli des personnalités lettrées : Octave Mirbeau, écrivain, Jules Massenet, compositeur, Jacques-Henri Lartigue, photographe. Mais la plus grande gloire de la cité est Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837), enfant du pays, qui était archéologue, artiste dessinateur, nouvelliste... Cet homme participa au lancement de l’étude du patrimoine médiéval normand. Il fut instigateur du musée des antiquités de Rouen et fut aussi professeur à l’école des beaux-arts. De nombreuses amitiés culturelles se mobilisèrent pour honorer sa mémoire et financèrent un buste (disparu) et un médaillon à Pont-de-l’Arche. Les élus de Pont-de-l’Arche donnèrent son nom à la place principale de la cité.

 

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Croissance démographique et développement des services publics depuis 1945

Depuis la Seconde Guerre mondiale, la ville connait une très grande croissance démographique suite aux nombreux projets immobiliers qui accueillent une population désireuse de vivre dans un cadre de vie agréable. Située entre l’Eure, la Seine et la forêt de Bord, la ville de Pont-de-l’Arche est très proche des pôles d’emplois que sont Rouen, Val-de-Reuil et Paris, facilement accessibles depuis la construction de l’autoroute A 13 en 1967. Les municipalités, généralement situées à gauche de l’échiquier politique, ont donc depuis accompagné le développement des services publics définis par l’État en faisant face, de plus, à la croissance démographique propre à la ville (écoles, crèches, infrastructures sportives, voirie). Pont-de-l’Arche compte aujourd’hui plus de 4200 habitants. La ville fait partie, depuis 2001, de la communauté de communes Seine-Eure, qui réunit les municipalités de la région de Louviers et de Val-de-Reuil.

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:40

Eustache-Hyacinthe Langlois (né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777 – décédé à Rouen en 1837) fut un artiste et écrivain qui mit son art au service de la mise en valeur du patrimoine médiéval normand.

 

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Gouache de Delacluze, Musée des Beaux-arts de Rouen.

 

 

Jeunesse à Pont-de-l’Arche

Eustache-Hyacinthe Langlois naquit à Pont-de-l’Arche où son père, officier royal, exerçait la profession de garde marteau des Eaux et forêts du bailliage de la ville. Porté vers le dessin, E.-H. Langlois réalisa à Pont-de-l’Arche ses premiers croquis de personnages et de sites pittoresques. On aime à penser que le patrimoine médiéval de la cité n’est pas étranger à l’éclosion du goût des antiquités dans l’âme de l’artiste. Né en 1777, la Révolution française rendit caduques les ambitions professionnelles que le père de E.-H. Langlois avait pour son fils. C’est pourquoi, notre homme put assouvir sa passion pour l’art…

 

L’artiste

Ayant suivi sa propension E.-H. Langlois devint l’élève de M. Rau de Saint-Martin, en 1793, puis de Jacques-Louis David, à Paris. Après cela, il s’exerça à la gravure sur bois. Son style, précis et rigoureux, convenait parfaitement à des travaux documentaires. C’est ainsi qu’il réalisa plus de 1000 gravures, dessins et croquis sur des bâtiments d’intérêt historique, des sculptures, des vitraux, du mobilier… et ce principalement sur la Normandie médiévale. Donnant lui même des leçons, il devint professeur à l’école des Beaux-arts de Rouen.

 

« Antiquaire et archéologue » 

On a pu dire sans abus que E.-H. Langlois était un antiquaire et archéologue. On entendait alors par « archéologue » toute personne à la fois éprise d’études de l’histoire par les textes mais aussi par le mobilier dont nous héritons. L’archéologue était celui qui s’intéressait, de plus, à un passé bien plus lointain ; qui exhumait l’histoire grâce aux ruines. L’archéologie ne signifiait pas encore la science très rigoureuse que nous connaissons de nos jours.
La précision de ses dessins lui ont permis de peaufiner des études locales mais aussi de réaliser des travaux plus généraux et notamment les vitraux. L’architecture gothique aussi a passionné notre homme qui passe pour être l’inventeur de l’expression « gothique flamboyant » qui désigne le stade ultime du gothique où les sculptures sont les plus riches qui prennent, parfois, les courbes ondulées de flammes.
Hyacinthe Langlois devint, grâce à sa connaissance du patrimoine et la conscience de sa fragilité, l’instigateur de création du musée des Antiquités de Rouen. Il en fut le premier directeur. Il participa à l’entretien de la cathédrale de Rouen, qui menaçait de s’écrouler.        

 

 

Le catholique fidèle 

D’après le témoignage de ses contemporains, mais aussi en lisant les nouvelles qu’il a rédigées, on peut mesurer combien E.-H. Langlois fut fidèle à ses convictions catholiques : pauvreté, humilité, défense des valeurs religieuses… Cette foi colla d’ailleurs très bien à la vie du personnage qui demeura pauvre tout sa vie ; l’argent n’avait pas grande importance pour lui, contrairement à ce que pensait sa femme, qui l’appauvrit ainsi que leurs enfants.

La foi catholique de E.-H. Langlois ne l’empêcha pas de fréquenter des républicains avancés tels que Jacques-Louis David et Jacques Dupont de l’Eure. Il semble que notre homme jugeait plus les gens sur leurs actes que sur leurs dires. Sa société érudite et cordiale plaisait à beaucoup de monde.  
 
