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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:00
Chardon-L-ry

Armand Launay

Pont-de-l'Arche ma ville

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 18:00

"Monsieur le lieutenant général de police de la bailliage et vicomté du pont de l’arche.

 

Je vous remontre que les habitants de la paroisse de pose donne journellement à leur curé la preuve de leurs immodesties, tant dans l’église ; qu’en causant du scandale, festes et dimanche, en (…) à boire dans les cabarets pendant la grande messe et les vèpres ; jouant sur les places à la boule : ces abus et scandals ne proviennent que du fait des cabaretiers parce que s’ils ne leur donnoient à boire pendant l’office les jeux ne le trouverroient point remplis pendant la grande Messe, vêpres et salut ; à peine de cinquante livres d’amande que deffenses seront pareillement faites aux cabaretiers, taverniers, vendant cidre, poiré, vin, eaux de vie et autres liqueurs, de donner à manger, ni à boire à aucune personne pendant la grande messe, vepres et salut à peine de cent livres d’amende pour la premiere fois et de plus grande peine en cas de recidive, faire pareillement deffense a toute personne de travailler dans les champs les fêtes et dimanches, notamment pendant le Service Divin sans auparavant en avoir demandé la permission au dit Sieur Curé dans les cas urgents ; à peine de cinquante livres d’amande le tout conformément aux arrets et reglements de la Cour ; et pour les habitants de cette paroisse font plus les jours de fêtes quoi qu’il n’y ait aucunement apparence de mauvais temps, travaillent sans demander la permission au Sieur curé ; il est provisoire de remedier a de pareils scandals et abus prohibés par les ordonnances de la Cour, par quoi nous avons l’honneur de vous presenter notre réquisitoire ;

Requerons pour le Roy que deffenses soient faites a toutes personnes de la paroisse de pose d’assister aux offices avec immodestie, à boire dans les cabarets, ny jouer à la boule et cartes et autres jeux dans les places publiques et maisons pour que personne n’ignore de la sentence à intervenir elle sera imprimée, luë, publiée ; et affichée, tant à l’église qu’aux places publiques de Pose et notamment contre les maisons des aubergistes : deffenses seroient faittes à toutes personnes d’arracher les placards, à peine d’être poursuivi suivant la rigueur des ordonnances et vous ferez justice".

 

Réponse du substitut du Bailli de Pont-de-l’Arche, Sansom 

"Vu le réquisitoire et sur quoy faisant état, nous avons ordonné que les (…) arret et reglement de police seront exécutés"…

 

Commentaires…

Cette requête est tout à fait rigolote : nous avons-là un curé qui pleure son impuissance auprès du bailli… et comment ! Le curé de Poses se plaint de tout : les bruits pendant la messe, l’alcoolisme et les festivités, les jeux de cartes et de boules, mais aussi les cas où les paroissiens travaillent le dimanche au lieu d’aller à la messe… Et ce n’est pas tout, il semble, selon le curé, que des paroissiens aient fait des "scandals" durant la messe, visiblement à cause de l’alcool, ce qui dût évidemment déclencher sa fureur… Et le religieux ne fait pas dans la mesure : il dicte aux autorités du bailli de Pont-de-l’Arche quelles peines doivent être appliquées, selon son bon désir, et avoue son incapacité à faire entendre ses réclamations en interdisant aux paroissiens d’arracher les textes affichés sur les murs…

Plus risible encore, le curé ne se plaint pas que des abus et des festivités, c’est l’incroyance en général qui l’insupporte : tous les paroissiens seront, à sa demande, obligés d’assister aux offices sobrement et tous les dimanches encore !

Ce texte a donc l’avantage de remettre en cause un cliché selon lequel les gens auraient été pieux sous l’Ancien Régime avant de prendre des distances vis à vis de la religion après la Révolution. Si elles n’étaient pas athées, nombre de personnes étaient déjà largement autonomes dans le choix de leurs croyances. Le village fluvial de Poses, drainant des mariniers, réputés pour ne pas cracher sur la boisson, et l’état de rage du curé, grossissent et exagèrent certainement le quotidien, mais ce n’est qu’une traduction du mouvement d’individualisation des consciences que l’on voit ici.

Allez, pour finir en ironisant encore un peu : devant une telle requête, le bailli de Pont-de-l’Arche n’a pas voulu vexer notre bon curé et lui a tout simplement répondu ce qu’il voulait entendre. Il reprit alors les termes de la condamnation du curé, pourtant farfelus et tout à fait inapplicables, comme pour lui dire poliment : cause toujours tu m’intéresses !

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:59

Lorsqu'on quitte Pont-de-l'Arche pour aller à Igoville ou Rouen, on emprunte une route (D6015) qui repose sur des arches que l'on découvre au bout de quelques années, quelques mois pour les plus observateurs : ce sont les arches du Diguet.

On se demande pourquoi on a construit des arches au lieu de fondations en terre, tout simplement. Retour en arrière sur l'histoire de ces énigmatiques arches...

 

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Lors de la création des fortifications militaires dont est issue la ville de Pont-de-l'Arche (IXe siècle), la voie principale reliait les antiques voies romaines par les stations que sont Caudebec-lès-Elbeuf et Fleury-sur-Andelle (en passant par Le Manoir, par l'ancienne route). Le premier document qui mentionne une voie allant de Pont-de-l'Arche au port d'Oissel date du XIIIe siècle (Charpillon & Caresme : article "Pont-de-l'Arche). Elle raccourcissait donc le chemin de halage entre Vernon et Rouen. Si une route qui traverse la vallée entre Pont-de-l'Arche et Alizay-Igoville dépasse l'intérêt strictement local, on peut donc imaginer que les arches remontent au moins à cette période.  

Quant au nom, il est attesté en 1596 où des travaux de charpente furent entrepris à "l’arche du Diguet" sur le pont de Pont-de-l’Arche par Geofroy Gigault, maitre charpentier de Rouen (d'après Charpillon & Caresme). Selon toute vraisemblance, ce pont reliait la rive droite de la Seine (côté Igoville) au fort de Limaie (là où se trouvent actuellement la station-essence et l'auberge du Pressoir).

 

Nous retrouvons ensuite une représentation de ces arches dans l'atlas de Daniel-Charles Trudaine , intendant des finances et directeur des Ponts et chaussées. La portion de Pont-de-l'Arche fut établie par  Jean-Prosper Mariaval (fils) vers 1759. Dans la reproduction ci-dessous, on les voit symbolisées par des ruptures sur la voie reliant Pont-de-l'Arche à Igoville.

 

Trudaine--pour-le-Diguet-.JPG


En 1834, une délibération du Conseil municipal de Pont-de-l'Arche se fait l'écho du pont du Diguet. Les élus souhaitent qu'il soit démolli "tant il est vétuste et en ruines". Le gouvernement projette de remplir la chaussée sans arches. Les habitants d’Alizay s’y opposent car ils ont peur que "cela décuple les effets des inondations". En effet, jusqu’alors, les eaux s’échappaient toujours par les arches de ce pont. Les élus de Pont-de-l'Arche souhaitent qu'une étude soit menée afin de vérifier la pertinence de maintenir des arches en ce lieu.

En décembre 1834, les élus ont un rapport en main. La Seine déborde à 14 pieds d’eau. A 16 pieds, les eaux coulent sous les trois arches du sud du Diguet, qui désigne désormais toute la partie centrale de la vallée, là où passe la route. A 17 pieds, elles coulent sous l’arche la plus au sud, la plus proche de la ville de Pont-de-l'Arche. A 18 pieds, elles coulent aussi sous l’arche la plus au nord, côté Igoville. L’arche du Diguet est donc dans la partie la plus basse de la vallée, la plus utile à l’écoulement des eaux. Elle a connu une ou deux inondations en dix ans. Le rapport note même qu'en 1783, 1789 et 1793, toutes les arches ne suffisaient pas à l’écoulement des eaux et plusieurs membres du Conseil se souviennent être allés à Alizay en barque. Une partie des habitations d’Alizay étaient inondées.
 

