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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:01

Extrait du Livre d’or de la commune.

 

"Le 21 octobre 2000 :

            Nous accueillons ce jour le lieutenant Greaves, pilote de la 9e Air Force, qui est venu spécialement de l’Amérique de l’Ouest, province du Montana, pour revoir une région de France qui lui rappelle beaucoup de souvenirs.

            Durant les jours qui précédèrent la Libération de notre région, de nombreux raids aériens furent menés par les alliés pour anéantir les voies de communications et couper la retraite des troupes allemandes, les empêcher de franchir la Seine, dans la mesure du possible.

            Le 23 août 1944, une escadrille américaine de la 9e Air Force s’envola de l’aérodrome de Saint-Lambert, établi en Normandie, pour bombarder le pont de barges établi à Poses, le pont d’Oissel, en cours de réparation, le pont de fer du Manoir, et mitrailler les convois militaires allemands qui cherchaient à emprunter ces ouvrages.

            En fin d’après-midi, les Lockheed P38 (ou célèbres doubles fuselages) attaquèrent des convois allemands qui s’engouffraient sur la route de Léry à Poses. Vers 16 h 30, un avion fut touché par la D.C.A. Son pilote, le lieutenant Greaves, s’éjecta et se posa dans une prairie à flanc de coteau, au dessus d’une route bondée d’Allemands qui s’empressèrent de la capturer. Son avion s’écrasa à la verticale dans la forêt des Damps.

            Prisonnier, il fut emmené de l’autre côté de la Seine mais, reprenant ses esprits, il s’échappa dans la nuit et fut recueilli par de sympathiques bûcherons qui le menèrent vers de bons Français, ici présents.

            56 ans après, M. Greaves est revenu parmi nous, désirant se remémorer ces événements qui furent une étape importante de sa vie." 

 

Lockheed-p-38.jpg

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:00
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Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:00

"Monsieur le lieutenant général de police de la bailliage et vicomté du pont de l’arche.

 

Je vous remontre que les habitants de la paroisse de pose donne journellement à leur curé la preuve de leurs immodesties, tant dans l’église ; qu’en causant du scandale, festes et dimanche, en (…) à boire dans les cabarets pendant la grande messe et les vèpres ; jouant sur les places à la boule : ces abus et scandals ne proviennent que du fait des cabaretiers parce que s’ils ne leur donnoient à boire pendant l’office les jeux ne le trouverroient point remplis pendant la grande Messe, vêpres et salut ; à peine de cinquante livres d’amande que deffenses seront pareillement faites aux cabaretiers, taverniers, vendant cidre, poiré, vin, eaux de vie et autres liqueurs, de donner à manger, ni à boire à aucune personne pendant la grande messe, vepres et salut à peine de cent livres d’amende pour la premiere fois et de plus grande peine en cas de recidive, faire pareillement deffense a toute personne de travailler dans les champs les fêtes et dimanches, notamment pendant le Service Divin sans auparavant en avoir demandé la permission au dit Sieur Curé dans les cas urgents ; à peine de cinquante livres d’amande le tout conformément aux arrets et reglements de la Cour ; et pour les habitants de cette paroisse font plus les jours de fêtes quoi qu’il n’y ait aucunement apparence de mauvais temps, travaillent sans demander la permission au Sieur curé ; il est provisoire de remedier a de pareils scandals et abus prohibés par les ordonnances de la Cour, par quoi nous avons l’honneur de vous presenter notre réquisitoire ;

Requerons pour le Roy que deffenses soient faites a toutes personnes de la paroisse de pose d’assister aux offices avec immodestie, à boire dans les cabarets, ny jouer à la boule et cartes et autres jeux dans les places publiques et maisons pour que personne n’ignore de la sentence à intervenir elle sera imprimée, luë, publiée ; et affichée, tant à l’église qu’aux places publiques de Pose et notamment contre les maisons des aubergistes : deffenses seroient faittes à toutes personnes d’arracher les placards, à peine d’être poursuivi suivant la rigueur des ordonnances et vous ferez justice".