L'écrivain « préromantique »
Si la Révolution française a donné à E.-H. Langlois la liberté de pratiquer son art au point d’en faire sa profession, elle a jeté dans son âme un trouble certain. Comme beaucoup de romantiques, notre homme conserva le pieux souvenir de sa jeunesse où ses joies d’enfant étaient bercées sous le soleil du Monarque de droit divin... Cette idéalisation est accompagnée du rejet de l’anticléricalisme qu’ont pu connaître certains moments de la Révolution.
Sensible, touché par un certain mal être, il formula ses émotions par les thèmes médiévaux les plus romantiques, même dans ses aspects les plus noirs tels que la danse macabre, sculpture de l’ancien cimetière de l’aître Saint-Maclou, le grotesque des « miséricordes », ou le tombeau des Énervés de Jumièges. Ainsi ses écrits sont, le plus souvent, nostalgiques, tournés vers la mort et campent un paysage médiéval très propice à l’expression du désarroi si caractéristique du mouvement romantique qui va éclore vers la fin de la vie de Hyacinthe Langlois.

  

 

Postérité 

E.-H. Langlois sensibilisa de nombreux artistes et chercheurs à l’étude du Moyen Âge alors que l’Antiquité faisait – presque – l’unanimité. De ce fait, il contribua à la préservation des vestiges de l’époque médiévale, qui passaient alors pour des ruines bonnes à être rasées ou à laisser s'écrouler. Il participa à la sensibilisation culturelle d'une nouvelle génération de chercheurs tels qu'Arcisse de Caumont autour de l'héritage architectural. Son influence se poursuit d’ailleurs grâce aux illustrations qui font référence dans certaines recherches. Il aurait servi de modèle à Jacques-Louis David pour le Romulus de « L’Enlèvement des Sabines ». Deux de ses enfants vécurent un peu de l’art enseigné par leur père : Polyclès et Espérance Langlois. Ils travaillèrent à la manufacture de Sèvres mais n’eurent pas le talent de leur père. 

Une tombe monumentale se trouve toujours au cimetière monumental de Rouen. Elle porte un médaillon, de Pierre-Jean David, dit David d'Angers, offert en 1838 à la ville de Rouen, par le comité de souscription au monument Langlois. Il porte cette inscription : « À E.-H. Langlois né à Pont-de-l’Arche le 3 août 1777, peintre, graveur, archéologue, la Normandie reconnaissante. »

Une copie de ce médaillon fut apposé sur sa maison de naissance à Pont-de-l’Arche (boulangerie du bas, rue Alphonse-Samain).  

Un buste en bronze fut placé à Pont-de-l’Arche sur la place Hyacinthe-Langlois de 1868 à 1941.  

Il donna l’envie à Léon Levaillant de Duranville d’étudier l’histoire de la ville dont Hyacinthe Langlois est resté fier durant toute sa vie. C’est ainsi que commença l’étude de l’histoire de Pont-de-l’Arche.

Une rue porte son nom ainsi qu’arrêt de bus à Bihorel.

 

 

A lire aussi... 

Le collège Hyacinthe Langlois en quelques dates

Les monuments rendant hommage à Hyacinthe Langlois...

 

Bibliographie sommaire 

- Recueil de quelques vues de sites et monuments de France, spécialement de Normandie (1817) ;

- Mémoire sur la peinture sur verre et sur quelques vitraux remarquables des églises de Rouen (1823) ;

- Notice sur le tombeau des Énervés de Jumièges (1825) ;

- Essai historique et descriptif sur l’abbaye de Fontenelle et de Saint-Wandrille… (1827) ;

- Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts (posthume, 1851) ;

- Stalles de la cathédrale de Rouen, (posthume, 1838) ;

- La Croix-Sablier (1835) ;

- Hymne à la cloche (1832) ;

- Le Curé des bruyères d’Oisy ou L’Abbé fou (1835)... 

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:38

Depuis quand la paroisse de Pont-de-l’Arche est-elle placée sous le patronage de saint Vigor ?

 

Eglise-Notre-Dame-des-arts

 

Avant d’être placée sous le patronage de Notre-Dame des arts l’église paroissiale de Pont-de-l’Arche était connue sous le vocable de Saint-Vigor. Des livres donnent encore ce nom de nos jours à l’édifice datant du XVIe siècle. Il y a donc des visiteurs qui pensent avoir vu l’église Saint-Vigor de Pont-de-l’Arche. À leur décharge, précisons que ce n’est qu’en 1896 que le changement de patronage eut lieu, à l’initiative de Pierre-Octave Philippe, curé-doyen de la paroisse. 

Réservant la question de ce changement de patronage à une autre étude, on peut se demander qui était Saint-Vigor ? Pourquoi a-t-on choisi de placer l’église paroissiale sous ce vocable ?

En août 1025, une charte atteste que le duc de Normandie, Richard II, céda aux moines de Jumièges ses droits sur l’église et diverses propriétés archépontaines.

Bien qu’il ne précise pas la localisation de l’église, il n’y a pas à douter que l’église de l’époque était située à l’endroit où nous voyons Notre-Dame des arts aujourd’hui. Seul le bâtiment a dû changer, au moins une fois car nous savons que les travaux qui ont débuté en 1499 ont peu à peu remplacé une église rustique.

 

Pourquoi choisir Saint-Vigor ? 

Au IXe siècle, des fortifications ont été bâties sur la Seine pour protéger Paris des attaques normandes. La rive gauche servit de lieu de peuplement pour les hommes de troupe et leurs familles car la corniche naturelle est une défense non négligeable. C’est ainsi que sont nées la ville de Pont-de-l’Arche et sa paroisse, entre 862 et 1025. Le site de l’église est le point le mieux défendu qui surplombe tout à fait la zone de Seine à protéger des attaques des drakkars normands.