 

Quand la Seine glace, les arches du grand pont de Pont-de-l’Arche glacent les premières (elles sont plus petites). Les eaux débordent vers le nord et charrient de grands blocs de glace qui passent sous les arches du Diguet. La débâcle arrive souvent avec la marée et le vent d’ouest évidemment.

En 1838, il est acquis que le futur pont du Diguet aura deux arches. Si nous n'avons pas la date de construction, on peut être sûr qu'elle a eu lieu quelques années après.

La crue 1910 a laissé des traces sous les arches du Diguet. Deux niveaux des eaux ont été gravés sur des arches.

Cependant, depuis la démollition du barrage de Saint-Aubin-lès-Elbeuf en 1934, les eaux de Seine ont largement baissé jusqu'au barrage de Poses. C'est ainsi que la plaine alluviale d'Alizay-Igoville n'a plus été inondée et que les témoignages oraux ne peuvent plus attester l'utilité de nos vieilles arches du Diguet.

Pour l'anecdote, l'arche la plus accessible est située sur la rue de la gare, à Alizay... bien qu'elle soit à moitié enterrée par le talus de la nouvelle voie.

 

Sources

Délibérations du Conseil municipal de Pont-de-l'Arche

 

A voir aussi...

Le vitrail du halage ou Pont-de-l'Arche étape fluviale de Sein avant 1813

Les grands travaux de la Seine dans la région de Pont-de-l'Arche dans les années 1930

 

Armand Launay

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:58

La rue André-Antoine en deux photos !

1910
Andre-Antoine-en-1910

2008
Andre-Antoine-en-2008


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La réclame est bien présente sur les murs de plâtre de la mercerie "À la ville de Pont-de-l’Arche".

Un enfant au milieu de la rue joue avec un cerclage en fer pour tonneau en guise de cerceau, un des célèbres jeux en vogue au début du XXe siècle.
La vitrine du café-tabac expose des cartes postales, justement !
Le changement le plus frappant est l’irruption de l’automobile et la protection des piétons par rapport à ce danger. Pour contrecarrer la prédominance de la voiture, la municipalité de Paulette Lecureux (1989-2001) décida de réhabiliter le pavé pour redonner à la ville son charme du temps où la marche à pied tenait le haut du pavé…
C’est en 1945 que la rue de l’église prit le nom d’André Antoine. Les élus décidèrent d’honorer la mémoire du jeune martyr résistant. Il adhéra très tôt au Front national (mouvement de tendance communiste sans lien avec l’extrême-droite donc) où il fut promu au grade de lieutenant colonel dans la région de Bernay. En juillet 1943 il adhéra au réseau appelé Résistance et en devint le chef régional. Malheureusement, André Antoine fut démasqué par l’occupant nazi en janvier 1944. Torturé par la Gestapo à Rouen, il ne donna aucun nom de résistant à ses bourreaux.

Publié dans Pont-de-l'Arche magazine n° 1 (automne 2008).

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:58

La rue Alphonse-Samain en 2 photos !

1910
Alphonse-Samain--1-

2009
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La rue Alphonse-Samain s’appelait encore « rue du Pont » en 1945. C’est par elle que l’on pouvait accéder aux ponts du Moyen Âge et de la Renaissance. On imagine aisément les voyageurs passer sous une voûte d’entrée avec herse au bout de la rue (dernières maisons de photo de 1910). Ce n’est qu’en 1856 que la porte médiévale fut rasée. Elle fut démolie en même temps que l’ancien pont et laissa place à un ouvrage moderne qui était encore debout en 1910 et que l’on voit sur la photo.


Sur cette même photo on voit la maison du coiffeur Gouyé, maison du XVIe siècle qui fut démolie dans les années 1920.

Quant au nom de la rue ? Alphonse Samain est un huissier archépontain né le 13 août 1881. Il fut élu conseiller municipal en 1919. Durant la Seconde Guerre mondiale, il était membre de la Résistance (Forces françaises de l’Intérieur) et était  connu sous le nom de code « Victoire ». Il fut victime de l’armée allemande. Alors que celle-ci fuyait l’avancée des forces alliées, une arme leur fut volée. Déjà bien effrayés, ils décidèrent de se venger – bien arbitrairement – et mitraillèrent Alphonse Samain alors qu’il se trouvait à sa fenêtre, rue Maurice-Delamare, le 24 août 1944. Le nom de l’ancien huissier fut donné à la rue lors du Conseil municipal du 22 janvier 1945 présidé par le socialiste Raymond Rohée.  


Publié dans Pont-de-l'Arche magazine n° 2 (hiver 2009)

 

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 17:57

Oui, et si c’était vous qui faisiez découvrir l’abbaye de Bonport ? Après une balade dans le centre ville de Pont-de-l’Arche, vous pourriez emprunter le sentier qui longe l’Eure depuis le pont d’Arromanches vers l’entrée de l’ancienne abbaye. Le site de l’abbaye est privé mais les berges sont publiques.

Les parties les plus anciennes de Bonport sont très sobres. Bâties et sculptées avec de la pierre calcaire de Vernon, les salles vous présentent l’architecture typique des abbayes de l’odre de Cîteaux (du nom de l’abbaye qui définit les règles de vie des moines cisterciens). Elles sentent bon le XIIIe siècle avec des croisées d’ogives régulières, des ouvertures fines et hautes (les « lancettes »), de petites colonnes aux décorations très sobres. C’est ce que vous retrouverez dans le réfectoire, la cave, la cuisine.

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Au XVIe siècle, les rois de France s’autorisèrent à désigner les abbés. Ils placèrent à la tête des abbayes les fils de grandes familles aristocrates. Les abbés, furent de moins en moins des religieux mais des propriétaires qui s’enrichissaient des gains agricoles réalisés par les moines. Ces nouveaux propriétaires apportèrent avec eux le confort. C’est pourquoi une partie de Bonport ressemble à un château et non à une abbaye de moines vivant dans le dénuement. Ainsi vous verrez des boiseries finement sculptées, des parquets luxueux et des cheminées nombreuses (apportant donc un chauffage presque inconnu des moines du Moyen Âge). Même les grandes fenêtres de la Renaissance tranchent par leur grandeur et la luminosité qu’elles apportent. Il est loin le Moyen Âge et ses toutes petites fenêtres !

Cependant, les abbayes ont décliné. Six moines travaillaient encore en 1789 lorsque les députés révolutionnaires décidèrent que les biens possédés par le Vatican (l’église catholique) deviendraient désormais des biens du peuple de France. Les moines de Bonport furent chassés ce qui ne fit qu’accélérer la fin de l’abbaye. Les députés vendirent les anciennes propriétés religieuses pour financer les frais courants de l’Etat (il n’y avait plus d’impôts depuis 1789). C’est Alexandre de la Folie, maire de Criquebeuf, qui racheta Bonport et qui vendit une partie des pierres de l’abbaye. Il fit démonter l’église, l’hospice et le cloître afin d’en vendre les pierres. L’ancien noble concentra ses efforts sur les parties les mieux conservées. C’est ainsi que, visiteurs, vous trouverez à l’état de ruine l’ancienne église et le cloître…

Dernière anecdote pour épater vos amis : pourquoi le nom de Bonport ? Depuis Le Batelier d’Aviron, chroniqueur de la Renaissance, la tradition veut que le « bon port » désigne le sauvetage par la Vierge-Marie du fondateur de l’abbaye, Richard Cœur de Lion. En effet Richard, duc de Normandie et roi d’Angleterre, plongea dans les eaux de Seine afin de chasser un cerf. Alors qu’il failli se noyer, il pria la Vierge-Marie de l’amener sur la berge. Il revint sur la rive et fit bâtir l’abbaye du bon port afin de remercier l’aide du ciel… Cette histoire, peu flatteuse pour Richard Cœur de Lion, ressemble plus à un jeu de mots qu’à une explication. En effet, les armes de l’abbaye montrent la naissance du Christ ce qui nous fait dire que le bon port désigne, dans l’esprit des moines, la venue du Christ parmi les hommes…  

 

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Horaires : 
Ouvert samedi et dimanche du 1er avril au 30 juin et du 1er septembre au 31 septembre.
Ouvert tous les jours entre le 1er juillet et le 31 août. Entrée payante.
Renseignements au 02 35 23 27 62.