 

Réponse du substitut du Bailli de Pont-de-l’Arche, Sansom 

"Vu le réquisitoire et sur quoy faisant état, nous avons ordonné que les (…) arret et reglement de police seront exécutés"…

 

Commentaires…

Cette requête est tout à fait rigolote : nous avons-là un curé qui pleure son impuissance auprès du bailli… et comment ! Le curé de Poses se plaint de tout : les bruits pendant la messe, l’alcoolisme et les festivités, les jeux de cartes et de boules, mais aussi les cas où les paroissiens travaillent le dimanche au lieu d’aller à la messe… Et ce n’est pas tout, il semble, selon le curé, que des paroissiens aient fait des "scandals" durant la messe, visiblement à cause de l’alcool, ce qui dût évidemment déclencher sa fureur… Et le religieux ne fait pas dans la mesure : il dicte aux autorités du bailli de Pont-de-l’Arche quelles peines doivent être appliquées, selon son bon désir, et avoue son incapacité à faire entendre ses réclamations en interdisant aux paroissiens d’arracher les textes affichés sur les murs…

Plus risible encore, le curé ne se plaint pas que des abus et des festivités, c’est l’incroyance en général qui l’insupporte : tous les paroissiens seront, à sa demande, obligés d’assister aux offices sobrement et tous les dimanches encore !

Ce texte a donc l’avantage de remettre en cause un cliché selon lequel les gens auraient été pieux sous l’Ancien Régime avant de prendre des distances vis à vis de la religion après la Révolution. Si elles n’étaient pas athées, nombre de personnes étaient déjà largement autonomes dans le choix de leurs croyances. Le village fluvial de Poses, drainant des mariniers, réputés pour ne pas cracher sur la boisson, et l’état de rage du curé, grossissent et exagèrent certainement le quotidien, mais ce n’est qu’une traduction du mouvement d’individualisation des consciences que l’on voit ici.

Allez, pour finir en ironisant encore un peu : devant une telle requête, le bailli de Pont-de-l’Arche n’a pas voulu vexer notre bon curé et lui a tout simplement répondu ce qu’il voulait entendre. Il reprit alors les termes de la condamnation du curé, pourtant farfelus et tout à fait inapplicables, comme pour lui dire poliment : cause toujours tu m’intéresses !

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:59

Lorsqu'on quitte Pont-de-l'Arche pour aller à Igoville ou Rouen, on emprunte une route (D6015) qui repose sur des arches que l'on découvre au bout de quelques années, quelques mois pour les plus observateurs : ce sont les arches du Diguet.

On se demande pourquoi on a construit des arches au lieu de fondations en terre, tout simplement. Retour en arrière sur l'histoire de ces énigmatiques arches...

 

DSCF3763


Lors de la création des fortifications militaires dont est issue la ville de Pont-de-l'Arche (IXe siècle), la voie principale reliait les antiques voies romaines par les stations que sont Caudebec-lès-Elbeuf et Fleury-sur-Andelle (en passant par Le Manoir, par l'ancienne route). Le premier document qui mentionne une voie allant de Pont-de-l'Arche au port d'Oissel date du XIIIe siècle (Charpillon & Caresme : article "Pont-de-l'Arche). Elle raccourcissait donc le chemin de halage entre Vernon et Rouen. Si une route qui traverse la vallée entre Pont-de-l'Arche et Alizay-Igoville dépasse l'intérêt strictement local, on peut donc imaginer que les arches remontent au moins à cette période.  

Quant au nom, il est attesté en 1596 où des travaux de charpente furent entrepris à "l’arche du Diguet" sur le pont de Pont-de-l’Arche par Geofroy Gigault, maitre charpentier de Rouen (d'après Charpillon & Caresme). Selon toute vraisemblance, ce pont reliait la rive droite de la Seine (côté Igoville) au fort de Limaie (là où se trouvent actuellement la station-essence et l'auberge du Pressoir).

 

Nous retrouvons ensuite une représentation de ces arches dans l'atlas de Daniel-Charles Trudaine , intendant des finances et directeur des Ponts et chaussées. La portion de Pont-de-l'Arche fut établie par  Jean-Prosper Mariaval (fils) vers 1759. Dans la reproduction ci-dessous, on les voit symbolisées par des ruptures sur la voie reliant Pont-de-l'Arche à Igoville.