 

Que la croix domine l’espace où les chrétiens furent censés vaincre les attaques des païens normands n’est pas étonnant. Cela rappelle l’érection de monuments à l’effigie du Christ ou de la Vierge dans de nombreuses vallées, ou à l’entrée de villages afin de protéger les habitants du malheur. Le choix de l’emplacement serait donc très logique et peut, peut-être, être relié à saint Vigor.

Nous savons que l’église était placée sous le vocable de Saint-Vigor depuis au moins 1163 où elle était toujours la propriété de l’abbaye de Jumièges. Ce sont donc certainement les moines de cette abbaye qui décidèrent de donner à l’église de Pont-de-l’Arche le nom de saint Vigor à moins qu’il ne fût déjà donné auparavant.

 

Qui était saint Vigor ? et quelle est l’histoire de ses reliques à Pont-de-l’Arche ?

 

Mais qui était Saint Vigor ? Cet homme, disciple de saint Vaast, fut le premier évêque de Bayeux et serait mort aux alentours de 537. Il est resté célèbre grâce à une légende qui fait de lui le champion de la lutte contre le paganisme. En effet, il aurait réussi à faire péricliter des pèlerinages païens et c’est peut-être pour cette raison qu’il est célébré le premier novembre (date de nombreuses fêtes polythéistes dont la Samaïn des celtes).

Si saint Vigor a été choisi pour patronner l’église de Pont-de-l’Arche c’est, très certainement, pour faire référence à une lutte heureuse contre le paganisme. Cela indiquerait peut-être que, très tôt, le lieu fut placé sous la protection de l’évêque de Bayeux.

Autrement, l’origine de ce nom résiderait peut-être dans la tête d’un abbé de Jumièges, disparu avec les raisons personnelles qui unissaient son cœur avec ce saint.

Ce saint n’avait donc aucun lien avec la ville, à l’origine. Toutefois, un aspect du culte de son culte le rendait très célèbre partout où il se trouvait. On disait qu’il avait ressuscité un enfant à Reviers ce qui lui valait une dévotion des mères qui recherchaient la santé pour leurs enfants.

Pont-de-l'Arche connut alors un pèlerinage des mères qui recommandaient leurs enfants au saint afin qu’il fortifiât les plus faibles d’entre eux, qu’il leur donnât la vigueur. On peut même penser qu’il existe un jeu de sonorités qui se trouve à l’origine de cette attribution miraculeuse.

Des cahiers de la fabrique de l’église nous apprennent qu’en 1541, "On a apporté deux pièces de la tête saint Vigor du prieuré Saint-Vigor de Bayeux". Cette acquisition de reliques était très fréquente sous l’Ancien Régime, et le Moyen Âge, qui permettait d’entretenir la foi des fidèles.

Ces cahiers précisent, en 1621, qu’il y a " dans (la) chasse le crâne et une demie vertèbre de saint Vigor et un morceau de chasuble." Comment expliquer le changement de contenu de la châsse ?

Quoi qu’il en soit, ces reliques ne reposèrent pas tranquillement dans l’église. En 1648, Pierre Delatour fut présumé coupable du vol des reliques de Saint-Vigor. Cet homme aurait fuit et caché les reliques dans un champ de Léry où, retrouvées, on aurait dressé une croix qui porte encore son nom de nos jours. Un procès eut lieu qui dura des années sans qu’on puisse connaître l’auteur du vol. Elles prirent le chemin de l’église de Louviers en 1673 avant que, en 1921, "le crâne, une vertèbre et un morceau de chasuble [ne reviennent] à l’église de Pont-de-l’Arche", Notre-Dame, donc...

 

Dans un autre volet… pourquoi a-t-on donné le nom de Notre-Dame des arts à l’église paroissiale ?

 

Sources

- Bothineau-Fuchs Yves, Haute-Normandie gothique, collection les Monuments de la France gothique (dir. par Annie Prache), Paris : Ed. A. et J. Picard, 2001, 403 p., ISBN 2-7084-0617-5, voir p. 273 à 277.

- Collectif, " Note de ce qui s’est passé de curieux et de ce qui a été fait dans l'année de chaque trésorier ", in Semaine religieuse du diocèse d’Évreux, n° des 24, 31 août, 14, 21 septembre 1918.

- Deslandes, ?, Recherches historiques sur les reliques de Saint Vigor, évêque de Bayeux, Bayeux : Imprimerie typographique COLAS, rue Royale, 1920.

- Fauroux Marie, " Recueil des actes des ducs de Normandie (911–1066)", in Mémoires de la société des antiquaires de Normandie, tome XXXVI, Caen : Société des antiquaires de Normandie, 1961, 560 p.

- Launay, Armand, " La première église de Pont-de-l’Arche (du IXe au XVe siècles…", in La Fouine magazine n° 6, janvier 2005, chez l'auteur, 2005, 16 p., ISSN 1765-2278.

- Patin, Anita, " Le voleur Delatour nous emmène à Bonport ", in La Dépêche de Louviers. (vers 1992).

- Verdier François, " L’église paroissiale Saint-Vigor de Pont-de-l’Arche ", in Congrès archéologique Evrecin, Lieuvin, Pays d’Ouche, 1980, Paris, 1984.

- Vernier J.-J., Chartes de l’abbaye de Jumièges (v. 825 à 1204) conservées aux archives de la Seine-Inférieure, tome I, Rouen : archives départementales, 1916, 240 p.

 

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:37

 Carte postale de Pont-de-l'Arche (215)

 

Suite au travail de Pierre-Octave Philippe, la paroisse Saint-Vigor de Pont-de-l’Arche changea de nom en 1896. Elle fut nommée Notre-Dame-des-arts, désignant par-là Marie, la mère de Jésus.