Publié dans Pont-de-l'Arche magazine n° 3 (printemps 2009)

Armand Launay

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:57

Pont-de-l’Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle

En décembre 2009, la mairie de Pont-de-l’Arche a édité mon 3e livre ! Un ouvrage de 52 pages très illustré qui traite de tous les aspects du travail du chausson et de la chaussure dans la région de Pont-de-l’Arche depuis le XVIIIe siècle. De larges passages concernent évidemment Saint-Pierre-du-Vauvray. 


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Version numérique en cliquant sur l'image 


Thèmes abordés

Artisanat et cordonnerie

Division des tâches de travail, 1ers ateliers et mécanisation

Evolution des transports

Modes de vies quotidiens des ouvriers

Loisirs et culture des ouvriers (fête Sainte-Anne, théâtre, fanfare, culte catholique…)

Architecture des usines, maisons bourgeoises et quartiers ouvriers

Mouvements de grève et lutte d’Octave Mirbeau en faveur des chaussonniers…

Marketing et rôle des commerciaux

Historique des plus grandes entreprises et de quelques entreprises de taille moyenne

Mondialisation des échanges

 


Extrait de la 4e page de couverture :

Pont-de-l’Arche est une ville de patrimoine. Il suffit de se promener dans ses ruelles pour s’en convaincre ! On se balade dans le Moyen Âge et la Renaissance au gré des façades à pans de bois et des vestiges de remparts.

Mais sait-on que notre cité recèle aussi un riche patrimoine industriel ? Depuis le XVIIIe siècle, Pont-de-l’Arche et quelques communes alentours ont constitué un pôle régional de fabrication de chaussons et de chaussures.

Des premiers chaussons cousus avec des chutes de draps aux grandes industries modernes du XXe siècle, comment la région de Pont-de-l’Arche a-t-elle acquis une réputation au-delà de la Normandie ? Quelle dynamique a permis à une vingtaine de manufactures de coexister durant de nombreuses décennies dans la même région ?

Vous le saurez en parcourant cet ouvrage très illustré, fruit de plusieurs années de recherches. 


Comment se procurer le livre ?

Chaque foyer archépontain recevra un coupon dans sa boîte aux lettres début décembre afin de venir chercher un exemplaire gratuit du livre en mairie. C’est un cadeau de fin d’année !

Pour les autres personnes, ou pour les Archépontains qui souhaiteraient acquérir d’autres exemplaires, le livre sera vendu 12 € en mairie + frais de port éventuellement (de préférence contre un chèque à l’ordre du Trésor public). A l'accueil de la mairie à partir du 14 décembre.

Les droits d’auteurs (3 €) sont intégralement reversés au Centre communal d’action sociale à chaque vente de livre.


Version numérique depuis janvier 2013

Depuis janvier 2013, conformément à l'accord signé avec la Ville de Pont-de-l'Arche, une seconde édition numérique a été diffusée sur Issuu. 

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:55

Le Nigard est un nom qui désigne, dans les cartes d’état major, l’espace de terre situé en face du Super U, à gauche de la route-départementale 6015 dans le sens Evreux-Rouen.
Une carte postale du début du XXe siècle montre un Nigard tout à fait différent de celui que l’on connaît de nos jours qui est tout plat… et tout sec ! 
La carte postale nous montre un plan d’eau plutôt calme qui donne vie à une nature généreuse qui devait ravir les pêcheurs, sinon comment expliquer que cette carte fut éditée par la papeterie de la veuve Canuel (Pont-de-l'Arche).

 

PA-le-Nigard


Que signifie ce nom populaire, Nigard ? Peut-être vient-il du nom de famille de la personne qui habitait le plus près d’ici. Nous ne savons pas.

En fait, le Nigard était un reste de bras de Seine comme on en voit encore à Freneuse. Il était relié au cours principal de la Seine il y a quelques siècles grâce à un bras de Seine qui partait de Pîtres en passant par le château de Rouville (et qui rejoignait les bras de Freneuse). Cet ancien bras alimentait les fossés du château et nous avons échafaudé la théorie que le château de Rouville existait peut-être déjà du temps de la construction du pont de Pont-de-l’Arche par Charles le Chauve, entre 862 et 869.
Au début du XXe siècle, des eaux stagnaient dans cet espace sauf en période de crues où la Seine occupait tout le fond de la vallée, d’où l’existence des arches du Diguet

Pourquoi le Nigard a-t-il définitivement disparu ? Nous verrons dans un prochain article que l’érosion naturelle n’est pas la seule cause, loin de là…

 

Armand Launay

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Published by Armand Launay - dans Igoville Seine
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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:54

La Seine jusqu’au XIXe siècle…

De nos jours la Seine est un fleuve facilement navigable. Aucun banc de sable n’apparait à la surface et les berges sont presque toutes contenues. Le lit est profond et le courant modéré en dehors des périodes d’inondation. Mais cette situation n’existe que depuis le XIXe siècle. Auparavant, la Seine était moins profonde et bien plus large. Elle devait ressembler à la Loire de nos jours avec un débit plus fort.

Depuis des siècles, la navigation autour de Pont-de-l'Arche était rendue difficile à cause des pertuis de Martot et de Poses où la Seine perdait de l’altitude. Alors, pour franchir ces passages, on recourait au halage des bateaux (tirés à l’aide de cordes depuis les berges), tout comme on le faisait sous les ponts de Vernon et de Pont-de-l’Arche, par exemple, ou encore tout du long du parcours aval-amont. Mais ces pratiques étaient lentes, à la fin du XVIIIe siècle, il fallait deux jours à un bateau chargé pour aller d’Elbeuf à Porte-Joie !

A la différence de la Loire, la Seine participa directement à la naissance et à la prospérité de Paris, ce que qui lui valut une grande attention des autorités. Avec le développement des connaissances techniques, on bâtit des barrages munis d’écluses en travers de la Seine (Saint-Aubin-lès-Elbeuf, Poses, Courcelles…) pour sécuriser la navigation malgré la perte d’altitude du fleuve.

 

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Le barrage de Martot, dans l'alignement des écluses de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, fut détruit en 1938 pour faciliter la navigation fluviale.



Les grands travaux de 1934-1938

Reconnus d’utilité publique dès 1929 par ministère des Travaux publics, les chantiers qui nous intéressent débutèrent en 1934 sous la conduite de l'ingénieur en chef des Ponts & chaussées, Monsieur Parmentier. Avant de détruire le barrage de Martot et de désaffecter les écluses de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, il fallut faire disparaitre la différence d’altitude du lit du fleuve avant et après le barrage. Un vaste travail de dragage du lit de la Seine fut entrepris entre Saint-Aubin-lès-Elbeuf et Poses. De nombreuses berges furent endiguées pour limiter l’érosion qui enrichissait depuis toujours les bancs de sable et de vase, donnant naissance à des ilots. Le lit de la Seine fut dragué et passa de 3,81 mètres à 2,3 mètres d'altitude. La terre issue du dragage fut jetée sur les iles de Seine situées entre Les Damps et Martot. Le barrage de Saint-Aubin-lès-Elbeuf fut détruit en octobre 1938. La baisse du lit de la Seine explique, depuis ce temps, l’impressionnante chute d’eau observée au barrage de Poses et l'assèchement de la plaine d’Alizay et d’Igoville (dont le Nigard) ce qui rendit inutiles les arches du Diguet


La problématique du niveau de l'eau

La baisse de niveau des eaux de Seine posait un problème de taille : l’Eure et les bras de Seine longeant les berges depuis Les Damps à Martot allaient se retrouver surélevés et donc asséchés le plus clair de l'année. Ceci poserait problème à l'alimentation des nappes phréatiques et donc à la vie quotidienne des habitants et des nombreux maraichers de la région. C'est pourquoi les Ponts & chaussées décidèrent d'assurer un niveau minimum des eaux de l'Eure et des bras de Seine. Les terres issues du dragage de la Seine servirent à réunir les iles entre Les Damps et Martot afin de séparer un bras de Seine du cours principal. Le plus gros travail fut réalisé en face des Damps où se trouvait le confluent entre l'Eure et la Seine. Celui-ci fut entièrement comblé. Les iles entre Les Damps et Pont-de-l'Arche furent réunies et prirent le nom d'ile Saint-Pierre, une presqu'ile en fait. En face de Pont-de-l'Arche, cette presqu'ile fut endiguée. En aval, un petit barrage fut dressé à Martot pour retenir les eaux du bras de Seine accueillant désormais les eaux de l’Eure. La rivière a ainsi gagné dix kilomètres faisant désormais 228,5 km de long. Pour limiter la pression sur le barrage de Martot, un déversoir fut créé face à Pont-de-l'Arche pour écouler les hautes eaux de l'Eure. Depuis ce temps, l'Eure échappe à la marée sauf en période de crue. Pour ne pas tuer la navigation sur l'Eure, déjà réduite en ce temps, une porte marinière fut créée face à Pont-de-l’Arche. Deux petits ponts furent jetés sur l'Eure aux Damps (1935) et à Criquebeuf afin de charger les péniches sur la Seine (notamment du bois de la forêt de Bord). 