 

Trudaine--pour-le-Diguet-.JPG


En 1834, une délibération du Conseil municipal de Pont-de-l'Arche se fait l'écho du pont du Diguet. Les élus souhaitent qu'il soit démolli "tant il est vétuste et en ruines". Le gouvernement projette de remplir la chaussée sans arches. Les habitants d’Alizay s’y opposent car ils ont peur que "cela décuple les effets des inondations". En effet, jusqu’alors, les eaux s’échappaient toujours par les arches de ce pont. Les élus de Pont-de-l'Arche souhaitent qu'une étude soit menée afin de vérifier la pertinence de maintenir des arches en ce lieu.

En décembre 1834, les élus ont un rapport en main. La Seine déborde à 14 pieds d’eau. A 16 pieds, les eaux coulent sous les trois arches du sud du Diguet, qui désigne désormais toute la partie centrale de la vallée, là où passe la route. A 17 pieds, elles coulent sous l’arche la plus au sud, la plus proche de la ville de Pont-de-l'Arche. A 18 pieds, elles coulent aussi sous l’arche la plus au nord, côté Igoville. L’arche du Diguet est donc dans la partie la plus basse de la vallée, la plus utile à l’écoulement des eaux. Elle a connu une ou deux inondations en dix ans. Le rapport note même qu'en 1783, 1789 et 1793, toutes les arches ne suffisaient pas à l’écoulement des eaux et plusieurs membres du Conseil se souviennent être allés à Alizay en barque. Une partie des habitations d’Alizay étaient inondées.
 

 

Quand la Seine glace, les arches du grand pont de Pont-de-l’Arche glacent les premières (elles sont plus petites). Les eaux débordent vers le nord et charrient de grands blocs de glace qui passent sous les arches du Diguet. La débâcle arrive souvent avec la marée et le vent d’ouest évidemment.

En 1838, il est acquis que le futur pont du Diguet aura deux arches. Si nous n'avons pas la date de construction, on peut être sûr qu'elle a eu lieu quelques années après.

La crue 1910 a laissé des traces sous les arches du Diguet. Deux niveaux des eaux ont été gravés sur des arches.

Cependant, depuis la démollition du barrage de Saint-Aubin-lès-Elbeuf en 1934, les eaux de Seine ont largement baissé jusqu'au barrage de Poses. C'est ainsi que la plaine alluviale d'Alizay-Igoville n'a plus été inondée et que les témoignages oraux ne peuvent plus attester l'utilité de nos vieilles arches du Diguet.

Pour l'anecdote, l'arche la plus accessible est située sur la rue de la gare, à Alizay... bien qu'elle soit à moitié enterrée par le talus de la nouvelle voie.

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal de Pont-de-l'Arche

 

A voir aussi...

Le vitrail du halage ou Pont-de-l'Arche étape fluviale de Sein avant 1813

Les grands travaux de la Seine dans la région de Pont-de-l'Arche dans les années 1930

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:58

La rue André-Antoine en deux photos !

1910
Andre-Antoine-en-1910

2008
Andre-Antoine-en-2008


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La réclame est bien présente sur les murs de plâtre de la mercerie "À la ville de Pont-de-l’Arche".

Un enfant au milieu de la rue joue avec un cerclage en fer pour tonneau en guise de cerceau, un des célèbres jeux en vogue au début du XXe siècle.
La vitrine du café-tabac expose des cartes postales, justement !
Le changement le plus frappant est l’irruption de l’automobile et la protection des piétons par rapport à ce danger. Pour contrecarrer la prédominance de la voiture, la municipalité de Paulette Lecureux (1989-2001) décida de réhabiliter le pavé pour redonner à la ville son charme du temps où la marche à pied tenait le haut du pavé…
C’est en 1945 que la rue de l’église prit le nom d’André Antoine. Les élus décidèrent d’honorer la mémoire du jeune martyr résistant. Il adhéra très tôt au Front national (mouvement de tendance communiste sans lien avec l’extrême-droite donc) où il fut promu au grade de lieutenant colonel dans la région de Bernay. En juillet 1943 il adhéra au réseau appelé Résistance et en devint le chef régional. Malheureusement, André Antoine fut démasqué par l’occupant nazi en janvier 1944. Torturé par la Gestapo à Rouen, il ne donna aucun nom de résistant à ses bourreaux.

Publié dans Pont-de-l'Arche magazine n° 1 (automne 2008).