Marie est Notre-Dame-des-Arts parce qu’elle est elle-même un chef-d’œuvre vivant, un des plus beaux chefs-d’œuvre de la puissance, de la sagesse, de la bonté de Dieu, et entre toutes les créatures de ce monde, le plus parfait rayonnement de son infinie beauté. C’est ainsi que le prédicateur dominicain Monsabré la décrivait, en 1899, dans l’église paroissiale. Il ajoutait aussi : Que Marie était appelée Notre-Dame des arts parce qu’elle a été la collaboratrice de Dieu dans le plus grand, le plus admirable, le plus inébranlable de ses chefs-d’œuvre : l’homme-Dieu.

Marie, comme son fils Jésus, est un exemple à suivre pour les chrétiens catholiques qui veulent puiser en eux-mêmes une force : celle de se conformer à l’idée qu’ils se font des lois divines. Cet exemple est, en l’occurrence, celui du travail artistique et de l’admiration du beau.

 

Cependant, il est rare qu’une paroisse change de patron. Comment se fait-il que saint Vigor ait été détrôné après tant de siècles ? Qui est à l’origine du nouveau culte archépontain ? En quoi consistait le cérémonial ? et quelle fut sa postérité ? 

Cela n’étonnera pas, une messe était l’élément central de ce culte qui avait lieu en début septembre. L’église était décorée pour l’occasion et un prédicateur offrait sa verve à l’auditoire. Un repas réunissait le clergé après la cérémonie religieuse.

Après la mort de Pierre-Octave Philippe (1907), le culte tomba en désuétude. Il fallut attendre l’arrivée de Maurice Desdouits (curé de 1933 à 1945) pour voir renaître le culte Notre-Dame-des-arts. Ce culte retomba cependant dans les oubliettes à cause de la Seconde Guerre mondiale puis du départ de M. Desdouits.

 

La statue a été depuis retirée du maitre-autel mais la paroisse reste cependant celle de Notre-Dame, les arts par la beauté de l’église attirant toujours les fidèles et les amateurs d’architecture.

De ce culte survit aussi la mémoire du mouvement catholique libéral qui, sous l’autorité de Léon XIII, et à la suite de Lacordaire, restaurateur de l’ordre dominicain en France, n’hésitait pas à réformer le culte et à l’adapter à des questions allant plus droit au cœur des fidèles : la paroisse de Pont-de-l’Arche voulut répondre à la sensibilité artistique. 

Mgr Sueur, évêque d’Évreux, ainsi que le chanoine Pierre-Octave Philippe, curé de Pont-de-l’Arche de 1887 à 1907, sont les instigateurs du nouveau culte Archépontain. Le pape Léon XIII donna son aval et bénit le nouveau sanctuaire. Pierre-Octave Philippe, qui voulait faire de Pont-de-l’Arche une terre d’accueil pour les artistes, participa beaucoup à la restauration de l’église paroissiale. Il était très apprécié de ses paroissiens et des élus locaux.

 

A lire aussi...

Avant 1896, la paroisse Saint-Vigor...

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:36

[Caresme, Anatole], " Le prieuré de Montaure ", 7 p., in Mélanges historiques, ch. XII, Louviers : imprimerie de Mlle HOUSSARD et frère, [document conservé à la] médiathèque de Louviers [sous la cote] inv 9/454.

 

 

Le voyageur que nos omnibus de Louviers emportent rapidement vers Elbeuf, aperçoit bientôt, au sortir de la forêt, la belle tour romane qui sert de clocher à l’église de Montaure. C’est un monument de forme carrée, d’une élévation médiocre, dont la construction remonte aux Anglo-Normands. Debout, depuis sept ou huit siècles, au milieu de celle vaste plaine, l’église jadis priorale de Montaure, doit son existence à un grand malheur domestique, à la juste douleur d’un père, frappé dans ses plus chères affections. Voici ce que nous avons recueilli sur l’origine et l’histoire du prieuré de Montaure. 

 

Dans les premières années du XIe siècle, vivait Odon Stigand Ier du nom, homme noble, riche et puissant, seigneur de Mésidon, des Authieux en Auge et de plusieurs autres terres. Il avait aussi un manoir à Montaurium, nommé depuis Montoire et ensuite Montaure, du latin Mons Aureus, montagne d’or, à cause, sans doute, de sa position sur une éminence et de la fertilité du sol.

        

Pieux et libéral envers les serviteurs de Dieu, le seigneur de Mésidon donna l’église de son domaine de Montaure à l’abbaye de Saint-Ouen de Rouen, où il avait choisi sa sépulture, et Richard II ratifia cette donation en 1018.

  

À ce père si religieux succéda un fils digne de lui, Odon Stigand IIe du nom. D’anciens titres nous disent que ce nouveau seigneur de Montaure fut chambellan des Empereurs Isaac Commène et Constantin Ducas. Il est constant du moins qu’il était maître d’hôtel du jeune duc Guillaume, surnommé depuis le Conquérant. Il eut deux fils, Maurice et Robert. Ce dernier voyagea en Orient et revint en Normandie avec des reliques de l’illustre sainte Barbe. Pour honorer un si précieux trésor, le père de Robert fonda dans sa terre d’Écajeul une collégiale connue sous le nom de Sainte.Barbe-en-Auge. Le pieux et célèbre Guillaume d’Évreux y introduisit plus tard des chanoines réguliers et en fut lui-même le premier prieur.