 

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Le déversoir de Pont-de-l'Arche (photo de Nicole Grillié) date des grands travaux des années 1930. Il assure un niveau minimum des eaux de l'Eure. Il fut endommagé par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. 


L’Eure témoigne donc du niveau de la Seine après la création du barrage de Martot (1864). Cependant, le barrage de Martot céda sur 25 mètres de long en juillet 1938, comme il l'avait déjà fait en 1929. Le fleuve retrouva son niveau d'avant 1864 et perdit jusqu'à 3,4 mètres d'altitude par moment et par endroit. L'Eure était à sec et les nappes phréatiques furent mal alimentées. La population se plaignit auprès des autorités de l'assèchement des puits. Le maire de Pont-de-l'Arche Raoul Sergent prit donc l'initiative de créer un syndicat intercommunal le 17 juillet 1939 afin de trouver une solution au problème des eaux. L'actuel barrage de Martot est la solution au maintien du niveau des eaux de l'Eure.  

Notons enfin que ces travaux, ayant pour objectif d’accroitre le tirant d’eau des péniches, ont été accompagnés de grands travaux au pont de Pont-de-l’Arche. Les arches sur la Seine furent élargies entre 1931 et 1935 par une entreprise allemande. Ironie de l’histoire, c’est le génie français et anglais qui fit sauter ce pont devant les panzers de Rommel le 9 juin 1940.

 

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De 1931 à 1935, les arches du pont de Pont-de-l'Arche (bâti en 1857) furent remplacées par deux seules arches, au-dessus du cours princpal de la Seine, afin de faciliter le passage de remorqueurs au tirant d'eau toujours croissant.

 

Sources

Dauphin R., "La force motrice, l'usage et le régime des eaux dans la basse vallée d'Eure", Les Eaux et forêts en Normandie, actes du VIIIe congrès des sociétés historiques et archéologiques en Haute-Normandie, Lyons-la-forêt, du 3 au 7 octobre 1973, 168 pages.

Launay A., L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche, Condé-sur-Noireau : Charles-Corlet, 2007, 248 pages. 

L'Industriel de Louviers

 

 

A lire aussi...

Randonnée des Damps à Martot

Les ponts de Pont-de-l'Arche de 862 à nos jours

L'origine du nom de l'Eure

Le vitrail du halage ou Pont-de-l'Arche étape fluviale de Seine avant 1813 

 

Armand Launay

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 17:54

La ville de Pont-de-l'Arche est née dans un des deux forts protégeant le premier pont de la ville, au IXe siècle. Près de 14 ponts plus ou moins provisoires ont existé afin de franchir la Seine. Ils ont conféré une importance stratégique à la ville. Nous avons tenté de poser des jalons historiques à tous ces ouvrages afin de mieux comprendre l'évolution de la ville.

 

A lire aussi...

Le pont du diable

 

Le premier ouvrage ; le pont fortifié de Charles le Chauve (862-869 / 885 (?)) 

Le premier pont bâti sur le territoire des Damps prit le nom du grand village local : Pîtres. Charles II, dit le Chauve, ordonna l’érection d’un pont fortifié afin de ralentir ou, mieux, arrêter les remontées et les descentes de la Seine par les envahisseurs scandinaves. En 862, le roi fit réunir les grands du royaume à Pistae (Pîtres) afin de mobiliser les fonds et les moyens humains. En 863, il fut décidé d’adjoindre une résidence royale à ces fortifications qui faisaient l’objet d’une surveillance par Wenillon, archevêque de Rouen, et même par Hincmar, archevêque de Reims, bras droit du roi.

Bien que beaucoup d’historiens aient écrit que Pistae désignait l’actuel village de Pîtres, nous avons émis des doutes quant à cette localisation [1] Nous allons plus loin en avançant qu’il y a des chances que ce palais de Pistae se soit trouvé dans un des deux forts gardant les entrées du pont.

Les moyens techniques étant limités, malgré le courage des hommes, les travaux ne devaient pas être achevés en 865 ; année où les Normands remontèrent à Paris et occupèrent Pistae

En 869, les documents royaux font, pour la première fois, référence à des constructions de pierre (pour les tours des têtes du pont et les remparts des forts). Les travaux étaient achevés en 869 où Adon de Vienne parla de l’étonnante puissance du pont et des deux forteresses construites de part et d’autre [2]. Seconde preuve de la fin des travaux, en 873, Hincmar nota que Charles, donc, après avoir chassé les Normands de la cité d’Angers et reçu leurs otages, se mit en marche au mois d’octobre, et par le Mans, Évreux et son nouveau château de Pîtres arriva à Amiens au commencement de novembre…[3]

Nous datons donc les travaux du premier pont entre 862 et 869. Or, celui-ci n’empêcha pas les Normands de gagner Paris et de mettre le Trésor franc à contribution si bien qu’en 911 les Normands de Rollon ôtèrent de la couronne franque ce beau joyau qu’est la Normandie par le célèbre traité de Saint-Clair-sur-Epte.

L’archéologie nous a prouvé que les fortifications de la rive droite, futur fort de Limaie, brulèrent quelques années après leur construction [4]. La date de 885 fut le théâtre d’une grande opération normande qui toucha Paris et où les hommes du nord s’opposèrent aux Francs, aux Damps-Pont-de-l’Arche. 

Ensuite, Pont-de-l’Arche naquit de ces premières fortifications dans les brumes qui couvrent notre histoire de la fin du IXe siècle au début du XIe siècle. 

 

Un deuxième ouvrage, ou plus (?), durant la période normande (après 885 / 1203 (?)) 

En 1020, une paroisse Saint-Vigor existait en ce lieu qui continua à être appelé Pont des arches. Un pont dût bien être rebâti par les Normands sur les restes du premier ouvrage pour que l’on conservât ce nom. Est-ce bien un seul pont qui fut rebâti durant la période ? Rien n’est certain car il peut très bien s’agir de plusieurs ouvrages plus ou moins provisoires. En l’absence de preuves, nous ne pouvons trancher entre cette première supposition et le remplacement quasi permanent des matériaux du pont par des réparations que la dureté du temps et le courant de la Seine rendaient inéluctables. Il y eut, au moins, un nouveau pont durant la période ducale.

Ensuite, à notre connaissance, on ne retrouve trace directe du pont de Pont-de-l’Arche qu’en 1194, lors du retour de Richard Cœur de Lion de sa captivité : Quand Richard (…) s’en vint à Pont-de-l’Arche, dont il fit promptement refaire le pont ; sous Elbeuf, en aval, il fortifia la roche d’Orival [5]. Que signifie refaire le pont ? Bien que ce terme soit assez imprécis, la promptitude des travaux signifie que l’on consolida quelques parties ou, au pis, qu’on rebâtît une ou deux arches détruites par les Français, peut-être. Il n’y a aucune communauté de grandeur avec la reconstruction du pont de l’ile d’Andely en 1196 par ce même Richard [6]. Les comptes de l’Échiquier ont prouvé que plusieurs séries d’investissements ont servi aux frères Tyrel, architectes qui rénovaient Pont-de-l’Arche et Le Vaudreuil [7].