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:58

La rue Alphonse-Samain en 2 photos !

1910
Alphonse-Samain--1-

2009
DSCF4241


La rue Alphonse-Samain s’appelait encore « rue du Pont » en 1945. C’est par elle que l’on pouvait accéder aux ponts du Moyen Âge et de la Renaissance. On imagine aisément les voyageurs passer sous une voûte d’entrée avec herse au bout de la rue (dernières maisons de photo de 1910). Ce n’est qu’en 1856 que la porte médiévale fut rasée. Elle fut démolie en même temps que l’ancien pont et laissa place à un ouvrage moderne qui était encore debout en 1910 et que l’on voit sur la photo.


Sur cette même photo on voit la maison du coiffeur Gouyé, maison du XVIe siècle qui fut démolie dans les années 1920.

Quant au nom de la rue ? Alphonse Samain est un huissier archépontain né le 13 août 1881. Il fut élu conseiller municipal en 1919. Durant la Seconde Guerre mondiale, il était membre de la Résistance (Forces françaises de l’Intérieur) et était  connu sous le nom de code « Victoire ». Il fut victime de l’armée allemande. Alors que celle-ci fuyait l’avancée des forces alliées, une arme leur fut volée. Déjà bien effrayés, ils décidèrent de se venger – bien arbitrairement – et mitraillèrent Alphonse Samain alors qu’il se trouvait à sa fenêtre, rue Maurice-Delamare, le 24 août 1944. Le nom de l’ancien huissier fut donné à la rue lors du Conseil municipal du 22 janvier 1945 présidé par le socialiste Raymond Rohée.  


Publié dans Pont-de-l'Arche magazine n° 2 (hiver 2009)

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:57

Oui, et si c’était vous qui faisiez découvrir l’abbaye de Bonport ? Après une balade dans le centre ville de Pont-de-l’Arche, vous pourriez emprunter le sentier qui longe l’Eure depuis le pont d’Arromanches vers l’entrée de l’ancienne abbaye. Le site de l’abbaye est privé mais les berges sont publiques.

Les parties les plus anciennes de Bonport sont très sobres. Bâties et sculptées avec de la pierre calcaire de Vernon, les salles vous présentent l’architecture typique des abbayes de l’odre de Cîteaux (du nom de l’abbaye qui définit les règles de vie des moines cisterciens). Elles sentent bon le XIIIe siècle avec des croisées d’ogives régulières, des ouvertures fines et hautes (les « lancettes »), de petites colonnes aux décorations très sobres. C’est ce que vous retrouverez dans le réfectoire, la cave, la cuisine.

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Au XVIe siècle, les rois de France s’autorisèrent à désigner les abbés. Ils placèrent à la tête des abbayes les fils de grandes familles aristocrates. Les abbés, furent de moins en moins des religieux mais des propriétaires qui s’enrichissaient des gains agricoles réalisés par les moines. Ces nouveaux propriétaires apportèrent avec eux le confort. C’est pourquoi une partie de Bonport ressemble à un château et non à une abbaye de moines vivant dans le dénuement. Ainsi vous verrez des boiseries finement sculptées, des parquets luxueux et des cheminées nombreuses (apportant donc un chauffage presque inconnu des moines du Moyen Âge). Même les grandes fenêtres de la Renaissance tranchent par leur grandeur et la luminosité qu’elles apportent. Il est loin le Moyen Âge et ses toutes petites fenêtres !

Cependant, les abbayes ont décliné. Six moines travaillaient encore en 1789 lorsque les députés révolutionnaires décidèrent que les biens possédés par le Vatican (l’église catholique) deviendraient désormais des biens du peuple de France. Les moines de Bonport furent chassés ce qui ne fit qu’accélérer la fin de l’abbaye. Les députés vendirent les anciennes propriétés religieuses pour financer les frais courants de l’Etat (il n’y avait plus d’impôts depuis 1789). C’est Alexandre de la Folie, maire de Criquebeuf, qui racheta Bonport et qui vendit une partie des pierres de l’abbaye. Il fit démonter l’église, l’hospice et le cloître afin d’en vendre les pierres. L’ancien noble concentra ses efforts sur les parties les mieux conservées. C’est ainsi que, visiteurs, vous trouverez à l’état de ruine l’ancienne église et le cloître…