  

Il paraît qu’Odon Stigand perdit ses deux fils de son vivant, et qu’il ne lui restait qu’une fille, mariée à Rabel, baron de Tancarville. Dans la charte de fondation de Montaure, il nous apprend lui-même : " que se voyant privé de son fils unique, jeune gentilhomme de grande espérance, mort en la fleur de ses ans, il l’avait fait mettre dans la sépulture de son père et de sa mère ; que pour faire prier Dieu pour le repos de leurs âmes, il avait voulu faire l’Église son héritière en lui donnant ses biens. " Au nombre des biens, y mentionnés, se trouve, avec l’église Saint-Étienne-des-Tonneliers, à Rouen, le domaine de Montaure. Les religieux de Saint-Ouen établirent un prieuré à côté de l’église paroissiale, qui déjà leur appartenait. Cette fondation est de l’an 1063. Odon Stigaut survécut peu à cet acte religieux, il succomba sous le poids de sa douleur le 17 novembre 1065. La construction de l’église et de la tour de Montaure suivit de près. Celle-ci est entièrement bâtie dans le style roman du XIe ou XIIe siècle.

 

À partir de cette époque, l’histoire de Montaure et de son prieuré est inconnue. Il nous faudrait les archives de l’abbaye de Saint-Ouen pour savoir ce que devint la fondation du sénéchal de Guillaume le Conquérant. Nous avons pourtant recueilli un certain nombre de faits concernant cette localité qui, pour être plus rares, n’en auront que plus d’intérêt. En l’année 1250, Eude Rigaud, archevêque de Rouen, faisait, en sa qualité de métropolitain, la visite du diocèse d’Évreux. Son curieux. Journal va nous fournir d’intéressants détails sur la situation du prieuré dans le XIIIe siècle.

 

Le 15 mai, le prélat, venant de Daubeuf-la-Campagne, arrive à Montaure, où il est reçu avec sa suite aux dépens du prieuré. " Nous avons, dit-il, fait notre visite ce même jour. Il y a là quatre moines ; mais ils ne sont ordinairement que trois. Tous sont prêtres. Ils se servent de matelas. Quelques-uns ont des peaux de renard. Nous leur avons défendu d’accepter à boire dans le village, même d’y aller, et l’usage des matelas. Ils n’observent pas les jeûnes, nous leur avons ordonné d’observer les jeûnes suivant la Règle. Ils ont 160 livres de revenu. Le prieur ne présente pas des comptes à ses confrères, mais seulement à l’abbé ; nous lui avons enjoint de compter avec ses confrères au moins trois fois l’an. L’aumône est médiocre ; nous avons prescrit de donner plus largement l’aumône aux pauvres. Item, de ne pas sortir la porte de la cour sans la permission du prieur [sic]. Item, que le prieur fournisse à ses inférieurs le vêtement et les chaussures, selon son pouvoir. "

 

Le lendemain 16 mai, le métropolitain quittait Montaure pour se rendre à l’abbaye de Bon-Port.

 

Cinq ans après, l’archevêque de Rouen entreprit de nouveau la visite du diocèse de son suffragant. Le 14 juin 1255, il passait la journée à Gouy près du Port-Saint-Ouen.

 

" Le 15 juin, dit le prélat, nous sommes entrés dans le diocèse d’Évreux et nous avons passé la nuit à Montoire. La somme de la dépense a été de VII livres VII sous III deniers. Le 16 juin nous avons fait notre visite en ce lieu. Ils sont deux moines seulement mais ils doivent être au moins trois. Le prêtre de la paroisse et les moines n’ont pour tous qu’un seul calice. Comme ils n’avaient point d’exemplaire de la Règle, nous leur avons dit de s’en procurer un. Les femmes mangent quelquefois avec eux ; nous leur avons fait défense de permettre doresnavant qu’elles mangent dans leur maison. Quelquefois ils font usage de viandes, nous leur avons ordonné de s’en abstenir, comme le veut la Règle, et de jeûner le vendredi suivant s’ils venaient à y contrevenir, selon ce qui est convenu dans les statuts. Ils ont, en revenus, 160 livres ; mais ils doivent maintenant 30 livres. Item, nous avons recommandé au prieur de compter quelquefois avec son confrère.

 

Le soir, Eude Rigaud passait la nuit à Daubeuf, où les moines de Saint-Ouen avaient également une succursale de leur maison.

 

La visite du diocèse d’Évreux, par le même prélat, recommence en 1258. Il arrive de nouveau par Daubeuf.

 

" Le 26 avril, raconte-t-il, nous avons été hébergés à Montoyre. Le lendemain 27, nous avons procédé à notre visite. Ils étaient trois moines. Il n’existait qu’in seul calice, tant pour les moines que pour le prêtre de la paroisse. Leurs revenus sont de huit vingt livres [sic] et ils en ont acquitté les décimes. Les dettes s’élèvent à L livres environ ; mais on leur doit près de XXX livres. Frère Roger d’Andely était alors prieur du lieu. Nous avons trouvé toutes choses en bon état. La somme de la procuration (frais de réception) a été de IX livres XI sous V deniers. Le même jour, nous avons été logés à la Croix-Saint-Leufroy. "

 

Ce même Journal d’Eude Rigaud annonce une nouvelle apparition de l’archevêque à Montaure, le 7 juillet suivant. Cette fois il y arrive de Bonport, non pour y procéder à une visite rigoureuse, mais pour y célébrer un mariage.

 

" Nous avons, dit-il, marié Guillaume de Preméry, notre panetier, avec Jeanne sa femme, dans le prieuré de Montaure, diocèse d’Évreux, et nous avons passé la nuit à Pont-de-l’Arche. "

 

Le 13 mai 1269, l’infatigable pasteur de la métropole se trouvait de nouveau à Daubeuf.