Richard Cœur de Lion étant mort, c’est Jean sans Terre qui fut censé, soit rendre hommage, en tant que duc de Normandie, à son suzerain le roi de France (Philippe II dit Auguste) ; soit défendre la région en tant que roi d’Angleterre ne reconnaissant pas le pouvoir du monarque français. Entre ces deux positions, il abandonna la Normandie et, comme l’écrivit Léon de Duranville : On lit dans la Philippide que ce prince, voyant le roi de France s’avancer contre le duché, détruisit le Pont-de-l’Arche : Pontem qui dicitur Archas diruit. II s’agit probablement de la destruction des murailles, et les habitations durent rester debout ; mais, peut-être, la communication d’une rive à l’autre fut-elle interceptée par quelque brèche [8].

L’expression latine signifie qu’il détruisit le pont que l’on appelait Arque. Contrairement à Léon de Duranville, Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme [9] notèrent que Jean sans Terre ne pouvant défendre Pont-de-l’Arche, voulut démanteler le château ; Philippe Auguste ne lui en laissa pas le temps et s’en empara en 1203. Ne connaissant pas les sources qui ont permis à ces historiens de l’affirmer, nous pensons que le pont fut la priorité de la tactique de la « terre brulée » du roi Jean.

Les documents nous manquent pour affirmer qu’il n’y eut qu’un pont durant la période normande que nous venons de voir. C’est pourquoi nous appellerons le prochain pont « troisième  ouvrage », suivi d’un point d’interrogation, comme tous les suivants. 

 

Un troisième ouvrage (?) : le pont de Philippe Auguste (ca.1204-1346) 

En 1204 la Normandie passa sous le contrôle du roi de France, Philippe II. Celui-ci ne manqua pas de faire de Pont-de-l’Arche le siège d’une vicomté qu’il occupa très souvent et dont il it rehausser les fortifications. Il fit sans aucun doute remonter le pont de la ville. Remonter ou rénover ? Le terme employé par Guillaume Breton pour désigner les méfaits de Jean sans Terre dans La Philippide est bien « détruisit » et, à en juger par les représentations anciennes, Philippe II n’a pas été avare de dépenses pour les fortifications de Limaie et pour celles de la ville elle-même, entièrement faites en pierre blanche de Vernon. Le pont, à notre avis, à fait l’objet d’importants travaux si bien que l’on puisse parler de construction d’un nouveau pont.

En 1296, le pont de Pont-de-l’Arche résista à une très forte crue (Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme), ce qui le distingua de nombreux autres ouvrages de la Seine. À moins qu’il fût endommagé entre temps – mais par quel sinistre ? – il faut attendre 1346 pour qu’un document mentionne une destruction de ce pont. En effet, d’après Nicolas-François du Buisson-Aubenay, Philippe de Valois fit démolir le vieux pont pour couper la route à Édouard III et le fit rebâtir après.

Nous considérons donc, en l’état actuel de nos connaissances, qu’un seul pont occupa les XIIIe et XIVe siècles ; celui de Philippe Auguste.

 

Un quatrième (?) ouvrage : celui de Philippe VI, dit Valois (ca. 1346-1640) 

Nicolas-François du Buisson-Aubenay s’exprima ainsi, vers 1635 : Ce pont paroist fort neuf ; aussy est-il fait depuis l’an 1346 par Philippe de Valois y étant campé avec son armée, feit rompre celuy qui y estoit de vieux, de peur que le roy d’Angleterre Edoard 3 qui venoit de Basse Normandie, après avoir pris Coutances, Bayeux, St Lô et Caen, ne s’en saisist et ne passast la rivière de Seine, sur laquelle il feit alors rompre aussy tous les autres ponts, jusques à celui de Poissy… [10]

Ensuite, il semble que le pont de Philippe de Valois se soit maintenu, au moins jusqu’en 1435. À cette date, les troupes anglaises occupant la ville réparèrent le pont à cause de son très mauvais état (Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme). En fait, à n’en pas douter, le pont devait être incessamment réparé eu égard aux intempéries (crues) et aux gelées (débâcles) bien plus fréquentes durant le Moyen Âge.

 

Comment le pont de l'arche fut prins

"Comment le pont de l’arche fut prins", peinture, fol. 138v, in Martial d'Auvergne, Vigiles de Charles VII, France, 1484, manuscrit, parchemin, II-266 feuillets. Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits (division occidentale), Français 5054. cf. aussi  http://gallica.bnf.fr. Jusqu'à plus ample informé, c'est la plus ancienne évocation de pont à Pont-de-l'Arche, l'évènement datant de 1449


Un cinquième (?) ouvrage : le pont anglais de 1418 

À coté du pont de la ville, il semble qu’un autre pont ait existé quelques temps lorsqu’en juillet 1418, Henri V, roi d’Angleterre, arriva devant Pont de l’Arche [11]. Celui-ci voulut faire franchir la Seine à une partie de ses troupes pour parachever le siège de la ville. D’après la chronique d’un contemporain des faits, P. Cochon, la traversée s’est faite devant Bonport. Les Chroniques de Normandie évoquent deux endroits : Bonport et l’île Saint-Pierre, en face des Damps.

Un chroniqueur, Enguerrand de Monstrelet, narre comment le duc de Cornouailles passa la Seine avec huit petites nacelles et, plaçant quelques canons sur une ile, mit en fuite les troupes françaises venues en renfort sur la rive droite. Cependant, d’après la Chronique d’un bourgeois de Verneuil, c’est sur un pont de claies que le passage s’effectua. L’auteur décrivit ensuite la technique du montage et démontage de ce type de ponts provisoires [12].

Ce pont nous semble tout à fait envisageable tout comme l’utilisation des nacelles… Pour surprendre les Français, il fallut bien que les Anglais empruntassent des embarcations légères. Pour ce faire, il est logique qu’ils reprissent les aménagements nécessaires aux bacs de Bonport et des Damps avec des barques réquisitionnées (les Français ayant peut-être eu le temps de retirer les bacs).

Par la suite, le siège de la ville durant quelques semaines, les Anglais durent concevoir un pont de claie, c’est-à-dire une passerelle de bois reposant sur une ligne de bateaux, afin de faire traverser des milliers d’hommes et du matériel de siège… C’est le pont Saint-Georges dont parle Léon de Duranville à la page 44 de son essai historique de 1856.

 

Un sixième (?) ouvrage : le pont Petit-Perrot (1640 / 1856)

En 1639, le chancelier, Pierre Séguier, était missionné par le roi pour rassoir parfaitement son autorité après les révoltes des nu-pieds. Pour ce faire, cet homme arriva à Pont-de-l’Arche le vendredi 30 décembre 1639. Il fut accueilli par le seigneur de Saint-Georges, Jean de Lonlay, capitaine des gardes de Richelieu et son lieutenant au gouvernement de Pont-de-l’Arche.

Grâce au contexte, dont l’apaisement passait par une politique volontaire, mais aussi à la qualité des personnes rencontrées (parler à Jehan de Lonlay c’était parler au cardinal de Richelieu), le chancelier a voulu être informé bien exactement de quelques besoins de la place, et principalement du pont, duquel on dit les pierres estre tellement uzées qu’en quelques lieux il ne reste que la liaison des unes aux aultres pour soustenir le tout… [13] Le dimanche 1er jour 1640, le chancelier inspecta en personne le pont et le château de Limaie et il fut remarqué que l’une des piles de l’arche principale, proche le dict chasteau, par laquelle on faict remonter les bateaux… est presque toute ruinée et consommée soit par le hurt des glaçons, soit par le courant de l’eaüe… Le chancelier fut convaincu que mieux valait investir aujourd’hui qu’attendre la ruine entière du pont si l’on voulait, au final, limiter les frais.  

Ayant une parole de poids auprès du roi, le chancelier se fit entendre ; si bien qu’en 1640 Adrien Petit, architecte du duc d’Orléans, et Fleury Perrot, maitre maçon, se rendirent adjudicataires des travaux du pont financés par l’État. Ces architectes réemployèrent les matériaux provenant de la démolition de l’ancien pont.