Dernière anecdote pour épater vos amis : pourquoi le nom de Bonport ? Depuis Le Batelier d’Aviron, chroniqueur de la Renaissance, la tradition veut que le « bon port » désigne le sauvetage par la Vierge-Marie du fondateur de l’abbaye, Richard Cœur de Lion. En effet Richard, duc de Normandie et roi d’Angleterre, plongea dans les eaux de Seine afin de chasser un cerf. Alors qu’il failli se noyer, il pria la Vierge-Marie de l’amener sur la berge. Il revint sur la rive et fit bâtir l’abbaye du bon port afin de remercier l’aide du ciel… Cette histoire, peu flatteuse pour Richard Cœur de Lion, ressemble plus à un jeu de mots qu’à une explication. En effet, les armes de l’abbaye montrent la naissance du Christ ce qui nous fait dire que le bon port désigne, dans l’esprit des moines, la venue du Christ parmi les hommes…  

 

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Horaires : 
Ouvert samedi et dimanche du 1er avril au 30 juin et du 1er septembre au 31 septembre.
Ouvert tous les jours entre le 1er juillet et le 31 août. Entrée payante.
Renseignements au 02 35 23 27 62.

Publié dans Pont-de-l'Arche magazine n° 3 (printemps 2009)

Armand Launay

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:57

Pont-de-l’Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle

En décembre 2009, la mairie de Pont-de-l’Arche a édité mon 3e livre ! Un ouvrage de 52 pages très illustré qui traite de tous les aspects du travail du chausson et de la chaussure dans la région de Pont-de-l’Arche depuis le XVIIIe siècle. De larges passages concernent évidemment Saint-Pierre-du-Vauvray. 


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Version numérique en cliquant sur l'image 


Thèmes abordés

Artisanat et cordonnerie

Division des tâches de travail, 1ers ateliers et mécanisation

Evolution des transports

Modes de vies quotidiens des ouvriers

Loisirs et culture des ouvriers (fête Sainte-Anne, théâtre, fanfare, culte catholique…)

Architecture des usines, maisons bourgeoises et quartiers ouvriers

Mouvements de grève et lutte d’Octave Mirbeau en faveur des chaussonniers…

Marketing et rôle des commerciaux

Historique des plus grandes entreprises et de quelques entreprises de taille moyenne

Mondialisation des échanges

 


Extrait de la 4e page de couverture :

Pont-de-l’Arche est une ville de patrimoine. Il suffit de se promener dans ses ruelles pour s’en convaincre ! On se balade dans le Moyen Âge et la Renaissance au gré des façades à pans de bois et des vestiges de remparts.

Mais sait-on que notre cité recèle aussi un riche patrimoine industriel ? Depuis le XVIIIe siècle, Pont-de-l’Arche et quelques communes alentours ont constitué un pôle régional de fabrication de chaussons et de chaussures.

Des premiers chaussons cousus avec des chutes de draps aux grandes industries modernes du XXe siècle, comment la région de Pont-de-l’Arche a-t-elle acquis une réputation au-delà de la Normandie ? Quelle dynamique a permis à une vingtaine de manufactures de coexister durant de nombreuses décennies dans la même région ?

Vous le saurez en parcourant cet ouvrage très illustré, fruit de plusieurs années de recherches. 


Comment se procurer le livre ?

Chaque foyer archépontain recevra un coupon dans sa boîte aux lettres début décembre afin de venir chercher un exemplaire gratuit du livre en mairie. C’est un cadeau de fin d’année !

Pour les autres personnes, ou pour les Archépontains qui souhaiteraient acquérir d’autres exemplaires, le livre sera vendu 12 € en mairie + frais de port éventuellement (de préférence contre un chèque à l’ordre du Trésor public). A l'accueil de la mairie à partir du 14 décembre.

Les droits d’auteurs (3 €) sont intégralement reversés au Centre communal d’action sociale à chaque vente de livre.