 

" Dans la même journée, dit l’itinéraire déjà cité, nous avons visité le prieuré de Montoire. Nous y avons trouvé deux moines de Saint-Ouen : ils devraient être trois. Ils n’avaient qu’un calice unique pour la chapelle du manoir et l’église paroissiale ; nous avons commandé d’en avoir un pour la chapelle. Nous leur avons défendu de laisser désormais les femmes entrer dans leur maison, comme c’était arrivé autrefois. – Ils avaient en revenus 250 livres ; ils devaient 80 livres. Ils avaient des provisions pour l’année, outre le vin et l’avoine.

 

En ce jour, nous avons été logés et nourris en ce même lieu. La dépense de la réception a été de... "

 

Au sortir de Montaure, l’archevêque se rendit au prieuré de Bailleul, autre dépendance de l’abbaye de Saint-Ouen, près de Gaillon. C’est tout ce que nous apprend sur Montaure le Registre des Visites Pastorales du célèbre archevêque de Rouen.

 

Un fragment des Chroniques de Saint-Ouen nous fournit le nom d’un prieur de Montaure. Lorsque le célèbre Jean Roussel, dit Marc d’Argent, à qui nous devons la moitié de la magnifique basilique de Saint-Ouen, mourut en son manoir du Bihorel, le mercredi 7 décembre 1339, il avait autour de lui les principaux dignitaires de sa congrégation. Parmi eux figure Guillaume Saoul, prieur de Montaure. Après la mort de l’illustre abbé, ce prieur aida ses confrères à rédiger les lettres-circulaires destinées à annoncer le décès de ce créateur d’un des plus beaux monuments religieux de la Normandie.

 

Dans le même siècle, un autre fait concernant le prieuré de Montaure a été découvert dans les registres de l’Échiquier, par l’auteur de l’Histoire du Parlement de Normandie. Nous copions son récit : 

" En 1397, des écuyers et des bourgeois, firent amende honorable des voies de fait dont il s’étaient rendus coupables envers le prieur et les religieux de Montaure, les injuriant, les frappant avec des bâtons et des épées, brisant enfin les portes du prieuré en y faisant d’incroyables dégâts. C’était, avec cette maison religieuse, avoir insulté la royale abbaye de Saint-Ouen de Rouen, dont le prieuré de Montaure était l’une des succursales, et le roi lui-même, qui avait mis ces religieux en sa sauvegarde. Un jour donc, à Montaure, on vit revenir au prieuré, l’écuyer Ouyvel et ses complices, non plus arrogants cette fois, armés de toutes pièces, et prêts à tout briser, mais " nudz pieds, sans chaperon, sans ceinture, portans et tenans dans leurs mains chascun ung cierge de cire de deux livres pesans. " C’était un jour de fête Notre-Dame, la foire tenant à Montaure. L’affluence était donc grande, et ce jour, sans doute, n’avait pas été choisi sans dessein. Ils s’étaient directement rendus au prieuré. " Là, publiquement, en présence de nombre de gens, ils s’agenouillèrent devant Dom Naguet, prieur, lui amendèrent lesdiz exceds et malélices, lui requérant humblement que il leur pardonnast ; ce qu’il fit. Se relevant alors, on les fit entrer dans l’église du prieuré, y offrir leurs cierges, payer enfin au prieur 200 livres d’amende profitable. Peu de jours après, dans l’église abbatiale de Saint-Ouen de Rouen, eut lieu une scène semblable en  tous points où figuraient les mêmes acteurs. Seulement, l’amende profitable ne fut, cette fois, que de 100 livres tournois. Tout cela s’était fait ainsi  par ordre de l’Échiquier. "

 

De la fin du XIVe siècle nous arrivons sans incidents dignes d’intérêt aux troubles suscités en Normandie par la prétendue réforme. Montaure fut pris pendant lés guerres de religion par un sieur de La Personne, des mains duquel le retira Don Alexis Durand, l’un des titulaires qui administraient l’abbaye de Saint-Ouen, au profit des princes Charles et Louis de Bourbon, comte  de Soissons. En 1630, le prieuré tombait dans les mains du petit neveu d’un sieur Poitevin. Ce dernier n’est autre que Balthazar Poitevin, qui porta le titre d’abbé de Saint-Ouen depuis l’an 1620 jusqu’en 1638. à partir de ce temps il n’y eut plus de religieux au prieuré de Montaure.

 

Au moment où cette fondation pieuse s’éteignait à Montaure, une autre venait la remplacer. Le monastère des Carmes déchaussés du désert de la Garde-Châtel fut fondé par le roi Louis XIV, en 1666. Au nombre des bienfaiteurs de cette nouvelle maison, nous remarquons le conseiller d’État, de La Galissonnière, auteur d’une Recherche de la Noblesse de Normandie, et un autre conseiller d’État, le sieur de Marguerie, qui possédait à Louviers les fiefs de l’Épervier, de Folleville et de Maupertuis.

 

Montaure a vu naître, en 1710, François-Emmanuel Sevestre, poëte latin et français, mort curé de Radepont, en 1788.

 

Au milieu de ce même siècle, le domaine temporel de Montore, comme on écrivait alors, appartenait à la famille Le Cordier de Bigards, dont les aînés sont devenus marquis de La Londe et barons de Bourgtheroulde. – Ecrosville, hameau de Montaure, était un fief possédé par les mêmes seigneurs. Nous avons visité, il y a quelques années, les restes d’un vaste manoir féodal, situé sur le territoire de Montaure. Une cheminée nous a frappé par sa grandeur et sa construction hardie. Ce pourrait bien être les ruines de l’ancien manoir de Blaquetuit, qui a donné son nom à la plaine voisine.