C’est donc sans surprise que dans le dictionnaire de 1708, le frère cadet de Pierre Corneille, Thomas Corneille (1625-1709), décrivit en ces mots la cité : Vicomté, bailliage, élection, grenier à sel, maîtrise des eaux et forêts, et un bon château de l’autre côté de son pont de pierre, qui est le plus beau, le long, le mieux bâti qui soit sur la Seine (cité par Louis-Etienne Charpillon et Anatole Caresme)…

Pour mettre en valeur combien les conditions climatiques mettaient à mal la maitresse œuvre de Pont-de-l’Arche, quelques dizaines d’années après sa construction, un procès-verbal constatait, en 1712, que ce pont menaçait ruine et que la navigation était entravée par les pêcheurs et les gords [14].

Selon Yves Fache, dont les références sont parfois aléatoires, deux arches du pont s’ouvrirent au début du XVIIIe siècle [15]. C’est un fait tout à fait plausible au vu de ce qu’écrivit le procès-verbal mentionné ci-dessus.

Sans solution d’envergure, et sans volonté de changer le cours des choses, le pont de la ville continua à être partiellement rénové au XVIIIe siècle.

Passant la période révolutionnaire sans encombres, le pont, selon Léon de Duranville (1856, p. 145) a failli être détruit, du moins en partie, en 1814 ; lors de l’invasion des armées étrangères, il fut sérieusement question de le faire sauter, pour entraver la marche des ennemis (…). Nous avons connu un honorable habitant de Rouen, ancien officier du génie, qui s’estimait heureux d’avoir pu, par ses représentations, retarder l’exécution d’une mesure déjà prise, et, par là, d’avoir sauvé le pont en question.

Ensuite, en 1856, il fut projeté de remplacer les petites arches bâties sur la Seine par quatre grandes arches, dont la grandeur devait faciliter la navigation fluviale et notamment les machines à vapeur. Sous la direction de M. Emmery, ingénieur du service hydraulique, le pont devait passer de 24 à 12 arches, la partie du pont située du côté de la ville ne devant être remodelée que plus tard, à une date indéfinie. Qui plus est, les travaux de 1856 devaient augmenter de trois mètres la largeur du tablier en attendant de raser de fond en comble, un jour, l’ancien ouvrage [16].

C’est en 1856, date tournant de l’histoire de la ville sur le plan symbolique, que le pont Petit-Perrot s’écoula partiellement [17] à cause de grandes inondations qui frappèrent la France ; les dégâts étant très nombreux dans la vallée de la Loire. Le samedi 12 juillet, on interdit la circulation sur le pont suite à de dangereux signes avant-coureur. C’est sous le regard d’une foule nombreuse que trois arches du pont de désaxèrent puis chutèrent dans les eaux de Seine. Deux autres arches les suivirent dans le cours le lundi 14 [18].

On devait s’attendre d’autant moins à l’événement qui vient d’avoir lieu que des dépenses considérables ont été récemment faites pour consolider l’ensemble du pont, en même temps que l’on construisait les arches neuves qui couvrent le bras de Seine resté libre pour la navigation [19]. Il est bien rare que la plume d’un journaliste havrais s’attarde sur Pont-de-l’Arche. Mais là, en l’occurrence, il eût été difficile de ne pas tenir au courant les lecteurs de la porte océane, dont nombre étaient des commerçants attachés au maintien des liaisons directes avec Paris. Or, le pont de Pont-de-l’Arche était à la fois un support de la route impériale Le Havre-Rouen-Paris et un possible obstacle à la navigation fluviale.

Alors, outre l’extraordinaire inondation, il est possible que les travaux de construction des nouvelles arches aient déstabilisé un pont déjà fragilisé par son ancienneté. Bien qu’ayant été en partie rénové, on abandonna-là les travaux et, profitant de l’occasion pour adapter l’ouvrage au trafic fluvial, l’État accorda le budget nécessaire à la construction d’un nouvel ouvrage remplaçant entièrement l’ancien.

Il y eut évidemment des nostalgiques pour regretter la disparition de cet ancien ouvrage, comme le montre le texte de Raymond Bordeaux, dans le Bulletin monumental [20].

 

Sutherland, Gendall

      [Pont-de-l’Arche, vue générale sur le pont et la ville], J. Gendall del. T. Sutherland scp., XIXe siècle, 27,8 x         20,8 cm, Archives de l’Eure, 1 Fi 835.

 

Voir aussi la vue de Félix Benois sur ce pont

 

Un septième (?) ouvrage : le pont provisoire de 1856 (juillet 1856- janvier 1858) 

On a établi un service de bacs [21] pour le passage des piétons et pour les voitures, et l’on va construire très promptement un pont provisoire en charpente. Ainsi s’exprima le journaliste du Journal du Havre, en date du mercredi 16 juillet 1856.

Cependant, le système de bacs ne fut utile qu’aux piétons car, comme le rapportent Charles Brisson et A. Hostalier : C’est au pont suspendu d’Elbeuf, construit 14 ans plus tôt, que les véhicules durent aller franchir le fleuve [22]… du moins jusqu’à la construction du pont de bois.

 

Un huitième (?) ouvrage : le pont Méry-Saint-Yves (1857-1858 / 1931) 

 

Inauguration-1858.jpgL'inauguration du nouveau pont en 1858. Article d'Ernest Boucher publié dans L'Illustration : journal universel, n° du 30 janvier 1858, n° 779, vol. XXXI, Paris, 16 p. 

 

 

La chute du pont en 1856 permit de bâtir un pont moderne, entièrement rénové et adapté aux besoins de la circulation fluviale et routière. Il fut construit sous la direction de MM. Méry et Saint-Yves, ingénieurs du département de l’Eure [23]. Après sept mois de travaux, ce nouvel ouvrage fut inauguré le 17 janvier 1858 en présence du Préfet et de l’évêque d’Évreux, qui bénit ce pont. Ce bel ouvrage de neuf arches risqua d’être détruit en 1870, où des patriotes voulurent barrer la route aux troupes prussiennes, mais aussi en 1914, où une tentative allemande rata de peu le dynamitage de ce pont ainsi que de ceux d’Oissel. Ce n’est pas un sinistre mais de grands travaux qui mirent fin à ce pont. 

 

Un neuvième (?) ouvrage : le pont de 1931 (1931-1935 / juin 1940) 

Devant l’accroissement des moyens de transports, il fut décidé en 1930 de remplacer 4 arches de 37 m sur la Seine par deux arches de 61 et 68 m avec une seule pile dans le lit du fleuve. Les travaux débutèrent en 1931 et, pour permettre la circulation de 2500 véhicules par jour dans les deux sens, un pont provisoire métallique long de 180 mètres fut établi juste à côté de l’ancien pont [24]. Bien que les arches sur le bras de Seine près de la ville ne furent pas modifiées, on élargit tout de même cette partie du pont afin d’adapter l’édifice à la circulation routière.

L’entreprise qui se chargea de la construction de l’ouvrage était une société allemande qui travailla à titre de réparation matérielle aux dommages de la Première Guerre mondiale. Mais cet ouvrage ne dura que 5 ans.

 

Pont de 1931

Entre 1931 et 1935, les arches sur la Seine furent remplacées par deux arches offrant un plus large passage à la navigation fluviale. 

 

A lire...

Le combat de Pont-de-l'Arche en 1940 et le pont de bois Adolf-Hitler

 

Un dixième (?) ouvrage : le pont de bois de l’hiver 1940 (été 1940 / janvier 1941) 

Le génie français et anglais ayant fait sauter le tout récent pont, les autorités allemandes ont fait bâtir dans l’urgence un pont de bateaux dès les premières semaines de l’occupation. Après avoir beaucoup servi, il fut emporté par la débâcle des glaces en janvier 1941 [25].