Version numérique depuis janvier 2013

Depuis janvier 2013, conformément à l'accord signé avec la Ville de Pont-de-l'Arche, une seconde édition numérique a été diffusée sur Issuu. 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:55

Le Nigard est un nom qui désigne, dans les cartes d’état major, l’espace de terre situé en face du Super U, à gauche de la route-départementale 6015 dans le sens Evreux-Rouen.
Une carte postale du début du XXe siècle montre un Nigard tout à fait différent de celui que l’on connaît de nos jours qui est tout plat… et tout sec ! 
La carte postale nous montre un plan d’eau plutôt calme qui donne vie à une nature généreuse qui devait ravir les pêcheurs, sinon comment expliquer que cette carte fut éditée par la papeterie de la veuve Canuel (Pont-de-l'Arche).

 

PA-le-Nigard


Que signifie ce nom populaire, Nigard ? Peut-être vient-il du nom de famille de la personne qui habitait le plus près d’ici. Nous ne savons pas.

En fait, le Nigard était un reste de bras de Seine comme on en voit encore à Freneuse. Il était relié au cours principal de la Seine il y a quelques siècles grâce à un bras de Seine qui partait de Pîtres en passant par le château de Rouville (et qui rejoignait les bras de Freneuse). Cet ancien bras alimentait les fossés du château et nous avons échafaudé la théorie que le château de Rouville existait peut-être déjà du temps de la construction du pont de Pont-de-l’Arche par Charles le Chauve, entre 862 et 869.
Au début du XXe siècle, des eaux stagnaient dans cet espace sauf en période de crues où la Seine occupait tout le fond de la vallée, d’où l’existence des arches du Diguet

Pourquoi le Nigard a-t-il définitivement disparu ? Nous verrons dans un prochain article que l’érosion naturelle n’est pas la seule cause, loin de là…

 

Armand Launay

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:54

La Seine jusqu’au XIXe siècle…

De nos jours la Seine est un fleuve facilement navigable. Aucun banc de sable n’apparait à la surface et les berges sont presque toutes contenues. Le lit est profond et le courant modéré en dehors des périodes d’inondation. Mais cette situation n’existe que depuis le XIXe siècle. Auparavant, la Seine était moins profonde et bien plus large. Elle devait ressembler à la Loire de nos jours avec un débit plus fort.

Depuis des siècles, la navigation autour de Pont-de-l'Arche était rendue difficile à cause des pertuis de Martot et de Poses où la Seine perdait de l’altitude. Alors, pour franchir ces passages, on recourait au halage des bateaux (tirés à l’aide de cordes depuis les berges), tout comme on le faisait sous les ponts de Vernon et de Pont-de-l’Arche, par exemple, ou encore tout du long du parcours aval-amont. Mais ces pratiques étaient lentes, à la fin du XVIIIe siècle, il fallait deux jours à un bateau chargé pour aller d’Elbeuf à Porte-Joie !

A la différence de la Loire, la Seine participa directement à la naissance et à la prospérité de Paris, ce que qui lui valut une grande attention des autorités. Avec le développement des connaissances techniques, on bâtit des barrages munis d’écluses en travers de la Seine (Saint-Aubin-lès-Elbeuf, Poses, Courcelles…) pour sécuriser la navigation malgré la perte d’altitude du fleuve.

 

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Le barrage de Martot, dans l'alignement des écluses de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, fut détruit en 1938 pour faciliter la navigation fluviale.



Les grands travaux de 1934-1938

Reconnus d’utilité publique dès 1929 par ministère des Travaux publics, les chantiers qui nous intéressent débutèrent en 1934 sous la conduite de l'ingénieur en chef des Ponts & chaussées, Monsieur Parmentier. Avant de détruire le barrage de Martot et de désaffecter les écluses de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, il fallut faire disparaitre la différence d’altitude du lit du fleuve avant et après le barrage. Un vaste travail de dragage du lit de la Seine fut entrepris entre Saint-Aubin-lès-Elbeuf et Poses. De nombreuses berges furent endiguées pour limiter l’érosion qui enrichissait depuis toujours les bancs de sable et de vase, donnant naissance à des ilots. Le lit de la Seine fut dragué et passa de 3,81 mètres à 2,3 mètres d'altitude. La terre issue du dragage fut jetée sur les iles de Seine situées entre Les Damps et Martot. Le barrage de Saint-Aubin-lès-Elbeuf fut détruit en octobre 1938. La baisse du lit de la Seine explique, depuis ce temps, l’impressionnante chute d’eau observée au barrage de Poses et l'assèchement de la plaine d’Alizay et d’Igoville (dont le Nigard) ce qui rendit inutiles les arches du Diguet