 

Enfin Montaure a eu pour curé dans ces derniers temps, un vicaire de Louviers, moissonné à la fleur de l’âge. Nous voulons parler du pieux et éloquent abbé Bouchard, dont la perte a causé de vifs regrets.

 

 

A lire aussi...

Notre-Dame de Montaure et le prieuré de bénédictins

Diverses vues sur le logis prioral, seul vestige debout de l'ancien prieuré de bénédictins (cliché Armand Launay, été 2013)
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Diverses vues sur le logis prioral, seul vestige debout de l'ancien prieuré de bénédictins (cliché Armand Launay, été 2013)

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:29

Les premiers contacts

 

 PMF.jpg

Article extrait de L’Elbeuvien du 6 août 1932 :

 

"Les Damps. – Fête républicaine.

 

M. Mendès France, député, a été reçu samedi à la Mairie des Damps par la municipalité, une délégation des élèves de l’école communale, la société des Tambours et Clairons et un grand nombre d’habitants. 

Une charmante fillette, Mlle Fernande Milliard dit un compliment au nouveau député et lui remit une superbe gerbe de fleurs qui fut, par la suite, déposée au monuments aux Morts. M. Prémillieux, Maire, souhaita ensuite la bienvenue à M. Mendès France qui lui répondit en faisant l’éloge de la petite Commune, rappelant la belle majorité qu’elle lui avait donné. Devant le monument aux Morts où les enfants déposèrent des gerbes, on observa une minute de silence, puis on se rendit au restaurant Félix-Hublet, où un dîner soigné attendait une quarantaine de convives dans une salle artistement (sic) décorée".

 

Ce document montre l’accueil réservé à Pierre Mendès France dans notre village. Ce jeune avocat venait de se présenter aux élections législatives de 1932 sous l’étiquette du Parti Radical. Or, ces élections n’étaient pas gagnées d’avance pour Pierre Mendès France car il venait de Paris, professait des idées politiques nettement ancrées à gauche et était d’origine juive ce qui déplaisait aux conservateurs et principalement aux ligues d’extrême droite qui lui rendirent sa campagne difficile. Malgré tout, le candidat radical se fit élire avec seulement 232 voix d’avance et ce grâce à l’électorat ouvrier des villes telles que Louviers… La particularité des Damps était la présence depuis de nombreuses années d’une opinion républicaine avancée qui avait élu aux fonctions de Maire M. Prémillieux. 

         Par ailleurs, ces quelques lignes nous apprennent l’existence de la fanfare appelée La société des tambours et clairons montrant, ainsi que la commémoration de la Première Guerre mondiale, l’étendue de l’influence de la chose militaire dans la société française des années 1930. En effet, les tambours et les clairons sont des instruments usuels dans l’armée. 

         Quant au restaurant Félix Hublet dont il est question, il se trouvait en face du pont sur l’Eure, à gauche du bar actuel. Il était tenu par la femme de cet homme qui, lui, assumait les activités agricoles de l’exploitation familiale.

 

 

Les liens privilégiés entre Pierre Mendès France et Les Damps

Bien qu’il soit vrai que Pierre Mendès France ait eu un bon contact avec ses concitoyens en général, nous pouvons tout de même dire que le village des Damps lui était particulièrement cher. Nous avons déjà vu quel accueil notre village lui avait réservé lors de sa première candidature locale, en 1932, où les Dampsois votèrent à 70 % pour le jeune radical (le record de la circonscription !) et l’accueillirent ensuite pour fêter son élection. Pierre Mendès France avait donc ici le soutien de la grande majorité de la population ainsi que celui du Maire, M. Prémillieux, qui présidait le comité républicain de gauche du canton (radical, en fait)… 

C’est ainsi que ces relations se traduisirent par des avancées notables pour notre commune : M. Mendès France aida les ouvriers grévistes à retrouver un emploi et facilita la subvention du premier pont sur l’Eure, par exemple… 

Outre ces aides politiques, la présence de Pierre Mendès France était constante, malgré ses nombreuses responsabilités (Président du Conseil, député, Conseiller général de Pont-de-l’Arche…). Il venait assister et participer aux remises des prix de l’école primaire (M. Roland Lenoir, instituteur et secrétaire de Mairie, était un radical convaincu, ce qui aidait les relations…), aux inaugurations (comme celle de la rue Neuve), aux festivités (dans la salle Kali (Fénoroc))… Mais là où les relations dampsoises furent particulièrement importantes pour notre homme, ce fut lors de l’arrivée des troupes nazies. Pierre Mendès France avait servi dans l’aviation pour lutter contre l’armée nazie et était désormais recherché pour ses convictions démocratiques et ses origines juives. Il se réfugia, quelques temps, aux Damps, avant de gagner l’Angleterre et de participer à faire de la France une nation alliée, auprès de De Gaulle, à Londres.

               Mais il y a une fin à tout, les délibérations du Conseil municipal témoignent, elles aussi, de la disparition de Pierre Mendès France, en septembre 1982 : "A l’ouverture d’une séance (…) une minute de silence a été observée en mémoire du Président Mendès-France, récemment décédé". C’est le dernier clin d’œil dampsois adressé à celui qui fut reconnu comme l’un des plus grands hommes politiques français du siècle dernier. Il fut, quoi qu’il en soit, le plus grand personnage qu’ait connu notre village…

 

 

A lire aussi...