 

Un onzième (?) ouvrage : le pont Blosset (8 juin 1941 / 30 mai 1944)

À peine le pont de bois était-il emporté que l’occupant fit construire un nouveau pont sous la direction de Maurice Blosset, ingénieur. Les travaux durèrent près de cinq mois pendant lesquels la main d’œuvre française utilisa 5000 fûts de la forêt de Bord. Le nouveau pont était une prouesse technique vu la simplicité du matériau disponible. Les futs, de 10 à 14 mètres de long et 25 cm de diamètre, étaient enfoncés de 3 m 50 dans l’assise calcaire du fleuve [26]. Il comportait deux étages : le niveau inférieur était en fait une passerelle pour piétons (photogr. ci-dessous) et était interrompu en son milieu car ici se trouvait l’arche fluviale [27]. Le niveau supérieur se scindait en deux à certains endroits pour accélérer le trafic. Ce pont fut mis en service le 8 juin 1941 où un drapeau tricolore flottait fièrement sur l’ouvrage. Cet orgueil failli coûter cher à l’ingénieur bien que l’on ne sache pas le degré de connivence de celui-ci avec le(s) auteur(s) de ce bel acte.

Ce pont tint bon durant trois ans. Il fut en grande partie détruit par les bombardements alliés des 30 mai et 7 juin 1944. Eddy Florentin rapporte le témoignage que voici : les bombardiers passent trente minutes durant, l’épave du pont gît, moitié dans le fleuve, moitié sur la terre ferme. Les sapins, qui constituaient la principale ossature de l’ouvrage, sont tordus, confondus dans un enchevêtrement indescriptible. La grande voie de communication est interrompue sans qu’il y ait eu une seule victime, un seul immeuble détruit [28].

 

Pont de bois

Le pont de bois Adolf-Hitler le 16 févier 1942. 

 

Un douzième (?) ouvrage : le pont canadien (30 aout 1944 / octobre 1944) 

Le pont de bois de Pont-de-l’Arche fut détruit par les bombardements alliés afin de gêner les mouvements des armées allemandes. Peu après leur arrivée le 26 aout 1944, les troupes canadiennes lancèrent un premier pont de bois au niveau de l’ile d’Harcourt. Les Canadiens passèrent la Seine le 30 aout. Ce petit pont permettait de passer l’Eure et donnait directement sur un pont enjambant la Seine. Ce deuxième ouvrage était constitué de barges flottantes sur lesquelles pouvaient transiter aussi bien les camions que les piétons. Sur la rive droite, une voie rejoignait la route habituelle du Fort, à l’endroit même de la tête de l’ancien pont (une partie de cette toute est encore praticable derrière la station-service). Toutefois, ce pont ne permettait pas le passage de bateaux. Il fut remplacé par un bac à moteur avant le 15 octobre 1944, date à laquelle la navigation fluviale relia à nouveau Paris à Rouen [29]. Le bac fut remplacé par un pont métallique avec passe en son milieu en 1946.  

 

Un treizième (?) ouvrage : le pont Mulberry (1946 / janvier 1955) 

 

A lire...

Un vestige de la Libération : le pont d'Arromanches

 

Le pont de bois sur l’Eure fut remplacé par un petit pont Mulberry, celui que nous connaissons de nos jours. Dans le même temps, le pont canadien sur la Seine fut remplacé par un autre pont Mulberry durant l’hiver 1945-1946 mais suspendu en sa partie centrale afin de laisser passer la navigation fluviale. Construit sous la direction des ingénieurs Lizée, Long-Depaquit et Tardy, il fut réalisé avec 503 pieux de bois issus du pont de la guerre,  des passerelles latérales – en fuseaux – provenant du port d’Arromanches et des passerelles centrales récupérées sur l’ancien pont canadien, le pont de barges. D’abord à voie unique, il fut dédoublé sur les 175 mètres de sa longueur [30]. Il fut conservé jusqu’à la mise en service d’un pont fixe, c’est-à-dire jusqu’à ce que les pouvoirs publics puissent trouver les finances nécessaires à l’entreprise. D’après Louis Béquet, il était encore visible en 1970.

 

Ponts provisoires de la reconstruction

Le pont des canadiens, à gauche, et le pont Mulberry, sur la Seine.     

 

Un quatorzième (?) ouvrage : le pont Le Gall (janvier 1955…) 

Le nouveau pont ne devait plus faire passer les véhicules dans le centre ville de Pont-de-l’Arche. C’est pourquoi il fut décidé qu’il passerait entre Les Damps et la ville avant de retrouver la culée habituelle de l’ancien pont sur la rive droite (les anciennes fondations du fort de Limaie servirent notamment de bases à cette culée). Rappelons que la circulation était tout à fait importante. Le pont de Pont-de-l’Arche permettait à une des deux routes Le Havre-Rouen / Paris de franchir la Seine avant l’ouverture de l’autoroute de Normandie (1968).

L’entrée du pont, rive gauche, devait se faire depuis la route de Paris – donc des Damps – ce qui explique la courbe depuis la limite des Damps jusqu’à la Folie-Vallée, courbe qui laisse l’ancienne route du Vaudreuil bien isolée près des maisons de la rue et de l’impasse Maurice-Delamare. La route nationale Louviers-Rouen fut créée dans le même temps.

Les travaux du pont débutèrent en avril 1951 sous la direction générale de l’ingénieur Le Gall. Les travaux d’infrastructure incombaient aux entreprises Alquié (Paris) et Courbot (Montrouge). Une cinquantaine d’ouvriers étaient à l’ouvrage tous les jours. Les piles furent enfoncées à près de 4 m dans le calcaire du lit de la Seine. 6 000 tonnes de béton et 115 tonnes d’acier ont été nécessaires à la réalisation de cette première tranche de travaux.

Quant au tablier, il fait de ce pont le premier de tous les ouvrages de Pont-de-l’Arche à présenter des arches droites et non plus cintrées. Il laisse un tirant d’air de près de 7 mètres [31]. De plus, ce tablier constituait le record d’Europe des ponts soudés à poutres continues.

Les travaux n’étaient pas terminés que déjà la question de la moindre fréquentation du centre ville était posée. Les auteurs des articles que nous citons dirent que des panneaux bien placés sauraient pallier le préjudice commercial et touristique engendré par le détournement de la circulation… Ils dirent de même que des magasins ne manqueraient pas de s’installer le long de la rue Delattre-de-Tassigny, rue appelée à déplacer le centre ville de Pont-de-l’Arche [32].

Ce dernier pont, situé avenue De-Lattre-de-Tassigny, fut inauguré par Pierre Mendès France, conseiller général de Pont-de-l’Arche et surtout président du Conseil des ministres, le 29 janvier 1955.

 

Nouveau contournant le centre-ville

Vue aérienne sur la déviation reliant Les Damps au nouveau pont de Pont-de-l'Arche en 1954 (le goudronnage du tablier est en cours).  

 

 

Notes

[1] Launay, Armand, « Controverses sur le palais royal de Pîtres », in La Fouine magazine n° 9, Les Damps : chez l’auteur, septembre 2005, 24 p., ISSN 1765-2278, cf. p. 5.

[2] Cité par Coupland Simon, “The Fortified Bridges of Charles the Bald”, in Journal of Medieval History, vol. 17, n° 1, mars 1991, pages 1 à 12.

[3] Hincmar, Annales de l’Europe carolingienne (840-903), Clermont-Ferrand : Paleo, coll. Les sources de l’histoire de France (dir. Éric de Bussac), 2002, 305 pages, voir page 171.

[4] Dearden Brian, "Igoville (Eure) : Le Fort", in Collectif, Archéologie médiévale, t. XX, Paris : CNRS ; Caen : Publication du centre de recherches archéologiques médiévales, 1990, pages 413 à 414.

[5] Meyer, Paul, L’histoire de Guillaume Le Maréchal, conte de Striguil et de Pembroke, régent d’Angleterre de 1216 à 1219, t. III, Paris : Renouard, 1801, voir page 139.

[6] Favier, Jean, Les Plantagenêts : origines et destins d’un empire (XIe-XIVe siècles), Paris : Fayard, 2004, 960 pages, voir page. 620.

[7] Stapleton, Thomas, Magni rotuli Scacarii normanniae sub regibus Angliae,    t. I, Londini [Londres] : Sumptimus Soc. Antiq. Londiniensis, MDCCCXL, 288 pages, voir page 236.