La problématique du niveau de l'eau

La baisse de niveau des eaux de Seine posait un problème de taille : l’Eure et les bras de Seine longeant les berges depuis Les Damps à Martot allaient se retrouver surélevés et donc asséchés le plus clair de l'année. Ceci poserait problème à l'alimentation des nappes phréatiques et donc à la vie quotidienne des habitants et des nombreux maraichers de la région. C'est pourquoi les Ponts & chaussées décidèrent d'assurer un niveau minimum des eaux de l'Eure et des bras de Seine. Les terres issues du dragage de la Seine servirent à réunir les iles entre Les Damps et Martot afin de séparer un bras de Seine du cours principal. Le plus gros travail fut réalisé en face des Damps où se trouvait le confluent entre l'Eure et la Seine. Celui-ci fut entièrement comblé. Les iles entre Les Damps et Pont-de-l'Arche furent réunies et prirent le nom d'ile Saint-Pierre, une presqu'ile en fait. En face de Pont-de-l'Arche, cette presqu'ile fut endiguée. En aval, un petit barrage fut dressé à Martot pour retenir les eaux du bras de Seine accueillant désormais les eaux de l’Eure. La rivière a ainsi gagné dix kilomètres faisant désormais 228,5 km de long. Pour limiter la pression sur le barrage de Martot, un déversoir fut créé face à Pont-de-l'Arche pour écouler les hautes eaux de l'Eure. Depuis ce temps, l'Eure échappe à la marée sauf en période de crue. Pour ne pas tuer la navigation sur l'Eure, déjà réduite en ce temps, une porte marinière fut créée face à Pont-de-l’Arche. Deux petits ponts furent jetés sur l'Eure aux Damps (1935) et à Criquebeuf afin de charger les péniches sur la Seine (notamment du bois de la forêt de Bord). 

 

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Le déversoir de Pont-de-l'Arche (photo de Nicole Grillié) date des grands travaux des années 1930. Il assure un niveau minimum des eaux de l'Eure. Il fut endommagé par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. 


L’Eure témoigne donc du niveau de la Seine après la création du barrage de Martot (1864). Cependant, le barrage de Martot céda sur 25 mètres de long en juillet 1938, comme il l'avait déjà fait en 1929. Le fleuve retrouva son niveau d'avant 1864 et perdit jusqu'à 3,4 mètres d'altitude par moment et par endroit. L'Eure était à sec et les nappes phréatiques furent mal alimentées. La population se plaignit auprès des autorités de l'assèchement des puits. Le maire de Pont-de-l'Arche Raoul Sergent prit donc l'initiative de créer un syndicat intercommunal le 17 juillet 1939 afin de trouver une solution au problème des eaux. L'actuel barrage de Martot est la solution au maintien du niveau des eaux de l'Eure.  

Notons enfin que ces travaux, ayant pour objectif d’accroitre le tirant d’eau des péniches, ont été accompagnés de grands travaux au pont de Pont-de-l’Arche. Les arches sur la Seine furent élargies entre 1931 et 1935 par une entreprise allemande. Ironie de l’histoire, c’est le génie français et anglais qui fit sauter ce pont devant les panzers de Rommel le 9 juin 1940.

 

Vue-aerienne-de-l-ancien-pont

De 1931 à 1935, les arches du pont de Pont-de-l'Arche (bâti en 1857) furent remplacées par deux seules arches, au-dessus du cours princpal de la Seine, afin de faciliter le passage de remorqueurs au tirant d'eau toujours croissant.

 

Sources

Dauphin R., "La force motrice, l'usage et le régime des eaux dans la basse vallée d'Eure", Les Eaux et forêts en Normandie, actes du VIIIe congrès des sociétés historiques et archéologiques en Haute-Normandie, Lyons-la-forêt, du 3 au 7 octobre 1973, 168 pages.

Launay A., L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche, Condé-sur-Noireau : Charles-Corlet, 2007, 248 pages. 

L'Industriel de Louviers

 

 

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L'origine du nom de l'Eure

Le vitrail du halage ou Pont-de-l'Arche étape fluviale de Seine avant 1813 

 

Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...