Pierre Mendès France et Pont-de-l'Arche

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:28

Voici un article qui n’a guère de rapport avec l’histoire de Pont-de-l’Arche et de sa proche région. Cependant, j’ai réalisé cette étude dans le cadre de ma formation en bibliothéconomie et les rapports de stage ne sont pas conservés en bibliothèque. Alors je la mets à disposition de celles et ceux qui pourraient en avoir besoin et qui tomberont sur ces quelques phrases au gré de leurs recherches Internet.

Armand LAUNAY, Comment repérer et identifier un fonds de livres issus des confiscations révolutionnaires : le cas du fonds de la bibliothèque de l’abbaye du Valasse conservé à la Bibliothèque municipale du Havre, rapport de stage sous la direction de Dominique Rouet, IUT Information-communication du Havre, 2005, 65 p.                                                                   

Comment localiser et identifier une collection de livres anciens et rares qui se sont retrouvés mélangés à d’autres fonds durant la Révolution ? Cette question, appliquée à la bibliothèque de l’ancienne abbaye cistercienne du Valasse nécessite l’emploi d’outils bibliothéconomiques tels que le registre d’inventaire, les fichiers manuels, les bases de données. De là, nous devons repérer les indices tels que les ex-libris et autres signatures pour prouver l’origine de chaque livre. La priorité est donnée à la méthodologie.

How to locate and identify a stock of old and rare books which were spread during the French revolution? This question, applied to the ancient library of a Cistercian abbey (Le Valasse) which was mixed with another library, require to use librarian tools such as inventory register, card index system, database file. Then, as soon as books are located, we have to define tools like ex-libris and others signatures to proof the origin of every book. Priority is given to methodology. 

 

Le rapport de stage est communicable par e-mail sur simple demande.

 

Signature de Eyron (Commentaria in duodecim prophetas minores, Corneille Van der Steen (cote 1349) :

      dscn0027

Armand Launay

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:27

Les Damps (10)

 

bâtiment


 

 

architecture


 

 

Complément d’information


 

 

Mairie

 

 

 

La mairie des Damps ne cache pas son principal matériau : la briquette rouge. Lorsqu’il est largement employé, celui-ci symbolise l’architecture de la fin du XIXe siècle. La pierre calcaire est le deuxième matériau, issu des ressources locales. La mairie des Damps fut inaugurée en 1879 : son architecture marque le basculement de l’utilisation de la pierre calcaire à la briquette, matériau plus modulable car créé par l’homme. Ce bâtiment accueillit dès ses débuts le logement du secrétaire de mairie qui était aussi l’instituteur communal. L’école se trouvait elle aussi dans ce bâtiment. Le parking actuel recouvre l’ancienne cour de récréation. La destination de mairie peut se lire dans le petit frontispice (triangle) qui se trouve juste en dessous du toit. Le frontispice est un rappel des temples classiques qui renvoient dans notre culture à la civilisation gréco-romaine, berceau de l’idée républicaine. Le toit est couvert d’ardoises, matériau dont la légèreté explique sa faible pente.

 

 

 

La mairie fut construite par la première équipe républicaine qui administra la commune. La commune, créée en 1790, n’avait pas encore de maison commune. Les réunions du Conseil municipal et les archives se trouvaient dans le logement des maires successifs. La mairie marque la volonté des Dampsois de gérer eux-mêmes leur commune. Ils s’opposèrent à quatre projets de réunion de la commune à celle de Pont-de-l’Arche. La commune des Damps était un bastion républicain radical qui accueillit Pierre Mendès France à bras ouverts. La commune vota à 70 % pour lui quand il se présenta aux législatives de 1932 et 1936.

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 17:27

bâtiment


 

architecture


 

Complément d’information


 

« Maison Papeil »

 

 

Cette maison présente les caractéristiques de l’architecture normande locale des XVIIe  et XVIIIe siècles. Ses murs latéraux sont maçonnés en pierre calcaire et en silex. La maison qui nous intéresse présente, de plus, cinq rangs de silex noir qui a vocation de décoration. Des pierres de tailles renforcent les angles et composent un chaînage uniforme qui relie le pignon à la base de la maison. La cheminée prend naturellement appui sur un pignon dont les pierres constituent une protection contre quelque incendie. Le chef de la cheminée n’est pas d’origine (briquette).  

 

 

Les façades sont faites de pans de bois dont une allège (partie située sous la fenêtre du premier étage) en croix de saint-André, motif de décoration courant et élégant. La fenêtre du premier étage recouvre ses dimensions originelles, contrairement à de nombreuses maisons d’époque dont les ouvertures ont été largement agrandies et reportées à d’autres endroits des constructions.  Par exemple ici, les fenêtres qui donnent sur la rue : elles ne tiennent pas du tout compte des lignes de silex. Une lucarne vient éclairer l’intérieur du grenier. Notons que le toit déborde de celle-ci car il permettait d’installer un système de poulie afin de monter le grain depuis le sol au grenier.  

 

 

Les pentes du toit sont raides car elles devaient soutenir la lourdeur causée par la petitesse des tuiles normandes, nombreuses au mètre carré donc. 

 

 

 


 

 P1150698

Armand Launay

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  • : Pont de l'Arche histoire, patrimoine et tourisme
  • : Bienvenue sur ce blog perso consacré à Pont-de-l'Arche et sa région (Normandie, Eure). Contactez-moi afin d'étudier ensemble, plus avant, l'histoire et donc de progresser vers la connaissance. Bonne lecture ! armand.launay@gmail.com
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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au cœur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

- Mieux connaitre Pont-de-l'Arche à travers 150 noms de rues et de lieux ! (Autoédité, 2019, 64 pages). 

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte.

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