[8] Cité par Duranville, Léon Levaillant de, Essai archéologique et historique sur la ville du Pont-de-l’Arche : documents supplémentaires, Rouen : A. Le Brument, 1870, 55 pages.

[9] Charpillon, Louis-Etienne., Caresme, Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l’Eure, Les Andelys : Delcroix, 1868, 960 pages, voir article "Pont-de-l’Arche".

[10] Baudot du Buisson-Aubenay, François-Nicolas (1590-1652), Itinéraire de Normandie, Rouen : Lestringant, 291 p., [entre 1636 et 1640],. pages 42 et 43 : f° 24.

[11] Launay, Armand, « Pont-de-l'Arche et la guerre de Cent ans : 31 ans d’occupation anglaise », pages 15 à 20, in La Fouine magazine n° 8, Les Damps : chez l’auteur, juillet 2005, 24 pages. Aussi en ligne

[12] Delabos, Christian, La Seine et les opérations militaires à la fin du Moyen Age, mémoire de maitrise soutenu à Rouen sous la direction d’Alain Sadourny en 1991, 248 p., cf. p. 66.

[13] Floquet, A. (publ. par), Diaire ou journal du voyage du chancelier Séguier en Normandie après la sédition des nu-pieds (1639-1640) et documents relatifs à ce voyage et à la sédition, Rouen : É. Frère, 1842, 448 p.

[14] Brisson, Charles, Hostalier, A., « Le sixième pont de Pont-de-l’Arche – I.– Un pont millénaire », 7 mars 1952, 1 page, archives d’Elbeuf : Fonds Brisson, dossier 188 C 329.

[15] Fache, Yves, Histoire des ponts de Rouen et de sa région, Luneray : Bertout, 1985, 392 pages.

[16] Bordeaux, Raymond, « Note sur la démolition du pont de Pont-de-l’Arche, pages 149 à 154, Bulletin monumental, 3e série, t. I, ; Paris : Lance ; Rouen : É. Frère ; Caen : Marie-Viel, 1856. 

[17] Coutil, Léon, « Effondrement de deux piles du pont de Pont-de-l’Arche en 1856 », pages 42 à 47, Bulletins de la Société d’études diverses de l’arrondissement de Louviers, t. XIX, années 1925-1927, 47 pages.

[18] L’Industriel de Louviers, 26 mars 1913.

[19] Le Journal du Havre, mercredi 16 juillet 1856.

[20] Bordeaux, Raymond, « Démolition du pont de Pont-de-l’Arche... »

Ce qui est étayé le lendemain dans le même journal : Le passage de la Seine s’effectue, comme l’avons dit, au moyen de bacs. Dans la nuit de mardi à mercredi, ce passage avait été rendu momentanément si dangereux par le violent orage qui avait éclaté sur nos contrées, que pendant plus de deux heures et demie les dépêches de la poste ont été retenues au Pont-de-l’Arche, sans que les bateliers osassent s’exposer à les transporter sur l’autre rive.

[21] Brisson, Charles, Hostalier, A., « Le sixième pont de Pont-de-l’Arche – I.– Un pont millénaire », 7 mars 1952, 1 page, archives d’Elbeuf : Fonds Brisson, dossier 188 C 329.

[22] Le Publicateur de Louviers du 21 janvier 1858.

[23] Brisson, Charles, Hostalier, A., " Le sixième pont de Pont-de-l’Arche… »

[24] Béquet, Louis, " Les neuf ponts de Pont-de-l’Arche ", in Trait d’union. Bulletin d’informations municipales, n° 3, Pont-de-l’Arche : Mairie, 1970, 30 p.

[25] Brisson, Charles, Hostalier, A., " Le sixième pont de Pont-de-l’Arche..."

[26] Fache, Yves, Les ponts…, p. 349.

[27] Brisson, Charles, Hostalier, A., " Le sixième pont de Pont-de-l’Arche… »

[15] Béquet, Louis, « Les neuf ponts de Pont-de-l’Arche… »

[28] Florentin, Eddy, Quand les alliés bombardaient la France, Paris : Perrin, 1999, page 332.

[29] Fache, Yves, Les ponts…, p. 354

[30] Brisson, Charles, Hostalier, A., « Le sixième pont de Pont-de-l’Arche… »

[31] Brisson, Charles, Hostalier, A., " Le sixième pont de Pont-de-l’Arche… »

[32] Brisson, Charles, Hostalier, A., " Le sixième pont de Pont-de-l’Arche… ».

 

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Armand Launay

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Mes activités

Armand Launay. Né à Pont-de-l'Arche en 1980, j'ai étudié l'histoire et la sociologie à l'université du Havre (Licence) avant d'obtenir un DUT information-communication qui m'a permis de devenir agent des bibliothèques. J'ai ainsi été formateur en recherche documentaire et en rédaction de littérature scientifique. Compte LinkedIn.

Depuis 2002, je mets en valeur le patrimoine et l'histoire de Pont-de-l'Arche à travers :

- des visites commentées de la ville depuis 2004 ;

- la publication de 20 numéros de La Fouine magazine (2003-2007) et d'articles : "Conviviale et médiévale, Pont-de-l'Arche vous accueille", Patrimoine normand n° 75 ; "Pont-de-l'Arche, berceau de l'infanterie française ?", Patrimoine normand n° 76 ; "Bonport : l'ancienne abbaye dévoile son histoire", Patrimoine normand n° 79 ; "Chaussures Marco : deux siècles de savoir-plaire normand !", Pays de Normandie n° 75.

Bibliographie

- L'Histoire des Damps et des prémices de Pont-de-l'Arche (éditions Charles-Corlet, 2007, 240 pages)

- Pont-de-l'Arche (éditions Alan-Sutton, collection "Mémoire en images", 2008, 117 pages)

- Pont-de-l'Arche, cité de la chaussure : étude sur un patrimoine industriel normand depuis le XVIIIe siècle (mairie de Pont-de-l'Arche, 2009, 52 pages)

- Pont-de-l'Arche, un joyau médiéval au coeur de la Normandie : guide touristique et patrimonial (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 40 pages).

- Pont-de-l'Arche 1911 I 2011 : l'évolution urbaine en 62 photographies (mairie de Pont-de-l'Arche, 2010, 32 pages).

De 2008 à 2014, j'ai été conseiller municipal délégué à la communication et rédacteur en chef de "Pont-de-l'Arche magazine".

Depuis 2014, je suis professeur de philosophie à Mayotte. Gege wanazioni wangu !

Réflexion

Le temps n'est pas. Il n'y a qu'une règle graduée portant les marques "hier, aujourd'hui et demain" ; c'est-à-dire quelques traits issus de la faculté des Hommes à compter le passage des astres ; beautés et mesures à la fois, par Odin !

C'est avec cette règle que les Hommes tentent de mesurer les phénomènes les plus apparents. Ils se donnent des repères parmi l'érosion, véritable mère de la prise de conscience : "ce qui est rare à du prix" écrivait Chateaubriand. 

Il s'agit alors de prendre conscience de l'interdépendance entre tous les phénomènes, leur âme, et leur manière de s'attacher à notre âme. Pont-de-l'Arche où la terre natale... 

Ces phénomènes alimentent notre bonheur : sens du savoir, comment se crée notre notion du bienêtre, d'où vient notre conscience de ce qui est bon, quelles en sont les limites ? 

Bonheur, sens et quête du savoir ; horizon qui donne une orientation à notre cheminement ; orientation vers la naissance de la lumière quelle que soit la saison ; sève de notre arbre généalogique ; doute qui permet de poser peut-être les bonnes questions...

Rabelais quoi qu'il en soit... entre vins, livres et mets sapides : conscience du savoir s'il sait sucrer le faste palais du quotidien et donc là où se rassemblent les gens... érudition en entrée, curiosité en plat principal et conscience en dessert... et inversement, même si c'est moins agréable, pour un étudiant. 

Enfin, n'oubliez pas de poursuivre l'observation dans un verre à dégustation rempli de Calvados du bon bocage normand ! Au-delà des ténèbres de la Genèse, vous y verrez luire les étoiles de l'esprit et des plaisirs...